« J’ai découvert que la voie du Samouraï réside dans la mort ». Harmonie, développement personnel et tradition : …je dis à tous la même chose: lisez Hagakure . Ce livre de savoir-vivre de samouraï a tout ce dont vous avez besoin. En bref, ne jamais se plaindre, ne critiquer que pour améliorer les autres ou rectifier une situation (ne jamais blesser), servir et écouter. Vos petits sacrifices et votre bonne foi vont rayonner vers les autres, les amenant à vous écouter, vous servir et vous promouvoir (Durocher).

Il semble que de plus en plus de jeunes occidentaux ont du mal à trouver leur place dans le monde. Aux États-Unis, les salaires des hommes ont stagné au cours des quatre dernières décennies, tandis que les femmes ont réduit l’écart. Ce n’est peut-être pas par hasard que le célibat involontaire («incels») involontaire, tant masculin que féminin, connaît une augmentation constante, avec un pourcentage croissant d’Américains sans enfant et jamais mariés. La moitié des Américains sont célibataires, divorcés ou jamais mariés .

Les médias observent utilement qu’avec le déclin économique des hommes, les femmes sont de moins en moins en mesure de trouver un homme qui réponde à leurs attentes financières. Une simple observation suggérerait que les hommes ont évolué pour fournir et les femmes pour évoluer (ou, comme Schopenhauer et Gandhi l’ont souligné, dépenser). En conséquence, l’égalité économique forcée entre deux sexes différents, pour ne pas dire inégaux, se traduit par une misère sexuelle et romantique pour de plus en plus d’Américains.

Voilà pour les tendances globales, mais ne nous inquiétons pas trop. La question est: Comment pouvez – vous tirer le meilleur parti de votre situation personnelle et donc, d’ améliorer aussi bien que de la situation et la société?

Personnellement, je ne comprenais pas les réalités de la vie professionnelle en grandissant. J’espère que cet article pourra aider au moins quelques hommes dans leur parcours professionnel.

Tout d’abord, oubliez l’idée que votre «éducation» est censée vous préparer à la vie ou au travail. Personnellement, je m’adresse à l’opinion de Michel Houellebecq et d’ Ed West selon laquelle les écoles doivent être vidées et le travail des enfants rétabli. La meilleure chose à faire serait de fermer la plupart des universités et même des lycées, en utilisant les économies réalisées pour offrir des réductions d’impôts aux entreprises qui embauchent des jeunes.

Ne pensez pas que votre (académique) performance académique reflète quelque chose d’intéressant pour le monde professionnel. Etudiez seulement autant que vous le souhaitez: soit passionnément, parce que vous trouvez que le sujet a une valeur intrinsèque, soit autant que nécessaire pour obtenir le diplôme requis. N’importe quel.

Pour trouver un emploi: acquérez les qualifications nécessaires dans le domaine que vous étudiez, soyez prêt à déménager (idéalement dans un endroit où vous avez des parents, un ami de la famille ou un mentor potentiel, cela peut aider énormément, socialement et professionnellement, ou simplement se sentir chez soi) et sortir et rencontrer des gens. Trouvez les personnes et les organisations avec de l’argent!

Sur les conseils de professionnels, je dis à tous la même chose: lisez Hagakure . Ce livre de savoir-vivre de samouraï a tout ce dont vous avez besoin. En bref, ne jamais se plaindre, ne critiquer que pour améliorer les autres ou rectifier une situation (ne jamais blesser), servir et écouter. Vos petits sacrifices et votre bonne foi vont rayonner vers les autres, les amenant à vous écouter, vous servir et vous promouvoir.

http://www.unz.com/gdurocher/fincel-rebellion-some-career-advice-for-young-men/

http://jeanclaude.vidal1.free.fr/Hagakure.pdf

Agir et souffrir en homme de cœur est le propre d’un Romain… Je suis un citoyen romain ; on m’appelle Gaius Mucius. Ennemi, j’ai voulu tuer un ennemi, et je ne suis pas moins prêt à recevoir la mort que je ne l’étais à la donner. Agir et souffrir en homme de cœur est le propre d’un Romain (facere et pati fortia Romanum est).

http://bcs.fltr.ucl.ac.be/LIV/II.html

https://fr.wikipedia.org/wiki/Caius_Mucius_Scaevola

Semaine Bruno Bertez suite, qui vous explique ici le mystère-simulacre de la monnaie créée de rien par le système bancaire…

La monnaie est créée à partir de rien, par le système bancaire.

C’est un miracle de la comptabilité en partie double. Le système ne prête pas de l’argent qu’il a ou qu’il aurait, non il le crée: il accorde un crédit et donc il porte une créance à l’actif de son bilan  et face à cet actif il inscrit à son passif au compte de celui qui bénéficie du crédit une quantité de monnaie. C’est ainsi que croissent les bilans des banques, et y compris celui de la banque centrale. C’est ce que l’on appelle le « printing », plus ou moins improprement d’ailleurs.

C’est ainsi que nait la monnaie. Mais chut, c’est le grand secret. Il faut faire croire que la monnaie est créée à partir d’autre chose! On ne prête ni à partir de l’épargne préalable, ni à partir des réserves que l’on détient auprès de l’Institut d’émission, c’est à dire la banque centrale. Les banques ne sont pas intermédiaires entre les épargnants d’un côté et les demandeurs de crédit de l’autre, c’est un mythe.

Les banques sont créatrices de monnaie. Ce mythe a maintenant été parfaitement et clairement démoli, y  compris par la Banque Centrale la plus intelligente, leur mère à toutes, la Banque d’Angleterre.

Le système bancaire profite de s’attribuer les bénéfices de la monnaie, il est par essence, par construction kleptocrate; ce qui signifie qu’il confisque, qu’il s’attribue le profit de quelque chose qui est un bien commun, un bien social, quelque chose qui est le propre et la propriété de la société.

C’est la même chose que quand un dictateur comme au Moyen Orient s’attribue le champ de pétrole et les bénéfices de ce champ au détriment de son peuple. La monnaie est une croyance, une convention; croyance, confiance en la monnaie sont des biens communs, des biens sociaux. Et ces deux choses extrêmement rares, le système bancaire les pille avec l’aide de  ses connivents, les gouvernements, par le tourniquet de la dette souveraine. La dette souveraine est un tour de passe-passe, de la poudre aux yeux, un peu comme les illusions de David Copperfield.

Dans nos systèmes il n’y a plus de limite à la dette souveraine, tant que … la monnaie est acceptée, c’est à dire tant que l’on peut piller le capital-confiance des peuples !

Si la monnaie existe c’est parce que la société la reconnait comme devant exister, c’est une sorte de consensus, de convention qui prend naissance dans l’histoire, dans la culture, dans la société et dont le système bancaire s’arroge le profit.

C’est encore plus vrai dans le système monétaire actuel depuis que l’on a coupé la référence à l’or, la convertibilité, laquelle introduisait une limite à la production de monnaie. Et c’est encore plus vrai depuis les accords de la Jamaïque instituant les changes flottants car la valeur extérieure de la monnaie cesse également d’être une limite à la production de monnaie.

A notre époque on mesure tout … avec des élastiques.

En passant ne vous étonnez pas si le marché des actions qui est le marché ou on échange de la monnaie-élastique- contre des actifs d’entreprises est booming, ce ne sont pas les valeurs fondamentales des entreprises qui montent, c’est la valeur d’échange de la monnaie qui baisse  pour cause d’émission excessive. La monnaie que j’appelle financière, la monnaie des ultra riches, celle qui leur est donnée par leurs amis des banques centrales, cette monnaie va faire monter les marchés, mais la réalité économique ne change pas, elle reste ce qu’elle est. Et en fait tout se passe comme si la monnaie dite financière, se dévalorisait en regard des actifs cotés sur les marchés; le pouvoir d’achat de la monnaie financière baisse sans arrêt au fur et à mesure que les Bourses montent ; la richesse des ultra-riches est fictive, sauf si ils vendent avant les autres, avant leurs copains pour acheter des biens réels.

Un jour ou l’autre la monnaie qui est maintenant incrustée, incorporée, embedded dans les actifs financiers, la monnaie dite financière  sera détruite.  Ou bien autre alternative, le prix des biens des consommations et de tous les biens réels rattrapera, le niveau des prix des actifs financiers. Il y a en quelque sorte deux monnaies, l’une avec laquelle on mesure le prix des actifs financiers et d’entreprises, et une autre monnaie avec laquelle on mesure les prix de biens et des services. Le système tient parce que l’argent incorporé dans les actifs financiers y reste: en quelque sorte il y est aimanté, collé  par l’esprit de jeu. Par l’espoir, par le rêve. Mais comme la valeur des actifs doit obligatoirement un  jour être honorée en marchandises, il y a aura ce que l’on appelle réconciliation, c’est la dire fusion des deux monnaies. C’est un phénomène que l’on a déjà connu dans l’histoire, celle qui a précédé le Grand Reich! Mais je digresse !

Dans la nouvelle situation, la monnaie que vous connaissez mais dont vous ignorez tout, est un jeton, ni plus ni moins que le Bitcoin. Les cryptos ont simplement poussé la logique du système à son maximum et l’ont privatisé. Ce qui explique qu’ayant volé le feu aux dieux comme l’a fait Prométhée, ils sont maintenant punis.

Mais le feu crypto couve, les grandes banques comme Goldman savent que c’est l’avenir de la monnaie, et ils investissent en secret, c’est le future refuge des kleptos: quand le système sera à bout de souffle, eux souffleront sur le feu  qu’ils préparent celui des cryptos, privés, privatisés.

Ah les braves gens!

Dès qu’ils ne pourront plus vous traire, ils vous demanderont, à vous et à vos enfants, de vous présenter à l’abattoir. » La logique terminale et exterminatrice des élites globales (par Dimitri Orlov)

« Dès qu’ils ne pourront plus vous traire pour payer vos dettes, ils vous demanderont, à vous et à vos enfants, de vous présenter à l’abattoir. »  La logique terminale et exterminatrice des élites globales (par Dimitri Orlov)

Pour les élites globalistes qui tentent encore de contrôler votre destin, vous êtes soit du lait, soit de la viande [meat, NdT]. Dès qu’ils ne pourront plus vous traire pour payer vos dettes ou votre loyer, on vous demandera, à vous et à vos enfants, de vous présenter à l’abattoir. Mais vous devez vous porter volontaire pour être trait ou haché menu, sinon, il serait trop difficile de vous transformer de manière efficace et rentable. Par conséquent, il est possible de penser à des façons de rendre trop cher votre exploitation, de sorte qu’ils puissent abandonner l’idée d’essayer de vous utiliser pour s’enrichir davantage et vous laissent en paix.


Le volontariat, dans ce cas, n’est pas entièrement un exercice de votre libre arbitre. Plus probablement, depuis votre plus jeune âge, vous avez été endoctriné dans un certain système de valeurs. Même si vous êtes l’un des rares à avoir conservé une capacité d’esprit critique, il y a de fortes chances que vous ayez été intimidé pour accepter ce système de valeurs sans hésitation. Même les individus volontaires et rebelles ont tendance à ne remettre en question que la mise en œuvre de ce système de valeurs et à dénoncer ce qu’ils considèrent comme de l’hypocrisie ou de l’inaction, mais il est peu probable qu’ils remettent en question ses axiomes fondamentaux, car ce faisant, ils risquent l’ostracisme.

Mais que faire si vous êtes extrêmement indépendant d’esprit et que vous réussissez à voir à travers toutes les apparences soigneusement construites, à briser le charme et à voir votre système de valeurs comme une abomination infernale concoctée diaboliquement par des acteurs eux-mêmes diaboliques dans le but de vous exploiter et vous détruire ? Ce serait sans doute un acte d’individualisme extrême de votre part, qui vous distinguerait du reste du troupeau. Si le système de valeurs qui vous opprime est de nature communiste, alors un tel acte d’extrémisme individuel pourrait inspirer les autres et pourrait, pour le meilleur ou pour le pire, conduire à une expansion locale et temporaire des droits individuels. Mais si votre système de valeurs consacre déjà l’exercice de l’individualisme extrême comme un droit fondamental, alors vous ne seriez qu’une « vox clamantis in deserto » exprimant une opinion individuelle, et impopulaire, comme je le fais actuellement.

Revenons au cœur de l’argument : le système de valeurs qui soutient et permet votre traitement en tant que lait ou viande est appelé « libéralisme mondialiste occidental », et il est condamné. Il s’accroche en Europe occidentale et dans quelques anciennes colonies éloignées, mais sa dernière et ultime redoute sera les États-Unis. Si les élites globalistes perdent les États-Unis, alors cette idéologie toxique sera bel et bien morte. La raison pour laquelle elle est condamnée est que les élites libérales qui ont défendu ce système de valeurs n’ont pas réussi à produire des résultats acceptables pour la population en général. Leur échec est aujourd’hui si flagrant qu’il est peu probable qu’une vague de manœuvres électorales, l’ingérence d’agents israéliens dans des élections étrangères, la manipulation des médias et d’autres technologies politiques puissent être efficaces pour les sauver.

En ce qui concerne les autres pays, les décisions concernant le lait ou la viande sont prises en fonction de l’opportunité géopolitique et économique. Par exemple, les Vénézuéliens souffrent sous un régime de sanctions qui vise à les convaincre de remettre leurs ressources pétrolières aux compagnies pétrolières américaines pour qu’elles les exploitent gratuitement. Pendant ce temps, les Ukrainiens sont poussés à interdire les exportations d’énergie russe afin qu’ils se les gèlent, tout en vendant toutes leurs terres agricoles à des sociétés transnationales, dans le but de dépeupler l’Ukraine et de remettre ses terres à des sociétés agro-alimentaires globales. Il existe de nombreux autres exemples.

En ce qui concerne la population des États-Unis, cependant, la décision concernant le lait ou la viande est prise en grande partie en fonction de la génération à laquelle vous appartenez. Les membres de la génération du baby-boom sont privés [par la Fed, NdT] de leur épargne-retraite qui fixe des taux d’intérêt de plus en plus bas sur les placements à revenu fixe, ce qui oblige les caisses de retraite à investir dans des actifs plus risqués qui perdront toute valeur avec le temps. Les générations intermédiaires sont traites en utilisant des coûts exorbitants de logement, d’éducation et de soins de santé. Mais avec la génération Millennial, rien de tout cela ne fonctionne parce qu’il n’y a plus rien qui vaille la peine d’être volé. Au lieu de cela, on s’attend à ce qu’ils se pelotonnent sur eux-mêmes et qu’ils meurent. Cela fonctionne très bien : leur espérance de vie est en chute libre en raison du stress chronique, de la dépression, de l’abus de drogues et d’alcool, d’un manque d’espérance général et du désespoir.

Ce n’est pas un accident ; c’est le résultat voulu de jeter l’humanité dans un mixeur en mode « liquéfaction » parce qu’une humanité totalement homogénéisée est plus facile à formater en formes arbitraires. Le sexe (masculin ou féminin, déterminé par la présence ou l’absence du chromosome Y et des caractéristiques sexuelles primaires et secondaires normales) est remplacé par le terme inventé de « genre » qui n’a aucune base en biologie. Le mariage – une institution qui a évolué dans le but de soutenir les familles composées d’enfants et de leurs parents biologiques, grands-parents et autres parents proches – a été dénaturé pour signifier l’union de deux personnes de n’importe quel sexe, au hasard. (Mais alors pourquoi pas trois, quatre ou cinq ?) Les garçons qui pensent qu’ils pourraient gagner plus d’attention en jouant à être des filles, et vice versa, sont castrés chimiquement, parfois contre les objections véhémentes de leurs parents.

Les jeunes subissent un lavage de cerveau qui les pousse à acheter comptant un ensemble de croyances qui leur sont imposées comme des articles de foi indiscutables.

  • Le réchauffement anthropique de la planète dû aux émissions de dioxyde de carbone est un problème majeur, vraiment, basé sur des modèles informatiques qui restent à confirmer par des observations à long terme (un processus qui prendra quelques siècles). Peu importe que le temps soit aujourd’hui, et depuis des siècles, beaucoup plus froid qu’il ne l’était en 985 quand Eric le Rouge est parti de la baie islandaise de Breiðafjörður pour s’installer au Groenland (qui était vert à l’époque). De plus, peu importe que nous soyons à l’aube de la prochaine période glaciaire, cette période interglaciaire particulière étant déjà bien longue. Par conséquent, les gens devraient vivre dans des maisons mal chauffées, devenir végétariens et voyager à pied. Le vrai problème est la diminution de l’énergie excédentaire provenant des réserves de combustibles fossiles restantes, mais présenter comme un choix moral les privations qui se produiront inévitablement dans les pays pauvres en ressources fonctionne mieux que de la pure propagande.
  • La planète est surpeuplée et, par conséquent, les gens devraient utiliser la contraception et se faire avorter lorsqu’elle ne fonctionne pas ou, mieux encore, n’avoir que des relations sexuelles orales et anales (sexualités actuellement enseignées à Harvard). Peu importe que le Bangladesh soit surpeuplé alors que la Russie et le Canada ne le sont pas – tout le monde doit sauter dans le même mixeur mondial et le régler sur « liquéfaction ». Peu importe que certaines nations, comme la Corée du Sud et le Japon, se dirigent vers l’extinction si les taux de natalité ne s’accélèrent pas (alors que, étonnamment, la Corée du Nord va un peu mieux). Les Canadiens doivent utiliser la contraception parce que le Bangladesh est trop peuplé ? Bien sûr, c’est logique….
  • Les frontières nationales sont une abomination (parce que tout le monde doit être libre) et doivent être ouvertes à tous ceux qui veulent y entrer, afin qu’ils puissent recevoir des soins médicaux et autres prestations aux frais de l’État. Peu importe que nous ayons évolué pour nous occuper surtout des membres de notre famille et des membres de notre propre tribu, et que le fait d’être submergés par une marée d’humanité indifférenciée soit psychologiquement et physiologiquement dommageable, causant des niveaux élevés et constants de cortisol et des dommages dus au stress chronique.
  • Pour ajouter au stress, la tolérance universelle est « de rigueur » : personne ne doit être autorisé à suivre ses goûts et ses aversions et à choisir de ne s’associer qu’avec ceux qu’il trouve sympathiques. Partout où ils vivent, étudient, travaillent et jouent, les gens doivent tolérer joyeusement la présence de tous et de n’importe qui. Bien sûr, des exceptions sont faites pour les riches, qui peuvent exclure de leur environnement ceux qu’ils n’aiment pas. Mais l’intolérance universelle est aussi « de rigueur » : ne pas blâmer « les Russes » (et leur légendaire ours Yogi) est considéré comme tout à fait inacceptable. 

https://lesakerfrancophone.fr/meat-generation

« Qui pourrait être si vil et si dérangé au point de produire de tels stratagèmes et de s’en tirer à bon compte ? La réponse est évidente : ces gens doivent être une cabale d’adorateurs du diable. » Dimitri et les adorateurs du diable…

Dimitri et les adorateurs du diable

Qui pourrait être si vil et si dérangé au point de produire de tels stratagèmes et de s’en tirer à bon compte ? La réponse est évidente : ces gens doivent être une cabale d’adorateurs du diable. Qu’ils soient une cabale est clair dans la façon dont leur éléments sont choisis. Il s’agit d’une aristocratie bien ancrée avec une structure interne assez stricte. Si l’on examine les deux dernières décennies, on constate que c’est le cas :

  • 1988 : Bush-père, ancien directeur de la CIA, ancien vice-président, déjà membre d’une dynastie politique
  • 1992, 1996 : Clinton-monsieur, un peu de sang frais, mais son vice-président, Al Gore, était un sénateur américain et le fils d’un sénateur/représentant américain.
  • 2000, 2004 : Bush-fils, en 2004, bat Kerry, un sénateur américain et descendant de John Winthrop du Massachusetts qui a été l’un de ceux qui ont lancé la cabale.
  • 2008 : Obama, un peu de sang frais, bat le sénateur McCain, qui a un navire de la marine américaine au nom de son père, un amiral, dont le père était également amiral.
  • 2012 : M. Obama bat Romney, fils d’un gouverneur qui s’était également présenté comme candidat à la présidence et avait été battu par Nixon.
  • 2016 : Trump bat Clinton-madame (l’exception qui prouve la règle)
  • 2020 : Clinton-madame prétend toujours être chaude pour concourir. Il y a également eu des rumeurs dans la presse au sujet de la candidature potentielle d’Obama-madame. Le vice-président d’Obama, Joe Biden, bien que manifestement sénile et impliqué dans un scandale de corruption internationale, est aussi un espoir.

Il en ressort clairement que la cabale de la politique américaine est régie par ses propres règles népotiques qui n’ont rien à voir avec le mérite et que toute suggestion selon laquelle il s’agirait d’une forme de démocratie devrait faire rire à gorge déployée. Alors que M. Clintonmonsieur semble avoir été soigneusement recruté dans la cabale par le biais d’apprentissages politiques et d’appartenances à des sociétés secrètes [Parmi ses professeurs figurent Carroll Quigley. Il reçoit une bourse Rhodes, NdT], M. Obama semble être plus un serviteur qu’un maître – un remplaçant temporaire choisi pour sa populaire couleur de peau qui a simplement fait ce que ses supérieurs, dont Kerry et Clinton-madame, lui ont demandé.

Mais alors, avec Trump, qui ne fait certainement pas partie de la cabale, voyant à quel point la cabale le déteste, une pause s’est produite. Il semblerait que le Diable se soit lassé de cette cabale particulière. Alors que leur pacte avec le Diable était encore solide, il leur permettait de mentir, de voler, de tricher et de tuer en toute impunité. Qu’ils pensent que c’est encore le cas est très clair dans la façon dont ils réagissent à toute accusation : ils sont par définition irréprochables alors que celui qui ose dire du mal d’eux est automatiquement un agent russe.

  • Bush-fils et sa coterie sont restés fidèles à l’histoire selon laquelle des terroristes ont abattu trois grattes-ciel (#1, #2 et #7) en utilisant deux avions pilotés par des terroristes. Quiconque peut compter jusqu’à trois est automatiquement un théoricien du complot. Personne n’est allé en prison pour avoir tué des milliers de personnes.
  • Clinton-madame est par définition irréprochable pour avoir mis des documents classifiés sur un serveur non sécurisé et les avoir transmis aveuglément à une adresse électronique en Chine, ou pour avoir volé la nomination présidentielle à Bernie Sanders. Ce sont les gens qui ont divulgué ces faits qui sont des criminels.
  • Joe Biden n’est par définition pas fautif d’avoir obtenu un emploi lucratif dans une société gazière ukrainienne corrompue pour son fils cocaïnomane, puis d’avoir menacé de suspendre l’aide du gouvernement américain pour forcer le renvoi du procureur qui a tenté d’enquêter sur cette affaire. Ce sont ceux qui ont tenté de rouvrir les enquêtes qui sont les criminels.
  • Clinton-monsieur, qui fumait de l’herbe mais « n’a pas inhalé », qui « n’a pas eu de rapports sexuels avec cette femme », et qui a pris plusieurs vols sur le « Lolita Express » (animé par Jeffrey Epstein, un pédophile condamné qui ne s’est pas suicidé en prison) mais dit qu’il n’a eu de relations sexuelles avec aucune des femmes mineures qui étaient sur place. Pourtant, la fortune politique de cette famille n’est pas encore entièrement perdue, et il semble que le diable soit entièrement à remercier pour ce miracle.

Les pactes avec le Diable sont délicats parce que le Diable est lui-même un grand escroc. Il rira avec vous tant que vous vous amusez, mais il rira de vous dès que votre entreprise deviendra ennuyeuse. Dire au Diable : « Mais on avait un marché ! » ne fera que le faire rire encore plus fort à vos dépends. Avec un peu de chance, la cabale se brisera et disparaîtra avec le temps. Mais les dommages causés au cerveau de nombreuses personnes avec leur système de « valeurs occidentales universelles » prendront probablement un certain temps à guérir, et bon nombre de Millenials – nommée la « Meat » génération – périront sans laisser aucune descendance.

Mais il y a aussi aux États-Unis les bases d’une nation tout à fait différente et saine, composée de gens qui détestent le Diable avec passion et qui ne toucheraient pas aux « valeurs occidentales universelles » même avec un très long bâton. Donnez-leurs 50 ans de plus, et tout l’ouest américain des Rocheuses sera peuplé de mormons, tandis qu’une grande partie du Midwest sera peuplée d’anabaptistes (Amish, Mennonites, Hutterites) et une grande partie du Sud par des Mexicains catholiques et des natifs d’Amérique centrale. Le taux de natalité chez les Amish a quelque peu baissé, passant de 8 à 6 enfants par femme. Celle du reste de la population est tombée en dessous de 2 – bien en dessous du taux de natalité de remplacement. Ceux de ses membres qui croient en l’extinction humaine à court terme obtiendront ce qu’ils souhaitent. D’autres communautés prospéreront en parallèle.

Vos descendants pourraient vivre heureux à leurs côtés, à condition que leurs valeurs soient en accord avec les leurs. La haine ne doit pas avoir sa place dans leur cœur, mais ils doivent aimer leur propre peuple plus que tous les autres et faire passer les intérêts de leur propre peuple avant ceux de tous les autres. Le mariage, pour eux, doit être un vœu solennel fait par un homme et une femme devant leur Dieu dans le but de porter et d’élever des enfants heureux et en bonne santé d’une manière qui les aidera à avoir leurs propres enfants. Ils doivent aussi avoir très peu de tolérance à l’égard de leurs habitudes personnelles complaisantes. Mais pour y arriver, vous devrez trouver un moyen d’empêcher les adorateurs du diable de vous traire le reste de vos économies et de vous vendre vous et vos enfants pour votre viande.

Les cinq stades de l'effondrement

Dmitry Orlov

Écoutez. Je suis Jean. J’ai vu des choses sombres. J’ai vu l’ombre infinie où se perdent les nombres, J’ai vu les visions que les réprouvés font, Les engloutissements de l’abîme sans fond ; J’ai vu le ciel, l’éther, le chaos et l’espace.

IV

Écoutez. Je suis Jean. J’ai vu des choses sombres.
J’ai vu l’ombre infinie où se perdent les nombres,
J’ai vu les visions que les réprouvés font,
Les engloutissements de l’abîme sans fond ;
J’ai vu le ciel, l’éther, le chaos et l’espace.
Vivants ! puisque j’en viens, je sais ce qui s’y passe ;
Je vous affirme à tous, écoutez bien ma voix,
J’affirme même à ceux qui vivent dans les bois,
Que le Seigneur, le Dieu des esprits des prophètes,
Voit ce que vous pensez et sait ce que vous faites.
C’est bien. Continuez, grands, petits, jeunes, vieux !
Que l’avare soit tout à l’or, que l’envieux
Rampe et morde en rampant, que le glouton dévore,
Que celui qui faisait le mal, le fasse encore !
Que celui qui fut lâche et vil, le soit toujours !
Voyant vos passions, vos fureurs, vos amours,
J’ai dit à Dieu : Seigneur, jugez où nous en sommes.
Considérez la terre et regardez les hommes.
Ils brisent tous les nœuds qui devaient les unir.
Et Dieu m’a répondu : Certes, je vais venir !

https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Contemplations/%C2%AB_%C3%89coutez._Je_suis_Jean._J%E2%80%99ai_vu_des_choses_sombres_%C2%BB

https://nicolasbonnal.wordpress.com/2019/10/18/victor-hugo-pere-du-joker-sa-grande-affaire-etait-de-hair-le-genre-humain-il-etait-implacable-dans-cette-haine-apres-quoi-il-se-frottait-les-mains-et-disait-je-fais-aux-hommes-tout-le-mal/

https://nicolasbonnal.wordpress.com/2019/10/16/dieu-la-voix-sepulcrale-des-djinns-quel-bruit-ils-font-fuyons-sous-la-spirale-de-lescalier-profond-deja-seteint-ma-lampe-et-lombre-de-la-rampe-qui-le-long-du-mur-rampe-monte-jusqu/

https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois-Nicolas_Chifflart

https://reseauinternational.net/la-bolivie-fait-face-a-un-nettoyage-ethnique-a-la-croate-et-a-un-apartheid-a-la-sud-africaine/

Coup d’Etat ? Oligarchie ? Tyrannies militaristes ? Devoir néolibéral de dépeuplement ? Alors lisez ou relisez LE COMMANDO BARILOCHE (les contes latinos, Ed. Michel de Maule, 2009, réédité sur Amazon.fr)

LE COMMANDO BARILOCHE (les contes latinos)

(les contes latinos, Ed. Michel de Maule, 2009)

LE COMMANDO BARILOCHE

J’avais entendu parler du commando Bariloche

bien avant que ses funestes exploits fussent connus du

public ou même des professionnels de l’information.

Moi-même ai sans doute quelque part de responsabilité

dans leur avènement pour ne pas avoir su mesurer

leur degré de nuisance, et pour n’avoir pas averti les

autorités compétentes. Il est vrai qu’elles-mêmes ont

su, ont vu venir, et laissé faire. Il me reste à laisser ce

maigre témoignage, à l’heure où les plans presque

cosmiques de ces trois garnements sont prêts de se

réaliser, au nez et à la barbe d’un monde débordé par

ses folies matérielles et sa servitude volontaire.

Les trois compères du commando s’étaient connus

à Bariloche, près de San Carlos dans un collège privé

réservé aux enfants de militaires et de puissants

patrons. Sous couvert de catholicisme, on y professait

des croyances païennes et des vertus guerrières germaniques.

La mère d’Osvaldo était d’origine chilienne,

et son grand-oncle d’origine allemande avait

navigué le long des fjords avec le jeune Canaris. Les

parents d’Augusto avaient abrité leur famille autrichienne

au lendemain de la défaite de 1945 ; nul ne

savait comment ils étaient arrivés jusque-là. Certains

témoins évoquaient les fameux sous-marins de la

péninsule de Valdez, venus du Nord du monde

comme d’une autre planète, comme pour redécouvrir

notre continent dépeuplé. Quant à Maurizio, il garda

jusqu’à une date très récente de très nombreux

contacts avec l’Italie qui lui permirent de se livrer à ses

si lucratives activités. Plusieurs membres de sa famille

exercèrent de hautes fonctions avant et après la

guerre, dans le cadre des loges qui se sont partagé le

destin de cet étrange pays. Tout était réuni pour que

ces trois héritiers de grandes fortunes féodales accomplissent

de grands exploits. Dès leur plus jeune âge, ils

se distinguèrent par leur intelligence, leur force et

leur courage. Ils dominaient les autres sans effort,

quand ils ne les maltraitaient pas. Ils voyaient les vains

efforts du vieux continent pour se sortir de l’ornière

et du crépuscule historique, et ils le dédaignèrent. Je

crois qu’ils méprisaient l’Europe, sauf ce qui venait

des Alpes, alémaniques pour l’essentiel. Ils rêvaient

d’un nouvel empire de conquistadores, et en même

temps, dans leur mépris foncier du gringo, ils se

voyaient aussi reconstructeurs de l’empire inca, une

fois que le Tahuantinsuyo se serait débarrassé des

inconvenants étrangers.

Un jour pourtant, leur destinée bascula inexplicablement.

Ils se perdirent au cours d’un trekking en

haute montagne, et on ne les retrouva qu’au bout de

trois jours d’intenses recherches. Ils avaient changé;

ils avaient souffert, maigri, ils regardaient le monde

d’un air amer et ironique. Ils avaient bravé de terribles

dangers, dont ils ne parlèrent pas. Certains pensent

qu’ils avaient trouvé un trésor au fond d’un lac : on

savait la richesse de leur famille, mais leur puissance et

leur prodigalité crût beaucoup depuis ce temps.

D’autres disent qu’ils s’étaient perdus après le refuge

Otto et avaient connu le bunker, un lieu mystérieux et

dément où de terribles secrets leur avaient été confiés.

Mais d’eux nous ne sûmes rien. C’est après cette escapade

que leur comportement devint différent : ils

étaient brutaux, ils défiaient les autorités, ils refusaient

d’assister aux offices. Ils se voulaient par-delà le

bien et le mal, créateurs de mondes et d’empires nouveaux.

Inquiets, leurs parents les envoyèrent dans le

nord. Osvaldo fut même envoyé au Brésil. C’est là

qu’il accomplit le premier de leurs grands exploits.

J’avais perdu leur trace. Au cours d’une attaque de

bus dans l’état du Paranà, près de Curitiba, trois

malandrins entrèrent dans le véhicule et commencèrent

à dérober leurs possessions aux passagers. Les

trois furent tués par Osvaldo, sans que l’on pût savoir

si lui-même était armé ou s’il avait pu arracher son

arme à l’un des nocifs idiots. Toujours est-il qu’il les

exécuta et les acheva froidement de plusieurs balles

dans la nuque. La police ne l’arrêta pas, les passagers

et l’opinion le fêtèrent comme un héros.

— S’il y avait plus d’hommes comme lui dans le

continent, disait-on, nous serions vite débarrassés de

tous nos maux. Pendant ce temps Maurizio et Augusto

étudiaient et séjournaient à Corrientes, où ils s’amusaient

à attaquer et piller de riches villas. On dit même

qu’ils revendaient au Paraguay des limousines volées

dans cette province aussi renommée pour ses filles.

Mais les autorités ne les menaçaient guère : l’un était

d’une famille de militaires, l’autre de juges, alors…

mais toujours ils exerçaient ce talent étrange d’aller

défier une autorité supérieure ; et de la même manière

ils maintenaient une grande activité physique

qui les faisait resplendir dans la presse des sports de

l’extrême. Ils pratiquaient déjà couramment quatre

langues. On décida de les envoyer en Europe, estimant

que la vieille civilisation-continent pourrait tempérer

leur ardeur latine. Ce fut l’inverse qui se produisit.

Ils arrivèrent en pleine déliquescence du

communisme, au moment où ce petit cap qui se

targue de discipline et de modération livrait des

peuples entiers aux trafics de toutes sortes. Leur audace,

leur brutalité, leurs dons des langues et je ne sais

quelle grâce leur assura un grand succès. Ils revinrent

d’Europe avec trois épouses superbes venues de l’est,

des diplômes et plus d’argent. Ils étaient pour

prendre le pouvoir à leurs parents.

C’est ici qu’une autre fois leur histoire se brouille.

Je les imaginais avocats d’affaires ou riches entrepreneurs,

profitant du mercosur 1 naissant et de leur savoirfaire.

Mais ils disparurent encore, au cours cette fois

dune navigation dans les Caraïbes. Les prometteurs

affairistes étaient promis à un avenir plus brillant

encore d’aventuriers du poker géostratégique qui se

produit en ces temps de la Fin. Un de nos maîtres

avait célébré des théories venues d’Europe, de

Haushofer à Parvulesco et un autre maître dont j’ai

oublié le nom. C’est Patricio Ravarino, un de mes

anciens camarades de classe, qui me révéla les dessous

de l’affaire des années plus tard, dans le café Ewers, à

Rio de Janeiro. Avec le mystère qui seyait à leur vocation,

les trois Tigres, comme ils s’étaient eux-mêmes

baptisés, avaient été enlevés près des îles Cayman. Là,

ils avaient contacté des puissances, ils s’étaient instruits

aux forces noires de la finance, destinée plus

qu’aucun monstre de la terre, à détruire ce pauvre

monde. Et on leur avait demandé – un certain

Melqart, je crois, mais est-ce un nom si utile – de participer

à un projet continental nommé Erinnya. Notre

commando – que je peux maintenant nommer le

commando Bariloche – était invité, avec l’appui d’une

branche encore plus secrète des services secrets américains

à répandre la peur, dans le but de désorganiser

les états et de diviser les esprits. Mais Ravarino m’ajouta

que le projet avait une autre facette, plus secrète et

plus monstrueuse peut-être et désignée du nom de

code Mitmac.

C’est là que j’arrive à ce dont je doute moi-même:

des hommes riches et puissants, craints et célébrés se

lancent dans la pire des aventures, aux confins de

théories impériales : celle du déplacement inca de

population (le mitmac, précisément), et celle bien sûr

de l’espace vital hérité de leurs sombres ancêtres.

Voyant le développement économique venir, la

concentration des populations qui facilite leur exploitation,

voyant surtout la crise climatique venir, ils se

mirent à déclencher ici des attentats, là des épidémies

(c’est du moins ce que j’en ai déduit), et à acheter de

la terre. Leur fortune terrienne, leur fortune féodale,

leur fortune foncière fut leur plus grand objectif. Il

fallait vider le continent ou du moins une de ses

grandes portions, pour établir un embryon d’empire

destiné, le moment venu, à remplacer un vieux

monde.

La crise financière arriva, qui précipita la redistribution

des terres et de la richesse dans maints pays.

Eux qui avaient initié à l’art de la spéculation dans ces

îles flibustiers y furent tout à leur avantage. Se peut-il

même qu’ils aient accéléré certains processus ? Dans

ce monde dominé par la main invisible, on sait que la

main se cache surtout. La décennie suivante, qui décida

du sort du monde, avec ses attentats extraordinaires

et si mal expliqués, ses guerres incertaines, ses

croissances folles et son abêtissement veule, les vit

croître en richesse et sans doute en folie. Osvaldo

devient un le directeur administratif d’un laboratoire

pharmaceutique spécialisé dans la recherche des virus

et des épidémies. Ils restaient des sportifs consommés,

et je sus qu’ils pratiquaient l’alpinisme et l’aviation,

sur de vieux appareils de la guerre qu’eux n’avaient

pas oubliés. La providence leur donna même une descendance

de patriarches. Les Tigres semblaient rassa-

siés. Ils se constituaient même des zoos privés, mieux

des réserves comme s’ils avaient pensé qu’il valait

mieux sauver des animaux que des humains. Mais toujours

demeurait en eux cette nostalgie de l’empire

inca, puisqu’on ne les surprit jamais maltraitant les tribus

d’Indiens qui traversaient leurs terres sans le

savoir.

J’avais atteint un haut poste dans un grand journal

de Buenos Aires. Je dépêchai quelques journalistes

enquêter sur leur puissance ; plusieurs n’en revinrent

pas. Je fus moi-même averti, non sans humour

(n’étais-je pas un condisciple après tout ?), et j’en restai

là. Et puis se produisit l’incroyable, cette chaîne de

catastrophes climatiques insensées ces épidémies à

répétition, cet affolement des marchés financiers puis

de sociétés tout entières, l’humanité ayant compris un

peu tard, et confusément, qu’elle allait à sa fin. Et c’est

là que le commando Bariloche déclencha son offensive

terminale : en quelques semaines, ils chassèrent

avec leur aviation et leurs milices privées les riches

propriétaires européens et américains qui les avaient

défiés sur leurs terres patagoniques, magellaniques

comme nous disions à l’école. On retrouvait des

familles massacrées, des estancias incendiées qu’ils

rachetaient ou occupaient. Le monde avait trop à faire

par ailleurs, avec les différentes opérations de diver-

sion que menaient certaines puissances de par le

monde, pour s’opposer à leurs menées. Et l’on vit en

quelques mois où était la vraie puissance, et que la

quatrième guerre mondiale se mènerait à coups de

terres et de matières premières, à la recherche de

l’eau et du bois, de la forêt et des espaces. Nos gouvernements

ruinés par leurs dettes et des monnaies

avilies, et des armées de pacotille, ne pouvaient résister

à cet assaut ultime des forces du désordre. Il leur

était facile d’acheter ou d’éliminer un adversaire, un

opposant: n’en étais-je pas moi-même un vibrant

témoin?

J’ignore où les mènera leur folle puissance. Ils

s’étaient sentis, à l’invitation de ce mystérieux professeur

d’histoire de notre vieille école, venu avant la

guerre d’Allemagne, le grand devoir de dépeupler. Et

le projet Mitmac qu’ils menaient à bien en terrorisant

les rares landlords qui s’étaient crus un temps maîtres

de nos terres, révélait ses terribles desseins. Je reste

moi-même sur ma faim, n’ayant que des échos de leur

formidable aventure: ces trois monstres que j’avais

côtoyés sans les connaître se révélaient les maîtres du

nouveau cycle à venir, qui verrait une humanité réduite

et choisie, par l’argent et par les laboratoires, les

services secrets et les noyaux durs des armées, renaître

des cendres de notre civilisation décatie. À l’heure où

je prends tard la parole, et où un mal mystérieux me

ronge, comme il ronge tant de gens innocents, je ne

peux me retenir de sourire en pensant que les trois

Tigres seront les divinités fondatrices ou les héros civilisateurs

du prochain monde. Et je regrette presque

de n’avoir fait partie de l’épopée du commando

Bariloche.