La colombe oiseau de la paix ? Tu parles ! C’est pour les pigeons ! Lisez le paganisme au cinéma de Nicolas Bonnal. Et les grands vers d’Horace…

Sur Horace nous donnons ces vieilles lignes du très bon livre de Victor Magnien sur les mystères (païens) d’Eleusis :

 

Le poète latin Horace (Odes, II, 20) a pu, malgré sa pauvreté et l’obscurité de sa naissance, parvenir à une haute dignité grâce à l’appel de Mécène; il a obtenu des ailes et peut monter jusqu’à l’éther; après sa mort, il remontera directement dans l’éther et ne subira pas une mort véritable :

« C’est par une aile peu ordinaire, une aile puissante, que, poète à double forme je serai porté tout à travers l’éther fluide; je ne m’attarderai plus désormais sur les terres, et, vainqueur de l’envie, je quitterai les villes.

Déjà se reposent sur mes jambes des peaux dures; en haut je me transforme en un oiseau blanc… Déjà, plus rapide qu’Icare, fils de Dédale, j’irai voir les rivages du Bosphore gémissant et les Syrtes Gétules, sous la forme de l’oiseau sonore… Pour mes funérailles vides, point de chants lugubres! Point de funestes deuils ni de plaintes! »

 

Arrête les cris! Et laisse de côté les honneurs superflus du tombeau! »

 

Cette belle songerie cosmique est incomparablement décrite par le plus virtuose des poètes de l’Antiquité, celui dont chaque vers faisait l’admiration de Nietzsche (« lui sait placer un mot », dit le maître). Le prince ici finit comme Horace, plus loin que les honneurs et la tombe. Le sacrifié devient un sauveur et un réalisé vivant.

Nous pouvons aussi comparer ces splendides passages d’Inagaki au monde de Tolkien. Son chef d’œuvre n’est bien sûr pas le Seigneur des Anneaux, mais le Silmarillion patiemment compilé par son fils Christopher (celui là-même qui a dénoncé la criminelle foire commerciale du film). Cette belle cosmogonie offre ses mythes fondateurs, ses criminels, sa lente décadence, ses dieux fainéants, ses faits héroïques, ses serments fous, ses déplacements de peuples, son grand Endkampf final.

Et dans l’histoire d’Earendil la belle Elwing sait voler et se transformer en oiseau pour survoler les mers que Tolkien aime tant.

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