Vers une agonie du FN transgénique et une révélation de la France insoumise

 

 

A l’assemblée nationale, dominée par le parti des dames pipi et des valets de course du système, le néo-FN ne fait pas de bulles, et l’on s’y attendait. Ce parti bio et fluo est entré en agonie depuis les années 2000, et peut-être même avant, quand la scission eut lieu entre les élites du parti et le nouveau management qui se faisait jour avec Marine Le Pen. Le père trop famille et pas assez parti (ou pas assez patrie) avait décidé de reproduire la sottise du roi Lear, et il mettait au pouvoir une Goneril, qui n’était ni rebelle ni nationale, mais qui promettait de surfer sur la vague grisante de mécontentement qui dure depuis un siècle et demi maintenant dans ce pays. Dans mon livre sur Macron et les antisystèmes, je fais le descriptif du mécontentement qui à l’époque de Le Bon, Maupassant, Sorel, Drumont voit le jour. J’ai montré pourquoi que ce mécontentement est intellectuel, petit-bourgeois, qu’il ne mène nulle part.

 

Le virage s’est accéléré avec la prise du pouvoir du bureaucrate-débatteur. Le chevènementisme est pourtant une école de pensée limitée (5% des voix en 2002, juste de quoi laisser le pauvre Jospin sur la touche face au FN et à l’inepte Chirac – le pire que tout, qui amena le Deep State US, Sarkozy et Lagarde au pouvoir). L’avocat Collard, exemple consumé, caricatural de gros bourgeois sauvage a fait le reste et aujourd’hui le parti-croupion, Marion partie (bien joué la belle !), n’a plus rien à dire à l’assemblée ni à faire dans le pays.

Jean Baudrillard aimait bien dans JMLP sa « pensée sauvage » (il le disait même dans ses chroniques à Libération !), mais cet heureux temps n’est plus, comme dit Jean Racine. La bataille bureaucratique de leur euro, c’est également de la nouille tiède.

 

Pour les antisystèmes, et le dernier carré de rebelles dont nous sommes, il reste alors Mélenchon, qui a ses défauts, mais aussi ses qualités, et qui aurait taillé de cruelles croupières à Macron lors du débat télé scandaleusement bâclé, saccagé par la fille Le Pen. On aurait terminé avec une faible défaite du candidat antisystème avec 45 ou 48% des voix.

Si nous devons faire le compte, il est clair que l’extrême-droite n’aura jamais été à l’honneur dans ce pays, trop contre-révolutionnaire (c’est son destin, comme disaient les autres), trop passive face à notre histoire, trop peu aventurière aussi (Maurras-Pastis-football). Il faut donc nous rabattre sur Mélenchon et sa France insoumise, qui au moins se réclame de la prise de la Bastille, du temps des cerises, ou de la Libération. Je rappelle la phrase de l’ami Giovanni : en France la révolte commence avec Rimbaud et se termine avec Séguy.

 

Il faut espérer que le FN croupissant ne nous fasse pas le coup, si permanent dans ce pays, « de la conservation du pouvoir de nuisance ». Car ce pouvoir de nuisance, qui est la marque du débilitant  Twitter Trump, caractérise maintenant le mouvement castré de l’extrême-droite transgénique.

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