De Psychose à la soif du mal : quand Hitchcock plagie Orson Welles

 

De Psychose à la soif du mal : quand Hitchcock plagie Orson Welles

 

Je vais publier un livre sur chacun des deux maîtres. Je publierai ensuite sur Fritz Lang et j’aurai écrit sur les quatre maîtres de mon adolescence cinéphilique : Kubrick, Welles, Lang et Hitchcock. J’essaierai de la faire de la manière la plus décalée et originale possible, savante, iconoclaste, réactionnaire.

Ici je vais seulement soulever un point ignoré par la critique : le plagiat délibéré de Welles par Hitch dans Psychose (il me semble qu’un texte universitaire en parle, d’un certain Jon Hall, que j’ai retrouvé mais pas lu sur le web). On voit la même actrice perdue dans un bled mexicain, qui va être violée, possédée (?) par une meute de jeunes. Juste avant Janet discute avec un débile qui évoque le Norman Bates de Psychose. Dennis Weaver (qui jouera l’automobiliste dans le Duel de Spielberg,) évoque le même homme-adolescent, fragile, léger, hystérique, dangereux. C’est lui qui laissera Janet Leigh aux mains de violeurs et des dealers du gang Grandi.  On découvre ici une atmosphère d’ouest décalé, peinture d’Hopper, motel abandonné, délire possible, absence totale de loi ; on est dans la sauvagerie assumée d’un terrain vague qui n’a plus rien du western.

Le Dennis Weaver ici n’a pas  même de nom. Il s’affole comme un rien, il a un crâne de piaf. Le point est important : car comme on sait Bates (sa confidence) dans psychose est taxidermiste  et il rêve de stuff, de bourrer de paille les pauvres oiseaux. J’ai toujours regretté qu’on ne le voit pas empailler Janet, ce qui ferait bien dans la gradation de la révolution sexuelle hitchcockienne que je vais recenser dans mon livre !

Janet est la victime sexuelle du gros Welles comme du gros Hitchcock (on respecte les maîtres mais pas toutes leurs obsessions tout de même). Janet comme référence sexuelle avait été mise à la mode par un autre maître oublié, celui-là, Josef Von Sternberg dans Jet pilot. Une pilote soviétique tombe éprise de John Wayne, mais comme elle est soviétique, elle est respectée par l’apparat hollywoodien !

Ici rien à voir, la blonde peroxydée hypersexuée est un objet consommable à volonté. Chez Hitchcock elle sera poignardée après avoir été violée psychiquement par un tyran policier et par un grossier texan à qui elle vole des 40 000 dollars qui semblent être le prix du viol implicite. Chez Welles elle sera déshabillée, droguée, photographiée, filmée (shot en anglais, le même mot comme vous savez désigne tirer et photographier) ; le traitement hollywoodien reste le même. On sait ce qu’Hitchcock fera subir à la blonde Tippi Hedren dans les oiseaux (en chair et en plume cette fois).

Mais le personnage ici c’est Weaver. Welles a toujours été copié. Il invente tout comme ça en s‘amusant, en s’en foutant, comme son maître-modèle Montaigne, plagié tout le temps par Shakespeare ou Pascal…

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