De la féministe comme primate supérieure (par mon lecteur Alexandre)

De la féministe comme primate supérieure (par mon lecteur Alexandre)

Cet article me semble être un bon avant-propos à un livre, il ouvre beaucoup de pistes différentes pour comprendre ce que le Premier Monde est devenu. L’hypothèse que je pose est celui d’une vision “familiariste-féminine” de la société pour accompagner une stagnation scientifico-technologique.

Pour l’essentiel des gens en âge d’agir politiquement et économiquement aujourd’hui, la famille n’est plus ce qu’elle était avant les Trente Glorieuses (ou la génération du Baby Boom, si on préfère) pour des raisons essentiellement technologiques. (c’est pour cela que la théorie centrale d’Emmanuel Todd commence à ne plus être aussi utile)

Les Trente Glorieuses, pour résumer grossièrement, c’est :
– la révolution domestique, avec les appareils ménagers. Là où autrefois la maison était en permanence habitée par une personne (la mère) et par une activité, il y a le vide des machines qui ronronnent dans leur coin. Je ne dis pas que c’est un mal, je dis qu’il y a un élément qui a disparu.
– la révolution spatiale avec l’automobile, puis internet. On vit maintenant loin des concentrations humaines fortes, qui sont aujourd’hui répulsives (cités HLM, centres-villes à l’immobilier prohibitif), ce qui fait que l’on se retrouve entre personnes du même profil (qui se sont connues dans des points de rencontre comme le système scolaire) au lieu de se retrouver entre voisins ou membres d’un même village (la Guerre des Boutons, c’est la nostalgie d’un monde révolu depuis l’automobile)
– la révolution sexuelle, où les critères d’attrayance sont devenus hors-sol (beauté impossible) au détriment des critères d’attractivité plus traditionnels (personnalité, classe sociale etc.)

Ce dernier aspect amène une question absolument déterminante pour qui se pose des questions sur son devenir : comment papa et maman se sont-ils trouvés ? Pour faire court et stéréotypé : parmi les gens qui suivent la culture dominante , maman a su être attrayante (premier point) et plus attrayante que d’autres (second point). Comme l’article le rappelle, tout ceci est très américain.

Premier point : maman était plus attrayante

Ce premier point implique deux faiblesses. D’une part, papa n’a pas su résister aux méthodes de manipulation pourtant explicitement exposées comme telles dans Cosmopolitan et il s’est laissé guider par sa bite (ressemblant ainsi étrangement à Zeus, qui a causé ainsi tellement de malheurs).

D’autre part, cela ne rend pas la femme qui l’a gagné meilleure ou plus forte, car tout miser sur son attrayance pour obtenir quelque chose est du registre de la prostitution, et cela ne fait ni de bonnes mères ni de bonnes épouses (Toxic Wife Syndrome : https://www.sott.net/article/129026-From-trophy-wife-to-toxic-wife )

Ce qui explique d’ailleurs “l’industrie du divorce” aux Etats-Unis, également de plus en plus à la mode chez nous. Pour les enfants, c’est un signe de dysfonctionnement encore plus grave que la réponse à la première question.

Tout ceci se déroule dans toutes les couches de la société ( https://medias.liberation.fr/photo/310404-arnaud-lagardere-et-jade-foret-assistent-a-un-match-de-tennis-a-roland-garros-le-25-mai-2011.jpg?modified_at=1318856800&width=960 )

D’ailleurs Clinton et Trump, tous deux cités dans cet article, sont justement des papas faibles, l’un à sauter la stagiaire pour fuir son dragon d’épouse, l’autre “pussy grabber” est un divorcé en série, à chaque fois victime de créatures issues toutes droit du neuvième cercle du Cosmopolitan (d’autres, diraient, de la société du spectacle), sa dernière légitime en date est du même monde, et il prend des conseils de sa fille qui à une époque s’habillait ainsi : https://i.pinimg.com/originals/ff/90/e8/ff90e8d99450c515de8aa6be26c2716e.jpg )

Le sceond point : la position de maman dans la tribu

Le second point explique pourquoi l’adolescente même pré-pubère est déjà engagée dans une course aux armements avec ses contemporaines, et qu’elle le restera aussi longtemps que possible, disons une décennie et demie. Si l’on regarde les magazines féminins sous cet angle militaire, c’est une doctrine d’emploi des moyens, un bulletin d’actualité technique mais aussi un processus d’endoctrinement.

Pour comprendre la place qui a été donnée à la femme dans notre société, il est à mon avis impératif de lire “Queen Bees And Wannabees”, un livre américain d’aide au parents de filles scolarisées au lycée, et qui se révèle être la véritable étude anthropologique de notre temps.

La femme moderne a été enrégimentée dès que possible dans une hiérarchie qui reflète celle des primates supérieurs, les dominantes mélangeant attrayance et violence pour instaurer un pouvoir auquel non seulement les autres femelles mais aussi tous les mâles se sont soumis.

Ceci ouvre à son tour de nombreuses perspectives, notamment si l’on considère la théorie que l’on cherche inconsciemment à ne pas répéter les erreurs de nos parents tout en partageant leurs inclinations. A mon avis ceci explique deux évolutions parallèles : le renoncement politique du projet de société et le renoncement personnel à chercher quelqu’un.

Partie 2 : le paradis technico-scientifique n’est pas pour nous

Si l’on observe l’image médiatique de la “femme de pouvoir” celle-ci est invariablement un dragon, associé à un mari faiblichon (Thatcher ouvra jadis la voie) mais ce n’est jamais une personne crédible (dans son image) sur des questions d’ordre technique, ce qui est embêtant dans une civilisation technico-scientifique.

Je veux bien que les “femmes de pouvoir” soient indispensables pour susciter l’aquiescement des femmes à la situation actuelle , via le suffrage notamment, mais hommes et femmes connaissent la nature techno-scientifique de notre monde, et pendant qu’on parle des “valeurs” on ne parle pas de glyphosate ou de cybersurveillance. Toutes les questions d’ordre technico-scientifique, autrefois au centre du projet de société (la promesse de l’ère spatiale par exemple) sont aujourd’hui des questions reléguées au “conspirationnisme”.

La maman-dragon au pouvoir est donc une personne qui non seulement ne sait pas parler des choses importantes mais qui interdit que l’on en parle. Au lieu de cela, elle exige des choses stupides et on est sensé obéir, comme autant de papa faibles. Elle prend ainsi la place du contremaître, de l’adjudant ou du commissaire politique des sociétés d’antan, pour imposer une situation qui ne nous convient pas.

Or il doit bien “il y doit bien il y avoir quelqu’un qui s’occupe, quelque part”*, des questions technico-scientifiques . ( * Je reproduis une phrase que j’ai souvent entendu après la chute du Mur, lorsque des ex-Comecon nous expliquaient pourquoi leur modèle avait failli.)

Tous ceux qui travaillent dans l’économie réelle savent à quel point de faillite organisationnelle, technique et même intellectuelle nous sommes parvenus.

Nota : le problème n’est aucunement une question d’homme ou de femme. Par exemple, cette vidéo du making-of de “la menace fantôme” ( https://www.youtube.com/watch?v=da8s9m4zEpo ) il y a vingt ans seulement montre des hommes et des femmes recrutés sur la base de la compétence et de la spécialisation, par quelqu’un qui sait ce qu’il fait.

Le problème réside dans le fait que la société des primates supérieurs décrite plus haut remplace celle basée sur l’éducation et le mérite. C’est tout le sens des réformes scolaires qui se sont succédées depuis quarante ans. Tant que certains parents parvenaient à corriger ces réformes à la maison, par des prodiges d’organisation, d’effort et de persévérance, le système tenait encore.

Maintenant ce n’est plus possible. En raison d’une société qui n’a pas su gérer une technologie hors de contrôle, les parents travaillent trop tard ( le téléphone mobile les connecte en permanence au travail ), les enfants sont hypnotisés trop tôt par les écrans, et de surcroît des classes sociales entières ne se sont plus reproduites.

Les politiciennes-dragon ne supportent pas que l’on parle de ce qui ne va pas, dans l’illusion que le tout va se maintenir, mais la censure n’a jamais empêché l’effondrement, en le retardant elle le rend plus néfaste encore.

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