Casseurs grimés et provocateurs dévoyés et grenadiers enjoués ; quand Coluche mettait en garde (en T.shirt jaune) les gilets jaunes un peu avant sa mort ; Maître de Castelnau et Guy Debord aussi, du reste, les avertissaient…

Castelnau sur son brillant blog :

Se pose évidemment la question de la composition de ces fameux groupes dont on nous prétend qu’ils sont incontrôlés parce qu’incontrôlables. Cela ressemble fortement à une plaisanterie, lorsque l’on connaît les moyens de la police et l’utilisation historique des provocateurs dans les mouvements sociaux. Laisser casser pour effrayer le bourgeois et disqualifier un mouvement, c’est une très vieille histoire, qui peut aller jusqu’à faire prendre à des policiers ou des nervis, la place des vrais casseurs. J’en ai personnellement fait l’expérience au moment des grandes luttes de la sidérurgie. Se pose alors plus précisément la question de l’utilisation dans les manifestations de policiers appartenant aux Brigades Anti Criminalité (BAC), fonctionnaires sans uniforme, dont le maintien de l’ordre n’est pas le métier et qui adoptent systématiquement des comportements suspects. Il n’y a rien de complotiste là-dedans, car n’oublions pas ce que nous a révélé l’épisode Benalla et la présence dans les manifestations de civils armés et présentant les signes extérieurs d’appartenance à la police…

Le scénario du 16 novembre place d’Italie est suffisamment suspect pour envisager la possibilité d’une provocation destinée à disqualifier et criminaliser le mouvement des gilets jaunes. Ce ne serait ni la première fois, ni la dernière. Le comportement habituel du préfet de police et son attitude ce jour-là peuvent nourrir une lourde suspicion. Cela justifierait un travail d’enquête sérieux pour reconstituer exactement ce qui s’est produit. Il n’y a pas grand-chose à attendre des grands médias qui ont relayé la thèse policière, pas plus que du parlement pour des commissions d’enquête qui seraient justifiées. En revanche il serait naturel que la justice dont c’est le devoir se saisisse des infractions commises et ce d’autant que si ce scénario est établi, on est en présence d’une jolie collection.

Debord dans ses Commentaires :

Cette démocratie si parfaite fabrique elle-même son inconcevable ennemi, le terrorisme. Elle veut, en effet, être jugée sur ses ennemis plutôt que sur ses résultats. L’histoire du terrorisme est écrite par l’État ; elle est donc éducative. Les populations spectatrices ne peuvent certes pas tout savoir du terrorisme, mais elles peuvent toujours en savoir assez pour être persuadées que, par rapport à ce terrorisme, tout le reste devra leur sembler plutôt acceptable, en tout cas plus rationnel et plus démocratique. La modernisation de la répression a fini par mettre au point, d’abord dans l’expériencepilote de l’Italie sous le nom de « repentis », des accusateurs professionnels assermentés ; ce qu’à leur première apparition au XVIIe siècle, lors des troubles de la Fronde, on avait appelé des « témoins à brevet ». Ce progrès spectaculaire de la Justice a peuplé les prisons italiennes de plusieurs milliers de condamnés qui expient une guerre civile qui n’a pas eu lieu, une sorte de vaste insurrection armée qui par hasard n’a jamais vu venir son heure, un putschisme tissé de l’étoffe dont sont faits les rêves.

Ces pittoresques exemples veulent dire aussi que l’on ne peut plus se fier à personne sur son métier. Mais l’ambition la plus haute du spectaculaire intégré, c’est encore que les agents secrets deviennent des révolutionnaires, et que les révolutionnaires deviennent des agents secrets.

http://achard.info/debord/CommentairesSurLaSocieteDuSpectacle.pdf

Sans oublier Strategika51 :

Presque une décennie après la consécration des révolutions colorées dans la région centrale du monde et laquelle correspond grosso modo à la région connue sous l’acronyme anglo-saxon MENA (Middle-East and North Africa) ou l’ensemble Moyen-Orient/Afrique du Nord, une  nouvelle vague d’une ingénierie sociale du chaos éprouvée et imparable exploitant la détérioration continue des conditions socio-économiques et la colère des populations dans la plupart des pays et territoires gouvernées  se déploie aux quatre coins de la planète en visant en priorité des pays disposant de ressources prisées ou gouvernées par des régimes classées comme indésirables.

C’est le retour à l’ABC de la subversion dans sa forme la plus classique, avec comme expédient, un rôle accru d’une forme d’ochlocratie orientée par un phénomène de foule sauvage induit dans les réactions et commentaires des réseaux sociaux, répondant le plus souvent à des sujets stimulées dans le cadre de la manipulation de l’opinion. Ce facteur majoré par le nivellement par le bas et l’abrutissement, voire le crétinisme, joue un rôle non négligeable dans le formatage d’une nouvelle opinion le plus souvent politiquement correct.

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