De Beyrouth à Hiroshima : chronique de la destruction de ce monde au nitrate. 6 août 1945 et transfiguration. La suite à notre prochaine extermination par nos élites enjouées. Confinement prévu le 5 septembre (merci Estulin). Mourir et ne pas renaître de nos cendres, telle est notre devise ! Alexandre et notre mort future aux nitrates : « C’est le procédé Haber-Bosch qui permet à l’humanité de passer de deux milliards à quasiment huit milliards en un siècle, et qui donc alimente les guerres et l’effondrement à venir. »

Philippe Grasset :

(Mais les amoncellements de nitrate d’ammonium par milliers de tonnes, c’est la modernité n’est-ce pas, c’est « Le choix du feu », c’est la catastrophe du pillage et de la destruction du monde. Le symbole exprime une profonde vérité-de-situation.)

L’impression qu’on en ressent alors, encore pour mon compte, c’est effectivement une sorte d’intégration de la catastrophe, effectivement comme dans une attaque nucléaire, et donc intégration très rapidement faite comme presque dans l’instantané, effectivement comme devant l’inéluctable. Ce n’est pas un point d’une cité, d’un lieu habité, etc., qui est touché, comme un accident dans le cours normal de la vie de la cité, même si l’accident est dramatique et quelle qu’en soit la cause ; c’est toute la cité qui soudain, en quelques terribles secondes, se retrouve  sinistrée et plongée dans un affreux désordre et dans une souffrance collective que nul dans la cité ne peut ignorer.

Cette extraordinaire mouvement d’intégration de la catastrophe dans la vie courante, c’est bien le signe que le feu a frappé tout un monde, toute une vulnérabilité collective, toute une souffrance déjà à fleur de peau et exacerbée… Et nous-mêmes aussi, ces yeux et ces oreilles qui observent et écoutent le monde.

Enfin, et je dirais d’une façon plus élaborée, avec la forte dimension symbolique dans un monde tourmenté par une Grande Crise qui est comme la catastrophe suprême, et alors le sort de Beyrouth étant conduit comme si la ville était frappée par les entrailles de la crise… Le Liban, ce petit pays, où le cliché de l’esprit nous disait qu’il faisait bon vivre, qui ne cesse d’être déchiré, qui vit une crise terriblement hypermoderne depuis des mois, qui est le réceptacle de toutes les terreurs qui parcourent cette région où la Grande Crise du Système bouillonne également.

On ne peut échapper à l’image et à la parabole du symbole, et à se dire que la catastrophe de Beyrouth est de la même nature symbolique que, par exemple, la catastrophe de Lisbonne du XVIIIème siècle, qui marqua tant l’esprit du temps, et notamment celui de Voltaire. Notre Système, lui aussi, est un enfant monstrueux du XVIIIème siècle, dit “des Lumières”.

Pour une fois Israël, par la voix du Mossad, et le Hezbollah, ont fait quelque chose de concert, presque en commun, comme frappés d’un même sentiment de l’énormité sacrilège de la catastrophe ; chacun disant, “Ne croyez pas un instant que j’en sois instigateur, je n’ai rien à voir avec ça”… Jusqu’au ministre des affaires étrangères israélien proposant aussitôt l’aide de son pays, s’adressant à un pays avec lequel son propre pays est en guerre.

Ainsi n’échappe-t-on pas, – je parle encore pour mon compte, mais je suis sûr que je parle au nom de quelque chose qui me dépasse, – à l’impression diffuse mais d’une force considérable, à cette dernière “image” selon laquelle cette catastrophe est, par tous les canaux qu’on veut et selon toutes les interprétations possibles, une enfant affreusement malheureuse de la Grande Crise qui secoue le monde, en même temps qu’une illustration de ce malheur qui nous concerne tous.

Souffrez que je ne m’en explique pas plus que cela et acceptez cette image d’un instant, venue d’un autre monde, qui est aussi notre monde.

https://www.dedefensa.org/article/images-de-lautre-monde

https://nicolasbonnal.wordpress.com/2020/08/05/martyre-interminable-de-nos-freres-libanais-le-donald-denonce-un-attentat-et-notre-lecteur-andros-deblaie-un-peu-le-terrain-explosif/

https://nicolasbonnal.wordpress.com/2020/07/24/cest-fait-daniel-estulin-auteur-du-best-seller-sur-les-bilderbergs-et-du-livre-sur-le-tavistock-institute-annonce-le-confinement-pour-debut-septembre-il-sera-definitif-celui-la-dautant-plus-q/

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