De Platon à Packard : de la gestion du troupeau humain par les élites et le bio-contrôle.

Hannibal a traduit Dean Arnold, auteur qui évoque la conspiration des élites à travers les âges ; en vérité nous en sommes toujours au même point. Il y a un troupeau et un berger qui veut en réduire le nombre ou en corriger le comportement. Ce berger ou philosophe-roi s’entoure de gardiens (les phulakes de Platon). Il est aujourd’hui aidé par l’ingénierie sociale massifiée et industrialisée. Le grand Vince Packard, auteur des Hidden persuaders (alias la persuasion clandestine), termine son livre effarant (encore plus effrayant que la Propagande de Bernays) par l’évocation du bio-contrôle. Et cela donne :

« Finalement – disons vers l’an 2000 — peut-être toute cette profondeur la manipulation de la variété psychologique semblera d’une manière amusante démodée. D’ici là, peut-être que les biophysiciens prendront le relais avec « bio-contrôle », qui est la persuasion en profondeur poussée à son paroxysme. Le bio-contrôle est la nouvelle science du contrôle des processus mentaux, réactions émotionnelles et perceptions sensorielles par des signaux bioélectriques. »

Packard enfonce le knout :

« La réunion de la National Electronics Conference à Chicago en 1956 a entendu l’ingénieur électricien Curtiss R. Schafer, du Norden- Ketay Corporation, explorer les possibilités surprenantes du biocontrôle. Comme il l’envisageait, l’électronique pourrait prendre le contrôle des indisciplinés humains. Cela pourrait épargner aux endoctrineurs et aux contrôleurs de la pensée beaucoup d’agitation et d’ennui. Il l’a fait paraître relativement simple. »

Le cerveau humain est un outil :

« Les avions, les missiles et les machines-outils sont déjà guidés par l’électronique et le cerveau humain – étant essentiellement un ordinateur – peut l’être aussi. Déjà, grâce au bio-contrôle, les scientifiques ont changé le sens de l’équilibre des gens. Et ils ont fait des animaux avec le ventre plein, ils ont faim et ils ont peur quand ils n’ont rien à craindre. »

Et les conclusions sont terribles (je rappelle qu’on est en 1956) :

« Le magazine Time l’a cité comme expliquant : La réalisation ultime du bio-contrôle peut être le contrôle de l’homme lui-même…Les sujets contrôlés ne seraient jamais autorisés à penser comme personnes. Quelques mois après la naissance, un chirurgien équiperait chaque enfant avec une douille montée sous le cuir chevelu et des électrodes atteignant les zones du tissu cérébral. … … … Les perceptions sensorielles et musculaires de l’enfant, son activité pourrait être modifiée ou complètement contrôlée par des signaux émis par des émetteurs contrôlés par l’État. »

Le Monde a évoqué le déclin cognitif des enfants avec le confinement ; ils sont aussi épuisés sur le plan physique après dix mètres de course. Bref l’Etat les tient et les parents déjà soumis vont les faire vacciner. Mais au point où nous en sommes…

Passons à Dean Arnold, ensuite, qui cite Platon et le livre V, monstrueux et totalitaire, de sa République si peu vilipendée par nos profs de philo (vous attendiez quoi de ces fonctionnaires ?) :

 « Encore une fois, il est difficile pour nous tous d’imaginer des gens « sympas » pensant de cette façon, ou agissant en conséquence. Cependant, la mentalité d’élite a toujours été avec nous, depuis que Platon a écrit sa République il y a 2300 ans. Chaque enfant étudie ce livre dans des écoles préparatoires comme celle où les Gates ont été formés.

Le plus célèbre des philosophes grecs nous a dit que la classe dirigeante est celle « dont le but sera de préserver la moyenne de la population ». Il a en outre déclaré: «Il y a beaucoup d’autres choses qu’ils devront considérer, telles que les effets des guerres et des maladies et de tout autre organisme similaire, afin d’éviter autant que possible que l’État devienne trop grand ou trop petit. « 

Platon ajoute que le contrôle de la population doit se faire en secret, ce que l’on pourrait appeler une conspiration. « Maintenant, ces événements doivent être un secret que seuls les dirigeants connaissent, ou il y aura un autre danger que notre troupeau… éclate dans la rébellion. »

Citons un peu de Platon alors pour compléter (livre V, traduction Chambry, 459-461 pour les amateurs). Mariage d’amour et famille interdits, reproduction garantie par et pour l’Etat totalitaire, comme chez le vieil Huxley :

« Toi donc, qui es législateur, en choisissant parmi les femmes, comme tu as fait parmi les hommes, tu assortiras les caractères, autant que possible. Or, toute cette jeunesse, ayant la même demeure et la même table et ne possédant rien en propre, sera toujours ensemble; et vivant ainsi mêlée dans les gymnases et dans tous les autres exercices, je pense bien qu’une nécessité naturelle la portera à former des unions…Mais, mon cher Glaucon, dans un État où les citoyens doivent être heureux, il ne peut pas être permis de former des unions au hasard ou de commettre des fautes du même genre, et les magistrats ne devront pas le souffrir. »

Ensuite on pratique l’eugénisme, ce qui enflammera l’intellectuel (au sens de Bernanos !)  nazi Hans Gunther (voyez son Platon eugéniste et vitaliste) :

« C’est à toi, Glaucon, de me le dire. Je vois que tu élèves dans ta maison des chiens de chasse et des oiseaux de proie en grand nombre. As-tu pris garde à ce qu’on fait pour les accoupler et en avoir des petits?

Que fait-on?

Parmi ces animaux, quoique tous de bonne race, n’en est-il pas quelques-uns qui l’emportent sur les autres?

Sans toutes ces précautions dans l’accouplement, n’es-tu pas persuadé que la race de tes chiens et de tes oiseaux dégénérerait beaucoup?

Oui.

Crois-tu qu’il n’en soit pas de même des chevaux et des autres animaux?

Il serait absurde de ne pas le croire.

Grands dieux! mon cher ami, quels hommes supérieurs nous faudra-t-il pour magistrats, s’il en est de même à l’égard de l’espèce humaine! »

L’homme est un animal ici comme chez Darwin. Kojève a parlé de notre futur d’abeilles. Comme nos politiques les magistrats de la cité platonicienne (influence sur More, Campanella, Cyrano, etc.) ont tous les pouvoirs :

« Il me semble que les magistrats seront obligés de recourir souvent au mensonge et à la tromperie pour le bien des citoyens; et nous avons dit quelque part que de semblables moyens sont utiles, lorsqu’on s’en sert en guise de remède. »

Les membres des familles ne se connaissent pas, seuls les magistrats savent le tout (on est dans de la science-fiction, vous ne voyez pas ?) :

« Il faut, selon nos principes, rendre les rapports très fréquents entre les hommes et les femmes d’élite, et très rares entre les sujets les moins estimables de l’un et de l’autre sexe; de plus, il faut élever les enfants des premiers et non ceux des seconds, si l’on veut avoir un troupeau toujours choisi; enfin, il faut que les magistrats seuls connaissent toutes ces mesures, pour qu’il y ait le moins de discorde possible dans le troupeau. »

Les magistrats régulent (c’est la gouvernance !) :

« Ainsi il sera à propos d’instituer des fêtes où nous rassemblerons les époux futurs, avec des sacrifices et des hymnes appropriés à ces solennités. Nous remettons aux magistrats le soin de régler le nombre des mariages, afin qu’ils maintiennent le même nombre d’hommes, en réparant les vides de la guerre, des maladies et des autres accidents, et que l’État, autant qu’il se pourra, ne s’agrandisse ni ne diminue. »

C’est le bon vieux contrôle des populations et des copulations utiles qui comme chez les SS doivent produire une élite guerrière ; ce n’est pas un hasard si le film 300, anti-iranien à souhait, faisait son éloge de Sparte et de sa constitution particulière (lisez le livre universitaire et très précis de mon ami d’enfance Nicolas Richer, qui devient un bestseller) :

Quant aux enfants :

« Les enfants, à mesure qu’ils naîtront, seront remis entre les mains d’hommes ou de femmes, ou d’hommes et de femmes réunis et qui auront été préposés au soin de leur éducation; car les charges publiques doivent être communes à l’un et à l’autre sexe.

Oui.

Ils porteront au bercail commun les enfants des citoyens d’élite, et les confieront à des gouvernantes, qui auront leur demeure à part dans un quartier de la ville. Pour les enfants des citoyens moins estimables, et même pour ceux des autres qui auraient quelque difformité, ils les cacheront, comme il convient, dans quelque endroit secret et qu’il sera interdit de révéler. »

Les femmes qui servent de cadres aussi dans cette société LGBTQ (tout le monde vit nu une partie du temps et en commun) sont des reproductrices étatiques avant de devenir des fonctionnaires préposées à la garde du troupeau :

« Les femmes donneront des enfants à l’État depuis vingt ans jusqu’à quarante; et les hommes, après avoir laissé passer la première fougue de l’âge, jusqu’à cinquante-cinq. »

Le monde de Platon fait penser à l’âge de cristal, film dystopique des années 70. Persécution pour le contrevenant :

« Si donc il arrive qu’un citoyen, soit au-dessous, soit au-dessus de cet âge, s’avise de prendre part à cette œuvre de génération qui ne doit avoir d’autre objet que l’intérêt général, nous le déclarerons coupable et d’injustice et de sacrilège, pour avoir donné la vie à un enfant dont la naissance est une œuvre de ténèbres et de libertinage et l’enfant sera considéré dans l’Etat comme illégitime, né d’un concubinage et sans les auspices religieux. »

Platon a servi de modèle à la Renaissance (pensez à la sinistre abbaye de Thélème de Rabelais qui inspirera le sataniste britannique Alastair Crowley). La régulation et le contrôle du troupeau sont revenus au goût du jour : le contrôle étatique et médiatique est total (prison ferme pour les parents qui refusent l’éducation du genre en Allemagne), le troupeau est anesthésié et quoiqu’en pense Maffesoli il ne se révolte pas du tout. Il est prêt.

Dernier rappel : dans sa Persuasion clandestine, Packard évoque les mêmes problèmes de pénurie que mon ami Alexandre, et donc à terme la même nécessité d’en finir avec un troupeau qui consomme trop, et qui sera conduit à l’abattoir via le bio-contrôle. Les masques, confinements et vaccins ont bien préparé aussi cette soumission du troupeau, qui rime avec abstention.

Sources :

https://numidia-liberum.blogspot.com/2021/06/en-2009-projet-depopulation-bill-gates.html

https://fr.wikisource.org/wiki/La_R%C3%A9publique_(trad._Chambry)/Livre_V

https://archive.org/download/the-hidden-persuaders-vance-packard-1957-pdf-february-11-2012-7-09-pm-9-6-meg

https://www.lemonde.fr/sciences/article/2021/06/28/les-confinements-ont-nettement-reduit-les-capacites-physiques-et-intellectuelles-des-enfants_6086079_1650684.html

8 réflexions sur « De Platon à Packard : de la gestion du troupeau humain par les élites et le bio-contrôle. »

  1. https://nicolasbonnal.wordpress.com/2021/06/30/de-platon-a-packard-de-la-gestion-du-troupeau-humain-par-les-elites/

    Pour le post ci-dessus:

    1.
    À propos de Dean Arnold, pouvez-vous donner quelques titres de ses écrits même en anglais s.v.p., j’aimerais creuser le sujet c.a.d. le lire. La grande crado (google) renvoie des sites de musiciens pour ce nom.

    2.
    « Les femmes qui servent de cadres … préposées à la garde du troupeau. »
    D’ou’ provient cette phrase.

    Je vous ai découvert par mondialisation.ca =» le saker = » votre blog. Depuis ce temps vous êtes le premier de mes lectures quotidiennes avec Dmitry Orlov. Je suis un lecteur boulimique, mais mes récents achats de livres que vous proposés vont m’obliger à prendre une année sabbatique.

    Merci de nous montrer la voie hors de la grotte, au delà des ombres.

    Patrice Roy

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  2. Axiome 1: Une société forte peut offrir des libertés.
    Axiome 2: Les ‘élites’ de la Républiques doivent régenter tous les aspects de la vie, au nom de ‘l’intérêt général’

    J’en déduis que:
    1 – Une République où les ‘élites’ peuvent régenter la vie privée est une société affaiblie
    2 – Qu’est-ce que l’intérêt général et qui donc l’a défini ?

    Mon ressenti:
    1 – L’intérêt général (de la planète, de la république, du vivrensemb…) est une ‘valeur’, elle n’a donc pas à être définie et peut être évoquée ad nauseam, impossible à contredire car nécessairement bonne, hors de toute réflexion (« Hier ist kein warum », comme rapporté par Primo Levi et rappelé par Rougeyron).
    2 – En séparant spirituel est temporel, les catholiques ont finalemnet été les seuls à taper juste. Les sociétés matriarcales (suivant la théorie des trois degrès ‘familial, politique et spirituel’, avancée par Sylvain Durain) anciennes et comme actuelles, ont toujours commis le crime contre l’intelligence de ployer le réel au dogme, anesthésiant le libre arbitre, vantant la soumission aveugle, indifférenciant les individus (la théorie du jumeau maléfique, corollaire des rites sacrificiels cycliques), détruisant la créativité et donc tout intérêt pour la vie.
    Je l’avais déjà écrit avant que nous nous brouillions l’année dernière, très cher M.Bonnal, vous, comme nous tous ici, sommes les témoins impuissants d’une déferlante destructrice, d’une page qui se tourne sur un monde qui ne marchait pas si mal, qui a été perverti pour justifier l’avènement d’une domination sans partage de personnes mesquines mais puissantes, pas très intelligentes mais malignes.
    Mais rassurons nous, j’ose voir une permanence de l’Histoire humaine: le feu couve.

    Amicalement

    A.

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      1. La volonté de vivre des Français, mais certains, cela va sans dire.

        Il est vrai que nos modes de vie d’il y a 50, voire 20 ans sont vouées par nos maîtres à devenir des reliques du passé. Comme dans Farenheit 451, les non vaccinés resterons des mémoires vivantes, c’est à ce feu auquel je pensais. De même, quand les romains ont saccagé la civilisation gauloise, même si quelque chose d’autre en a émergé et la vie suivi son chemin, il a fallu 2 000 ans pour commencer à comprendre ce qui a été détruit (organisation, technologies, us et coutumes).

        Le taux de vaccination dans mon milieu professionel, très (trop) diplômé, est effrayant: deux réfractaires pour plus de vingt bons élèves. Maintenant que ça se sait, je commence à avoir des réflexions à ce sujet. Amusant. Un temps (je devrais tenir un cahier à la Daniel Defoe, pour témoigner de la descente aux enfers). Les même à qui je préconisais en vain la quinine un an plus tôt fustigent toujours les traitements mais se sont roulés dans les aiguilles.

        Le fossé entre les hommes n’a jamais été aussi grand. Mes tendances autistiques m’ont toujours isolé du groupe, à voir les choses de manière décaler, en spectateur. Finalement, c’est une protection (et prétexte) commode, par contre ça ne protège pas des menottes.

        J’aimerais que vous gardiez le moral, nous assistons à des temps extraordinaires (au sens littéral, je me demande vraiment si chaque époque mérite ce qualificatif).

        Je reste sur ma position de l’an passé, tenons notre près carré, choyons et armons nos gosses.
        Les contradictions des puissants sont des boulets qu’ils devront traîner longtemps, de véritables tumeurs mémorielles qui resteront sur nos commensaux au temps de cerveau disponible pourtant bien calibré (2 semaines après matraquage, pas plus). Le plus gros danger, outre la violence judiciaire appelée par les journalopes, est la violence des déracinés (Rougeyron, encore et toujours): les infectés nous méprisent pour le moment, puis se tourneront contre nous car on leur dit de le faire (bouc émissaire de la propagation, étape essentielle à la pérénisation des sociétés matriarcales archaïques…), puis voyant les conséquences de la vaccination, s’ensauvageront par peur voire jalousie. Voire pire, des images morbides des conséquences de la flakka hantent mes cauchemars, pourvu que ce vaccin soit une bombe sale et non une bombe salée. Les pénuries feront le sale boulot, comme d’habitude.

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      2. Le taux de vaccination dans mon milieu professionnel, très (trop) diplômé, est effrayant: deux réfractaires pour plus de vingt bons élèves. Maintenant que ça se sait, je commence à avoir des réflexions à ce sujet.

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