Ici le phare d’Hercule à La Corogne. Va-t-on vivre ou mourir ? Notre lecteur « atome crochu » a compris notre défaitisme rageur et nous écrit : « cela peut paraître éculé de l’écrire, mais sous vos airs désabusés et fatalistes (l’apanage des idéalistes déçus), vous semblez vous inquiéter sincèrement pour vos lecteurs, de leurs réflexions et donc de leur âme. Ce que vous transmettez par vos interventions est d’une valeur considérable, merci. »

Tolstoï fustigeait aussi les médecins, qui torturaient le coeur des mères et sans qui il y aurait beaucoup moins de maladies.

Je n’ai pas eu l’occasion de finir dévorer les oeuvres que vous avez eu la très grandes gentillesse de me faire parvenir par mail. Cela peut paraître éculé de l’écrire, mais sous vos airs désabusés et fatalistes (l’apanage des idéalistes déçus), vous semblez vous inquiéter sincèrement pour vos lecteurs, de leurs réflexions et donc de leur âme. Ce que vous transmettez par vos interventions est d’une valeur considérable, merci.

Un peu comme l’ignoble Lautréamont souhaitant souiller les feuilles blanches de la jeunesse, il m’a semblé intéressant de soumettre à mes jeunes enfants la célèbre adaptation du bouquin de Michael Ende. Ils ont été fascinés par ce que je pensais trop effrayant pour eux. Ils ont une force que nous sous estimons dans leur recherche de cadre et j’ai par la même retrouvé mon attirance malsaine pour cet être glauque, arrogant et dégueulasse, éructant depuis sa lucarne dans cette scène très infantile mais prégnante:

Je ressens la même attirance pour une autre scène, usée jusqu’à la corde mais jouissive:

Je meurs d’envie de vous rencontrer, de vous inviter dans notre forteresse pourtant proche de chez vous (malgré moi, j’ai recopié le schéma des protestants isolés de Fortune de France, que j’ai pourtant conchié…Vivre c’est changer, non ?), mais je crains qu’un face à face, au delà d’être à nouveau désarçonné par votre timbre que je n’aurais jamais cru entendre en réalité, donnerait une reconstitution fidèle de ce film effroyablement pompeux mais que j’aime pourtant plus que tout:

Vous parliez de la fin de l’histoire, nos préoccupations étant sclérosées depuis plus d’un siècle, entre les affres du Dreyfus à la mode, du vote de l’impôt sur le revenu, des emmerdes aux colonies et des menaces remâchées d’outre Rhin. L’enquête de Philippe Aimar s’ouvre sur la liste des personnes victimes de la mise en place du cirque actuel. Chercheurs géniaux, cadres vertueux, investisseurs philanthropes…Leurs réalisations auraient été révolutionnaires, mais n’allaient pas dans le sens des oligarques, nonagénaires génocidaires qui ont assassiné la fougue de la jeunesse créatrice, moteur du monde, pour le remplacer par le prolongement des courbes, châtiment perpétuel, Sysiphe émasculé.

Je me dis que mes plus belles réalisations, si j’ai la grâce de les concrétiser un jour, me mèneront irrémédiablement au tombeau, c’est horrible. Aucune tête ne doit dépasser du troupeau. Le diable est parvenu à casser la machine, le coeur de la Création: la volonté des gens de bien. L’inertie l’a emporté sur le mouvement, Thanatos contre Eros. Mais aujourd’hui, le compte à rebours de l’apocalypse, pris dans son sens littéral, est enclenché.

Cela s’appelle simplement effets secondaires retardés de la transcriptase inverse appliquée de force à la population. 6 mois, 1 an, 10 ans ? Tout ce que nous savons, c’est que les engrenages sont en mouvement. Comme disait Dieudo, avant sa mue Farrakhanienne terminale, ‘ce serait con de te raconter la fin du film, t’es à deux minutes du générique’. Peut être suis-je un monstre froid, mais je suis curieux de voir la suite, après tout, nous sommes tous les mains attachées dans le dos et alignés devant l’échafaud, alors autant profiter une dernière fois du ‘spectacle’. Ne soyons pas trop impatients et surtout, par pitié, n’enviez pas le sort de M. De Beketch, nous avons déjà perdu trop d’irremplaçables. Voyez, Lily Destouches ne nous a quittés qu’il y a peu, pourtant la perte du dernier témoin vaut autant que celle de l’époque et des hommes qu’il a connus. C’est la grandeur des mémoires vivantes dont, à mon sens, vous faites partie…

2 réflexions sur « Ici le phare d’Hercule à La Corogne. Va-t-on vivre ou mourir ? Notre lecteur « atome crochu » a compris notre défaitisme rageur et nous écrit : « cela peut paraître éculé de l’écrire, mais sous vos airs désabusés et fatalistes (l’apanage des idéalistes déçus), vous semblez vous inquiéter sincèrement pour vos lecteurs, de leurs réflexions et donc de leur âme. Ce que vous transmettez par vos interventions est d’une valeur considérable, merci. » »

  1. Coucou Nicolas,
    Je partage le fond de ce billet. D’ailleurs, j’étais intervenu dans ce sens sur RI.
    Aujourd’hui, nous quittons le village refuge où la vie réelle évoque le Campagnol de Combaz, pour aller en ville ‘manifester’. Plus les jours passent, plus la détermination à la lutte réelle s’installe en mon être, au delà de ma volonté. Ayant vécu immergé dans le merdier Malien je comprends fort bien, d’expérience, ce dont il s’agit…

    Je vous fait une bise, aux lecteurs du site aussi… On reste vivant!

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