En 1789 Edmund Burke, dans ses Considérations sur la France, se demande pourquoi les nobles et les chevaliers français n’ont défendu ni le roi ni la reine. Et il conclue : « Mais le siècle de la chevalerie est passé. — Celui des sophistes, des économistes et des calculateurs lui a succédé; et la gloire de l’Europe est éteinte à jamais. Jamais, non jamais nous ne reverrons cette généreuse loyauté envers le rang et envers le sexe, cette soumission fière, cette obéissance, cette subordination du cœur qui, dans la servitude même, conservaient l’esprit d’une liberté exaltée ! L’ornement naturel de la vie, cette défense si généreuse des nations, cette pépinière de tous les sentiments courageux et des entreprises héroïques… tout est perdu. » C’est l’entrée dans ce que je nomme le présent permanent de ce troupeau d’hébétés, d’électeurs dominés par les sophistes et les économistes. Voyez notre dernière émission.

Burke connait bien notre histoire. Elle était souvent agitée mais ce n’était pas si grave. La France c’était encore du solide : 

 « C’est une chose étonnante de voir avec quelle promptitude la France, aussitôt qu’elle a eu un moment pour respirer, s’est relevée des guerres civiles les plus cruelles et les plus longues qui aient été jamais connues dans aucune nation.

Pourquoi ? Parce que, dans tous leurs massacres, ils n’avaient pas assassiné le caractère (mind) de leur pays. Une dignité, sûre d’elle-même, une noble fierté, un généreux sentiment de gloire et d’émulation, n’étaient point éteints : au contraire, ils furent excités, enflammés. Les organes de l’Etat, quoiqu’endommagés, subsistaient encore : l’on avait conservé toutes les récompenses et toutes les distinctions qui encouragent l’honneur et la vertu. »

Mais en 89 Burke sent que cette fois la France ne se relèvera pas. Il en donne les raisons, avant Chateaubriand, Tocqueville, Balzac ou Bernanos :

« Mais votre confusion actuelle, comme une paralysie, a attaqué la source de la vie elle-même. Tous ceux qui, parmi vous, étaient faits pour n’être guidés que par le principe de l’honneur, sont disgraciés et dégradés, et n’ont d’autres sentiments de la vie que le tourment des mortifications et des humiliations. Mais cette génération sera bientôt éteinte : celle de la noblesse, qui la doit suivre, ressemblera aux artisans, aux paysans, aux agioteurs, aux usuriers et aux brocanteurs, qui seront à jamais leurs égaux, et quelquefois leurs maîtres. Croyez-moi, Monsieur, ceux qui prétendent niveler, n’égalisent jamais. »

Depuis notre système oligarque-niveleur met la charrue avant les bœufs. Burke écrit plus joliment :

« Dans toutes les sociétés qui, nécessairement, sont composées de différentes classes de citoyens, il faut qu’il y en ait une qui domine : c’est pourquoi les niveleurs ne font que changer et intervertir l’ordre naturel des choses; ils surchargent l’édifice de la société, en plaçant en l’air ce que la solidité de la construction demandait de placer à la base. »

https://www.dedefensa.org/article/burke-et-le-destin-de-la-france-depuis-la-revolution

https://www.dedefensa.org/article/edmond-burke-et-la-fin-de-la-chevalerie

https://www.dedefensa.org/article/burke-et-le-destin-de-la-france-depuis-la-revolution

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s