Arthur Schopenhauer et la moralité à venir du téléspectateur vacciné: «Pour peindre d’un trait l’énormité de l’égoïsme dans une hyperbole saisissante, je me suis arrêté à celle-ci «Bien des gens seraient capables de tuer un homme pour prendre la graisse du mort, et en frotter leurs bottes.» Je n’ai qu’un scrupule est-ce bien là une hyperbole? L’État, ce chef-d’œuvre de l’égoïsme intelligent et raisonné, ce total de tous les égoïsmes individuels, a remis les droits de chacun aux mains d’un pouvoir infiniment supérieur au pouvoir de l’individu, et qui le force à respecter les droits des autres. C’est ainsi que sont rejetés dans l’ombre l’égoïsme démesuré de presque tous, la méchanceté de beaucoup, la férocité de quelques-uns la contrainte les tient enchaînés, il en résulte une apparence trompeuse. Il faut lire les causes célèbres, l’histoire des temps d’anarchie pour savoir ce qu’il y a au fond de l’homme, ce que vaut sa moralité. »

Mais que le pouvoir protecteur de l’État se trouve, comme il arrive parfois, éludé ou paralysé, on voit éclater au grand jour les appétits insatiables, la sordide avarice, la fausseté secrète, la méchanceté, la perfidie des hommes, et alors, nous reculons, nous jetons les hauts cris, comme si nous nous heurtions à un monstre encore inconnu pourtant sans la contrainte des lois, sans le besoin qu’on a de l’honneur et de la considération toutes ces passions triompheraient chaque jour. Il faut lire les causes célèbres, l’histoire des temps d’anarchie pour savoir ce qu’il y a au fond de l’homme, ce que vaut sa moralité. Ces milliers d’êtres qui sont là sous nos yeux, s’obligeant mutuellement à respecter la paix, au fond ce sont autant de tigres et de loups, qu’une forte muselière empêche seule de mordre. Supposez la force publique supprimée, la muselière enlevée, vous reculeriez d’effroi devant le spectacle qui s’offrirait à vos yeux, et que chacun imagine aisément; n’est-ce pas avouer combien vous faites peu de fond sur la religion, la conscience, la morale naturelle, quel qu’en soit le fondement ?

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k75241r.texteImage

2 réflexions sur « Arthur Schopenhauer et la moralité à venir du téléspectateur vacciné: «Pour peindre d’un trait l’énormité de l’égoïsme dans une hyperbole saisissante, je me suis arrêté à celle-ci «Bien des gens seraient capables de tuer un homme pour prendre la graisse du mort, et en frotter leurs bottes.» Je n’ai qu’un scrupule est-ce bien là une hyperbole? L’État, ce chef-d’œuvre de l’égoïsme intelligent et raisonné, ce total de tous les égoïsmes individuels, a remis les droits de chacun aux mains d’un pouvoir infiniment supérieur au pouvoir de l’individu, et qui le force à respecter les droits des autres. C’est ainsi que sont rejetés dans l’ombre l’égoïsme démesuré de presque tous, la méchanceté de beaucoup, la férocité de quelques-uns la contrainte les tient enchaînés, il en résulte une apparence trompeuse. Il faut lire les causes célèbres, l’histoire des temps d’anarchie pour savoir ce qu’il y a au fond de l’homme, ce que vaut sa moralité. » »

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