Malhuret (plus enragé des pro-vaccins) prochain ministre de la santé. Pourquoi le Français va réélire Macron à hauteur de 60-62% (co-écrit avec Edouard Drumont). Antoine se félicite du refus polonais de reprendre du Pfizer : cela permettra selon lui à notre bon président réélu de refiler plus de doses aux innombrables Français parfaitement enthousiastes. Obertone confirme la soumission du froncé de souche.

On va citer son testament à Drumont. Notre journaliste-penseur, maître de Bernanos, honni par nos flics de la pensée, ne se fait plus d’illusion sur ses compatriotes petit-bourgeois et laïcards apprivoisés à l’orée des années 1890 ; il observe que l’électorat parisien déjà adore réélire de banals conseillers municipaux ripoux :

« …Les Parisiens ont réélu la plupart des conseillers municipaux convaincus d’avoir trempé dans ces malpropretés. Ils les ont réélus très librement, avec des urnes  très surveillées par des représentants de tous les partis,  par des gens de comités experts dans toutes les roueries  électorales et qu’on ne met pas facilement dedans. »

Et de chercher une explication : l’ataraxie. Mieux même, la prostration.

« Tout vient se briser contre une indifférence absolue,  contre une sorte d’ataraxie, d’impassibilité générale,  qui n’est point l’ataraxie stoïque dont parle Proudhon,  mais plutôt une inertie maladive, une prostration sur  laquelle rien n’agit. »

Le cœur ne bouge plus trop :

« Les physiologistes connaissent bien ces phases passagères où le cœur est inexcitable. L’organe où l’humanité puise sa flamme a soudain des moments de repos,  d’hébétude, de torpeur après lesquels il reprend son fonctionnement…A l’heure actuelle, malheureusement, ce n’est plus  par saccades, c’est toujours que le cœur ne répond plus  aux excitants. Et comme ce bourdon, qui rythme nos  artères, nos expansions et nos violences, dépend lui-même du cerveau, c’est toujours au cerveau qu’il faut  chercher la cause des défaillances et des sommeils. »

Et Drumont de s’interroger :

« Comment s’étonner alors que la lassitude saisisse  ces entendements secoués, non plus la saine lassitude  du travail, où se puisent des forces nouvelles, mais la  dépression atonique où l’on a l’illusion de la vigueur ? »

Le monde moderne est là et son absence de réaction (sauf pour aller se vacciner ou pester contre le fascisme ou la Russie – toujours par conformisme et conditionnement) :

« La Mort gagne le monde par l’insensibilité, par l’anesthésie. Cette anesthésie sociale, que l’on appelle l’ataraxie, envahit les masses, comme sa sœur envahit les  êtres. Elle débute d’ici, de là, par plaques qui se rejoignent et couvrent bientôt le corps tout entier. Certaines régions intermédiaires jouissent d’une fausse excitation que l’on retrouve avant tous les désastres. Celui  qu’attend la congestion bâtit des projets bienheureux. »

Le temps est à l’optimisme paresseux :

« Nous autres, au bord du gouffre, nous affirmons le  Progrès indéfini, une ère joyeuse et libre. Au fond, nous ne croyons même pas à Demain, et nous nous en  occupons très peu. »

Nous sommes entourés de frivoles en effet :

« Les frivoles rient jusqu’à la mort ; les esprits moins  légers, ceux qui réfléchissent sur les spectacles que la  vie déroule devant eux et qui s’irritent de ce qu’elle  leur cache, ne peuvent se défendre de la tristesse qui se  dégage de tout… Cor sapientium ubi tristitîa… »

On chasse le pessimisme (pas de grand remplacement, pas de gouvernance mondiale, pas de dictature sanitaire, pas de complots…) :

« Les Français modernes n’ont rien de tout cela. Les troublantes théories de Schopenhauer comme les belles désespérances de Tolstoï, vastes et désolées comme des steppes, les laissent parfaitement indifférents. Intellectuellement, c’est trop fort pour eux, trop étendu d’horizon, trop intense de pensée; cela les  obligerait à trop de méditation. »

Et on se contente de peu intellectuellement et moralement et spirituellement :

« La conception que les Français contemporains ont de la vie n’a d’analogue dans aucun temps, elle est tout à fait particulière à notre époque. Notons tout d’abord que si la vie moderne s’est compliquée au point de vue des faux besoins et des raffinements du bien-être, elle s’est singulièrement simplifiée au point de vue moral ; comme une espèce de Peau de chagrin, elle se rétrécit  tous les jours sous ce rapport. »

Le monde moderne a créé son homme en France, pays de la Révolution (voyez nos textes sur Cochin) et du bourgeois (Taine) :

« Le régime moderne a créé, on peut le dire, un type d’être spécial que Ton serait tenté d’appeler le contribuable; car, en réalité, si on demandait à beaucoup d’hommes de ce temps pourquoi ils sont sur la terre, ils seraient bien embarrassés de répondre et finiraient  par vous dire :

— Ma foi, pour faire notre service militaire, pour  acquitter nos contributions et pour payer notre terme. »

S’ensuit une belle comparaison animale :

« Les Français sont admirablement dressés à toute  cette organisation fiscale; ils sont comme les méharis  qui s’agenouillent pour qu’on puisse les charger plus  facilement, ou comme les chevaux de renfort d’omnibus qui, leur besogne faite, vont tout seuls rejoindre leur place au bas de la montée et attendent là qu’on les  attelle de nouveau… »

Sources :

Drumont, Testament, III, 1, p.171-172 (archive.org).

https://archive.org/details/letestamentduna01drumgoog

https://www.revuemethode.org/m101828.html

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :