Luis Segura et le totalitarisme actuel (rejeton d’Huxley ?)

Luis Segura et le totalitarisme actuel (rejeton d’Huxley ?)

 

LA TERRIBLE FENÊTRE D’OVERTON (COMMENT LÉGALISER N’IMPORTE QUOI)

Luis Segura
15 février 2018
adelantelafe.com
Traduction de Carlota

* * *
La Fenêtre d’Overton est une théorie politique qui décrit avec une exactitude qui fait frémir comment l’on peut changer la perception de l’opinion publique pour que des idées qui auparavant étaient considérées comme insensées soient acceptées au fil du temps.

En principe aucun tabou n’échapperait à l’efficacité de cette technique. De sorte que l’on pourrait changer radicalement la valeur que la société donne actuellement à l’euthanasie, l’inceste, la zoophilie (ndt l’auteur emploie le mot bestialisme), la pédérastie ou le cannibalisme, pour ne donner que quelques exemples. Pour ce faire, on n’appliquerait pas directement un lavage de cerveau, mais une série de techniques avancées dont la société ne se rendrait pas compte du déploiement.
Pour montrer de quelle manière cette théorie explique comment atteindre les effets désirés, il convient de nous centrer sur un tabou concret. Par exemple le cannibalisme. Donc, comment serait-il possible de rendre acceptable l’ingestion de personnes ? Comment s’opère ce changement dans les consciences depuis la phase d’aversion jusqu’à la pleine conformité ? Nous allons le décrire dans la suite de ce texte en cinq étapes successives.

PREMÈRE ÉTAPE: DE L’IMPENSABLE AU RADICAL

À ce premier stade, l’approbation du cannibalisme est encore quelque chose d’impensable. La pratique qui consiste à manger la chair de sa propre espèce se trouve au niveau le plus bas de l’acceptation de la fenêtre de possibilités d’Overton (une fenêtre très étroite encore, pour ne dire fermée à double tour), étant donnée que la société considère cette action comme répugnante et étrangère à la morale publique. C’est-à-dire que pour le moment la fenêtre est fermée.

Pour modifier cette appréciation, – et en s’abritant sous la liberté d’expression -, on transposera cette question à la sphère scientifique, en suggérant que pour les scientifiques il ne devrait exister de sujets tabous. Dans ce cas, on pourrait organiser un symposium ethnologique sur les rituels exotiques des cultures ancestrales, pour obtenir des déclarations autorisées sur des coutumes cannibales, en forçant ainsi la transition depuis l’attitude négative et intransigeante d’origine de la société à une attitude plus positive et ouverte.

En même temps, on créera un groupe radical de cannibales afin d’être remarqué et mentionné par de nombreux médias. Avec cela on aura déjà atteint l’objectif de la première phase: le tabou est éliminé puisque l’on commence à discuter de la question à l’origine inacceptable.

SECONDE ÉTAPE: DU RADICAL À L’ACCEPTABLE

Dans cette seconde étape, on recherche déjà ouvertement l’approbation du cannibalisme. Pour qu’il puisse être accepté il faut continuer à faire connaître les conclusions des « scientifiques » et insister sur la pertinence de ne pas avoir de préjugés sur le sujet en traitant d’intransigeants ceux qui ne veulent pas acquérir un savoir sur le sujet traité.
Ceux qui résistent doivent commencer à être vus comme des fanatiques qui s’opposent à la science et à l’esprit des Lumières. Alors que les intolérants sont condamnés publiquement, il faut créer un euphémisme dans le but de faire perdre la signification trop directe du terme d’origine et ses connotations négatives, en remplaçant l’expression cannibalisme par anthropophagie, d’abord, puis par finalement, anthropophilie.

En parallèle, on créera un précédent, historique, mythologique, ou inventé, qui servira de référence et pourra être utilisé comme preuve que l’anthropophilie est parfaitement légitime.
L’utilisation combiné des médias et de groupes de pressions transformera en acceptable, plus vite qu’on ne l’aurait cru, le fait qu’il y ait des personnes qui incluent dans leur menu quotidien de la chair (ndt en espagnol le mot peut être le même pour viande et chair !) de sa propre espèce. Ce qui au début était complètement inacceptable. La sentence appropriée pourra être la suivante : «un homme libre a le droit de décider ce qu’il mange».

TROISIÈME ÉTAPE: DE L’ACCEPTABLE AU RAISONNABLE

Pour transformer en raisonnable ce qui, en principe est totalement inacceptable, la suite ce sera de proposer que l’ingestion de chair humaine soit un droit de tout homme libre.
Simultanément il s’en suivra qu’il deviendra absolument nécessaire de marginaliser ceux qui pensent différemment, c’est à dire, tant qu’ils contestent la consolidation de ce prétendu droit. De sorte que l’on traitera de radicales ces personnes qui haïssent l’anthrophilie, on les traitera de réactionnaires qui jetteraient au bûcher s’ils le pouvaient, non seulement les cannibales, mais aussi les membres de n’importe quelle minorité.
Comme nous vous en avions avertis, le but de cette troisième étape est que le cannibalisme soit considéré comme une coutume raisonnable.

QUATRIÈME ÉTAPE: DU RAISONNABLE AU POPULAIRE

Ensuite, on doit mettre toute la machine du pouvoir au service de l’idéal suprême. À cet instant les médias secondés par les gens célèbres et les autorités parlent ouvertement de l’anthrophilie . Le cannibalisme est désormais devenu un sujet de prédilection de l’industrie du divertissement. Le phénomène pointe pour la première fois son nez dans les films, les textes des chansons commerciales, des romans et des spectacles télévisuels. Aussitôt se produit l’apologie des personnages en vue qui dans l’histoire ont pratiqué l’anthropophilie, en servant de modèle aux masses.
Le phénomène devient rapidement incontrôlable et collectif. En outre, pour renforcer son image positive, les cannibales sont présentés devant l’opinion publique comme des victimes de la société répressive, une société qui les empêche de satisfaire leurs appétits et de manger ce que leur corps leur demande. L’idéal est déjà à portée de main.

CINQUIÈME ÉTAPE: DU POPULAIRE AU POLITIQUE

Dans sa dernière étape, la fenêtre des possibilités d’Overton, totalement fermée au début, est désormais à quelques centimètres de l’ouverture de part en part. L’accélération brutale et définitive consiste à prépare la législation pour légaliser le phénomène. Les partisans de la légalisation du cannibalisme, incorporés à des groupes de pression, se consolident dans le pouvoir et créent des enquêtes afin de montrer un haut pourcentage de partisans de la légalisation du phénomène. Et de façon automatique, comme le fruit mûr qui tombe de lui-même de l’arbre, ils finissent pas établir dans la conscience collective de nouveaux dogmes incontestables : «Est interdite l’interdiction de manger des personnes»; «manger des personnes est un droit» ; «qui s’oppose à l’anthropophilie encourt un délit d’anthropophobie »…

Comme nous le voyons, le mouvement des fenêtres est une stratégie parfaitement définie. Nous avons vu l’arc complet qui va du rejet absolu du cannibalisme (comme un usage totalement étranger à la morale publique) à sa légalisation et son approbation populaire et politique.

Nous disions au départ que la Fenêtre d’Overton est une théorique politique qui décrit avec une épouvantable exactitude comment l’on peut changer la perception de l’opinion publique pour que des idées auparavant considérées comme insensées soient acceptées au fil du temps. Et nous avons décrit comment cela est possible. En effet le mouvement des fenêtres, – qui, comme il apparaît évident, est extrapolable à tout phénomène, non seulement a été expérimenté avec succès dans le passé, mais continue à être appliqué avec succès dans le présent…

Postscriptum: qu’on pense, au minimum, que parmi les très graves conséquences qu’entraîne avec elle cette diabolique stratégie de manipulation avancée des masses, il y a celle de provoquer une fracture sociale pratiquement irrécupérable. Son corollaire le plus nuisible, étant, cependant, la dégradation de la société moyennant l’exaltation des aberrations en tout genre, qui finissent, comme nous l’avons vu, par être assumées et même être considérées comme naturelles.

Luis Segura

 

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Gustave Le Bon et la bêtise européenne

Gustave Le Bon et la bêtise européenne

 

Il a toujours eu raison sur tout, même s’il n’est pas Tocqueville et qu’il est parfois un tantinet irritant. N’importe, on cite encore et toujours notre bon Gustave, car on l’aime tant…

Les mêmes problèmes (dénatalité, déclin culturel, militarisme, étatisme) se posent vers 1890. Le savant français Gustave Le Bon remarque alors dans un grand livre :

« Le principe des nationalités, si cher jadis aux hommes d’État et dont ils faisaient tout le fondement de leur politique, peut être encore cité parmi les idées directrices dont il a fallu subir la dangereuse influence. Sa réalisation a conduit l’Europe aux guerres les plus désastreuses, l’a mise sous les armes et conduira successivement tous les États modernes à la ruine et à l’anarchie. Le seul motif apparent qu’on pouvait invoquer pour défendre ce principe était que les pays les plus grands et les plus peuplés sont les plus forts et les moins menacés. Secrètement, on pensait aussi qu’ils étaient les plus aptes aux conquêtes ».

Comme Léopold Kohr, le très habile Le Bon, qui a tout annoncé parce qu’il a tout étudié, fait l’éloge du Small is beautiful :

« Or, il se trouve aujourd’hui que ce sont précisément les pays les plus petits et les moins peuplés : le Portugal, la Grèce, la Suisse, la Belgique, la Suède, les minuscules principautés des Balkans, qui sont les moins menacés. L’idée de l’unité a ruiné l’Italie, jadis si prospère, au point qu’elle est aujourd’hui à la veille d’une révolution et d’une faillite. Le budget annuel des dépenses de tous les États italiens, qui, avant la réalisation de l’unité italienne, s’élevait à 550 millions, atteint 2 milliards aujourd’hui. »

Et Le Bon souligne aussi la faiblesse des pays latins, corrompus depuis des lustres selon lui par le verbalisme, le socialisme, l’anarchie et le césarisme ! Mais c’est plus compliqué. Car ce siècle de l’unification fut celui du règne de la quantité au sens guénonien, et l’on peut dire que l’Allemagne de la musique et de la philosophie, de la poésie et du romantisme, mourut comme l’Italie des musiciens, du chant, avec son unité qui déboucha sur l’industrialisme, le socialisme et le bellicisme ultra !

Gustave Le Bon encore, car il avait prévu le nazisme :

« L’Allemagne moderne, malgré de trompeuses apparences de prospérité, en sera sans doute la première victime, à en juger par le succès des diverses sectes qui y pullulent. Le socialisme qui la ruinera sera sans doute revêtu de formules scientifiques rigides, bonnes tout au plus pour une société idéale que l’humanité ne produira jamais, mais ce dernier fils de la raison pure sera plus intolérant et plus redoutable que tous ses aînés. Aucun peuple n’est aussi bien préparé que l’Allemagne à le subir. Aucun n’a plus perdu aujourd’hui l’initiative, l’indépendance et l’habitude de se gouverner. »

 

Marion et la rébellion : après le pied-noir gauchiste Mélenchon, on redit du bien de la petite et belle Marion ! Nous l’interviewâmes pour Pravdareport.com en 2013…

Marion et moi : après le pied-noir gauchiste Mélenchon, on redit du bien de la petite et belle Marion ! Nous l’interviewâmes pour Pravdareport.com en 2013…

 

Je défends un “passéisme intelligent” contre des “élites hostiles”

Marion Maréchal Le Pen 19/05/2017 Politique Commenter

Entretien avec Marion Maréchal-Le Pen par Tatiana Popova – La Pravda du 23.07.2013

Melle Le Pen, vous êtes la plus jeune députée française celle aussi qui a marqué une forte réticence au mariage pour tous. Vous avez tenu un beau discours à ce propos récemment place Dauphine à de jeunes chrétiens: pouvez-vous expliquer à notre lectorat russe les détails de votre position ? Et comment expliquer l’extravagante brutalité de la réaction du gouvernement français ?

En effet, ce combat me tient particulièrement à cœur et je partage, avec cette jeunesse de France qui s’est levée ces derniers mois, la volonté de défendre le cadre indépassable de nos valeurs et du respect des lois naturelles. Nous avons assisté à la toute-puissance d’un « nano-lobby » qui, à lui seul, avec ses quelques centaines d’adhérents, a réussi à détruire l’institution du mariage comme cadre de la filiation et à mettre le désir individuel des adultes au-dessus de toute autre considération comme le bien-être de l’enfant adopté, et ce, contre l’avis de nombreux pédopsychiatres français reconnus. J’ai également tenu à dénoncer les nombreuses atteintes de la gauche libertaire à nos libertés individuelles : sous-estimation des chiffres de manifestants, centaines de gardes à vue arbitraires, recours excessifs à la violence policière, peine de prison pour délit d’opinion… La démocratie française se meurt sous nos yeux par la volonté d’une élite idéologue qui contraint le peuple français à abandonner toute attache à l’égard de la famille ou de la nation pour mieux imposer son utopie mondialiste. Heureusement, la résistance de ces derniers mois a montré que la conscience française n’était pas morte !

La loi Taubira s’applique sur le relativisme moderne et les progrès de la technoscience, et la science ne cesse de progresser en se libérant de toute éthique. Vous avez entendu parler des Google babies, dont les mères porteuses sont en Inde. Pensez-vous qu’une conscience chrétienne ou humaniste puisse encore intervenir dans ces circonstances ?

En effet, nous arrivons aujourd’hui à l’aboutissement du nihilisme moderne où l’homme n’est finalement qu’une marchandise de plus dans ce règne du libre-échange. Leur conception du « progrès » social est calquée sur l’évolution du progrès technique. Leur étrange raisonnement par analogie les amène à considérer que les sociétés humaines, à l’instar des avancées technologiques, ne peuvent qu’évoluer vers toujours plus d’avancées sociales et donc vers toujours plus de bien. Le véritable danger de cette loi réside dans les dérives qu’elle va entraîner avec l’arrivée de la PMA pour les couples lesbiens puis de la GPA pour les hommes au nom de l’ « égalité ». L’humain et ses produits ne deviendront plus ainsi qu’un produit consommable parmi les autres au nom du progrès et de l’égalité. Les vrais féministes devraient s’insurger contre ce mépris de la femme.

Toujours pour notre lectorat, pouvez-vous nous donner une idée de votre parcours intellectuelle et même familial (votre rapport à votre grand-père par exemple) ? Quelle est votre France modèle du passé, s’il y en a une ? Votre grande figure historique ?

Je viens d’une célèbre famille politique française dont la figure historique Jean-Marie Le Pen déchaîna, durant de nombreuses années, les passions pour avoir porté à lui seul le courant national méprisé et combattu par nos élites au nom de la lutte contre « la haine nationaliste » et les « extrêmes ». Ma vie personnelle m’a appris l’adversité, c’est pourquoi aujourd’hui, l’arène politique ne m’effraie pas. J’ai grandi dans l’amour de mon pays dont j’assume chaque erreur et chaque réussite. Comme disait Napoléon : de Jehanne d’Arc à Robespierre, je prends tout ». Je ne défends pas un conservatisme béat mais un passéisme intelligent car un peuple qui oublie son passé oublie aussi ses erreurs et risque de les renouveler. Ma nation a plus de 1000 ans d’existence et il serait bien réducteur de commencer son histoire à la révolution de 1789. Il y a beaucoup de personnages historiques qui me plaisent ; je n’ai pas de référent particulier mais Jeanne d’Arc est certainement l’une de mes préférées, cette bergère guerrière de 19 ans portée par la Providence pour sauver le pays des anglais.

On a coutume de se plaindre de la jeune génération depuis au moins cinquante ou soixante ans. Comment voyez-vous votre génération – qui est FN à 26% en France ? Est-elle comme on le voudrait inculte, aliénée par la technologie, les Smartphones et possédée par les médias ? Ou est-elle au contraire plus insoumise et prête à accompagner le mouvement national au pouvoir en France ?

Les faits sont têtus. Malgré le matraquage idéologique opéré à travers l’éducation nationale depuis des années, la jeunesse de France est pleine de ressources. Aujourd’hui cette jeunesse fait le piteux bilan d’une révolution morale soixante-huitarde qui leur a fait bien du tort. La réalité les rattrape au quotidien : chômage de masse, insécurité généralisée, immigration massive. Nous payons les erreurs de nos aînés et la crise économique nous conduit à nous recentrer sur les protections naturelles que sont la famille et la communauté nationale. Le mouvement « Manif pour tous », qui a réuni des millions de personnes durant plusieurs mois, s’est caractérisé par la jeunesse des acteurs. Nous avons vu sortir du bois une jeunesse extrêmement déterminée avec une réelle conscience politique, ne craignant ni le jugement moralisateur de nos élites, ni la répression. Tout cela est extrêmement encourageant pour l’avenir et me donne beaucoup d’espoir car, avec eux, j’ai vu que nous ne serions pas seuls pour remettre sur pied la France de demain.

Le Front national que vous représentez monte mais il y a trente ans qu’il monte, alors que vous n’étiez pas même née ! Quels sont les facteurs qui pourraient amener votre parti au pouvoir dans les années sans doute décisives qui viennent. Etes-vous prêts, alors que vous un parti sans gros moyens ?

Une des raisons de nos succès électoraux est que les Français voient que ce que nous disons depuis des années est vrai. Je dis souvent que nous avons eu, peut-être, raison trop tôt. Les Français ont désormais compris que le Front national est le seul mouvement qui peut apporter les solutions volontaires et courageuses que la situation actuelles exige! Je crois que c’est l’effondrement des élites, fascinées par le pouvoir et l’argent, qui amène toujours plus de français à voter pour nous. Nos adversaires ont échoué partout, sur tout, tout le temps avec une véritable constance. Mes compatriotes sont lassés de cette foire aux nuls. Nous avons moins de moyens que les autres mais cela ne veut pas dire aucun moyen. Nous faisons de la politique autrement et nous avons gardé la culture militante ; nous sommes donc beaucoup plus économes que nos adversaires du PS et de l’UMP.

De plus en plus on assiste à un problème étonnant en France, en Europe de l’ouest, dans l’occident tout entier, celui des élites hostiles. Les parlementaires n’aiment pas les gens qu’ils représentent, les bureaucrates ne les servent pas, les journalistes et les médias les méprisent ? Comment analysez-vous ce problème des élites hostiles ?

J’aime beaucoup votre concept « d’élites hostiles » ! Cela résume très bien ce que nous vivons aujourd’hui. La population est, en effet, devenue la variable d’ajustement de la guerre pour plus de pouvoir. Mais un pouvoir non pour servir mais pour se servir. Ces élites se combattent et s’admirent dans le même temps, chacun voulant ce que l’autre possède. Nous sommes dans une satisfaction de l’immédiateté et une volonté échevelée du plaisir égotique sans contrainte. Les peuples sont des enjeux commerciaux et plus du tout idéologique. Les Trotskystes et les maoïstes des années 70 sont devenus des rois de la com’ et des média, les gourous de la mondialisation, les grand prêtres de la financiarisation de l’économie. L’Hostilité des élites vient du fait qu’elles ne poursuivent plus les mêmes buts et les mêmes espérances que les peuples. Pire même, ces derniers, parce qu’ils s’accrochent à leur modes de vies, leurs racines deviennent un obstacle aux rêves de toute puissances des maniaques de la globalisation.

Dans un de vos discours, vous avez rappelé au le parti communiste en 1979 défendait encore la classe ouvrière et voulait la protéger de l’immigration, comme le voulait d’ailleurs Marx. Pourquoi selon vous le parti communiste français a-t-il abjuré sa mission ? et comment le Front national est-il devenu le premier parti ouvrier et populaire de France ?

L’affaire du « Bulldozer de Vitry » a été le chant du cygne du communisme à la française. Le Parti Communiste Français, qui dénonçait l’immigration de masse comme « l’armée de réserve du capital », a cédé aux sirènes du pouvoir avec l’arrivée de François Mitterrand en 1981. Le PCF s’est, petit à petit, marginalisé pour devenir aujourd’hui le porte-parole « des luttes », c’est-à-dire tous les combats des minorités, des sans-papier, des minorités sans papier. Le peuple a tourné le dos au PCF et, au lieu de faire son examen de conscience, le « parti » à décider de défendre tout ce qui n’est pas le peuple. Le Front National défend véritablement ceux qui sont les plus fragiles car les plus exposés à l’insécurité, au déclassement et à la folie de la mondialisation. C’est, à mon sens, la raison de notre succès auprès des couches populaires.

L’Europe est un  projet qui a  d’abord séduit au temps du général de Gaulle et d’Adenauer, puis effrayé – lorsque vous étiez enfant, et qui enfin vire à l’aigre. Peut-on sortir la France du piège européen ? Et dans quelle condition, sous peine d’éviter d’autres soubresauts plus nationaux ?

L’idée était de garantir la paix et de permettre aux nations européennes de partager des ressources et des savoir-faire. L’Union Européenne et sa commission n’ont plus rien à voir avec l’idée fondatrice. Nous allons vers une construction fédérale alors que celle du général de Gaulle était confédérale. Certains vous disent que c’est la même chose. Mais non, cela n’a rien à voir ! La confédération est une union de pays indépendants or le projet de l’actuelle commission a pour but de transférer le plus de compétences possible, comprenez souveraineté, à un groupe sans légitimité populaire.

Dans le même ordre d’idées, comment contrôler l’immigration qui est devenu non plus un problème français (que M. Le Pen soulevait dès les années 70)  mais mondial ? Quelles seraient vos propositions pour concilier la liberté de mouvement et la préservation des nations ?

Avant tout, il nous faut sortir immédiatement de l’espace Schengen. Il faut stopper les pompes aspirantes de l’immigration en réservant notre modèle social à nos nationaux et ainsi cesser d’en faire bénéficier le monde entier. Il faut arrêter de fabriquer du Français à tour de bras, sans aucune condition, par le droit du sol qui crée des situations d’immigration intenables, notamment dans nos départements et territoires d’outre-mer. Il faut durcir les conditions d’octroi et de déchéance de la nationalité française. Il faut qu’un étranger qui arrive en France comprenne qu’il doit subvenir seul à ses besoins car la France n’a plus les moyens de le soigner, de le nourrir, de le loger, souvent au détriment de ses nationaux… Et évidemment, pour cela, il faut faire respecter la loi en redonnant aux forces de l’ordre les moyens de mener à bien leur mission.

Dans la lutte contre le mondialisme et le politiquement correct, Vladimir Poutine est souvent ciblé par la hargne des groupes médiatiques occidentaux. Rêvez-vous comme le général de Gaulle et votre grand-père d’une Europe boréale de l’Atlantique au Pacifique ?

Il est certain que nous avons beaucoup en commun et beaucoup à partager. Ce qui est sûr c’est que nous avons les moyens et les ressources de proposer une alternative au mondialisme. Notre histoire diplomatique tranche avec celle de l’Angleterre et de l’Allemagne. L’Angleterre, car elle pousse vers le « grand large », comme disait Churchill, et l’Allemagne car elle est toujours dans son idée de Mitteleuropa. Ces deux visions sont assez en contradiction avec les intérêts de la France. Ces deux nations nous verraient très bien relégués dans ce qu’elles considèrent comme la seconde division de l’Europe et qu’elles nomment avec dédain : le Club Méditerranée (France, Italie, Espagne, Grèce…). La vieille Europe est bien compliquée mais je suis persuadée que la France et la Russie ont un intérêt commun à se tendre la main car toutes deux ont la tradition du respect des grands équilibres et de la non-ingérence.

Comment jugez-vous l’actuelle diplomatie française, en Libye ou en Syrie ? Qu’es-ce qui peut l’expliquer ou la justifier ?

Nous sommes à la remorque de l’Union Européenne qui, elle-même, prend ses ordres à Washington. Nous avons renoncé à une vision géostratégique propre. Le résultat est la montée en puissance des mouvements islamistes les plus radicaux. La Lybie et la Syrie sont la preuve du décalage flagrant entre émotion et raison. Ni Kadhafi, ni Assad ne sont de grands démocrates et je ne les défends pas, mais nous devons faire de la prospective. Que nous disent les faits ? Les conflits libyen et syrien ont démontré que l’éclatement d’un état fort crée les conditions de confrontations ethnico-religieuses sans fin et ayant pour toile de fond la montée des groupes djihadistes. Les pays de l’Union Européenne ne cessent de pousser à une déflagration dans le Maghreb et le Machrek. C’est, à mon sens, un aveuglement idéologique coupable. Je crois sincèrement que, d’une erreur de constat, nous sommes aujourd’hui dans l’irrationnel.

Vous êtes très jeune et encore bien seule à votre parlement. Dans le lugubre contexte français, pensez-vous rester en politique très longtemps et à quelles conditions ?

On ne choisit pas de faire de la politique, ce sont les électeurs qui choisissent ! Malgré tout, je ne suis pas de ceux qui se contentent d’être les spectateurs de leur époque ; je pense donc toujours œuvrer d’une manière ou d’une autre pour mon pays. Il y a bien des manières de faire de la politique et je ne pourrais pas vous dire celle qui pourrait être la mienne après mon mandat de député. Je n’ai pas de plan de carrière alors j’irai là où ma contribution pourra être la plus utile.

Traduction de l’anglais : voxnr | Emprise

Source

 

 

Les pauvres italiens vont revoter… Lisez Nicolas Bonnal plutôt en italien ! Et l’analyse sur l’écroulement italien en 1867 – par Bakounine !

https://comedonchisciotte.org/?s=BONNAL+NICOLAS

 

Les problèmes italiens sont vieux et ils datent de son unification ratée par une clique corrompue, celle qui  la soumit ensuite à l’Angleterre (libéraux, sénateurs, maçons), à l’Allemagne, à l’Amérique puis à l’Europe.

En 1869 le révolutionnaire Bakounine observe déjà ce maigre bilan :

« Nulle part on ne peut aussi bien étudier qu’en Italie le néant du vieux principe de la révolution exclusivement politique, et la décadence de la bourgeoisie, cette représentante exclusive des idées de 89 et de 93 et de ce qu’on appelle encore aujourd’hui le patriotisme révolutionnaire.

Sortie d’une révolution nationale victorieuse, rajeunie, triomphante, ayant d’ailleurs la fortune si rare de posséder un héros et un grand homme, Garibaldi et Mazzini, l’Italie, cette patrie de l’intelligence et de la beauté, devait, paraissait-il, surpasser en peu d’années toutes les autres nations en prospérité et en grandeur. Elle les a surpassées toutes en misère. »

Et de constater tristement :

« Moins de cinq années d’indépendance avaient suffi pour ruiner ses finances, pour plonger tout le pays dans une situation économique sans issue, pour tuer son industrie, son commerce, et, qui plus est, pour détruire dans la jeunesse bourgeoise cet esprit d’héroïque dévouement qui pendant plus de trente ans avait servi de levier puissant à Mazzini »

Pays mort-né comme notre Europe de la Fin des Temps (il règne une atmosphère évolienne, de Kali-Yuga dans le texte du grand Bakounine) ou notre France républicaine, la bourgeoisie mondialisée scia la branche du risorgimento :

« Le triomphe de la cause nationale, au lieu de tout raviver, avait écrasé tout. Ce n’était pas seulement la prospérité matérielle, l’esprit même était mort ; et l’on était bien surpris en voyant cette jeunesse d’un pays politiquement renaissant, vieille de je ne sais combien de siècles, et qui, n’ayant rien oublié, n’avait aucun souci d’apprendre quelque chose. »

Le besoin de places qui s’est vu depuis avec leur Europe est déjà là :

« On ne peut guère s’imaginer quelle immense convoitise de positions sociales et de places a été réveillée au sein de la bourgeoisie italienne par le triomphe de la révolution nationale. C’est ainsi qu’est née la fameuse Consorteria, cette ligue bourgeoise qui, s’étant emparée de tous les emplois lucratifs, malmène, déshonore, pille aujourd’hui l’Italie, et qui, après avoir traîné cette patrie italienne par toutes les boues possibles, l’a fait aboutir aux désastres de Custozza, de Lissa et de Mentana. »

JLM : quand l’extrême-droite double le SPD en Allemagne !

La semaine où l’Allemagne atteint le point Godwin

La semaine où l'Allemagne atteint le point Godwin

Crédits photo : Ralf Roletschek

Voici donc la semaine où nous encaissons le coup le plus violent que nous ayons reçu depuis longtemps. D’Allemagne, ce modèle des néolibéraux et de leur presse, arrive une nouvelle terrible. Pour la première fois, l’extrême droite allemande dépasse le SPD dans un sondage. L’extrême droite devient la deuxième force derrière le parti de Merkel. Le gouffre a donc commencé à s’ouvrir au cœur de la première puissance économique du vieux continent. Une puissance acquise par le butin de l’annexion des länders de l’est, par la tricherie avec ses partenaires dans l’organisation des délocalisations à l’est, par l’imposition à toute l’Europe d’une politique économique exclusivement centrée sur les demandes et besoins des retraités aisés, par la destruction des droits sociaux de la masse des salariés allemands, par une coalition sans faille entre PS et droite muselant toute opposition sous le poids de leur routine et auto-satisfaction permanente.

La menace qu’une telle situation fait peser sur tout le continent ne peut pas être prise à la légère. Elle ne doit pas être enterrée sous les couplets lénifiants et aveuglés qui ont tenu lieu de doctrine aux dirigeants de la France au cours des deux décennies. « L’ireal politique » a toujours été un angélisme dangereux, plus dangereux même que le cynisme de la « realpolitique ». Il n’y a pas de couple franco-allemand. Les gouvernements de la droite et du PS à Berlin n’ont jamais servis que les intérêts de la finance allemande et rien de plus. Dans le martyr de tous les pays de l’Union européenne soumis aux politiques d’ajustement structurel, il n’a jamais été question d’autre chose que de l’intérêt de l’Allemagne, de ses rentiers, de ses obsessions ordo-libérales. Pour avoir écrit un jour qu’une nouvelle fois la politique allemande mettait tout le continent en danger je fus remis au pilori par les gardiens du temple. Pour avoir argumenté mon propos dans le livre Le Hareng de Bismark, je fus crucifié comme germanophobe par toutes les variétés d’aveuglés. À droite, on ajouta que je voulais entrer en guerre avec l’Allemagne, à « gôche », les Duflot et compagnie me traitèrent de Déroulède et de « national-républicain » (les deux mots étant une injure dans cette mouvance).

Les faits, à présent, confirment le raisonnement et ce qui commençait à être vu par ceux qui réfléchissent à partir de la réalité. Aussi longtemps que l’Union européenne fonctionnera « à traités constants » la catastrophe « ordo-libérale » alimentera le monstre déjà épanoui en Autriche, en Hongrie, en Pologne, en Bulgarie. À présent, il faut rompre avec ces traités. L’Allemagne doit réviser sa politique et remettre en cause ses certitudes morbides qui conduisent tout le vieux continent à une rechute désastreuse. Plan A. Et si elle ne veut pas : Plan B avec tous ceux qui veulent un canot de sauvetage.

Comment Bunuel rejette le monde moderne, en français cette fois !

Aujourd’hui, à Calanda, il n’y a plus de pauvres qui s’asseyent les vendredis à côté du mur de l’église pour demander un morceau de pain. La ville est relativement prospère, les gens vivent bien. Le costume typique, la ceinture, le cachirulo à la tête et le pantalon étroit ont disparu depuis longtemps.
Les rues sont pavées et éclairées. Il y a de l’eau courante, des égouts, des cinémas et des bars. Comme dans le reste du monde, la télévision contribue efficacement à la dépersonnalisation du spectateur. Il y a des voitures, des motos, des réfrigérateurs, un bien-être matériel bien préparé, équilibré par cette société à nous, où le progrès scientifique et technologique a relégué dans un lointain territoire la morale et la sensibilité de l’homme. L’entropie – le chaos – a pris la forme de plus en plus effrayante de l’explosion démographique.
J’ai eu la chance de passer mon enfance au Moyen Age, cette époque «douloureuse et exquise», comme le dit Huysmans. Douloureux dans le matériel. Exquis dans le spirituel. Le contraire d’aujourd’hui.