Les élites occidentales (y compris l’intelligentsia) souffrent d’un désir de mort particulier. Nous serions déjà des esclaves si ce n’étaient pas que les américains ordinaires possèdent leurs propres armes à feu. Ceci, l’Internet, et l’autodestruction inhérente au mal, sont mes principales raisons d’espérer.

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En France, la chienne info BFM TV est imposée dans tous les troquets et dans tous les bistrots : à qui profitent ce crime et cet endoctrinement ? Depuis longtemps Nicolas Bonnal s’interroge sur cet enchaînement par les infos…

De Platon à CNN : l’enchaînement par les infos

Se réinformer, c’est se rappeler que nous courons comme des fous après l’information, ou plutôt après la désinformation et sa nouvelle frelatée.

Or Sénèque écrit déjà : « De la curiosité provient un vice affreux : celui d’écouter tout ce qui se raconte, de s’enquérir indiscrètement des petites nouvelles (auscultatio et publicorum secretorumque inquisitio), tant intimes que publiques, et d’être toujours plein d’histoires. »

Dans sa Satire VI, Juvénal se moque des commères : « Celle-ci saura dire de qui telle veuve est enceinte et de quel mois, les mots et les positions de telle autre quand elle fait l’amour…  Elle guette aux portes de la ville les nouvelles, les rumeurs toutes fraîches ; au besoin elle en fabrique : le Niphates vient de submerger les populations, un déluge couvre les campagnes, les villes chancellent, le sol s’affaisse. Voilà ce qu’aux carrefours, pour le premier venu, elle débite ! »

On lit dans les Caractères de Théophraste, écrits quatre siècles auparavant, que le bavardage démocratique a déjà épuisé la vérité avec les sophismes : « Il s’échauffe ensuite dans la conversation, déclame contre le temps présent, et soutient que les hommes qui vivent présentement ne valent point leurs pères. De là il se jette sur ce qui se débite au marché, sur la cherté du blé, sur le grand nombre d’étrangers qui sont dans la ville ; il dit que le siècle est dur, et qu’on a bien de la peine à vivre. »

Inflation, immigration, idéalisation du passé, tout y est !

Puis, « deux mille ans après », un journaliste dénonce l’esclavage vis-à-vis de la presse moderne : « Lassalle lui-même a constaté combien était mince le fond intellectuel de la bourgeoisie dont les opinions sont fabriquées par les gazettes. “Celui qui lit aujourd’hui son journal, écrivait-il, n’a plus besoin de penser, d’apprendre, d’étudier. Il est prêt sur tous les sujets et se considère comme les dominant tous.” Il y a soixante ans que Fichte, dans une espèce de vision prophétique qui n’omettait aucun détail, a peint ces lecteurs « qui ne lisent plus de livres, mais seulement ce que les journaux disent des livres, et à qui cette lecture narcotique finit par faire perdre toute volonté, toute intelligence, toute pensée et jusqu’à la faculté de comprendre. »

Mais cinquante ans avant, Henry David Thoreau écrit en Amérique : « Pour le philosophe, toute nouvelle, comme on l’appelle, est commérage, et ceux qui l’éditent aussi bien que ceux qui la lisent ne sont autres que commères attablées à leur thé. Toutefois sont-ils en nombre, qui se montrent avides de ces commérages. »

Thoreau se moque ensuite avec le ton offensif qui le caractérise de son intoxiqué : « En s’éveillant il dresse la tête et demande : “ Quelles nouvelles ? comme si le reste de l’humanité s’était tenu en faction près de lui. Il en est qui donnent l’ordre de les réveiller toutes les demi-heures, certes sans autre but. Après une nuit de sommeil les nouvelles sont aussi indispensables que le premier déjeuner. »

Et c’était avant CNN. Parlons-en justement.

Les chaînes info polluent et envahissent notre vie, elles la siphonnent même. Où que j’aille, dans un bar, dans une gare, chez quelqu’un (une personne âgée et seule se retrouve vite aujourd’hui zombie ébaudi par l’info, voyez l’âge médian de l’électeur Merkel – plus de soixante ans), A l’hôtel, je me retrouve assiégé et terrassé par le flot d’une information bouclée, continue, obtuse et mensongère, et présentée en général par des poupées Barbie et des androïdes aux ordres. L’homo-techno-sapiens en marche !

Ce « flot de purin de la mélodie mondiale » (Francis Ponge) homogénéise le monde, et ce surtout depuis que toutes les chaînes info alignées sur Francfort, sur Bruxelles et sur Washington, servent les mêmes agendas : vive les marchés, vive leurs indices, vive ce pape, vive les réfugiés, vive la guerre contre la Russie, vive la croisade anti-chinoise, vive le dalaï-lama, vive Clooney, vive les people à Cannes, vive les messages humanitaires de ces people, vive les résultats sportifs, vive la politique et vive le nouveau gouvernement de traîtres socialos en Grèce ou en Espagne !

Au début on nous fit le coup avec Eurosport, mais cela ne rapportait pas assez au système, à ses banksters, à ses armées, à sa stratégie de stress-test et de terreur, à sa construction européenne, au délire martial américain. Donc on a imposé partout des chaines info qui nous enchaînent et on s’est retrouvé abrutis comme dans la caverne de Platon par le même spectacle de marionnettes. Il m’est arrivé de lire en même temps aussi le même télétexte en France et en Espagne. Et toutes ces chaînes info nationale diffuseront le poison BCE-CIA-PS aux quatre coins du globe !

Il s’agit de « répéter, dit le maître ». Gustave le Bon explique dans sa légendaire psychologie des foules qui enchanta le Dr Freud : « La chose affirmée arrive, par la répétition, à s’établir dans les esprits au point qu’ils finissent par l’accepter comme une vérité démontrée. »

On arrive ainsi à nous imposer les vérités suivantes : les Russes ont détruit tel avion malais et vont envahir l’Europe ; des peuples se sont révoltés pendant le printemps arabe et ont établi partout la démocratie ; les banques centrales nous sont sauvé de la faillite ; la bourse c’est la vie ; Hillary est bonne pour la santé et The Donald un tyran en herbe ; un hyper-président est le sauveur de la France !

La mondialisation veut un automate, un bestiau mondialisé pour ses aéroports et sa publicité. Et Le Bon ajoutait encore : « Le tic d’un cheval dans une écurie est bientôt imité par les autres chevaux de la même écurie. Une panique, un mouvement désordonné de quelques moutons s’étend bientôt à tout le troupeau. Chez l’homme en foule toutes les émotions sont très rapidement contagieuses, et c’est ce qui explique la soudaineté des paniques. »

Le plus triste est que le triomphe de ces chaînes ne repose que sur la vanité : on veut se croire au courant, alors qu’on n’est qu’enchaîné.

Les blancs ne savent pas voter : les candidats démocrates de couleur blanche se vont blackbouler aux élections primaires de leur con de parti par les minorités raciales brimées et enragées. Pat Buchanan écrit du démocrate Crowley que son district du Bronx-Queens est à un sixième blanc maintenant

Les blancs ne savent pas voter : les candidats démocrates de couleur blanche se vont blackbouler aux élections primaires de leur con de parti par les minorités raciales brimées et enragées. Pat Buchanan écrit du démocrate Crowley que son district du Bronx-Queens est à un sixième blanc maintenant.

 

Et demandez le programme de ces abrutis millénaristes qui reflètent l’effondrement du QI dans nos sociétés technophiles :

A Democratic Socialist, endorsed by MoveOn, Black Lives Matter and People for Bernie, Ocasio-Cortez favors Medicare for all, a $15 minimum wage, 100 percent renewable energy by 2035, free tuition at public colleges, federal jobs for all who want them, and abolishing an Immigration and Customs Enforcement agency that runs “black sites” on the Mexican border where “human rights abuses are happening.”

 

Petits blancs, souriez, vous allez y passer… Et un conseil, revotez The Donald dans deux ans…

La phrase du jour : « la construction d’un présent où la mode elle-même, de l’habillement aux chanteurs, s’est immobilisée, qui veut oublier le passé et qui ne donne plus l’impression de croire à un avenir, est obtenue par l’incessant passage circulaire de l’information, revenant à tout instant sur une liste très succincte des mêmes vétilles, annoncées passionnément comme d’importantes nouvelles ; alors que ne passent que rarement, et par brèves saccades, les nouvelles véritablement importantes, sur ce qui change effectivement » (Guy Debord).

CIA-Russie : pourquoi ça sent pas le roussi selon Grasset !!!

Notes sur le Big Sleep (russe) de la CIA

03 mars 2018 – Le discours de Poutine du 1er mars est d’ores et déjà un classique, un évènement fondamental de la période. Après un premier examen, nous en abordons un autre aspect au travers de l’excellent texte de l’expert Gilbert Doctorow dont nous reproduisons une adaptation en fin de cette analyse. Dans son Tourbillon crisique-44d’hier, PhG annonçait la couleur en citant ce paragraphe du texte de Doctorow :

« À sa manière, écrit Doctorow, ce discours était aussi important, peut-être plus important que le discours de Poutine à la conférence de Munich sur la sécurité en février 2007, dans lequel il exposait longuement les griefs de la Russie à l’encontre de l’hégémonie mondiale des Etats-Unis établie dans les années1990 aux dépens des intérêts nationaux russes. Ce discours (de 2007) avait marqué un tournant dans les relations américano-russes, nous conduisant à la confrontation extrême d’aujourd’hui. Le discours de jeudi ne suggère pas le début d’une nouvelle course aux armements, mais sa conclusion avec la victoire russe et la défaite américaine. »

“Je ne vois rien venir”…

Cet “autre aspect” du discours de Poutine que nous abordons ici, et que Doctorow aborde dans ce texte, est une question qui s’impose à l’esprit, une fois dissipée le premier choc devant le contenu du discours : comment l’IC américaniste (l’Intelligence Community), et plus précisément la CIA, tout cela chargé jusqu’à la gueule de palanquées de centaines de $milliards, n’ont-elles rien vu venir ? Car enfin, il s’agit de la plus énorme, de la plus pharamineuse catastrophe de point de vue du renseignement stratégique de toute l’histoire du renseignement en général.

Il ne s’agit pas d’un événement, d’un programme, d’une politique, d’un projet d’attaque, d’un fait conjoncturel que l’IC aurait raté, – ce qui arrive sans qu’il faille trop s’en émouvoir, puisque Errare CIA Est, – mais bien d’une tendance stratégique générale de rupture s’étendant sur de nombreuses années à venir, développée par le principal concurrent géopolitique des USA, et la seule puissance stratégique nucléaire avec les USA.

La fausse analogie du “missile gap

La catastrophe de l’aveuglement de l’IC porte sur divers programmes développés dans le même sens, à l’aide de technologies novatrices mais nullement inconnues, qui forment une rupture stratégique, qui n’étaient nullement tout à fait secrets, à propos desquels, certainement à propos de la plupart d’entre eux, des bribes d’information, ou des informations complètes ont été régulièrement publiées y compris en sources ouvertes sinon “très ouvertes“. Voici le passage où Doctorow s’exclame, absolument stupéfait du constat qui lui vient sous la plume :

« Cependant, plus important encore, les implications de l’intervention de Vladimir Poutine hier nous disent que les agences renseignement américains ont paisiblement sommeillé durant les 14 dernières années sinon plus. C’est un scandale national pour le pays de perdre une course aux armements dont il n’était même pas conscient. Des têtes devraient rouler, et le processus devrait commencer par des audiences appropriées au Congrès. Pour des raisons qui ressortiront plus clairement de ce qui suit, l’un des premiers témoins appelés à témoigner devrait être l’ancien vice-président Dick Cheney et l’ancien secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld.

» Dans le passé, une telle révélation d’un si vaste écart de sécurité avec le principal concurrent géopolitique et militaire du pays conduirait à des récriminations politiques furieuses et à des accusations très graves. Ce qui s’est passé hier [jeudi 1er mars] est beaucoup plus grave que le “missile gap” de la fin des années 1950 qui a amené Jack Kennedy à la Maison Blanche après une campagne tentant de redonner de la vigueur à la culture politique US pour la réveiller des somnolentes années Eisenhower avec leur complaisance pour les questions de sécurité et bien d’autres. »

Doctorow fait la comparaison de renvoyer cette catastrophe du renseignement à celle qui fut faite en 1956-1960 à propos du missile gap. Pour le coup, cette comparaison nous paraît complètement inappropriée : tout comme le bomber gap qui l’avait immédiatement précédé, le missile gap qui définissait la révélation d’un avantage catastrophique pris par l’URSS sur les USA s’avéra rapidement être un montage de relations publiques d’un groupe politico-militaire belliciste, et notamment une attaque de l’USAF avec le général LeMay contre les évaluations de la CIA. En réalité et au contraire, les USA avaient, à la fin des années 1950 et au début des années 1960, une forte marge de supériorité sur l’URSS en matière d’armes nucléaires stratégiques.

L’analogie invertie du Team B

S’il faut tenter de trouver un équivalent, ce sera certainement celui de la crise dite du “Team B” des années 1975-1977, lorsque la CIA fut accusée de sous-évaluer d’une façon considérable les dépenses militaires soviétiques pour favoriser la “détente” et le rapprochement avec l’URSS, et donc d’ignorer ce que les “faucons” d’alors jugeaient être une poussée soviétique vers la supériorité stratégique. L’on trouvait dans ces “faucons” la filiation des futurs neocons avec le sénateur Henry Scoop Jackson et quelques-unes des futures vedettes du mouvement comme l’alors-jeune Richard Perle.

Ce qui est remarquable dans cette analogie et pour la justifier, c’est que les “faucons”-neocons d’aujourd’hui, – c’est-à-dire, à peu près tout l’establishment washingtoniens, y compris la CIA et l’IC bien entendu, – se trouvent dans la position maximaliste antirussiste qu’on connaît (position des “faucons” d’alors contre la CIA de 1975-1977 accusée d’être “détentiste” et donc “favorable” à l’URSS). Ce qui rend la crise actuelle complètement inédite par son aspect inverti, par rapport à 1975-1977 notamment, c’est que cet antirussisme maximaliste est accompagné, comme l’observe Doctorow et comme nous le savons tous, d’une complète ignorance et d’un déni furieux des capacités et des progrès de la Russie, par mépris de la Russie et par le fait d’un hybris et d’une arrogance américanistes sans précédent. Il n’y a pas complaisance et volonté d’arrangement (éventuellement de la CIA) avec l’URSS comme l’affirmaient en 1975-1977 les adversaires de la détente, mais au contraire par l’aveuglement d’une psychologie en état de crise paroxystique, une agressivité sinon une volonté de destruction de la Russie, y compris de la part de la CIA ; et cela d’une façon si complétement méprisante pour cette Russie jugée plus que jamais comme un “État failli” qu’il est affirmé impensable que ce pays puisse arriver au niveau stratégique des USA, et même les dépasser de plus en plus largement comme c’est en train d’être le cas.

Promenade de surprise en surprise

Ce qu’expose Doctorow n’est pas une crise d’une mauvaise évaluation des capacités, c’est une crise psychologique empêchant tout jugement technique objectif, éventuellement rationnel à partir d’une raison qui ne serait pas subvertie, d’évaluation des capacités. En quelque sorte, – l’inversion est complète, – c’est la haine extraordinaire de la Russie, donc le négationnisme total de ses capacités, qui conduit à considérer la Russie comme infiniment moins puissante et moins capable qu’elle n’est. Toutes les démonstrations du contraire ne servent à rien contre cette psychologie en crise paroxystique qui ne cesse d’aller de surprise en surprise lorsqu’il s’agit des capacités militaires russes, tant tactiques que stratégiques…

« De plus, l’annonce jeudi du déploiement en marche et sur le point de l’être de nouveaux armements russes qui modifient l’équilibre des forces mondiales n’est qu’un cas parmi une série d’autres réalisations remarquables de la Russie au cours des quatre dernières années qui ont toutes surpris les dirigeants américains

» La prise en main de la Crimée par la Russie en février-mars 2014 […] effectuée sans coup férir [a été une “surprise” pour les USA et pour l’OTAN] […]

» Puis le Pentagone a été complètement pris par surprise en septembre 2015, lorsque Poutine déclara à l’Assemblée générale des Nations Unies l’envoi d’avions russes en Syrie dès le lendemain pour mettre en place et débuter aussitôt une campagne contre Daesh et en soutien d’Assad. […] Sur le même théâtre opérationnel, les Russes ont de nouveau “surpris” les Américains en mettant en place un centre de renseignement militaire commun à Bagdad avec l’Irak et l’Iran. Et encore, ils ont “surpris” l’OTAN en envoyant des missions de bombardement sur le théâtre syrien au-dessus de l’Iran et de l’espace aérien irakien après s’être vu refuser les droits de vol dans les Balkans. Avec des milliers de militaires et de diplomates basés en Irak, comment se fait-il que les Etats-Unis ne savaient rien des accords que les Russes négociaient avec les dirigeants irakiens ? »

“Comment se fit-il…”, sinon en raison du “Grand Sommeil” (Big Sleep) hypnotique où sont plongées la CIA et toutes les directions de sécurité nationale des USA, hypnotisées qu’elles sont par la narrative qu’elles suivent sans y rien comprendre (déterminisme-narrativiste), respectant l’un de leurs caractères intellectuels fondamentaux marqué d’un affectivisme complet, qui est la certitude rationnelle (raison-subvertie) et hystérique de l’inexistence de la Russie? (Leonid Cherbachine, ancien chef du renseignement russe : « L’Ouest ne veut seulement qu’une chose : que la Russie n’existe plus. »)

A propos d’un titre

The Big Sleep (Le Grand Sommeil), expression qui figure dans notre titre, est le titre d’un roman de Raymond Chandler, porté à l’écran en 1946 par Howard Hawks, sur un scénario de William Faulkner, avec Lauren Bacall et Humphrey Bogart. Cela fait beaucoup de grands esprits pour nous expliquer l’intrigue du roman/du film, particulièrement, extraordinairement complexe.

Un Wikipédia (français) sur le film, quoique maigrelet, nous donne l’essentiel de l’idée qu’il nous importe de développer ici qui est celle de l’incompréhension satisfaite du noeud de l’intrigue, – absolument acceptable dans la fiction cinématographique, absolument inacceptable dans le monde de la politique stratégique ; il rapporte dans sa rubrique “Autour du film” quelques avis intéressant… Avis intéressants pour le film certes, mais aussi pour comprendre l’attitude de la CIA et du reste de l’IC vis-à-vis de la Russie telle que leur antirussisme les pousse à la considérer ; tout cela, fort bien caractérisé à notre sens par ce titre The Big Sleep… Jusqu’à la remarque de Hawks sur la signification de ce titre : « Je ne sais pas, probablement la mort. En tout cas, cela sonne bien. »

« L’intrigue du film est particulièrement complexe, à tel point que le réalisateur du film Howard Hawks demanda à l’un des scénaristes, le célèbre écrivain William Faulkner, si l’un des personnages du film, appelé à mourir, était assassiné ou s’il se suicidait. Faulkner admit qu’il n’en était pas très sûr non plus, et décida de téléphoner à Chandler, pensant que l’auteur du roman original devait forcément connaître la réponse. À cette question, Chandler répondit qu’il n’en savait rien.

» La complexité de l’intrigue du film s’explique également par certaines coupes effectuées par rapport au roman. Ainsi le film supprime en raison du Code Hays toujours en vigueur aux États-Unis des éléments et personnages nécessaires à la bonne compréhension de l’histoire, comme l’existence d’un couple de gangsters homosexuels et d’une industrie clandestine de pornographie. Le réalisateur Howard Hawks avoua d’ailleurs : “Je n’ai jamais bien compris l’histoire du Grand Sommeil”.

» Interrogé au sujet du titre Le Grand Sommeil, Howard Hawks déclara : “Je ne sais pas, probablement la mort. En tout cas, cela sonne bien.” »

Ni la CIA ni “D.C.-la-folle” n’ont “jamais bien compris” ce qui se passait dans le reste du monde et en Russie. Dans ce cas, que vaut donc l’affirmation de l’hégémonie mondiale des USA, comparée à l’empire de Rome ? « Je ne sais pas, probablement la mort. En tout cas, cela sonne bien»

L’article de Gilbert Doctorow

Ci-dessous on trouve l’adaptation française de l’article de Doctorow dont il est fait plusieurs échos dans le texte. Il est paru (en version originale) le 2 mars 2018 sur son blog dans le portail Une parole franche du quotidien de Bruxelles (où réside Doctorow) La Libre Belgique ; également sur le site Russia Insider le même 2 mars 2018 (« The US Just Lost an Arms Race It Had No Idea Was Happening – “Heads Should Roll” »)

dedefensa.org

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