Les caméos du Donald disparaissent des pellicules (sic) hollywoodiennes, ici dans Home alone. Heureusement il nous reste Twitter. Nicolas Bonnal expliquait sa destinée postmoderne, le premier, et sur Spoutnik encore !

Jean-Patrick Grumberg :

Le film « Home Alone 2 » est un classique de Noël. Problème pour les médias gauchistes atteints du TDS, le « Trump derangement syndrome », Donald Trump y jour un rôle de figurant.

Lors de la diffusion du film sur une chaîne de télévision nationale canadienne, la Société Radio-Canada, rageuse, a tout simplement coupé la scène où figure Donald Trump ! Cela en dit certes long sur la petitesse, la mesquinerie, et le degré de ridicule des journalistes.

https://fr.sputniknews.com/blogs/201611101028629764-hollywood-donald-trump/

Savez quoi, une idée incendiaire de slogan pour nos sponsors inspirés ! « Notre-Dame qui se crame, faut pas en faire un drame… pour savoir ce qui se trame, la théorie du con polo avec le Ralph Laurent ! »

https://lesakerfrancophone.fr/la-liberation-de-notre-dame

https://www.voltairenet.org/article206324.html

http://www.dedefensa.org/article/macron-et-le-couronnement-de-la-generation-mitterrand

Déshonoré de Balzac : « Il m’a dit en 1831 ce qui devait arriver et ce qui est arrivé : les assassinats, les conspirations, le règne des juifs, la gêne des mouvements de la France, la disette d’intelligences dans la sphère supérieure, et l’abondance de talents dans les bas-fonds où les plus beaux courages s’éteignent sous les cendres du cigare. Que devenir ? »

https://fr.wikisource.org/wiki/Z._Marcas

En France, la chienne info BFM TV est imposée dans tous les troquets et dans tous les bistrots : à qui profitent ce crime et cet endoctrinement ? Depuis longtemps Nicolas Bonnal s’interroge sur cet enchaînement par les infos…

De Platon à CNN : l’enchaînement par les infos

Se réinformer, c’est se rappeler que nous courons comme des fous après l’information, ou plutôt après la désinformation et sa nouvelle frelatée.

Or Sénèque écrit déjà : « De la curiosité provient un vice affreux : celui d’écouter tout ce qui se raconte, de s’enquérir indiscrètement des petites nouvelles (auscultatio et publicorum secretorumque inquisitio), tant intimes que publiques, et d’être toujours plein d’histoires. »

Dans sa Satire VI, Juvénal se moque des commères : « Celle-ci saura dire de qui telle veuve est enceinte et de quel mois, les mots et les positions de telle autre quand elle fait l’amour…  Elle guette aux portes de la ville les nouvelles, les rumeurs toutes fraîches ; au besoin elle en fabrique : le Niphates vient de submerger les populations, un déluge couvre les campagnes, les villes chancellent, le sol s’affaisse. Voilà ce qu’aux carrefours, pour le premier venu, elle débite ! »

On lit dans les Caractères de Théophraste, écrits quatre siècles auparavant, que le bavardage démocratique a déjà épuisé la vérité avec les sophismes : « Il s’échauffe ensuite dans la conversation, déclame contre le temps présent, et soutient que les hommes qui vivent présentement ne valent point leurs pères. De là il se jette sur ce qui se débite au marché, sur la cherté du blé, sur le grand nombre d’étrangers qui sont dans la ville ; il dit que le siècle est dur, et qu’on a bien de la peine à vivre. »

Inflation, immigration, idéalisation du passé, tout y est !

Puis, « deux mille ans après », un journaliste dénonce l’esclavage vis-à-vis de la presse moderne : « Lassalle lui-même a constaté combien était mince le fond intellectuel de la bourgeoisie dont les opinions sont fabriquées par les gazettes. “Celui qui lit aujourd’hui son journal, écrivait-il, n’a plus besoin de penser, d’apprendre, d’étudier. Il est prêt sur tous les sujets et se considère comme les dominant tous.” Il y a soixante ans que Fichte, dans une espèce de vision prophétique qui n’omettait aucun détail, a peint ces lecteurs « qui ne lisent plus de livres, mais seulement ce que les journaux disent des livres, et à qui cette lecture narcotique finit par faire perdre toute volonté, toute intelligence, toute pensée et jusqu’à la faculté de comprendre. »

Mais cinquante ans avant, Henry David Thoreau écrit en Amérique : « Pour le philosophe, toute nouvelle, comme on l’appelle, est commérage, et ceux qui l’éditent aussi bien que ceux qui la lisent ne sont autres que commères attablées à leur thé. Toutefois sont-ils en nombre, qui se montrent avides de ces commérages. »

Thoreau se moque ensuite avec le ton offensif qui le caractérise de son intoxiqué : « En s’éveillant il dresse la tête et demande : “ Quelles nouvelles ? comme si le reste de l’humanité s’était tenu en faction près de lui. Il en est qui donnent l’ordre de les réveiller toutes les demi-heures, certes sans autre but. Après une nuit de sommeil les nouvelles sont aussi indispensables que le premier déjeuner. »

Et c’était avant CNN. Parlons-en justement.

Les chaînes info polluent et envahissent notre vie, elles la siphonnent même. Où que j’aille, dans un bar, dans une gare, chez quelqu’un (une personne âgée et seule se retrouve vite aujourd’hui zombie ébaudi par l’info, voyez l’âge médian de l’électeur Merkel – plus de soixante ans), A l’hôtel, je me retrouve assiégé et terrassé par le flot d’une information bouclée, continue, obtuse et mensongère, et présentée en général par des poupées Barbie et des androïdes aux ordres. L’homo-techno-sapiens en marche !

Ce « flot de purin de la mélodie mondiale » (Francis Ponge) homogénéise le monde, et ce surtout depuis que toutes les chaînes info alignées sur Francfort, sur Bruxelles et sur Washington, servent les mêmes agendas : vive les marchés, vive leurs indices, vive ce pape, vive les réfugiés, vive la guerre contre la Russie, vive la croisade anti-chinoise, vive le dalaï-lama, vive Clooney, vive les people à Cannes, vive les messages humanitaires de ces people, vive les résultats sportifs, vive la politique et vive le nouveau gouvernement de traîtres socialos en Grèce ou en Espagne !

Au début on nous fit le coup avec Eurosport, mais cela ne rapportait pas assez au système, à ses banksters, à ses armées, à sa stratégie de stress-test et de terreur, à sa construction européenne, au délire martial américain. Donc on a imposé partout des chaines info qui nous enchaînent et on s’est retrouvé abrutis comme dans la caverne de Platon par le même spectacle de marionnettes. Il m’est arrivé de lire en même temps aussi le même télétexte en France et en Espagne. Et toutes ces chaînes info nationale diffuseront le poison BCE-CIA-PS aux quatre coins du globe !

Il s’agit de « répéter, dit le maître ». Gustave le Bon explique dans sa légendaire psychologie des foules qui enchanta le Dr Freud : « La chose affirmée arrive, par la répétition, à s’établir dans les esprits au point qu’ils finissent par l’accepter comme une vérité démontrée. »

On arrive ainsi à nous imposer les vérités suivantes : les Russes ont détruit tel avion malais et vont envahir l’Europe ; des peuples se sont révoltés pendant le printemps arabe et ont établi partout la démocratie ; les banques centrales nous sont sauvé de la faillite ; la bourse c’est la vie ; Hillary est bonne pour la santé et The Donald un tyran en herbe ; un hyper-président est le sauveur de la France !

La mondialisation veut un automate, un bestiau mondialisé pour ses aéroports et sa publicité. Et Le Bon ajoutait encore : « Le tic d’un cheval dans une écurie est bientôt imité par les autres chevaux de la même écurie. Une panique, un mouvement désordonné de quelques moutons s’étend bientôt à tout le troupeau. Chez l’homme en foule toutes les émotions sont très rapidement contagieuses, et c’est ce qui explique la soudaineté des paniques. »

Le plus triste est que le triomphe de ces chaînes ne repose que sur la vanité : on veut se croire au courant, alors qu’on n’est qu’enchaîné.

Franz : « je cite le rejeton du Suffrage Universel attalisé : « Chaque jour l’Église accompagne des familles monoparentales, homosexuelles ou ayant recours à l’avortementen essayant de concilier ses principes et le réel »…

Henri Lefebvre et le procès marxiste de la vie quotidienne

Henri Lefebvre et le procès marxiste de la vie quotidienne

Tout le monde a oublié Henri Lefebvre et je pensais que finalement il vaut mieux être diabolisé, dans ce pays de Javert, de flics de la pensée, qu’oublié. Tous les bons penseurs, de gauche ou marxistes, sont oubliés quand les réactionnaires, fascistes, antisémites, nazis sont constamment rappelés à notre bonne vindicte. Se rappeler comment on parle de Céline, Barrès, Maurras ces jours-ci… même quand ils disent la même chose qu’Henri Lefebvre ou Karl Marx (oui je sais, cent millions de morts communistes, ce n’est pas comme le capitalisme, les démocraties ou les Américains qui n’ont jamais tué personne, Dresde et Hiroshima étant transmuées en couveuses par la doxa historique).

Un peu de Philippe Muray pour comprendre tout cela – cet oubli ou cette diabolisation de tout le monde :

« Ce magma, pour avoir encore une ombre de définition, ne peut plus compter que sur ses ennemis, mais il est obligé de les inventer, tant la terreur naturelle qu’il répand autour de lui a rapidement anéanti toute opposition comme toute mémoire. »

J’avais découvert Henri Lefebvre grâce à Guy Debord qui, lui, est diabolisé pour théorie de la conspiration maintenant ! Sociologue et philosophe, membre du PCF, Lefebvre a attaqué la vie quotidienne, la vie ordinaire après la Guerre, premier marxiste-communiste à prendre en compte la médiocrité de la vie moderne à la même époque qu’Henri de man (je sais, merci, fasciste-nazi-réac-technocrate vichyste etc.). Le plus fort est que Lefebvre attaque le modèle soviétique qui débouchait à la même époque sur le même style de vie un peu nul, les grands ensembles, le métro-boulot-dodo, le cinoche…

J’ai déjà évoqué Henri de Man dans mon livre sur la Fin de l’Histoire. Un bel extrait bien guénonien sans le vouloir :

« Tous les habitants de ces maisons particulières écoutaient en même temps la même retransmission. Je fus pris de cette angoisse … Aujourd’hui ce sont les informations qui jouent ce rôle par la manière dont elles sont choisies et présentées, par la répétition constante des mêmes formules et surtout par la force suggestive concentrée dans les titres et les manchettes. »

C’est dans l’ère des masses. On peut rajouter ce peu affriolant passage :

« L’expression sociologique de cette vérité est le sentiment de nullité qui s’empare de l’homme d’aujourd’hui lorsqu’il comprend quelle est sa solitude, son abandon, son impuissance en présence des forces anonymes qui poussent l’énorme machine sociale vers un but inconnu. Déracinés, déshumanisés, dispersés, les hommes de notre époque se trouvent, comme la terre dans l’univers copernicien, arrachés à leur axe et, de ce fait, privés de leur équilibre. »

Lefebvre dans un livre parfois ennuyeux et vieilli hélas (le jargon marxiste des sixties…) dénonce aussi cet avènement guénonien de l’homme du règne de la quantité. Il se moque des réactionnaires, mais il est bien obligé de penser comme eux (et eux ne seront pas oubliés, lui oui !) :

« Le pittoresque disparaît avec une rapidité qui n’alimente que trop bien les déclarations et les lamentations des réactionnaires…. »

Ici deux remarques, Herr professeur : un, le « pittoresque » comme vous dites c’est la réalité du paysage ancestral, traditionnel saboté, pollué et remplacé, ou recyclé en cuvette pour touristes sous forme de « vieille ville ». Deux, les chrétiens révoltés qui dénoncent cette involution dès le dix-neuvième ne sont pas des réacs sociologiques, pas plus que William Morris ou Chesterton ensuite.

Henri Lefebvre poursuit, cette fois magnifiquement :

« Là où les peuples se libèrent convulsivement des vieilles oppressions (nota : les oppressions coloniales n’étaient pas vieilles et furent remplacées par des oppressions bureaucratiques ou staliniennes pires encore, lisez Jacob Burckhardt),ils sacrifient certaines formes de vie qui eurent longtemps grandeur – et beauté. »

Et là il enfonce le clou (visitez les villes industrielles marxistes pour vous en convaincre :

« Les pays attardés qui avancent produisent la laideur, la platitude, la médiocrité comme un progrès. Et les pays avancés qui ont connu toutes les grandeurs de l’histoire produisent la platitude comme une inévitable prolifération. »

Les pays comme la Chine qui ont renoncé au marxisme orthodoxe aujourd’hui avec un milliard de masques sur la gueule, de l’eau polluée pour 200 millions de personnes et des tours à n’en plus finir à vingt mille du mètre. Cherchez alors le progrès depuis Marco Polo…

Matérialiste, Lefebvre évoque ensuite l’appauvrissement du quotidien, la fin des fêtes païennes-folkloriques (j’ai évoqué ce curieux retour du refoulé dans mon livre sur le folklore slave et le cinéma soviétique) et il regrette même son église enracinée d’antan (s’il voyait aujourd’hui ce que Bergoglio et les conciliaires en ont fait…). C’est la fameuse apostrophe de Lefebvre à son Eglise :

« Eglise, sainte Eglise, après avoir échappé à ton emprise, pendant longtemps je me suis demandé d’où te venait ta puissance. »

Eh oui cette magie des siècles enracinés eut la vie dure.

Je vous laisse découvrir cet auteur et ce livre car je n’ai pas la force d’en écrire plus ; lui non plus n’est pas arrivé avec le panier à solutions rempli…

Penseur du crépuscule marxiste, Lefebvre m’envoûte comme son église parfois. Comme disait le penseur grec marxiste Kostas Papaioannou, « le capitalisme c’est l’exploitation de l’homme par l’homme, et le marxisme le contraire » ! De quoi relire une petite révolte contre le monde moderne !

La révolution ? Le grand chambardement ? Sous les pavés la plage privatisée par les collègues de Cohn-Bendit ? Je laisserai conclure Henri Lefebvre :

« En 1917 comme en 1789, les révolutionnaires crurent entrer de plain-pied dans une autre monde, entièrement nouveau. Ils passaient du despotisme à la liberté, du capitalisme au communisme. A leur signal la vie allait changer comme un décor de théâtre. Aujourd’hui, nous savons que la vie n’est jamais simple. »

Et comme je disais que nos cathos réacs étaient les plus forts :

« La révolution… crée le genre d’homme qui lui sont nécessaires, elle développe cette race nouvelle, la nourrit d’abord en secret dans son sein, puis la produit au grand jour à mesure qu’elle prend des forces, la pousse, la case, la protège, lui assure la victoire sur tous les autres types sociaux. L’homme impersonnel, l’homme en soi, dont rêvaient les idéologues de 1789, est venu au monde : il se multiplie sous nos yeux, il n’y en aura bientôt plus d’autre ; c’est le rond-de-cuir incolore, juste assez instruit pour être « philosophe », juste assez actif pour être intrigant, bon à tout, parce que partout on peut obéir à un mot d’ordre, toucher un traitement et ne rien faire – fonctionnaire du gouvernement officiel – ou mieux, esclave du gouvernement officieux, de cette immense administration secrète qui a peut-être plus d’agents et noircit plus de paperasses que l’autre. »

C’était l’appel de Cochin, le vrai…

 

Sources

Henri Lefebvre – critique de la vie quotidienne, éditions de l’Arche

Henri de Man – L’ère des masses

René Guénon – la crise du monde moderne ; le règne de la quantité et les signes des temps

Chesterton – Orthodoxie ; hérétiques (Gutenberg.org)

Cochin – La révolution et la libre pensée

Nicolas Bonnal – Chroniques sur la fin de l’histoire ; le cinéma soviétique et le folklore slave ; Céline, le pacifiste enragé

Julius Evola – révolte contre le monde moderne

Perrier fou : comment le consommateur a remplacé le citoyen…

Le consommateur a remplacé le citoyen

Le consommateur achète, contre les fruits de son labeur, des biens et services. Mais, il ne fait que louer (comme le censitaire) son espace vital. La banque, via la rente foncière, demeure le propriétaire de facto des unités d’habitations occupées par les locataires ou les dits propriétaires. La spéculation jouant ses cartes, la mécanique foncière forcent les occupants de la cité à céder leurs places à de nouveaux joueurs plus fortunés et, souvent, provenant de l’étranger. Cet axiome a taraudé, depuis des lustres, quantité de penseurs et d’hommes politiques. Si le commun des mortels profite des ramifications d’une production et d’une distribution qui lui donnent accès à un grand nombre de «commodités», il a, en revanche, cédé son véritable «droit de cité».

« Mon collège jésuite a été abattu. Il a été remplacé, comme partout, par un centre commercial. » Luis Bunuel.

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Comme la guerre de Troie de Giraudoux, les tueries de masses US n’ont pas ou pas eu lieu ; un lien livresque ici…

Cliquer pour accéder à NobodyDiedAtSandyHook_final.pdf