Savez quoi, une idée incendiaire de slogan pour nos sponsors inspirés ! « Notre-Dame qui se crame, faut pas en faire un drame… pour savoir ce qui se trame, la théorie du con polo avec le Ralph Laurent ! »

https://lesakerfrancophone.fr/la-liberation-de-notre-dame

https://www.voltairenet.org/article206324.html

http://www.dedefensa.org/article/macron-et-le-couronnement-de-la-generation-mitterrand

Un lecteur des crises explique qui gouverne en Amérique

Un lecteur explique qui gouverne en Amérique

 

C’est dans les crises.fr et cela résume tout, calmant les antisystèmes peu éclairés et les autres sur les responsabilités des Polichinelles Trump ou Obama. Le fascisme libertaire US est la simple résultante d’une matrice totalitaire et d’une oligarchie luciférienne  qui a rompu avec la réalité.

Trump n’est que le visage des USA. Arrêtez cette attitude puérile qui consiste à tout charger sur Trump en se disant qu’une fois dégagé, Oncle Sam deviendra intelligent, honnête et bienveillant.
On a fait la même erreur avec Bush. Et quoi? Même Obama a du s’écraser en moins de deux devant le deep state et le fait qu’il soit beau, classe et noir n’a pas empêché que sous sa présidence les USA ont balancé plus de bombes que sous Bush, qu’il aient réduits la Libye, le Soudan du Sud, le Yémen, à une bouillie sanglante, qu’il y a eu plus d’assassinats “ciblés” que sous Bush, avec plus de “dommages collatéraux”, que Gantanamo est resté ouvert, qu’ils ont réprimé la démocratie hondurienne dans le sang, qu’ils ont générés une anarchie fasciste en Ukraine avec un risque élevé de guerre mondiale, qu’ils ont magouillé d’indignes carabistouilles médiatico-judiciaires au Brésil, au Chili, en Argentine pour en chasser les politiciens réellement attachés à la souveraineté de leur pays pour les remplacer par des larbins, qu’ils ont plongé la Syrie dans une folie sanglante par une “révolution de couleur”, qu’en politique intérieure, ils ont autorisé les banques à saisir les biens des particuliers sans titre de propriété, qu’ils ont fait proliférer les gaz de schiste en pourrissant leur sol et leur eau, qu’ils ont créé une pseudo sécu qui ne profite qu’aux labos et professionnels avec explosion des coûts des primes, explosion des franchises, explosion des coûts des actes, abaissement dramatique des plafonds de remboursement. Sous Obama, les flics ont tué plus de monde que sous Bush et la police s’y est militarisé. Les coûts de l’enseignement supérieur ont été multipliés par quatre, et j’en passe et j’en passe. Et pourtant je reste persuadé qu’Obama était un type bien, mais sans réseau ni appui.
Et quand je vois comment Trump est traité alors qu’il est riche et dispose de puissants appuis, je comprends mieux le pourquoi sous Obama.
Trump est un type répugnant certes, mais ne croyez pas que la folie, la profonde stupidité et la monstruosité actuelle de l’action des USA ne soient dues qu’à Trump. Lui passé, tout continuera et empirera.

L’aviateur (conte triste et latino)

L’aviateur

 

J’assurais la liaison postale Buenos Aires- Asuncion. Pour cela je survolais la Mésopotamie argentine, les villes de Rosario de Santa Fe, jusqu’à Corrientes. Après j’obliquais vers la zone morte, ainsi avais-je surnommé le Paraguay.

J’aimais la vie nocturne de Buenos Aires, ses innombrables bars à tango, ses confiterias et ses cinémas qui nous permettaient de voir avant l’Europe les dernières productions américaines. J’aimais aussi les filles de la capitale fédérale, les porteñas, peut-être pas les plus belles, mais certainement les mieux faites du monde. Le miracle de la terre avait été ici plus fort que le miracle de la race. Je n’ai jamais été ébloui par les italiennes ni par les espagnoles, mais ici le mélange avait pris. Je pensais aussi à l’origine indienne d’une partie de ces indiennes, indiennes dont la finesse, la chevelure, la peau ocrée et la féminité m’enchantaient au Paraguay. Certains connaisseurs me parlaient des guaranis, d’autres de l’ethnie maka. Toujours est-il qu’il y a même chez les plus blanches des argentines un je-ne-sais-quoi de féminin et d’affriolant que les femmes ont perdu sous nos latitudes. D’un autre côté, je me suis toujours méfié de la femme argentine, que je jugeais – et d’autres avec moi – hystérique, trop passionnée, intéressée et fatigante pour tout dire.

Je volai de longues heures. La saison la plus dure était l’automne quand les précipitations tombaient sur la pampa et l’Entre Rios avec une force redoublée. Il m’était arrivé de survoler des zones inondées du Chaco et de voir les misérables paysans, qui avaient tout perdu, juchés sur le toit de leur bicoque, avec les têtes rescapées de leur maigre troupeau.

Je sais que mon métier comporte des risques, mais il apporte une ivresse mécanique et une impression de liberté incomparables. Un jour par conséquent, le Facteur d’âmes me présenta sa note. Il y avait un fort brouillard. Mes aiguilles cliquèrent, mon moteur toussota.

J’étais au-dessus de la province de Corrientes, je n’aurais su dire où : j’espérais simplement que ce ne serait pas au-dessus d’un pastizal, car dans ce cas je risquais une destruction de l’appareil lors d’un atterrissage forcé. La densité de la végétation dans ces parages, lorsqu’elle n’est pas pâturée par des troupeaux, est imposante. Je baissai en conséquence, eus la chance de tomber sur une éclaircie, et je vis un champ assez vaste : je pouvais atterrir.

En touchant terre, je vis une maison, et des petites nattes dans les herbes. C’était sans doute des enfants ; j’espérais qu’ils auraient la sagesse de se tenir à l’écart. L’appareil s’immobilisa enfin et je pus descendre. Je ne m’étais inquiété à aucun moment, ayant inscrit cette mésaventure quelque part dans mon destin.

Je me vis entouré de trois fillettes émerveillées. Je les saluai, leur expliquant ce qu’était un avion, et ce qui pouvait lui arriver. Elles se présentèrent. La petite blonde, qui se nommait Domenika, s’en fut en courant chercher sa mère. Je la suivis de loin avec les deux petites jumelles, rouges de plaisir de servir de guides à un aventurier tombé du ciel. Elles étaient cheveux châtain toutes les deux. Je me rappelai que Corrientes fut une province colonisée par les Allemands de la Volga au début du siècle. Je me figurai comme un demi-dieu tombé du ciel au moment cruel mais si sensuel de la Conquista.

 

Je n’eus pas le temps de rêver plus longtemps. La mère de Domenika apparut : une femme superbe, blonde comme sa fille et fine comme le lys. Elle me salua avec respect, me demanda si j’étais blessé, si j’avais besoin d’aide.

J’aurais certainement besoin d’aide, lorsque je saurais de quoi avait pâti mon appareil. Il me faudrait sans doute l’aide d’un mécanicien, s’il y en avait un dans les parages. Mais

je sentis au merveilleux regard de Beatriz – elle me dit de l’appeler Betty, et que oui, elle était d’origine allemande, son père étant arrivé ici en 1911 – que le mécanicien pourrait attendre.

Betty était séparée depuis trois ans et vivait seule avec sa fille, perdue dans les pastizales de Corrientes. Elle put joindre un mécanicien, je pus prévenir la compagnie de l’accident : ils parurent inquiets de mon sort, sans comprendre combien je ne pleurais pas l’heureux accident qui m’était arrivé. Nous fûmes amants le soir même, et le lendemain cette femme de flamme et de feu me présenta à sa famille – ou ce qu’il en restait.

Je restai trois jours merveilleux avec elle. Ce qui me plaisait, c’est que je devais la quitter. C’était une femme perdue dans l’océan de verdure de l’Amérique australe, qui ne me demanderait rien, qui se contenterait de scruter le ciel pour me voir arriver à cheval sur mon dragon mécanique. Betty n’était plus en âge d’attendre grand-chose d’un homme sinon de l’amour. Et moi je la quittai avec plus de reconnaissance que d’amour.

 

On nous recommande toujours de ne pas mêler l’amour et les affaires. Or je travaillais justement pour une entreprise commerciale pour laquelle la vie des employés importait, mais également l’arrivée du courrier. Il m’était donc difficile de venir atterrir dans son champ à volonté, d’autant que parfois les bêtes y venaient paître. Mais au cours de l’année suivante, je vins quatre fois coucher le dragon dans l’herbe de ma belle, et me jeter dans ses bras fougueux. Je n’ai jamais compris quelle froideur l’on reprochait aux filles du Nord. Mais chaque fois j’étais heureux de la quitter pour entretenir mon désir. Il me semblait qu’elle tombait amoureuse comme toutes les femmes de son âge : pour des raisons culturelles plus que naturelles (seule l’adolescence a droit à ce prodige), la femme veut tomber amoureuse de l’homme avec qui elle couche. Alors que jeune elle couche avec l’homme dont elle tombe amoureuse. Je ne veux pas généraliser : comme disait un officier pendant la guerre, toutes les généralisations sont fausse, y compris celle-ci. Je dois reconnaître aussi que Betty vivait dans une des provinces les plus laides de l’Argentine, et que, malgré le gibier qui y abondait, je n’ai jamais eu de goût pour la chasse. Ainsi, après deux jours de vacance amoureuse rendue possible grâce au mécanicien indien Eduardo, dont j’avais fait mon ami, je découvrais subitement que l’absence de Betty me manquait, et qu’il fallait que je prisse mon envol.

J’offris quand même à Betty son baptême de l’air. Elle en fut ravie, tout comme Domenika, qui en ce jour se mit à rêver d’être pilote. J’évitais soigneusement d’inviter toute la région à bord de mon dragon, mais je ne pus refuser une invitation à Eduardo, qui me rendait tant de service. Il me déclara enchanté qu’avec l’avionetta, je pouvais « agarrar » autant de filles que je le voudrais dans la région. Il suffisait de trouver un terrain d’atterrissage, c’est-à-dire d’entente. Je me le tins pour dit en souriant.

 

Le plus étonnant vint après. Nous étions en janvier : il y avait beaucoup d’humidité et des risques d’orage. Je pouvais pour une fois atterrir sans mensonge auprès de la compagnie. Le Chaco était inondé une autre fois, le Paranà débordait à Corrientes Capital. Je préparai mon atterrissage forcé sur mon champ habituel : mais cette fois le brouillard recouvrit toute la région. J’étais las et presque distrait : je m’imaginais dans un bon bain chaud préparé par Betty Je vis enfin le champ et la maison et j’atterris. Je fis quatre enfants apparaître. Ils étaient tous beaux et bien habillés (nous étions un dimanche après-midi), mais bruns avec des traits indiens. Je m’étais trompé de champ.

Je bredouillais des excuses, alors que les marmots s’approchaient avec extase du dragon. Et je vis apparaître une femme brune et menue, belle et timide, qui me demanda si j’avais besoin d’aide. Je répondis que j’avais en effet besoin d’aide, oubliant mon atterrissage raté et inutile.

Elle s’appelait Nancy ; elle était une veuve courtisée dans le coin. J’ignore si elle avait entendu parler de moi et de mes atterrissages forcés, mais il ne me fallut pas longtemps pour forcer la porte de sa chambre. Je ne me rendis compte que plus tard qu’avec Betty je n’avais pu résister à une pulsion bien naturelle, alors qu’avec Nancy je n’avais pu résister à une tentation bien culturelle : celle de Don Juan des airs.

Cette femme était aussi délicieuse. Et je rêvais toute la nuit d’atterrissages forcés dans des bras et des literies fleuris. Il fallut quand même avoir recours à Eduardo pour décoller, car j’avais eu un problème de train d’atterrissage en arrivant dans l’estancia de Nancy. Il me salua d’un air malicieux, ne dit naturellement rien et repartit avec un généreux pourboire. Il avait l’air aussi heureux de me voir que ces femmes. Je promis à Nancy de bientôt venir la voir, et, en survolant, la province, je rêvais d’autres champs et d’autres atterrissages. Mes mésaventures avaient fait de moi un libertin des champs et des airs.

J’en reparlais à Buenos Aires à mes compagnons de vol. L’histoire les fit bien rire, même si je risquais de mécontenter la hiérarchie de la compagnie.

 

– Une fille dans chaque champ !

– Une femme dans chaque aéroport !

 

J’aurais dû me taire. Un de mes collègues se fit un plaisir de me dénoncer : je ne le sus que plus tard. En attendant, je repartis, et je retrouvai Nancy (une fleur fraîche est toujours cueillie avec plus d’insistance) sur ma route d’Asuncíon avec autant de plaisir. Les enfants me fêtaient comme leur nouveau père tombé des airs. On me parla de cadeaux à ramener de la capitale fédérale et d’un futur plus familial. Cela m’effraya un peu. Je redécollai rapidement, promettant de venir au plus vite. Je décidai à Asuncíon de ne pas m’attarder et de repartir au plus vite chez Betty, comme si j’avais eu des scrupules d’une brève trahison.

Lorsque j’atterris dans son estancia, je ne vis ni enfants ni bouquets de fleurs. J’eus droit comme comité d’accueil à Betty, sa mère et ses deux cousins.

  • Tu veux voir un traître, un homme méprisable ? Me dit-elle en tendant un miroir.

Eduardo avait du parler, le bruit se répandre. Le moment fut détestable. Je repartis humilié et j’essuyais une terrible tempête. Lorsque ‘arrivais à Buenos Aires, on m’apprit froidement que j’avais oublié la moitié du courrier à Asuncíon. Je n’en savais rien. Mais mon patron n’attendait que cette occasion pour me licencier. Tout le monde était au courant de mes aventures sexuelles qui déshonoraient l’entreprise.

 

Ma vie ne fut plus comme avant. Je regagnais la terre et ses contraintes tristes. J’avais été si bien puni de mon innocente luxure (j’avais après tout atterri deux fois par hasard dans des champs dont j’avais séduit par hasard les propriétaires) que je menais une existence monastique. Bien des années plus tard, les vols intérieurs commencèrent en Argentine et je décidai de sacrifier une partie de mes maigres économies pour me rendre à Cordóba. Dans l’avion, je fus frappé par la beauté blonde d’une jeune hôtesse. Elle s’appelait Domenika. Au lieu de me tenir coi, je décidai de me rappeler à son bon souvenir. Elle me regarda d’un air glacial et laissa sa collègue me servir.

 

Thus Spock Kamasoutra ! Bientôt un livre ésotérique sur la vie sexuelle du capitaine Kirk et votre endoctrinement interplanétaire, lecteurs !

Le docteur Plouvier fait des révélations glagolitiques sur le glyphosate et la grosse manip’…

Le Glyphosate : ennemi public N°1 ou règlement de comptes politico-économiques ?

Une pétition lancée par divers mouvements écologistes d’Europe Unie (plus exactement de l’Europe des économies unies) a pour but déclaré de faire interdire le glyphosate. On s’attend à recueillir un million de signatures… et l’on aimerait savoir qui, parmi ces preux chevaliers de la mobilisation citoyenne, connaît réellement ce produit et les dessous de l’affaire.

Car, bien plus que de protection de l’environnement, c’est d’une guerre à la fois commerciale et idéologique qu’il s’agit. Les dinosaures éclopés du marxisme et les ex-militants opposés à la guerre du Viêt-Nam repassent le plat, avant de quitter définitivement le théâtre du monde.

Le glyphosate, c’est ce que tout jardinier connaît, depuis le début des années 1980 en France, sous le nom de Roundup, désherbant cher, mais efficace.

Au plan chimique, c’est un dérive méthylé & phosphorylé de la glycine (ou glycocolle, soit l’un des acides aminés les plus répandus sur Terre, ubiquitaire dans le monde animal aussi bien que végétal). Il a été synthétisé en 1970, commercialisé timidement en de rares pays l’année 1974, puis aux USA en 1976 et sur l’ensemble de la planète.

Il s’est très vite imposé comme le meilleur désherbant et le moins toxique. Il a été largement utilisé en épandage aérien pour détruire des plantations de coca.

Objectivement, aucune étude toxicologique chez l’homme n’a permis de le considérer comme un perturbateur endocrinien ni comme un cancérigène… et au vu de sa formule chimique, l’on n’est guère étonné de ces conclusions.

Certes, comme une myriade de produits chimiques, cet aminoacide torturé induit des mutations chez les végétaux, déjà exposés aux ultra-violets mutagènes, et chez certaines espèces de bactéries, les rendant moins sensibles à l’une ou l’autre des familles d’antibiotiques.

L’on n’est pas très étonné qu’un acide aminé méthylé puisse induire des mutations. Les mutations génétiques sont essentiellement liées à l’action des ultra-violets solaires, des corps radioactifs et des agents fixant des radicaux méthyles à l’ADN.

La très grande majorité de ces mutations s’avèrent neutres : pas plus bénéfiques que nuisibles à l’être animal ou végétal. En outre, la résistance des bactéries aux antibiotiques est un phénomène qui dépend de tant de causes que l’on voit mal pourquoi il faudrait interdire le Roundup plutôt que n’importe quel autre agent à radical méthyle.

Divers groupes chimiques très puissants, concurrents de celui qui s’est fabuleusement enrichi grâce au Roundup, ont connu d’énormes déboires avec un excellent désherbant qu’il a fallu interdire en 2007 pour cause de toxicité majeure : le Paraquat, commercialisé en 1961. À dire vrai, tous les réanimateurs savaient, dès 1975, que l’ingestion de Paraquat (accidentelle, criminelle ou à but suicidaire) tuait par fibrose pulmonaire aiguë, irréversible. En outre, ce produit (un dérivé de la pyridine) était un toxique du système nerveux central.

Pourtant, l’on ne fit guère de tapage chez les preux chevaliers de l’écologie et la comparaison entre les deux millésimes – 1975, 2007 – démontre à quel point les directions de la Santé des États ont été très, voire extrêmement, lentes à réagir !

Le Paraquat était commercialisé par le groupe ICI (Imperial Chemical Industry), puis par le secteur agrochimique (Syngenta) de deux poids lourds : Novartis (groupe suisse, issu de la fusion des groupes Ciba-Geigy et Sandoz) et Astra-Zeneca (Astra, le suédois, et le britannique Zeneca, issu d’ICI)… tous groupes jouissant d’une excellente réputation, d’ailleurs justifiée par la qualité de leurs produits pharmaceutiques.

Qui commercialise le glyphosate ? Voilà une bonne question ! C’est, en effet, le galeux Monsanto, ce groupe des USA qui a fabriqué puis vendu à l’US-Army l’Agent orange, défoliant très utilisé durant la guerre du Viêt-Nam, renfermant la même dioxine que celle de l’accident de Seveso qui n’a jamais causé que de l’acné, mais que l’on a accusée de tous les maux, cancers, diabète, mutations… non observés chez les Italiens contaminés, mais qui le seraient chez les Vietnamiens, Laotiens, Khmers, à l’affût de centaines de millions de $ de dédommagements !

En outre, Monsanto, c’est le groupe spécialisé dans les plantes génétiquement modifiées. On comprend la furie des écologistes professionnels Enfin, et cerise sur le gâteau (empoisonné), Monsanto a été racheté, en 2016, par Bayer, soit un groupe allemand issu du célèbre groupe IG-Farben… qui employa une main d’œuvre en partie tirée des camps de concentration durant le IIIe Reich !

D’un côté le Paraquat ultra-toxique et toléré sans esbroufe médiatique par nos gentils écolo-verdâtres jusqu’à l’interdiction de 2007. De l’autre, le Roundup, dont la toxicité reste entièrement à démontrer, mais commercialisé par des galeux, des pelés, des maudits !

Pourtant, il existe une éthique de la science. Ou bien l’on règle de très vieux comptes politiques, ou bien l’on se lance réellement dans une démarche scientifique. Il faut choisir. Le mélange des genres n’a jamais été une bonne affaire pour personne.

Serge de Beketch et la résistance royale (décédé le 6 octobre 2007)

Ce livre a été écrit en 2007 pour présenter les mémoires de Serge, que son épouse Danièle voulait éditer. Je le reprends pour en fait écrire mes mémoires de jeunesse ou de genèse. Les modifications sont rares (pour ceux qui l’ont déjà lu), et ne troublent en rien ce récit d’une jeunesse ingrate vécue à une époque de zombi. C’est Mircea Eliade qui parle de la deuxième chute de l’homme, l’époque où l’on ne se souvient même plus qu’il y avait eu quelque chose avant. Nous y sommes. Nous ne savons même plus qu’il usa eu des peuples premiers, des civilisations traditionnelles des endroits épargnés – puisque tout  a été saccagé, et la mémoire avec.

Les plus jeunes et les amateurs de mon blog et de mes textes y trouveront j’espère à boire et à manger. Comme dit l’apôtre, il y a les nourritures liquides et les solides. A une époque de rapide abrutissement collectif, enfin reconnu et entretenu par la technologie, la bouffe et la pharmacie, sans oublier les neuf heures de médias, il est temps que les survivants s’y mettent. J’ai toujours aimé la phrase du barde celte Taliesin : « il faut un survivant à chaque désastre, et je suis ce survivant. »

Eh bien survivons ensemble.

 

 

 

 

 

 

 

 

La rencontre

 

En écrivant ces pages consacrées à la mémoire de Serge de Beketch, je vais aussi faire un peu mon autobiographie. Ce n’est pas par arrogance, c’est parce que j’en ai envie : cela instruira mes étranges lecteurs.

J’ai rencontré Serge de Beketch en 1989, année de la célébration de ce festif bicentenaire, après avoir passé une décennie horrible. Il fut alors et il demeure ma planche de salut, mon roc, comme dit le roi David. Je rappellerai brièvement mon parcours et le cadre des années « fric et cœur » avant d’en venir à mon propos : l’histoire d’une amitié avec un homme d’exception.

 

J’ai souvent la sensation que les années 2000 répètent jusqu’à la caricature et la nausée les années 80. Le culte de l’argent (les riches en ont plus, puisque les banques centrales le leur distribuent), l’omniprésence publicitaire, la frénésie consumériste, la propagande démocratique. Seules diffèrent l’absence totale de contestation nationaliste – et cette montée d’une indifférence narcissique face aux catastrophes qui vont nous frapper. Le système est devenu nietzschéen et il a compris que face à la contestation il faut surenchérir : et l’opposition se lassera. Nous n’avions pas encore assez détruit la France, son économie, son âme et sa culture sous Mitterrand. C’est chose faite maintenant.

Mais dans les années 80, nous étions encore vivants, et nous avions gardé une certaine idée de la France.

Politiquement j’ai basculé à l’armée comme j’effectuais mon service militaire au fort de Vincennes. Un certain nombre de rencontres, venues de prytanées ou de sciences-po, la formidable invasion africaine et l’exaspérante propagande antiraciste me convertirent en un révolutionnaire de droite. D’ailleurs le colonel vietnamien Vy, commandant du fort et ancien héros de la guerre du Vietnam (qu’est-ce qu’il a contrastait avec les bureaucrates galonnés de notre armée !), me poussait dans ce sens. Ce n’était qu’en 1984, et il me restait cinq années avant de connaître Serge. Avec des amis de l’armée ou de sciences-po, nous tentâmes le tout pour supporter l’époque : bagarres de rue, tours d’Europe, concerts de krautrock (Kraftwerk, Tangerine Dream), tours branchés à Budapest et dans la MittelEuropa. Je me souviens avoir dansé dans toutes les discothèques skinhead avant de me faire expulser pour mauvaise conduite (les boîtes gays étaient marrantes aussi et sacrément décomplexées), ensuite d’avoir tiré les ruines à Stonehenge devant une foule ébaubie de touristes. Je nageais dans les lacs anglais, je fumais des beedies à Bénarès en adorant les dieux païens de l’Inde, je jouais au bowling à Bismarck, Dakota, avec une foule de fauves blonds. J’écrivais aussi beaucoup : trois romans improbables en trois ans, des pamphlets et même mes Mémoires : La croix gommée, le roman noir d’une chemise brune. Je ne me nourrissais presque pas, et j’étais toujours plein d’énergie. Mes sensations ne s’étaient pas encore émoussées, celles de mes camarades non plus, nous étions des mythos, comme nous disions. A la fin des années 80, vint une autre onde, celle de la musique techno, des nuits blanches d’Ardisson, et la montée en puissance du Front National. Nous pensions alors être à la veille d’une nouvelle ère. Toute l’Europe bougeait, encore jeune du baby-boom des sixties, prête à célébrer la chute du mur et à se réunifier. Nous tenions des nuits entières de discussions et de passions avec mes amis Jean-Michel, Philippe, Frédéric et Didier. J’ai retracé un peu de cela dans mon roman à clés Les Territoires protocolaires. La droite dansante…

J’avais rencontré un étrange garçon nommé Hans lors d’une nuit à l’opéra, organisée par l’association Marco Polo. Nous rêvâmes un temps de romantisme noir, de complots ésotériques et de soucoupes volées. L’atterrissage fut plus rude puisqu’il m’introduisit au GUD. En novembre 1988, alors même que je quittais l’éducation nationale pour des raisons compréhensibles, je prononçai mon discours sur la dissolution des temps de la Fin à la mutualité, avec une bonne dose de « guénonisme sans les panzers ». Il y avait plus de 600 personnes. Je ne fis jamais grand-chose au GUD : deux discours, un texte de propagande post-célinien. Je rencontrais deux ou trois fois la bande, qui me plaisait pour son côté goliard et détendu. D’autre part j’ai toujours pensé comme historien et comme ex-marxiste (je l’ai été deux ans, pendant mes études) qu’il faut être violent, physiquement s’entend. C’est ce qu’ont compris les sionistes et les américains, pendant que les européens devenaient de couards. Par ailleurs les gudards écoutaient du rock, de la techno, ils étaient libérés des carcans de la droite fossilisée. Les filles qui y traînaient étaient, elles, trop libérées…

C’est William, le responsable de l’époque, qui m’introduisit à Radio-courtoisie, dont j’avais vaguement entendu parler (j’écoutais plutôt Skyrock à l’époque). J’arrivais un beau soir : il y avait Serge, le bavard de l’A.F. Nicolas Portier, mon futur copain Pierre Monnier, deux ou trois autres dont j’ai perdu le nom. On parlait du 6 février 1934, des occasions manquées : et je m’ennuyais prodigieusement. Quand j’entends le Maurras, je sors mon Rebatet… Je fis un éloge décalé de Bébert de Maubert, le clochard céleste qui le mardi d’avant avait enchanté le public de Dechavanne en défendant et illustrant la monarchie rock’n’roll. Pour moi et mes amis de la bourse, de la banque, de la médecine et du droit, c’était cela la droite révolutionnaire.

Je quittais dans un silence glacé le pitoyable studio de la radio et je ne revis pas Serge durant un an. Je poursuivis ma petite vie hauturière en donnant des cours de philo aux enfants Benetton à Monaco et en voyageant en Thaïlande avec Frédéric… Et puis se produisit le déclic. Serge me réinvita en tant qu’orateur du GUD. J’arrivais sapé comme un modèle Armani, ce qui impressionna ses assistantes Victoria (elle doublait Romy dans Sissi) et Jacqueline – une blonde mûre de rêve , et je m’assis pour parler du futur.

Mon père travaillait encore, à la tête d’un collège de province. Le journal du collège avait publié un sondage d’où il ressortait que 25% des enfants de 10 à 15 ans aimaient Le Pen. On imagine ce qui se passerait aujourd’hui : on brûlerait le journal, on fermerait le collège. On confierait les enfants à des psychologues éclairés.

Mais bref, j’avais ce grain à moudre, qui intéressa beaucoup Serge. J’étais d’ailleurs à sa droite, et je me suis toujours mieux senti à assis à sa droite. Et je me lançai, je ne sais plus pourquoi, sur la nécessité de pérégriner spirituellement, comme aux temps de la croisade des enfants.

Cette fois, il fut conquis. L’ésotérisme et le symbolisme, l’idéalisme pragmatique aussi, furent le grand axe intellectuel de notre amitié durant les premières années. Je l’appelai quelques jours plus tard à son journal, il me demanda même si j’écrivais. Il était encore à National Hebdo, qui s’honorait d’excellentes plumes comme Mabire. Quelques semaines plus tard, tout basculait encore. Patrick d’Herbais et surtout Serge Martinez rachetaient Minute et Serge « changeait encore de régiment ». Il devenait directeur de la rédaction d’un journal qui était porté par une grande vague nationaliste, mais qui était déjà sur son déclin, du fait de ses crises internes et de la fracture nationale : le bourgeois RPR qui lisait encore au bureau ce titre sulfureux au début des années 80 s’en était éloigné avec horreur depuis.

Je revins, je crois, le 3 janvier 1990. William me dit qu’il y avait Le Pen, qui était imprévu. Mon invitation était maintenue, j’allais m’asseoir à la droite de Serge et à la gauche de Le Pen (c’était bien le moins…). De sa voix puissante, harmonieuse, Le Pen aborda tous les sujets avec la rigueur poétique et la syntaxe d’exception qui sont sa marque. Ils ne font pas partie des gens que l’on interrompt, puisqu’en l’interrompant on ne fait que rompre un charme. C’est d’ailleurs ce que comprirent ceux de la télé qui ne faisaient que lui couper la parole pour l’irriter et lui casser son image. La charmeur du bal…

Vint pourtant une question sur l’astrologie. Le Pen répondit avec des formules enchanteresses et l’ouverture d’esprit qui est la sienne, pas celle d’un politique (Brigitte Bardot l’a reconnu). Et j’intervins : j’évoquais la doriphorie de Jean Phaure, prévue pour le 25 décembre 1989, et qui avait donné ni plus ni moins que la chute de Ceausescu en Roumanie. Le Pen fut tout surpris, et Serge enchaîna sur mes mérites. JMLP se proposa tout joyeux de me laisser la place, ou plutôt la parole, et je me contentais de la phrase de Bismarck :

– On plaît parfois en parlant, on plaît toujours en écoutant.

L’émission, après le départ du grand homme s’acheva en feu d’artifice. Notre amitié était scellée, à Serge et à moi. Il avait trouvé son arc ou sa fronde (nous sommes d’ailleurs du même signe), quelqu’un qui lui permettrait d’aborder avec sérieux – pour son auditoire – les sujets liés à l’ésotérisme, à la littérature fantastique, au préternaturel, comme il disait.

 

Mais la première partie de notre aventure n’était pas terminée. Il y a des moments comme cela où tout s’accélère dans la vie : quelques surprises surviennent, on croit que l’on va pouvoir changer de statut, et puis tout s’arrête. C’est pourquoi je préfère la fuir (la vie) que lui courir après. Je me souviens de la tristesse de Cyril, lorsque nous apprîmes au milieu de de 1990 que les ventes du journal étaient mauvaises. La vie est toujours pleine de rien. Allez faire du solide dans une société liquide.

Février 1990 : je pouvais partir avec mon vieux compère Frédéric aux Philippines et je choisis de rester. A la place j’eus droit à l’enfer de Ciel mon Mardi, le 6 février, date-butoir de la télévision et sans doute de la liberté de parole. L’émission est disponible partout, je n’en reparlerai pas trop. Affolé sur le vif, j’ai eu rétrospectivement la sensation qu’Olivier Mathieu avait très bien tiré son épingle du jeu : provocateur, certes, mais agressif et coupant. Sur le plateau je constatai avec dégoût que l’on me coupait le micro, ou que l’on me filmait lorsque j’effectuai un geste incertain. Moi-même je n’avais qu’une phobie ce soir-là : être pris pour un révisionniste, alors que je voulais faire le procès du socialisme de marché. En retournant dix fois l’émission dans ma tête, je ne vois pas comment on pouvait tirer parti d’un tel bûcher de vanités. Un autre garçon qui s’était bien tenu sur le plateau et apporté beaucoup d’éléments en notre faveur fut Christophe Bourseiller, qui eut ensuite beaucoup d’estime pour mon internet, qui fit aussi la une du Monde des Livres.

De ce point de vue, Serge qui m’avait prévenu, a toujours été exemplaire. Il a toujours envoyé promener ceux de la télé, sachant que si l’on n’est pas Le Pen, il n’y a rien à en attendre, sinon un truquage numérique ou une phrase tronquée.

Nous quittâmes le plateau avec William et Frédéric Chatillon, alors qu’une meute de mille nervis armés jusqu’aux dents, sortis d’un sentier pas très lumineux, en voulaient à nos chauffeurs et même à notre voiture. L’équipe de Dechavanne nous évacua par une porte dérobée de la SFP. Salut les artistes…

Le lendemain Serge me recrutait au journal. Je devenais chroniqueur, et ma chronique se nommerait le troisième œil. J’évoquerais les significations cachées des grandes œuvres hollywoodiennes ou des bonnes séries. Cela me permit de retrouver une place dans le monde protecteur de la sécurité sociale.

 

 

 

 

 

Les années minute

 

Je commençais une nouvelle vie à l’orée des années 90, stable sur le plan émotionnel et sur le plan matériel (enfin…). Je polissais mes chroniques télé ou diplomatiques, je me rendais tous les mercredi soir à radio-courtoisie, je goûtais des jours fades mais sans malheur. La première guerre du golfe, Carpentras et la crise économique due à la réunification allemande n’aidaient pas à maintenir un climat bien festif.

 

Etrangement, ce n’est pas Serge qui me permit d’écrire le premier, mais Jean-Edern Hallier. L’Idiot international, le grand journal rouge-brun de l’époque rassemblait des plumes brillantes et célèbres : Thierry Pfister, Thierry Ardisson, Marc-Edouard Nabe, Marc Cohen. Je lisais ce journal, beaucoup plus proche de moi que quelque autre journal de droite (parce que nihiliste, anarchiste, rebelle, destructeur et marrant), avec passion. Et un jour je leur portais un article sur l’abbé Pierre. Un comparse de Bouvard, Philippe Le Cardonnel me confia la chronique Expositions qui me permit de découvrir Kupka ou d’enfoncer la fondation Maeght. L’aventure s’interrompit bien sûr au moment de l’émission de Dechavanne (qui avait causé le licenciement de Didier, l’un de mes bons amis de la bourse, milieu bien plus sympa et cultivé qu’on ne croit). Plus tard le journal reprit et Hallier fit savoir qu’il voulait à nouveau me voir écrire dans ses colonnes. Je me rappelle d’un Le Pen euphorique arrivant dans le studio de l’avenue Murat pour se vanter d’avoir été baptisé idiot par le grand polémiste. A l’époque nous croyions encore que nous pourrions tenailler la démocratie-marché. Elle nous aura tous balayés ou tués. A quinze ans de là, voir comment se sont tues les voix, séchées les plumes, nous laisse pantois. Jean-Edern mourut à soixante ans comme Serge, mais à bicyclette et à Deauville. Je me souviens l’avoir ramené endormi après déjeuner, avec Marc Cohen (un de ces ashkenazis pour lesquels j’ai eu tant d’affection), à son appartement de la place des Vosges, vidé par les razzias des huissiers. Sacrée république !

 

Mais je parlais de Minute, qui au moins me paya un peu durant quelques années. Le journal changea de forme, de prix (cela lui coûta beaucoup de lecteurs), peut-être de fond. L’équipe de Serge comprenait une garde rapprochée composé de Vincent Acker, de Piganiol, de Françoise Varlet, d’autres proches de toujours. Le grand problème de Minute à cette époque est le même pour tous les titres déclinants. On ne les relance jamais, ou alors il faut jouer au mouton enragé, imiter le Sun et dévêtir les filles. Ce n’était pas le style de la maison qui en outre devenait un des porte-étendards du Front National. Or Minute avait toujours été un journal qui avait su garder ses distances. Beaucoup de lecteurs, je crois, lui reprochèrent d’être devenu un tract du FN ; l’expression m’avait été donnée par un ancien Algérie Française. Mais c’était comme cela : Martinez voulait faire carrière dans l’appareil frontiste, et il fallait s’aligner.

Pourtant l’alignement est l’inverse de la philosophie de Serge. Le journal d’ailleurs me paraissait riche et varié, et j’aimais bien les pages culture, les chroniques culinaires de Chaumeil, les colères téléphages de Serge (et un procès, un, et une condamnation, une…), les éditos flamboyants signés Serge Martinez (il me détestait) et écrits par… J’aimais aussi les pastiches du dessinateur Aramis, alias Colombani, et bien sûr ADG et son inaltérable sens de l’humeur.

Ce qui avait baissé, c’était le niveau des journalistes politiques, depuis sagement recyclés, et qui d’ailleurs détestaient (et même le méprisaient) tous Serge, chacun à sa manière : je tairais quelques noms, peut-être pas tous. Ce qui manqua à Minute-la France en ces années-là, ce furent les scoops. Serge me parla une fois des enveloppes généreuses du Canard enchaîné, de ces enveloppes qui délient les langues. Le journal manquait de moyens, et comme beaucoup de journaux français, il devenait un journal de chroniqueurs. Moi-même je n’ai jamais été bon à chercher le scoop.

Au début je travaillais aussi pour m’occuper du service minitel qui bien entendu ne fonctionna pas : on était en France, mille ans avant internet ! Martinez me renvoya après quelques mois. Je complétais mes maigres revenus par des cours dans une école privée dirigée par deux juifs marocains absolument tordants (et d’ailleurs brillants). Le jour, j’étais le docteur Chedid, le soir je devenais Mister Heil, sur Courtoisie ou ailleurs… Et je me dédoublais parfaitement. Depuis j’ai retrouvé tous mes copains juifs d’enfance, ceux de Tunis, qui eux non plus ne savent pas à quels saints du mal je peux me vouer… Mais bon, s’ils sont le sel de la terre, nous en sommes le poivre, et puis voilà… Jeune j’adorais Mahler, Kubrick ou Weininger, vieux, l’adore mon Murray Rothbard, alors… Une circonfession (à la Derrida) : mon philosémitisme aura nui à ma carrière.

Avec Serge, j’avais surtout des discussions de fin de journée : nous abordions Kipling, l’Angleterre, Blade runner, Nabokov. Parfois nous déjeunions, parfois nous dînions. A l’époque Serge vivait dans son étrange maison située pas très loin du métro Rhin et Danube, dans un décor digne d’Amélie Poulain. J’avais sympathisé avec Cyril, avec qui je suis toujours resté en bonnes relations. Lui servait de souffre-douleur aux tordus de la rédaction politique, et ensemble nous projetions des voyages en Ecosse pour aller voir le clan Wallace, un nom prémonitoire, ou bien au pays de Galles pour aller voir Portmeirion, le Village du Prisonnier. Ah, numéro sept ! Que de discours on aura commis en ton nom !

 

Je n’ai jamais senti Serge heureux pendant cette période, et je crois qu’il en était de même pour Danièle, que je découvris comme personne que bien plus tard. Il était souvent malade, il commençait à être écrasé par son emprunt immobilier, sa maison digne de Psychose ayant d’ailleurs été mal conçue. L’ambiance du journal était assez mauvaise, et il se refusait de trancher dans le vif ou de faire preuve d’autorité. J’y passais de moins en moins de temps, d’autant que Martinez détestait mes chroniques jugées ennuyeuses ou intellos (pour être honnête, ADG qui m’aimait bien en tant que personne n’aimait pas mes chroniques de l’époque, et il me le fit bien savoir). Je terminais un mois, je crois, avec 900 francs, sur ma fiche de paie. J’avais choisi la bête immonde, je découvrais un peu tard que le crime ne payait pas.

Je commençais à prendre mes distances, à envisager une reconversion dans la presse amie (Patrick Buisson me reçut très gentiment à Valeurs actuelles), mais je découvris que je n’arrivais pas, que je n’arriverai plus à m’arracher de Serge. J’avais la totale liberté d’expression avec lui, et dans ce monde elle est rare. Il faut toujours écrire comme on vous dit d’écrire, c’était même le cas à l’Idiot. Mis l’idiot cessait de paraître régulièrement. J’y rencontrai Limonov, qui lui-même était déçu. Même Nabe me confirma plus tard à Saint-Sulpice que l’affaire l’ennuyait maintenant.

Et avec Serge, j’avais une compensation formidable : la radio. J’ai toujours beaucoup aimé la voix de Victoria (pour Sissi, bien sûr), toujours gentiment épouvantée par mes monologues savants, comme Jacqueline et les différentes gentes dames qui répondaient au téléphone. Ma fiancée d’alors, que Danièle et même madame Varlet (toujours impeccable avec moi) aimaient beaucoup, venait, travaillait, répondait et notait.

J’y rencontrais Jean-Paul Bourre, devenu par la suite mon ami, et qui m’introduisit dans le monde de l’édition marginale ; Jean Malaurie, qui était resté un fan de Serge pour un article fabuleux (que je n’ai jamais lu) écrit par mon ami sur un de ses livres de la collection Terre humaine ; et Simone Gallimard, qui fut l’un des amours de ma vie. J’en parle beaucoup dans mon livre sur Céline, publié chez Avatar.

J’ai pleuré trois fois en trente ans : le jour de la mort de Jacques Tati (je me suis même enregistré), le jour de la mort de Serge (je m’étais juré pourtant de ne pas le pleurer), et le jour de la mort de Simone Gallimard. Elle était arrivée intimidée pour présenter son édition de Strindberg sans se douter qu’elle se jetait dans la gueule de la bête immonde. Mais elle en eut pour son argent, puisque je savais encore tout de cet auteur. Elle me ramena chez moi, m’invita à déjeuner chez elle place de Fürstenberg, et m’écrivit peu avant sa mort, pour me demander (j’étais à Monaco) pourquoi je l’avais oubliée. J’en ai sangloté. Elle me fit un jour le meilleur compliment du monde :

– Votre culture me bluffe.

Un que je ne bluffais pas, c’était ADG. Il n’aimait pas le côté intello éthéré, il n’arrêtait pas de critiquer Serge, et je me souviens l’avoir vu se traîner aux bottes de Le Pen pour lui réclamer je ne sais quel sous-secrétariat aux DOM-TOM. Ici encore Serge me servait d’exemple : ne jamais réclamer. Mais qui ne pleure pas ne mange pas, comme on dit chez moi. Il fa

ADG devint pourtant un très bon copain. Le grognard avait un cœur d’or. Lorsque je perdis mon œil gauche le 20 janvier 1992, il me convia à une super-soirée, comme on disait encore. Il me dit que Serge ne lui avait d’abord rien dit. Serge (« un autiste », disait l’autre) savait que j’avais été hospitalisé, trois semaines après avoir fait la manchette avec mon Mitterrand mage noir. Une mystérieuse amibe m’avait alors dévoré la cornée. Lien de cause à effet ? Sorcellerie en république ? J’en souffris pendant six mois, avant que la douleur ne s’en aille, d’ailleurs avec la vision. Et Serge n’en avait rien dit à ADG. Tout Serge est là, et son mystère. Ne pas se plaindre, ne pas se vanter, ne pas réclamer. Une sorte de Guillaume d’Orange.

 

Minute m’a permis de faire partie de la « cour » de Serge. Serge était naturellement un roi, et il avait une cour de vrais et faux amis, de fêlons et de parasites, mais aussi d’adorateurs sincères et fidèles disciples. En plus on venait le voir comme on vient voir en ambassade. Son carnet d’adresses était tel qu’il ne pouvait s’en vanter. On découvrait par hasard qu’il connaissait un tel ou une telle, et la liste ne s’arrêtait jamais. A côté de cela, il y avait toutes ces petites gens qui le pleurent encore aujourd’hui, et qui l’amenaient ou le ramenaient en taxi. Gratuitement, comme le bon Georges. Au bout d’un an de courtoisie, je pouvais traverser la France en m’arrêtant dans chaque village. Il y avait toujours un frère de la loge dite catholicisme magique. A l’époque un taxi sur deux écoutait Courtoisie.

 

L’aventure de Minute devait s’arrêter, elle s’arrêta. Lorsque Valla (arrivé en baskets !), Penciolelli et les gens du GRECE arrivèrent, les différents scoubidous de la rédaction se déclarèrent enchantés. Serge me lut l’admirable lettre qu’il avait écrit à la nouvelle rédaction, et qui lui vaudrait son licenciement), et je me tus. Ensuite je l’assurais de ma fidélité et je partis pour les Indes, après avoir convié à un pot d’ailleurs réussi toute cette ancienne équipe qui n’en avait jamais été une. J’y vécus avec Marie-Laure quelques mois magnifiques, à Vârânasî, Puri ou Goa. Tellement admirables qu’à mon retour en France mon couple prit fin. On ne s’habitue pas à quitter le paradis. Mais j’étais prêt pour participer à l’épopée du Libre Journal.

 

 

 

 

 

L’aventure du Libre Journal

 

Je l’ai vécue de loin, au téléphone presque tout le temps. D’une certaine matière, je considère cette aventure comme extraordinaire. Si j’avais été en France, peut-être qu’avec Patrick Gofman, Cyril et d’autres j’aurais pu la continuer. Mais non. Il n’y avait que Serge pour créer un journal comme celui-là. Imaginez-vous un journaliste comme FOG, Genestar, Jean Daniel ou un Julliard licenciés par leurs puissants patrons, et s’essayant à cet exercice solitaire ? Ces types-là n’ont pas de lecteurs, seuls leurs patrons en ont.

Serge a réussi, et en plus avec tout le système contre lui, les pouvoirs publics et privés, les lobbies, comme il disait, et même à une certaine époque contre le Front national et le Grand Patron lui-même… Et tout le monde est venu pleurer à sa messe d’adieu, sauf moi qui sanglotais dans la jungle (ceci dit elle est belle ma jungle, et comme dit Danièle, elle lui aurait plu).

Serge aurait pu être un Kipling, mais il décida d’être un Drumont. La France n’est hélas pas l’Angleterre, ni même l’Espagne, et j’en sais quelque chose. Ce n’est pas un pays pour créer, c’est un pays pour gueuler. La France est de toute manière là pour prévenir : il y a eu Tocqueville, il y a eu Balzac, Chateaubriand, Baudelaire, Joly, Flaubert. La France est un pays de veilleurs, et elle est là pour dire ce qu’il ne faut pas faire : comme d’aller au supermarché ou de regarder la télé, par exemple.

 

Nous étions en 1993 : l’éreintante aventure de Minute-la France-l’Europe. Et j’en passe s’achevait, et nous étions là, la garde rapprochée, les Varlet, Molitor, moi et quelques autres. Tout le monde était bénévole, nous y croyions au rétablissement de la monarchie, de la catholicité et du reste. Serge savait que j’y croyais moins que d’autres, mais cela ne lui importait guère.

Je partis six mois aux Indes, comme je l’ai signalé. Le paradis c’est bien, mais il faut y rester, accepter sa durée. Nous rentrâmes, nous n’étions plus les mêmes. Et nous nous séparâmes. Mon ami Jacques Zajek, de Quimper, assista à notre épreuve, lui qui en avait vécu d’autres aux temps nécessaires de la Révolution Française d’Algérie. Mais Serge continuait son chemin. On était déjà au quinze ou vingtième numéro. Tout de suite, alors que je collaborais en même temps à l’Atlaseco du charmant Olivier Cambessedes (un fan de l’hindouisme, quand il en restait)), je me sentis mieux dans le format du journal, son esthétique, sa virtuosité et sa sévérité. C’était l’aile dure de la Droite, le front militant, disait Serge, pour moi c’était une aile de ma fantaisie. Ma chronique varia de ton et de titre : je fus Grand-pas, je fus Errances, je fus Qui que ce fût. Je ne crois pas que Serge m’ait jamais refusé un texte sauf celui où j’annonçais, en 2005, le reflux du Front National (Dumait le publia, lui qui m’a bien sûr refusé beaucoup plus de textes).Vivre hors de France m’a aidé à mieux la comprendre quand j’y repasse. Le lectorat de Serge, c’est une communauté de martyrs (témoins, en grec) perdus dans le grand cirque de la mondialisation.

A l’époque, on y croyait encore. Je m’en fus à Monaco à donner des leçons de philosophie aux enfants de milliardaires. L’argent coulait raisonnablement, la vie n’était pas chère, et je commençais ma carrière d’écrivain. Jean-Paul Bourre, jamais à court d’idées, me présenta à un ancien lascar du GRECE, promu militant et maire RPR, et qui voulait faire fortune dans le commerce d’idées ésotériques. Je fis de mon article sur Mitterrand mage noir un livre promu à un certain renom, cité dans le best-seller british sur la révélation de Sion. Des années plus tard, Thierry Pfister me demanda d’en tirer une nouvelle version pour les éditions Albin Michel. A l’époque, l’aura de Mitterrand, courbé et vaincu, mais fier et gaulois tout de même, était innombrable, comme aurait dit Eschyle. Aujourd’hui, tout le monde s’en fout. Je crus même mon heure de gloire venue, avec Serge qui faisait ma promotion, et même la télévision (Ardisson) et la radio. Je publiais chez Filipacchi un livre très incorrect sur les stars, promu à une gloire médiatique (fantastiques émissions sur France Inter avec Denoyan, sur Europe 1 et RMC, je n’ai alors jamais été censuré) mais à un plouf commercial, alors que je l’avais écrit à Gstaad, chez un des hommes les plus riches du monde. Mais ces choses s’en vont comme le Graal sous le nez du roi-pêcheur (et si Serge, stricto sensu, avait été l’incarnation du roi-pêcheur, hein ?)…

De fil en aiguille, j’écrivis d’autres livres pour les Belles Lettres, où Alain Dunait m’avait introduit. J’accrochais très bien avec le libertarien Michel Desgranges, qui a son blog iconoclaste réactionnaire. Homme très cultivé, styliste tortueux, grand fumeur, bon bavard sceptique souriant. A l’époque, Serge comme son lectorat me boudèrent pour le libéral et francophobe (je le suis toujours !!!) Coq hérétique, où j’en finissais une fois pour toutes avec le messianisme clovisso-sncfiste qui n’arrête pas de nous handicaper. J’essuyais une rafale d’insultes à une émission où m’avait invité cordialement Claude Reichman. Des années plus tard, Serge n’a cessé de me rendre hommage pour ce livre : il s’était agi d’une saignée, comme elle se pratiquait chez Molière (chez qui ? dirait-on aujourd’hui…).

Je crois que ce furent de belles années pour Serge, parce qu’il était un entrepreneur, un indépendant et un producteur (mon idole de toujours, le producteur juif Sam Bronston en Espagne, qui a réalisé les films les plus sublimes de son époque). Il aimait produire ses idées et aussi celles des autres. Il découvrit de nouveaux talents, et la plupart de ses acolytes – ce qu’on ne dit jamais –  étaient d’ailleurs publiés par de grands éditeurs, comme Anne Bernet ou Bernard Lugan, génie sympa et répétitif.

On ne revivra pas l’atmosphère marginale des années 90 : tout était lugubre, mais pas cher ; tout était triste, mais révolté ; tout était médiocre, mais forcené. Et nous vivons maintenant une décennie minable formatée par la connerie planétaire et la soumission. Et en plus elle est chère : même le Brésil et l’Argentine sont devenus chers.

 

Je vivais donc à Monaco, dans un luxe que je n’avais pas connu : je fréquentais des milliardaires, je pouvais me rendre à Paris chaque semaine pour promouvoir mes livres ou simplement fréquenter Stéphanie, l´héritière Carrefour, depuis sagement mariée et installée à Singapour (mondialisation, pognon, comme vous nous tenez ! Allez, un peu de charités pour vous faire pardonner et mieux nous contrôler !). C’était aussi l’époque où avec Frédéric ou Antoine de Vézelay, nous essayions d’embobiner de jolies nymphes aux Caves du Roy ou de ranimer les mânes du führer en Bavière. Dans la foulée, un peu par hasard, je devins proche de Jean-Jacques Annaud, à qui je consacrais une monographie, et qui me convia à assister au tournage de son film Stalingrad en Allemagne. Grâce à Serge et au regretté Christian de la Mazière (qui m’avait surnommé le bizarre, ce qui m’aida sans doute), je pus rencontrer Gérard Brach dont je devins un ami régulier. Il mourut le jour où je lui adressai une carte de la Grande-Chartreuse. Sa femme Elisabeth en témoignera devant l’Éternel. Elle adorait la bourse comme moi. Et son étrange mari bien sûr…

L’époque était encore propice, alors qu’aujourd’hui tout s’est éteint. Au moins en Europe et même en occident. Le futur appartient à la Russie, aux pays émergents, et bien sûr à l’orient, à cette Chine qui reconstruit déjà la Syrie pendant que Washington achève de se ridiculiser.

A l’époque j’écrivais vite et bien ; et pendant que le Libre Journal prospérait, que Serge souffrait de sa santé, je ne comprenais pas, entre la fin des années Bush-Mitterrand et le début des années Chirac-Clinton, que je vivais une époque bénie.

Bénie, l’époque ne le fut pas pour le Front national. Alors que ses ventes prospéraient, Serge prit plus ou moins partie, au moment du goscynnible combat des chefs, pour Mégret et son gang de quartiers-maîtres. Je les connaissais un peu, notamment Yvan Blot, que j’avais interviewé plusieurs fois, et qui était très brillant, alors que j’avais jugé Mégret, rencontré au cours d’une soirée privée, très emmerdant (mais sa femme était rigolote). Serge avait beaucoup d’estime pour Mégret, qu’il jugeait d’une bonne écoute. Plus tard je rencontrais Bruno Gollnisch, avec qui j’ai mangé des crêpes et beaucoup ri (lui dira que j’ai surtout bu…). Beaucoup de types d’extrême-droite ont mauvaise réputation alors qu’ils ne demandaient qu’à travailler dans le cinéma ou à devenir chansonniers…

Mais que croyaient-ils ? Qu’il suffisait de dénoncer la présence des Arabes en France pour faire des voix ? Dès 1983, moi qui vivais à Monaco, et même avant, l’année de mon bac, j’ai su que JMLP avait une mission providentielle ; qu’il était un génie du verbe et même de la plume (auquel Serge m’a permis de rendre hommage avant sa propre mort), et qu’il conduisait une France mystérieuse et rebelle. Après, qu’il n’ait pas pris le pouvoir n’est pas bien important : quel parti populiste européen a pu appliquer sa politique, une fois arrivé au pouvoir ? Il serait bombardé le lendemain par l’Amérique.

Mais j’ai quelque chose à dire, quelque chose que je n’ai jamais dit, même dans les colonnes du Libre Journal. J’ai connu la côte d’azur, devenue depuis côte d’usure, peuplée encore de médecins, de couturières, de fleuristes et de concierges – comme dans le film d’Hitchcock avec Cary Grant. Tous me connaissaient, grâce à Serge ou à Minute, ou à l’émission de Dechavanne. J’ai connu cette France azuréenne, héritière de Pagnol et de Fernandel (dont le fils Franck était d’ailleurs de nos idées), cette France populaire et bourgeoise, variée et ouverte, intelligente et critique. Une France qui ne se laissait pas marcher sur les pieds. La vraie Provence, héritière aussi de Daudet et de la guerre d’Algérie. Or cette France a disparu. Elle a été oubliée, effacée, remplacée et même gazée. C’est le docteur Plantey qui me fit remarquer un jour que gaz vient du mot Geist, qui signifie l’esprit. La Côte d’azur est devenue un lupanar grandeur nature à l’usage de la mafia russe, des émirats minables et des gangs de l’immobilier politique. C’est aussi un endroit zombi avec des bus bourrés et gares pleines de réfugiés, de militaires et de salariés exploités. Dégage du monde pendant qu’il est temps, fils…

Serge perdit beaucoup en s’opposant à le Pen, qui ordonna – me dit Serge – un désabonnement général. Mais son lectorat avait la vie dure, puisque le lectorat de Serge croyait (toujours) avec raison, que Serge guérit les écrouelles. La décennie 90 s’acheva misérablement pour moi, entre un internement psychiatrique, des dépressions incessantes et la guerre mystérieuse de Serbie (qui coïncida avec les débuts de la hausse planétaire et infernale de l’immobilier), sans compter les invraisemblables manifestations venues de toutes parts contre le Front National, et qui me minaient littéralement. Sans me nommer, Serge en fit un éditorial ; j’en parlais même à mon psychiatre, plutôt de gauche, qui m’avait été recommandé par la fille de Jean-Edern Hallier, un peu tombée amoureuse comme beaucoup de mes yeux bleus  mon côté obscur. Les beaux ténébreux en chemise brune…

 

Mais la beauté du Libre Journal, même si  mon écriture ne me guérit de rien, restera absolue, inébranlable, providentielle, platonicienne. On relira ce journal qui a vu tout venir et à tout commenté, avec un outre un très grand nombre de plumes de talent et d’inspiration. L’enfer venait, nous le dénonçâmes : je fis partie du commando des justes, qui, sous la conduite du général de Beketch, ont vu venir l’atroce mondialisation et la mutation golemnique de l’humanité. Ils sont hideux et cons, même leur presse le reconnait. Je mourrai de maladie comme lui, puisqu’il est dit que tous ceux qui luttent comme lui sont condamnés à souffrir. Mais je mourrai fier d’avoir combattu aux côtés de Galaad, dans le rang des justes. Et que l’ennemi aille se faire foutre.

La belle lui fait une déclaration d’amour intellectuel : c’est Abélard et Héloïse en Ecosse. Elle sera fusillée au japon après avoir emprunté un nom… d’empreinte. Plus beau film de Wilder, le plus romantique, le plus platonique, et le plus nostalgique. Ach, la vieille Europe, les bonnes manières…

La vie privée de Sherlock Holmes. Billy Wilder. 1970. Musique de Miklos Rozsa.

Figure de m… comme on dit en italien : le plus doué détective du monde se fait rouler dans la marine par une banale espionne grimée en veuve éplorée. Son frère Deep state et puis mesquin lui fait la leçon.

La vie privée de Sherlock Holmes. Billy Wilder. 1970. Musique de Miklos Rozsa.

Notre sublime Geneviève Page joue une espionne germaine se faisant passer pour une veuve éplorée. En gagnant l’Ecosse hyperboréenne, Sherlock Holmes lui explique sa misogynie, et elle se sent visée, la menteuse !