Nev le bureaucrate, écrit à 22 ans en 1983, prose poétique et fantaisie cosmique : « à mi-chemin entre la science-fiction et le document sociologique » (comité de lecture des éditions Grasset).

Explication de Tex – suite

Comment Tex Avery remit en cause le storytelling américain

 

Le dessin, disait Ingres, c’est la probité de l’art.

Imaginez une version de dessein animé, comme on dit. Dans cette version, les personnages –mettons la mère-grand, le loup et même le petit chaperon rouge – se mettent à tempêter contre leur rôle et à prôner  la nécessité où ils sont d’y remédier, de révolutionner tout ça. Appliquez-cela à tout le quotidien imposé sémiotiquement et cela alors donne Tex Avery, ce génie du cartoon qui dans les années quarante et cinquante, avant d’être chassé par l’univers télé qu’il avait tant décrié, avait remis en cause tous les storytelling hollywoodiens et américains.

Imaginez une course-poursuite et les deux personnages du dessin animé. Les deux mettent une telle rage qu’ils sortent de l’image. Ils entrent dans l’obscur, s’en rendent compte, en ressortent, et ils vous expliquent qu’ils sont allés trop loin ! Et quand c’est la fin, ils ressortent de l’image, car ils ont dépassé cette fin et nous, les rêveurs et surréalistes avons mangé à notre faim. Il y a même un dessein où un chevreau très goinfre  dévore l’image et les cinquante Etats, la terre et notre monde.

 

Imaginez enfin un autre dessin animé où le chien, cousin du coyote dans l’exaspérant bip-bip, décide d’arrêter, tant il en a marre de prendre des coups. Le chien ne veut plus de son drôle de rôle (voyez ma damnation de stars-Filippachi), comme un personnage de Pirandello. Imaginez que souvent le moins blaireau de tous les petits rongeurs et bestiaux  que Tex a inventés se met à vous parler, à vous mettre à contribution.

 

Comment appeler cela ? Métafiction ? Mise en abyme ? ¨Parodie ? Il y a une parodie de film noir très drôle (qui a tué qui ?) avec un vieux château, un solitaire effrayé et les rites spectaculaires dont a parlé Bergson dans son Rire. La parodie du chaperon rouge, Tex l’adore car comme Perrault il explique que le loup ce n’est pas un carnassier, ou plutôt oui, que c’est un carnassier vraiment affamé de chair fraîche et puis de jolies filles (on comprend que Tex n’est plus adapté à notre époque passée par la case hermaphrodite).

Perrault donc (Bettelheim le détestait) qui ici montre la voie au dessinateur subversif :

Je dis le loup, car tous les loups

Ne sont pas de la même sorte ;

Il en est d’une humeur accorte,

Sans bruit, sans fiel et sans courroux,

Qui privés, complaisants et doux,

Suivent les jeunes Demoiselles

Jusque dans les maisons, jusque dans les ruelles ;

Mais hélas ! qui ne sait que ces Loups doucereux,

De tous les Loups sont les plus dangereux.

 

Tex n’eut peur de rien, il se moqua de tout, en sept minutes.  Cela suffit à ceux qui ne sont pas contents de ce monde et de ses codes, de ses storytelling, pour le refaire ou le défaire – une dernière fois. Notre drôle de lièvre a eu raison des mièvreries de Walt Disney (pas si mièvre, revoyez Bambi, festival pédophile, car le gardien des « valeurs familiales » est tout sauf ce gardien).

Mais Tex n’est pas un optimiste et il sait que le dessin c’est comme la journée des barricades, tout cela n’a qu’un temps. Le génie se lassa de tout remettre en question en sept minutes et l’on retomba sur nos pieds. Les animaux devinrent plus vulgaires, les idées moins destructrices, et Disney l’emporta au final (« le bien –américain – triomphe toujours »). Règne de la quantité… Après on retombe dans la fin de l’histoire ou le présent perpétuel, c’est comme vous voulez !

 

Et comme on fait de la philo avec Tex Avery, on cite Bergson qui écrit là comme s’il avait vu un dessin animé:

Ou bien encore il faudra penser à une grande route forestière, avec des croix ou carrefours qui la jalonnent de loin en loin : à chaque carrefour on tournera autour de la croix, on poussera une reconnaissance dans les voies qui s’ouvrent, après quoi l’on reviendra, à la direction première. Nous sommes à un de ces carrefours. Du mécanique plaqué sur du vivant, voilà une croix où il faut s’arrêter, image centrale d’où l’imagination rayonne dans des directions divergentes. Quelles sont ces directions ?

 

Le blog à part de Nicolas Bonnal a autant de lecteurs aux USA qu’en France : Nicolas Bonnal finira pro-américain (il l’est de Tex Avery à Edgar Poe) en passant . Read Nicolas Bonnal !

https://nicolasbonnal.wordpress.com/2018/01/22/quelques-grandeurs-du-comte-de-lautreamont-vrai-inspirateur-de-tex-avery/

Explication de Tex encore

Comment Tex Avery remit en cause le storytelling

 

Le dessin, disait Ingres, c’est la probité de l’art.

Imaginez une version de dessein animé, comme on dit. Dans cette version, les personnages –mettons la mère-grand, le loup et même le petit chaperon rouge – se mettent à tempêter contre leur rôle et à prôner  la nécessité où ils sont d’y remédier, de révolutionner tout ça. Vous y êtes presque.

Imaginez une course-poursuite et les deux personnages du dessin animé. Les deux mettent une telle rage qu’ils sortent de l’image. Ils entrent dans l’obscur, s’en rendent compte, en ressortent, et ils vous expliquent qu’ils sont allés trop loin ! Et quand c’est la fin, ils ressortent de l’image, car ils ont dépassé cette fin et nous, les rêveurs et surréalistes avons mangé à notre faim. Il y a même un dessein où un agneau très goinfre  dévore l’image et le dessin, la terre et notre monde.

 

Imaginez enfin un autre dessin animé où le chien, cousin du coyote dans l’exaspérant bip-bip, décide d’arrêter, tant il en a marre de prendre des coups. Le chien ne veut plus de son drôle de rôle (voyez ma damnation de stars-Filippachi), comme un personnage de Pirandello. Imaginez que souvent le moins blaireau de tous les petits rongeurs et bestiaux  que Tex a inventés se met à vous parler, à vous mettre à contribution.

 

Comment appeler cela ? Métafiction ? Mise en abyme ? ¨Parodie ? Il y a une parodie de film noir très drôle (qui a tué qui ?) avec un vieux château, un solitaire effrayé et les rites spectaculaires dont a parlé Bergson dans son Rire. La parodie du chaperon rouge, Tex l’adore car comme Perrault il explique que le loup ce n’est pas un carnassier, ou plutôt oui, que c’est un carnassier vraiment affamé de chair fraîche et puis de jolies filles (on comprend que Tex n’est plus adapté à notre époque passée par la case hermaphrodite).

Perrault donc (Bettelheim le détestait) qui ici montre la voie au dessinateur subversif :

Je dis le loup, car tous les loups

Ne sont pas de la même sorte ;

Il en est d’une humeur accorte,

Sans bruit, sans fiel et sans courroux,

Qui privés, complaisants et doux,

Suivent les jeunes Demoiselles

Jusque dans les maisons, jusque dans les ruelles ;

Mais hélas ! qui ne sait que ces Loups doucereux,

De tous les Loups sont les plus dangereux.

 

Tex n’a peur de rien, il se moque de tout, souvent en sept minutes.  Cela suffit à ceux qui ne sont pas contents de ce monde et de ses codes, de ses storytelling, pour le refaire ou le défaire – une dernière fois. Notre drôle de lièvre a eu raison des mièvreries de Walt Disney (pas si mièvre, revoyez Bambi, festival pédophile, car le gardien des « valeurs familiales » est tout sauf ce gardien).

Mais Tex n’est pas un optimiste et il sait que le dessin c’est comme la journée des barricades, tout cela n’a qu’un temps. Le génie se lassa de tout remettre en question en sept minutes et l’on retomba sur nos pieds. Les animaux devinrent plus vulgaires, les idées moins destructrices, et Disney l’emporta au final (« le bien –américain – triomphe toujours »). Règne de la quantité… Après on retombe dans la fin de l’histoire ou le présent perpétuel, c’est comme vous voulez !

 

Et comme on fait de la philo avec Tex Avery, on cite Bergson qui écrit là comme s’il avait vu un dessin animé:

Ou bien encore il faudra penser à une grande route forestière, avec des croix ou carrefours qui la jalonnent de loin en loin : à chaque carrefour on tournera autour de la croix, on poussera une reconnaissance dans les voies qui s’ouvrent, après quoi l’on reviendra, à la direction première. Nous sommes à un de ces carrefours. Du mécanique plaqué sur du vivant, voilà une croix où il faut s’arrêter, image centrale d’où l’imagination rayonne dans des directions divergentes. Quelles sont ces directions ?

 

 

Delon, Depardieu, bardot : pour comprendre le blues des stars, lisez Nicolas Bonnal… chez Filipacchi !

Beaucoup plus rebelles et nationales que le troupeau des Français contrôlés (« enthousiastes », cf. Céline), nos stars. Le livre aussi détaille les grandes provos des stars British des années soixante-dix, et relie cette quête au paganisme déjanté de temps plus libertaires.

 

Gnosticisme et science-fiction : le point de vue de Ciremya

Gnosticisme et science-fiction : le point de vue de Ciremya

 

Ce texte extraordinaire me tourmente depuis des lustres. Un extrait :

 

1 Nous sommes sous la coupe d’extra-terrestres mal intentionnés !

1.1 La première vague, ou le projet Adam

Il est assez délicat de relater sereinement cette partie de l’histoire de l’Humanité car elle touche de très près de nombreuses croyances tant religieuses que scientifiques et pourrait avoir des conséquences importantes au cours des prochaines années.

Il y a très, très longtemps, le Dieu des dieux, le Grand Tout, l’Énergie Absolue, la Source, décida de démarrer le projet « Homme ». Il s’agissait d’expérimenter un nouveau type d’être au sein de la création : l’Homme. Il fit part de ce projet à son « conseil », encore appelé la Hiérarchie des Hiérarchies, constitué de dieux « opérationnels »

  1. A priori, ces dieux « opérationnels » sont pour la plupart des entités organiques, appartenant à différentes races extra-terrestres très évoluées d’un point de vue spirituel. Ils sont connus sous des appellations diverses : les Préserveurs, les Planificateurs, les Kadištus3. Certains de ces Planificateurs ont une « fréquence » vibratoire très élevée, et ne peuvent donc pas agir directement sur la matière, ce sont en quelque sorte de « purs esprits ». D’autre peuvent faire varier leur fréquence vibratoire, voyager entre les dimensions, et interagir dans le monde dans lequel nous vivons.

Ce projet « Homme » a été développé sur la planète Terre, il est connu sous le terme Namlu’u, ou Homme Primordial. Il existe malheureusement très peu d’informations à son sujet.

Puis un groupe de Gina’abul arriva sur Terre, et avec eux les ennuis. Ces Gina’abul sont des reptiles extraterrestres disposant d’une technologie évoluée (vaisseaux spatiaux classiques, utilisation de portes interstellaires type « Stargate », etc.). Comme tout groupe d’individus donné, il n’est pas homogène : apparence physique, intentions et niveau de sagesse. Néanmoins ils décidèrent au bout d’un certain temps de démarrer un nouveau projet humain : le projet « Adam », ce projet avait pour but de créer une autre race d’homme, différente de l’Homme Primordial. Le but des Gina’abul, ou Elohims, était double :

  1. bénéficier d’un ouvrier-esclave efficace et obéissant dans des travaux manuels, notamment pour des travaux d’irrigation et miniers ;
  2. bénéficier d’un être connecté à l’Énergie Absolue, au Père, au Dieu des dieux, à la Source en s’inspirant de ce qu’il connaissait de l’Homme Primordial.

Pour une raison inconnue, le Dieu des dieux et les Planificateurs laissèrent faire (bien évidemment, le Dieu des dieux est omnipotent et il aurait facilement pu empêcher cette initiative individuelle). Le projet « Adam » fut donc mené en « dehors » du Grand Tout, de la Source.

Il est alors légitime de se demander si cette action n’a pas été dirigée en sous-main par des Planificateurs rebelles qui auraient influencés une partie des G. Ce qui conduit mécaniquement à la question suivante : peut-il exister des Planificateurs rebelles ? est-il possible de se déconnecter d’un lien très fort à la Source ?

Les Elohims ont une « fréquence » vibratoire très élevée, et ne peuvent donc pas agir directement sur la matière, ce sont en quelque sorte de « purs esprits ». Pour mener à bien le projet Adam, ils ont du faire appel à des êtres avec qui ils pouvaient communiquer et qu’ils contrôlaient : les Annunakis5.

Il est difficile de retracer l’histoire des Annunakis qui participèrent au projet Adam car il faut remonter loin dans le passé. Il y a plusieurs millions d’années, une espèce marine semblable au dauphin actuel évolua vers un mode de vie terrestre. Cette nouvelle race de delphinidé se pourvut de l’équivalent de nos « mains », qui leur permirent de « créer », de construire. Cette évolution déplût à une partie des dauphins terrestres qui décidèrent alors de retourner dans le milieu marin, ce sont les dauphins actuels. Les autres poursuivirent leur évolution sur Terre et se développèrent technologiquement dans de nombreuses directions : manipulations génétiques, maîtrise du Vril (une énergie particulièrement puissante), méthodes efficientes pour rester jeune éternellement ou presque, voyages spatiaux. La majorité quitta alors la Terre pour d’autres horizons, ce sont les Annunakis. Ils furent alors « contactés» et manipulés par les Elohims rebelles, qui les persuadèrent de revenir sur Terre pour mettre au point, ensemble, l’homme. Ils promirent aux Annunakis que les futurs hommes seraient pour eux des esclaves, taillables et corvéables à merci. Ils leur fournirent l’ébauche du projet (ce que le Dieu des dieux avait créé), puis les Annunakis se mirent au travail. L’objectif était de faire en sorte que les humains ne puissent avoir conscience de la connexion Divine mise en place par le Dieu des dieux. Les Annunakis firent de l’homme une expérience de laboratoire, détériorèrent son ADN, le mixèrent sauvagement avec le leur, celui des cétacés, ainsi que celui d’un primate terrestre évolué, pour arriver à l’homme tel qu’il est actuellement, à savoir l’Homo Sapiens Sapiens. Dans le même temps, les Elohim rebelles créèrent une matrice magnétique (parfois appelé « l’astral »), qui empêche les âmes humaines de s’échapper du piège qu’est devenu la Terre lors de la mort physique (les âmes restent alors prisonnières dans l’astral jusqu’à leur prochaine incarnation). En effet, les Elohim rebelles n’obéissent plus aux lois du Père, et sont donc coupés de l’Energie Absolue, il devient alors vital pour eux de trouver une autre source d’énergie. Comme il n’y en a qu’une seule, le Dieu des dieux, il leur faut détourner une partie de cette Energie. Pour cela, ils utilisent l’homme : ce dernier est connecté au Dieu des dieux, mais n’utilise pas cette Lorsque l’homme fut prêt, les Annunaki l’utilisèrent comme prévu en tant qu’esclave. Mais les hommes devinrent de plus en plus nombreux, et les Annunakis finirent par disparaître (volontairement dans des vaisseaux spatiaux ? déluges bibliques ? Lémurie ? Atlantide ? à la suite de guerres contre les humains ?)

Il n’existe pas d’exemple de libération de ce redoutable piège au moment où l’âme est dans l’astral (mais cela ne signifie pas que c’est impossible), en revanche, la libération est possible au cours de la vie terrestre, comme l’a montré Bouddha, ainsi que Don Juan Matus, le guru de Carlos Castaneda :

 

« … Les sorciers mexicains d’autrefois furent les premiers à voir ces ombres et ils les suivirent partout.

Ils les voyaient comme tu les vois, et ils les voyaient également sous forme d’énergie circulant dans

l’univers. Et ils ont fait une incroyable découverte. »

Il se tut et me regarda. Ses pauses étaient toujours très étudiées et il savait me tenir en haleine.

« Qu’ont-ils découverts, don Juan ?

– Ils ont découverts que nous ne sommes pas seuls, me dit-il aussi clairement qu’il le put. Venu des

profondeurs du cosmos, un prédateur est là, qui toute notre vie nous maintient sous son emprise. Les

êtres humains sont prisonniers et ce prédateur est notre seigneur et maître. Il a su nous rendre faibles

et dociles. Il étouffe toute velléité de protestation ou d’indépendance et nous empêche d’agir librement.

(p. 264)

– Pourquoi ce prédateur exerce-t-il ce pouvoir sur nous comme vous le dites, don Juan ? Il doit y avoir

une explication logique !

– Il y a une explication, me répondit don Juan, qui est extrêmement simple. Ils nous tiennent sous leur

emprise parce que nous sommes leur source de subsistance. Ils ont besoin de nous pour se nourrir, et c’est pour cela qu’ils nous pressurent implacablement. Exactement comme nous qui élevons des

poulets pour les manger, ils nous élèvent dans des « poulaillers » humains pour ne jamais manquer de nourriture. (Le voyage définitif, p. 265)

 

Par des moyens relativement similaires (la discipline du mental, stopper le dialogue intérieur), ces deux hommes nous montrent comment ne pas respecter un contrat que nous n’avons pas signé, à savoir servir de garde-manger. Le cas du Christ est différend en ce sens qu’il n’est pas un être humain standard : il a été envoyé par la Source (c’est peut-être un Elohim relié à la Source, ou un Planificateur) sur Terre pour essayer de rétablir la situation, et relâcher les mailles de la Matrice. Lorsque Jésus Christ parle du Père, il fait donc référence au Dieu des dieux, et non pas à une entité de l’Ancien Testament. En effet, le dieu faussement monothéiste de l’Ancien Testament est en réalité un Elohim rebelle (Lucifer lui-même, ou bien d’autres de moindre envergure : Yahvé, El Shaddat) ou un Annunaki (les fils des Elohim…, Genèse, chapitre VI, versets 1 – 2). Cette confusion entre Lucifer et le Dieu des dieux a été soigneusement entretenue au cours des âges par les principales religions (catholicisme, protestantisme, islam, judaïsme). Ainsi les textes anciens sont délibérément cachés (bibliothèque du Vatican) ou détruits (les codex des civilisations d’Amérique du Sud par les missionnaires), et ceux qui restent traduits de manière volontairement fallacieuse…

 

Les identités secrètes du capitaine Nemo

par Ciremya Perenna

Épisode 2 (version 1.15)

Satanisme culturel occidental : l’article de Nicolas Bonnal le plus lu dans le monde.

http://www.pravdareport.com/opinion/columnists/31-08-2012/122042-western_culture-0/

Ouverture de la bibliothèque Obama. Gare à la catastrophe de la littérature pour enfants. Lisez ou relisez le texte d’hier sur mary Poppins !

Mary Poppins et la subversion féministe

 

Je n’ai jamais trop compris (si j’ai compris : pour le fric) comment on pouvait avoir fait de Walt Disney un parangon des vertus familiales ; même du vivant du maître (dont il n’est pas question de renier les talents : il est l’homme du siècle, devant Ford et derrière Hitler), qui avait gentiment reçu chez lui Leni Riefenstahl (lisez ses mémoires jadis traduites par Laurent Dispot pour Grasset), et qui a enfermé l’humanité, l’enfance et les familles décomposées ou recomposées dans ses Epcot center et ses châteaux de la belle au bois dormant de reprogrammation mentale (pourquoi reprogrammation ? Programmation ?). Voyez un Disney Channel pour frémir…

Récemment je revoyais les aristochats, salope adaptation du déjà pas très moral Gigi de Minnelli-Lerner-Chevalier, et j’ai dû arrêter : trop subversif pour moi ! Je préfère Trainspotting ! Au moins dans Trainspotting on vous dit qu’il faut vous arrêter de descendre parce que la triade capitalisme-décadence-drogue vous fait vraiment trop mal !

Dans Mary Poppins, on a donc un mari abruti et banquier, et qui surtout, le pauvre, comme le chef de famille américain des années soixante, est en passe d’être dépassé, chahuté et divorcé par sa femme et ses enfants d’abord qui lui préfèrent les requins de la mode, des jeux, de la technologie…

Pour comprendre la famille anglo-saxonne, lisez Gustave  Beaumont (parfois, je me dis qu’on ne lui a pas rendu grâce, au compagnon de voyage de notre Tocqueville ; Karl Marx le cite pourtant dans son texte le plus subversif !) :

« Le soir, l’Américain rentre chez lui, soucieux, inquiet, accablé de fatigue ; femme le fruit de son travail, et rêve déjà aux spéculations du lendemain. Il demande le dîner, et ne profère plus une seule parole ; sa femme ne sait rien des affaires qui le préoccupent ; en présence de son mari, elle ne cesse pas d’être isolée. L’aspect de sa femme et de ses enfants n’arrache point l’Américain au monde positif, et il est si rare qu’il leur donne une marque de tendresse et d’affection, qu’on donne un sobriquet aux ménages dans lesquels le mari, après une absence, embrasse sa femme et ses enfants ; on les appelle the kissing families.

 

Mary Poppins célèbre la sorcellerie, les sabbats nocturnes les danses du ventre et finalement nous apprend à danser avec les ombres et le chaos. Le mari n’est pas protégé par ses domestiques, qui le piétinent aussi. Il lui reste le job mais le gosse déclenche (sans le vouloir ou en le voulant ?) un bank run qui ruine la banque (au moins quelques jours, les banques n’étant jamais ruinées), et il se fait renvoyer. Heureusement son cerveau lent se réconcilie avec l’enfant grâce au cerf-volant (cela semble du Prévert, alors attention…). La nurse diabolique et féministe repart pour de nouvelles aventures de déstabilisation-désagrégation familiale pendant que son curieux comparse (génial Dick van Dyke) la salue d’un air dantesque-énigmatique.

La femme du banquier est tête en l’air, féministe, suffragette, politicienne, emmerdante et distraite. Une panoplie de femme néo, telle qu’en concoctaient les avant-gardistes  anglo-saxons à l’époque. C’est Murray Rothbard qui rappelait un jour que les vrais subversifs, les frais bolchéviques sont en fait les protestants millénaristes du seizième siècle qui n’ont jamais tout à fait guéri de leur millénarisme et de leur soif de tabula rasa…

Je vous laisse le soir de découvrir ou de redécouvrir le film  et aussi P.L. Travers qui a fait de ce classique pour enfants (mais voyez Peter Pan avec ses arbres au pendu…) un canal pour passer les idéologies fumeuses de Gurdjieff et des fantaisies orientales et occultistes de sa drôle d’époque (pensez à Mansfield, Ascona, Hesse, etc…). Quant aux écrivains pour enfants, je vous conseille de ne pas trop vous en approcher.

 

Veillez, lecteurs ! Demain, Nicolas Bonnal, le khan gourou de La Corogne, vous délivre les secrets étalés de la guerre des étoiles !