Mon lecteur David monte au ciel avec Led Zeppelin, attaque Satan et défend le folk métal !

Quelques confidences a mon gourou.
Élevé avec Led Zeppelin, The Who, the Kinks et Deep Purple ( j’ai meme assisté a un concert de led zeppelin dans le ventre de ma mère a 6 mois de grossesse), a 12 ans je savais jouer Stairways to heaven mais aussi chanter catholique et français toujours !! Mélange surprenant !
En grandissant j’ai appris à aimer le classique, la vraie musique . Je transposais des partitions pour violons de Bach Vivaldi et meme Paganini pour la guitare façon metal! Je jouais 3 a 4 heures par jours!
J etais un peu une attraction. Le type décalé facho catho qui joue du Jimi Hendrix!!!
C’est comme ça.
Je connais bien le côté foireusement sataniste de ce milieu. Il ny a pas que ca heureusement.
Aujourd’hui, en plus de la musique classique et du grégorien, j’écoute toujours et je joue toujours du « metal progressif »
Je suis devenu adepte de folk metal. Melange de sonorité celtiques avec des instruments plus modernes
Je vous conseille le dernier Eluveitie, Pantheon
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Conservatisme initiatique britannique : Vaughan Williams, à écouter ne lisant mon Tolkien…

La chrétienté celtique et le génie orthodoxe

La chrétienté celtique et le génie orthodoxe

Suite à nos révélations, bientôt étoffées, sur Hastings et le reste…

 

En Bretagne comme ailleurs, l’évocation d’une chrétienté celtique suscite généralement le doute, l’ironie, voire la suspicion. Il est cependant de plus en plus fréquent de l’entendre évoquer, tant au travers de nombreuses publications que de démarches d’intérêt personnel ou communautaire comme la Fraternité Orthodoxe Sainte Anne.

Cette méconnaissance d’une des traditions chrétiennes les plus authentiques, le désintérêt de nos contemporains pour les racines à la fois vivantes et vivifiantes de l’Occident spirituel, la non-reconnaissance de l’histoire et des cultures celtes sont autant d’obstacles qu’il convient de lever. Ignorée de Bretons contemporains, la chrétienté celtique ne pouvait que l’être des orthodoxes russes ou grecs. Il y a même, pour certains, quelque outrecuidance à rapprocher chrétienté celtique et orthodoxie, et pourtant ce n’est que simple bon sens.

Racines orthodoxes de la chrétienté celtique

II n’y eut jamais de chrétienté celtique qu’orthodoxe 1, et son éradication au XIIe siècle par le siège romain correspond au triomphe de l’hétérodoxie en Occident qui eut des répercussions aussi bien sur la vie spirituelle, théologique et canonique, que sur la philosophie, l’architecture, les arts et tout ce qui concerne l’âme de l’Occident médiéval.

En ce qui concerne les origines orthodoxes de la Celtie chrétienne du premier millénaire, un certain nombre de faits méritent d’être évoqués :

  1. a) La caractéristique fondamentale de la civilisation celtique, contrairement aux civilisations gréco-romaine ou germanique, est la primauté du religieux sur le politique, de l’autorité spirituelle sur le pouvoir temporel, différence qui suffit à elle seule à expliquer « tout le reste » 2.
  2. b) L’avènement du christianisme dans les pays celtiques non romanisés, c’est-à-dire les Iles britanniques et l’Irlande, s’est réalisé de façon exceptionnellement symbiotique.

Les élites spirituelles s’étant rapidement converties, il n’y eut que très peu de martyrs aux origines de ces églises. En revanche, les druides, bardes

ou filid devenus de grands moines sont en quantité (saint Hervé en Armorique par exemple). Il apparaît que l’évolution culturelle de la civilisation celtique s’est effectuée par le christianisme sans rupture, de telle sorte que l’on assiste à une véritable transmutation de la culture celtique pré chrétienne. Ainsi, tout ce que nous connaissons du cycle épique breton et irlandais pré chrétien nous est parvenu grâce aux écrits monastiques 3.

  1. c) Les Eglises celtes ont eu un caractère monastique très marqué. La Bretagne insulaire et surtout l’Irlande, préservée de l’influence romaine et de la menace germanique, engendrèrent une floraison monastique comparable à l’Egypte, la Palestine ou la Syrie des Vème et VIème siècles. Ces monastères – évêchés, qui structurèrent véritablement la société, méritèrent à l’Irlande le surnom d’Ile des Saints. Ils furent le creuset de la culture spirituelle des Celtes à leur crépuscule, donnant le jour à des oeuvres d’une qualité artistique inégalée dans l’Occident des « temps obscurs ». Ils furent aussi le foyer rayonnant d’un renouveau pour tout l’Occident carolingien culturellement exsangue après les Invasions 4.
  2. d) Jamais le lien entre l’Orient et cet extrême Occident ne furent rompus tant qu’il y eut une chrétienté celtique autonome. Les recherches contemporaines justifient de plus en plus certaines particularités celtiques par la vieille route commerciale de l’étain qui pénètre l’Irlande par le Munster, centre du renouveau ascétique du VIIème siècle. L’expansion musulmane mit fin à ce lien, ce qui explique notamment l’isolement des chrétientés celtiques par rapport au monde latin du fait des invasions barbares 5.
  3. e) Ainsi, à l’heure où l’Occident latin et germanique paraphrase Augustin et le droit romain, les moines d’Hibernie lisent Platon, Plotin, Origène, Evagre et les Cappadociens dans le texte jusqu’aux grandes controverses théologiques des Xème et XIème siècles où l’école scottique est la dernière à s’inscrire dans une perspective patristique quant aux mystères fondamentaux de la foi, étant probablement la seule dépositaire d’une tradition ininterrompue de lecture des Pères grecs. On est frappé du caractère juridique de la théologie latine de cette époque par rapport à l’ambition métaphysique d’un Scott Erigène, mais aussi d’un saint Bernard et de ses disciples, qui sont les héritiers directs de cette transmission des Pères par l’Irlande, et peut-être les derniers feux de l’Orthodoxie en Occident avant l’ère scolastique.
  4. f) Faute de pouvoir reprocher aux Celtes une quelconque hétérodoxie, Rome n’aura de cesse de les éradiquer par le biais politique dont les Saxons en Bretagne, les Francs en Armorique et les Normands en Irlande seront les instruments privilégiés.

Il est intéressant de remarquer que les causes évoquées pour jeter méthodiquement le discrédit sur les chrétientés celtiques (et ceci jusqu’au XIXème siècle) sont fort peu éloignées de celles qui sont utilisées dans les controverses avec l’Orient chrétien.

En résumé, on peut dire que les représentants de ces chrétientés éprouvaient une réticence globale à suivre le mouvement de confusion entre le spirituel et le temporel amorcé par les réformes de Grégoire le Grand qui aboutit à une conception totalitaire de la primauté romaine et, pour finir, au schisme.

Caractères spécifiques des chrétientés celtiques

Les caractères communs à l’Orient et à l’extrême Occident ne s’arrêtent pas à l’histoire, ils sont constitutifs et intrinsèques. Pour aller plus loin, il convient d’évoquer quelques-uns uns des traits spécifiques de ces chrétientés :

  1. a) Parmi ceux-ci, l’intuition trinitaire est à la base de toute la tradition celtique, depuis ses origines les plus lointaines.

La triade est en effet la clef de voûte du système religieux celte et se reflète dans tous les aspects de leur vie politique et sociale. Cette structure trinitaire de la théologie des anciens Celtes facilitera la pénétration de la foi nouvelle. Quelques siècles plus tard, Erigène 6 qui traduisit l’Aréopagite vers 860, défendra les formules des Grecs sur la procession du Saint Esprit dans son « De Divisione »7. Si les Celtes ne semblent guère séduits par la tendance essentialiste des Latins qui conduira au schisme par l’addition du filioque, c’est peut-être parce que leur piété particulièrement trinitaire, telle qu’elle ressort des quelques textes que nous possédons, était demeurée le support vécu d’un authentique personnalisme théologique.

  1. b) La transparence du créé et de l’incréé. Un des traits constitutifs de la tradition celtique est le sens aigu de la « gloire de Dieu cachée dans les êtres ». II ressort particulièrement dans les vies des saints, surtout les plus anciennes, comme la « Vita Columbani » (VIIème siècle), exemplaire à ce titre.

Or, une telle valorisation du créé dépouillée de toute idolâtrie, cette école de contemplation du monde comme théophanie, cette importance du symbole qui ouvre le sensible sur le verbe spirituel du monde, tout cela constitue l’un des axes de l’Orient patristique.

De l’Aréopagite à saint Maxime, de saint Isaac à saint Grégoire de Nysse, nous retrouvons cette tradition, qui s’épanouit aussi bien dans l’art théophanique de l’Orient que dans les grandes synthèses théologiques d’un saint Maxime sur le logos des créatures ou, bien plus tard, de saint Grégoire Palamas sur l’infusion du créé par les énergies incréées de la Divinité. A rebours de cette tradition, la pensée augustinienne, surtout dans son interprétation scolastique, va opérer un divorce définitif entre l’âme et le monde ainsi qu’entre la grâce et la nature.

  1. c) Le rapport entre nature et grâce, cette pierre d’achoppement entre l’Orient byzantin et l’Occident latin dans l’ordre ontologique, se retrouve à propos du rapport entre liberté et grâce dans l’ordre sotériologique.

Dès le VIème siècle, l’augustinisme maximalisé devient la doctrine romaine officielle, bien qu’une majeure partie du monachisme gaulois, demeuré en liaison étroite avec les moines d’Orient, comme saint Jean Cassien, saint Vincent de Lérins et beaucoup d’autres, continue de professer la doctrine commune à tout l’Orient sur la relation entre notre nature créée libre et la grâce de l’illumination8. Rejetant le platonisme spiritualiste d’Augustin, Cassien affirme au contraire la corporéité de l’âme (et donc l’importance de l’ascèse), la primauté de l’illumination mystique sur la contemplation intellectuelle, et surtout le caractère souverain de la liberté humaine dans l’oeuvre du salut. Cette conception, traditionnelle en Orient, qui place la liberté personnelle à parité avec la grâce, sera développée par saint Grégoire de Nysse sous le nom de synergie, comme la doctrine des Eglises d’Orient.

En Occident, les écrits de Cassien et de ses disciples seront condamnés, malgré la sainteté reconnue de leurs auteurs, au concile d’Orange de 529, comme semi-pélagiens. Ce choix de l’Eglise latine sera fondamental quant à l’évolution de toute la pensée occidentale par la suite, préparant le triomphe du thomisme et de l’averroïsme au XIIIème siècle.

Or, là encore, les Eglises d’Irlande et de Bretagne prirent fait et cause pour la doctrine de la synergie, à tel point qu’on les retrouve accusées de semi-pélagianisme 9 sous Grégoire le Grand.

  1. d) Un bref survol des principaux aspects communs à l’Orient et aux Celtes chrétiens serait inachevé sans une évocation du thème de l’épectase 10.

Celui-ci est longuement développé par saint Grégoire de Nysse dans la Vie de Moïse qui est une lecture spirituelle du livre de l’Exode.

Ce thème, traditionnel en Orient où il apparaît déjà chez Philon et Origène, considère la plénitude du Royaume comme une migration dynamique « de gloire en gloire », un exode infini de l’âme en Dieu infini. Dieu se donne infiniment à l’âme dont la participation à la divinité ne saurait elle-même être limitée, dès lors que nous serons « semblables à Lui ».

Mystique dynamique, cette représentation du Royaume est loin de l’imaginaire de l’Occident latin médiéval, pour lequel le paradis est souvent figé dans la rétribution des mérites et la contemplation statique du trône divin.

Elle trouve paradoxalement un écho dans l’Irlande des VIème et VIIème siècles avec le récit de la navigation de Saint Brendan. Abbé d’un monastère des côtes irlandaises, celui-ci entreprend avec douze de ses moines un voyage à la recherche du paradis. De merveille en merveille, cette odyssée chrétienne conduira saint Brendan vers l’éternité dans une navigation sans fin, figure de son propre exode intérieur. Ce récit irlandais, dont les versions abondent, fut dûment commenté tout au long du Moyen- Age ainsi qu’à l’époque moderne. Ici encore, il n’est pas interdit d’y trouver une conception « initiatique » de la destinée de l’âme, se rapprochant de l’épectase chère aux commentaires orientaux de l’Exode11.

Conclusion

Ce rapide aperçu des caractéristiques communes aux deux traditions ne prétend pas établir entre elles un rapport d’équivalence. En effet, la tradition de l’Orient chrétien est aujourd’hui la tradition vivante de l’Eglise alors que la tradition celtique est une tradition ecclésiale éradiquée aux environs du XIIème siècle, et notre propos n’est pas ici de la ressusciter artificiellement.

Certes, nombre de ses aspects ont plus ou moins perduré dans les cultures populaires des pays celtiques, mais celles-ci sont aujourd’hui peu à peu absorbées et dissoutes dans le grand chaudron positiviste contemporain. Ces quelques lignes voudraient simplement contribuer à restituer la parenté foncière qui exista entre deux réalités anachroniques et heureusement transchroniques, la Celtie et l’Orthodoxie, dont nous vivons la rencontre après huit siècles d’histoire manquée.

Ainsi, de même que la Vérité de Dieu nous rend toujours notre vérité d’hommes, la Tradition à laquelle l’Esprit nous greffe nous rend-elle à l’esprit de notre tradition d’hommes.

Diacre Maxime Le Diraison

 

 

Fêtez la saint Thomas avec Nicolas Bonnal : deuxième partie de son livre christianisme traditionnel et développement personnel…

« C’est pour l’homme une marque d’humilité de ne pas s’exalter lui-même, alors qu’il constate ses propres défauts. Mais ce n’est pas de l’humilité, mais plutôt de l’ingratitude que de mépriser les biens qui lui viennent de Dieu. C’est ce mépris qui engendre l’acédie. Nous nous attristons en effet de ce que nous estimons mauvais ou de peu de prix. Il est donc nécessaire que si quelqu’un apprécie les biens des autres, il ne méprise pas pour autant les biens que Dieu lui réserve. Car alors ceux-ci deviendraient attristants. »

Perrier fou : la mort d’une elfe en Irlande…

L’égérie elfique est passée de l’autre côté du mur du son. Dolores O’Riordan, minuscule chanteuse des Cranberries, ne pratiquait pas la casuistique lorsqu’elle chantait le génocide perpétré par les forces de la Couronne britannique sur son Irlande natale. Les zombies des forces spéciales de la perfide Albion auront massacré à plusieurs reprises les enfants de la verte Éirinn, cette Irlande mythique d’où sont issus une part importante des Québécois. Pratiquant un folk-rock de combat, Dolores n’a jamais reniée son catholicisme afin d’embrasser une forme ou une autre de théologie de la libération. Elle ne faisait que témoigner de la dévastation de la très catholique Irlande par les Zombies :

 

« C’est la même vieille rengaine depuis dix-neuf cent seize

Dans ta tête, dans ta tête ils sont toujours en train d’attaquer,

Avec leurs tanks et leurs bombes,

Et leurs bombes et leurs mitraillettes

Dans ta tête, dans ta tête, ils sont en train de crever … »

 

Par Patrice-Hans Perrier

Pour Chantal

 

Dolores O'Riordan TOP PHOTO

DOLORES O’RIORDAN L’ÉGÉRIE ELFIQUE VIENT DE NOUS QUITTER POUR DES AILLEURS MEILLEURS

 

Jamais les bardes ne se tairont

Comme nous, les Français d’Amérique, les Irlandais ont été la cible d’un véritable génocide organisé par les suprématistes britanniques qui n’ont jamais baissé la garde face aux forces insurrectionnels des bardes et des druides de la diaspora celtique. C’est durant la semaine pascale, en 1916, qu’une faction armée de Républicains irlandais tenta le tout pour le tout afin de briser l’étreinte du Royaume des loges noires. Organisée par la Confrérie des Républicains d’Irlande, la Rébellion de 1916 fut sauvagement écrasée par les troupes de Sa Majesté qui firent plus de trois milles prisonniers, dont près de deux milles furent incarcérés dans des camps de concentration en Grande-Bretagne. Il faudrait rappeler que les camps de concentration sont une invention toute britannique qui allait inspirer d’autres mouvements suprématistes qui n’ont jamais caché leur volonté de faire disparaitre les nations ou les peuples qui entravaient leurs desseins messianiques.  Même l’artillerie lourde fut mise à contribution de bombarder les positions des patriotes irlandais qui s’étaient retranchés dans la Ville de Dublin. Écrasant la rébellion, les forces britanniques installeront un véritable régime d’Apartheid en Irlande, confinant durant plus d’un demi-siècle les Irlandais dans une position de chiens affamés.

 

La celtitude et le christianisme s’entrelacent gracieusement

Dolores la Passionaria des vertes landes criait son désarroi en virevoltant sur scène, aérienne et presque funambulesque, jamais abrutissante … entrelaçant – comme ces fameux entrelacs irlandais qui ornent les enluminures des manuscrits des premiers monastères d’Europe – dans ses chansons des thèmes aussi différents que la chasteté et la sainteté, le salut de l’âme, les vaste étendues ou la libération du peuple irlandais. Presqu’une athlète du Christ, pour paraphraser Saint Paul dans la première lettre aux Corinthiens.

Véritable mystique, Dolores O’Riordan implorait le Seigneur de lui donner la chasteté, la sainteté, la présence d’esprit en gambadant sur scène comme une biche que rien n’arrête. La scène du rock, mais tout autant les véritables chrétiens – pas les culs bénis – viennent de perdre une artiste d’une rare sensibilité et qui n’aura jamais renié ses racines celtiques, celles d’avant l’arrivée de Saint Colomban et des premiers missionnaires en Éirinn. Et, le Québec, terre de bardes légendaires, pleure amèrement cette petite fée clochette qui nous rappelait à travers ses chansons que la survie d’un peuple ne peut être séparée de celle de son âme. Cette âme qui représente la continuité entre l’ici-bas et l’au-delà, malgré les vicissitudes d’une existence souvent contrariée par les forces du mal.

 

Les forces du mal

Dolores O’Riordan luttait contre un tempérament bipolaire et une sensibilité à fleur de peau qui ne lui ont laissé aucun répit. On pense à notre Jean Leloup, obligé de médicamenter sa géniale folie, capable de transformer la contrainte en force créatrice et d’aider la chanson québécoise à sortir de la torpeur des années 2000. La druidesse du rock luttait aussi contre le mal enduré par son peuple depuis si longtemps, depuis la nuit des temps. Et, c’est le salut de l’âme qui permet de surmonter même les épreuves qui semblent les plus funestes. Il faut réécouter son tube SALVATION pour saisir à quel point Dolores savait de quoi elle chantait :

 « Vous tous qui vous tapez des lignes de coke, ne le faites pas, ne le faites pas.

Injectez de la liberté dans votre âme, c’est gratuit, c’est gratuit. »

 

La grâce rend libre

Jean Leloup, témoignant au sujet de sa bipolarité, insistait sur le fait que « la personne perd facilement le fil de ses idées et a de la difficulté en société, car elle est particulièrement distraite. Elle peut changer de sujet constamment et il est impossible d’avoir une conversation avec elle ». C’est justement cette instabilité qui semble avoir été un détonateur permettant à la chanteuse des Cranberries de pouvoir tisser une aussi grande complicité avec son public lors de ses prestations sur scène. Comme si son public lui permettait de pouvoir enfin concentrer son attention dans le cadre de performances qui pouvaient s’apparenter à de véritables transes cathartiques. D’ailleurs, c’est justement à travers la catharsis qu’il nous est possible de sortir de notre enveloppe charnelle pour, le temps d’une prière ou d’une fulgurance, être en mesure d’utiliser nos forces vitales afin d’échapper à la gravité … durant quelques instants de grâce.

Pleine de grâce, Dolores O’Riordan aura traversé la scène du rock comme une bête magnifique traquée par des forces maléfiques désarmées en bout de ligne. Elle nous laisse, seuls, avec notre conscience et nos désirs légitimes de libération.

 

 

 

 

 

Marianne : « Dieu n’abandonne pas ses créatures, et encore moins ses combattantes ! »

Extrait de Perceval et la reine

Saint Bernard est l’initiateur du culte de la Vierge en Occident, de ce privilégié Medium par où s’écoule selon lui le message divin. Dans de très beaux propos, notre saint populaire (mais redouté par les mères qui redoutaient son passage dans les villages et les départs d’enfants mâles qui s’ensuivaient) invite ses contemporains à « contempler et invoquer l’étoile », « le canal par où la Grâce a coulé », « et par où elle remonte au donateur ». Il consacre aussi le prestigieux ordre des Templiers à la Vierge, ordre dont la destruction déchaîne l’ire les ésotéristes et traditionalistes de toutes les époques ! Comme cette destruction enchante les profs d’histoire ! Ainsi au chant XXXI, le lien entre le grand savant et la Béatrice, symbole suprême de l’intelligence purement spirituelle, est-il établi :

 

« J’attendais une voix, une autre répondit :

car je pensais trouver Béatrice, et je vis

un vieillard habillé comme on l’est dans la gloire ».

 

Retournons à ce cher Luigi Valli, découvert par Guénon, et qui tentait vainement de lutter contre les préjugés rationalistes de son université italienne ! Voici comment lui aussi évoque ces madones pleines d’intelligence dans un italien très clair :

 

“Di queste donne sapientissime e distributrici di dottrina, ma tuttavia raffigurate nelle liriche come vere donne, ben due, non una sola, ne ritroviamo a un certo punto trasformate nettamente e chiaramente in simboli della Sapienza, e sono: l’Intelligenza di Dino Compagni e la Beatrice della Divina Commedia (47)”.

 

On est loin de la femme savante de Molière, ce plus nuisible ennemi de notre Intelligence traditionnelle ! Valli établit bien sûr le lien entre cette poésie italienne et les traditions grecques (Platon, la Cérès des Mystères d’Eleusis et la Pistis Sophia ou sagesse divine personnifiée à Byzance) et salomoniennes. Au moyen âge aussi, Ibn Arabi écrit un somptueux traité de l’Amant. L’Amant, et non le philosophe, aura accès au paradis et à la connaissance. Valli toujours :

 

“Questo poeta ci confessa chiaramente che questa donna non è niente affatto una donna ma è «l’amorosa Madonna Intelligenza», nella quale è impossibile non riconoscere proprio quella Sapienza di platonica e salomonica memoria che si immedesima, come vedremo, con l’Intelletto attivo e che perciò rappresenta il raggio dell’intelletto divino disceso all’uomo, il vero legame tra Dio e l’uomo, che conduce l’uomo a Dio (48)”.

 

La Dame du roman de chevalerie accomplit tout ou partie de cette fonction suprême : l’intellect actif (la Buddhi en sanscrit, où cette notion existe) et le rayon de l’intellect divin qui mène l’homme à Dieu. La demoiselle aux petites manches qui n’a pas ses dix ans, la demoiselle à l’alchimique mule sans frein, la reine Guenièvre au peigne d’or, la dame aux tresses d’or du Papegau, la reine au cercle d’or du grandiose Perlesvaus sont autant de Béatrice et de madones Intelligence dans la quête chevaleresque. A la fin du Perceval, Chrétien écrit même que la reine Ygerne a une fonction cosmique : « c’est d’elle que dépend tout le bien, elle en est l’origine et le mouvement ».

 

« La reïne Ygerne vint

an cest païs; si aporta

tot son tresor et si ferma

sor cele roche le chastel

et le palés si riche et bel… »

 

On ne saurait mieux dire. Dante, ses derniers vers :

 

« Mais déjà mon envie avec ma volonté

Tournaient comme une roue aux ordres de l’amour

Qui pousse le soleil et les autres étoiles (49)».

 

Merveilleux et moderne dernier vers, et qui donne en italien : l’amor che move il sole et l’altre stelle…

 

Il nous reste à évoquer le lien entre la femme et le Graal dans nos récits, après avoir récapitulé toute la somme des autres. Le plus important comme toujours est le plus évident : la présence du Graal près de la femme (ou de la femme près du Graal). Le Graal est présenté par des jeunes filles dont le caractère hermaphrodite a pu être souligné par certains (en tout cas sexuellement moins polarisé) mais dont surtout la pureté est associée à l’objet précieux.

On écoute Chrétien :

 

« .I. graal antre ses .ii. mains

une dameisele tenoit

et avoec les vaslez venoit,

bele et jointe et bien acesmee.

Quant ele fu leanz antree

atot le graal qu’ele tint,

une si granz clartez an vint,

ausi perdirent les chandoiles

lor clarté come les estoiles

qant li solauz lieve et la lune (50)».

 

Cette demoiselle est belle et ce n’est pas une fillette. Elle est bien acesmée, c’est-à-dire bien parée. Enfin son Graal produit une lumière qui efface toutes les autres, qui noie bien toutes les nôtres. Derrière elle va apparaître une autre demoiselle qui porte un tailloir en argent. Le Graal est lui en or, couvert de pierres précieuses. Dans Perlesvaus c’est aussi une fille qui porte la lance qui saigne. La femme apporte le mystère. Le Graal est une nourriture, on peut alors penser qu’il y a association (prosaïque, mais il faut toujours l’être – comme l’Evangile) entre la nourricière et la nourriture. Les plats au Moyen Age, nous rappelle Robert Delort, étaient présentés aussi par des jeunes filles ; le repas de midi durait d’ailleurs jusqu’au soir, il remplissait la journée. Par ailleurs nous savons le lien secret entre la femme et la force (ici la régénération), la proximité de la Vierge, de son lait, et des tresses solaires qui aussi irradient la clarté. Chez Wolfram, le Graal est un plat merveilleux présenté par une demoiselle Répanse de Schoye qui part à la fin en voyage aux Indes. Elle devient la mère du prêtre Jean, ce mystérieux avatar du Roi du Monde…

Comment Clément d’Alexandrie célèbre splendidement l’égalité de la femme et de l’homme

Comment Clément d’Alexandrie célèbre l’égalité de la femme et de l’homme

 

Telle commissaire européenne inculte avait accusé les religions dans leur ensemble de mal juger des femmes, la chrétienne y compris… On va lire Clément pour la remettre en place. Sur la place de la femme en islam Schuon ou Burckhardt ont d’ailleurs écrit des pages admirables. Quand on se limite au matérialisme pur et obtus, à la satisfaction du droit de l’homme consommateur, à ne rien savoir du passé que ce qui en a été rendu trivial (Nietzsche) et adapté aux temps prolétaires (Vlaicu Ionescu), on ne peut que donner une image médiocre, tronquée du monde, de l’homme – et de la femme…

 

Saint Clément donc :

 

« Le Verbe instruit également les hommes et les femmes.

 

Embrassons donc de plus en plus cette obéissance salutaire; livrons-nous tous entiers au Seigneur; attachons-nous fortement aux cordages du vaisseau de la foi, et soyons bien persuadés que les vertus qu’elle nous ordonne de suivre sont l’égal apanage de l’homme et de la femme. S’ils ont, en effet, un seul et même Dieu, ils ont aussi un seul et même Pédagogue, une seule et même Église. La modération, la tempérance, la pudeur sont des vertus communes aux deux sexes. Ils se nourrissent des mêmes aliments, ils s’unissent par le mariage ; la respiration, la vue, l’ouïe, l’intelligence, l’espérance, la disposition à écouter les commandements de Dieu, la charité, tout leur est commun.

Si l’homme et la femme ont le même genre de vie, ils ont également part aux mêmes grâces et au même salut. Ils sont aimés de Dieu avec le même amour, instruits avec les mêmes soins,

« Les enfants de ce siècle, nous dit le Seigneur, épousent des femmes, et les femmes des maris; c’est la seule différence qu’il y ait entre eux. Mais après la résurrection, cette différence n’existera plus dans le ciel. »

Les récompenses, destinées aux vertus qui font de la société chrétienne une sainte communauté, ne sont pas plus promises à l’homme qu’à la femme ; elles le sont à l’homme en général, et on peut dire qu’il n’y a aucune différence entre l’un et l’autre, si ce n’est celle qu’établit la concupiscence.

Aussi nous voyons que le mot générique d’homme comprend l’homme et la femme; c’est pour cela, je crois, que les Athéniens donnent le nom d’enfant aussi bien aux jeunes garçons qu’aux jeunes filles. »

 

 

Sources

 

Nicolas Bonnal – Les secrets de Cassien, christianisme traditionnel et développement personnel (Amazon.fr)

 

Clément d’Alexandrie, Le pédagogue, sur Remacle.org