Abraham Lincoln et la mystérieuse barbarie américaine

Deux choses frappaient toujours le nouvel arrivant en Amérique (voyez Céline) : la brutalité du pays, de sa population et de ses mœurs, la brutalité du terrain en fait ; la cruauté ensuite des contrôles et de cette police qui arrive à tuer 1200 citoyens par an tout en en contrôlant six millions (l’expression de camp de concentration électronique n’est plus métaphorique). C’est la brutalité de la matrice US qui se répand dans le monde, en particulier en Europe. Enfin l’Amérique enferme 2.3 millions de prisonniers, soit la plus grande population carcérale du monde (43% du total). Les chiffres sont comparables en pourcents à ceux de la dépense militaire US dans le monde (42%), et ce n’est certainement pas par hasard.
Comment en est-on arrivé là ? J’ai déjà évoqué les historiens libertariens : Thomas di Lorenzo, auteur du vrai livre sur Lincoln (The Real Lincoln) Raph Raico, auteur du si pertinent Libertarian rebuttal (si vous voulez devenir un grand président, faites la guerre, et même – dans le cas du Donald – faites le guignol) ; et deux recueils exceptionnels : Americas’ pyrrhic victories et Perpetual war for perpetual peace, tous disponibles gratuitement sur le site Mises.org. On ajoutera les Wizards of Ozymandia de Butler, qui montre (The Hitler Test) que les étudiants d’aujourd’hui préfèrent Hitler à Jefferson. Écolo, végétarien, européiste, réglementateur, interventionniste, anti-tabac, obsédé de contrôle routier et de safe-sex, Hitler reste le modèle à suivre, y compris dans sa rage antirusse.

On va citer Lincoln. Lui incarne la barbarie juridique américaine, la rage de gagner n’importe quelle guerre, y compris civile, à n’importe quel prix. Les rebelles furent écrasés car ils n’obéissaient pas assez à l’Union et aux lois.
Mais voici pourquoi Lincoln est devenu fou du droit : l’état de nature aux USA consiste à exterminer rouges, blancs et noirs. Dans sa fameuse Lyceum Address, si souvent citée par Philippe Grasset à propos du « suicide US », voici ce qu’il écrit des folles vagues de lynchages :

« Il serait fastidieux et inutile de raconter toutes ces horreurs. Celles qui se passent dans l’État du Mississippi et à Saint-Louis sont peut-être les plus dangereuses par leur exemple et révoltantes pour l’humanité. Dans l’affaire du Mississippi, ils ont d’abord commencé par pendre les joueurs réguliers ; un ensemble d’hommes, n’ayant pas, pour se nourrir, une profession très utile ou très honnête, mais qui, loin d’être interdits par les lois, sont en fait autorisés à agir ainsi par un acte de l’Assemblée législative, passé il y a un an seulement. Ensuite, des nègres, soupçonnés de conspirer pour fomenter une insurrection, furent pris et pendus dans tous les coins de l’État ; puis des hommes blancs, supposés être liés aux nègres. Et, finalement, des étrangers, venant des États voisins, y allant pour affaires, ont, dans de nombreux cas, subi le même sort. Ainsi, se déroula ce processus de pendaison, des joueurs aux nègres, des nègres aux citoyens blancs, et des blancs aux étrangers. Jusqu’à ce que les hommes morts soient visibles partout, pendus aux branches des arbres de chaque côté de la route, et en un nombre presque suffisant pour rivaliser avec la mousse espagnole native du pays, comme drapant la forêt. »

Et on se plaint de la violence à la télé…

Le problème est la populace américaine :

Les récits d’outrages commis par les foules constituent les nouvelles quotidiennes des temps. Ils ont pénétré le pays, de la Nouvelle-Angleterre à la Louisiane – ils ne sont ni propres aux neiges éternelles de la Nouvelle-Angleterre, ni aux soleils brûlants de la Louisiane –, – ils ne sont pas la créature du climat – ils ne se limitent pas aux États promouvant l’esclavage, ni aux autres. De la même manière, ils apparaissent parmi les maîtres du Sud, chasseurs d’esclaves pour le plaisir et parmi les citoyens du Nord aimant l’ordre sur des terres aux habitudes régulières. Quelle que soit leur cause, ils sont communs à tout le pays.

Si on se met à lyncher aussi les Blancs…

Nous sommes en 1850, douze ans après le discours de Springfield. On va laisser la parole à un certain Charles Dickens qui écrit dans ses si belles American notes, les petites annonces à l’américaine. Et cela donne :
« Voici quelques spécimens de petites annonces publiées dans les journaux publics. Il n’y a que quatre ans que la plus ancienne d’entre elles est apparue, et d’autres de même nature continuent à être publiées tous les jours, par pages entières.

 

En fuite, Négresse Caroline. Avait un collier avec un clou retourné.
En fuite, Femme noire, Betsy. Avait une barre de fer sur sa jambe droite.
En fuite, Nègre Manuel. Très marqué par les fers.
En fuite, Négresse Fanny. Avait un collier de fer autour de son cou. »

Quatre pages comme ça… Dickens conclut, aussi pince-sans-rire que Philippe Grasset quand il parle des porte-avions US situés à trois mille milles de leur cible :

« Je devrais dire, peut-être, pour expliquer cette dernière description que, parmi les autres bénédictions que l’opinion publique assure aux Noirs, il y a la pratique courante de frapper leurs dents violemment, de leur faire porter des colliers de fer de jour comme de nuit et de les harceler avec des chiens, des pratiques presque trop ordinaires pour mériter d’être mentionnées. »

Quel humour… noir ! Et comme on sait aussi, le « collier électronique » a remplacé le « collier de fer » pour un sixième des jeunes Noirs.

Lincoln rend ensuite compte de l’atrocité suivante :

« Pensez donc à cette scène horrible à St. Louis. Une seule victime a été sacrifiée là-bas. Son histoire est très courte et elle est peut-être la plus tragique, si quelque chose d’aussi horrible a jamais pu exister dans la vie réelle. Un homme mulâtre, nommé McIntosh, a été saisi dans la rue, traîné dans la banlieue de la ville, enchaîné à un arbre, et effectivement brûlé jusqu’à la mort. Le tout en une seule heure à partir du moment où il était encore un homme libre, s’occupait de ses affaires et était en paix avec le monde. »

Revoyez le film Furie de Fritz Lang ou La Nuit du chasseur de Laughton ; ils évoquent aussi ces comportements, sans oublier l’incident d’Ox-Bow de William Wellmann.

Or tout cela permet à mon sens de bien comprendre le fonctionnement de la diplomatie impériale américaine. La diplomatie de Trump-Tillerson ou de Bush-Clinton repose aussi sur le lynchage, lynchage collectif des présumés « rogue states » isolés, avec les vassaux européens et les Zabulon de l’Otan. Le  Tillerson prétend aujourd’hui lancer le monde contre l’Iran après la Corée.
Donc on lynche l’Amérique centrale, l’Irak, la Libye, la Syrie, la Corée en attendant l’Iran, la Chine et la Russie, même si nos missionnaires ont ici tendance à faire du surplace… Mais la logique est celle de la foule des lyncheurs qui accusent sans preuve, se chauffent les uns les autres à coups de Bible et de whisky, et ensuite exterminent.

Malheureusement la réponse de Lincoln me fait peur. On l’écoute :

« Laissez le respect des lois être soufflé par chaque mère américaine au bébé scintillant qui babille sur ses genoux, qu’il soit enseigné dans les écoles, dans les séminaires et dans les collèges. Laissez-le être écrit dans Primers, dans les livres d’orthographe et dans les almanachs – qu’il soit prêché par la chaire, proclamé dans les salles législatives, et exécuté dans les tribunaux de justice. Et, en bref, laissez-le devenir la religion politique de la nation. Et que les anciens et les jeunes, les riches et les pauvres, les sérieux et les homosexuels, de tous les sexes, les langues, les couleurs et les conditions, sacrifie sans cesse sur ses autels. »

On ne devrait pas avoir besoin de loi contre le lynchage, non ?

C’est au nom de cette religion politique que Sherman va exterminer les sudistes, leurs femmes, leurs enfants, ravager et ruiner leurs terres. Et qu’on va emprisonner trente-quatre millions d’Américains, pour des durées indéterminées, au cours des deux derniers siècles.

Après notre barbu père fondateur va diviniser la loi :

« Quand je réclame avec tant de pressions un strict respect de toutes les lois, ne pensez pas que je veuille dire qu’il n’y a pas de mauvaise loi, ni que des problèmes ne se posent pas, pour lesquels aucune disposition légale n’a été prise – pour ne dire que cela. Je veux dire que de mauvaises lois, si elles existent, devraient être abrogées le plus tôt possible, mais si elles restent en vigueur, pour des raisons d’exemple, elles devraient être observées religieusement. »

Nous vivons dans un monde gnostique d’inspiration américaine farci de lois, monde contre lequel nous mettait un garde un certain chinois nommé Lao Tse il y a plus de deux mille ans.

« Plus le roi multiplie les prohibitions et les défenses, et plus le peuple s’appauvrit ;
Plus le peuple a d’instruments de lucre, et plus le royaume se trouble ;
Plus le peuple a d’adresse et d’habileté, et plus on le voit fabriquer des objets bizarres ;
Plus les lois se manifestent, et plus les voleurs s’accroissent. »
L’Amérique avant la guerre de Sécession était un pays flanqué par la violence brute d’un côté (qu’on ne limitera certainement pas à l’esclavage) et la démence juridique qui allait devenir une des manifestations de l’effrayante époque où nous vivons, marquée par le camp de concentration évoqué plus haut et le présent permanent annoncé par Kojève.

Lincoln est contemporain de Beaumont, qui souligne ici :

« Il y a dans le caractère de l’Américain un mélange de violence et de froideur qui répand sur ses passions une teinte sombre et cruelle ; il ne cède point, quand il se bat en duel, à l’entraînement d’un premier mouvement ; il calcule sa haine, il délibère ses inimitiés, et réfléchit ses vengeances.

On trouve, dans l’Ouest, des États demi-sauvages où le duel, par ses formes barbares, se rapproche de l’assassinat ; et même dans les États du Sud, où les mœurs sont plus polies, on se bat bien moins pour l’honneur que pour se tuer. »

Sur les Noirs et les Blancs, Beaumont ajoutait :

« C’est assurément un fait étrange de voir tant de servitude au milieu de tant de liberté : mais ce qui est peut-être plus extraordinaire encore, c’est la violence du préjugé qui sépare la race des esclaves de celle des hommes libres, c’est-à-dire les nègres des blancs. La société des États-Unis fournit, pour l’étude de ce préjugé, un double élément qu’on trouverait difficilement ailleurs. La servitude règne au sud de ce pays, dont le nord n’a plus d’esclaves. On voit dans les États méridionaux les plaies que fait l’esclavage pendant qu’il est en vigueur, et, dans le Nord, les conséquences de la servitude après qu’elle a cessé d’exister. Esclaves ou libres, les nègres forment partout un autre peuple que les blancs. »

Laissons les Noirs… Car sur la barbarie juridique américaine, Gustave de Beaumont n’était pas en reste avec son compagnon Tocqueville :

« Voyant qu’ils n’obtenaient rien par l’adresse et la ruse, les Américains ont eu recours à la violence. Non à la violence des armes, mais à celle des décrets ; car ce peuple, faiseur de lois, placé en face de sauvages ignorants, leur livre une guerre de procureur ; et, comme pour couvrir son iniquité d’un simulacre de justice, les expulse des lieux par acte en bonne forme. »

Tocqueville disait lui :

« Les Espagnols… n’ont pu parvenir à exterminer la race indienne, ni même à l’empêcher de partager leurs droits ; les Américains des États-Unis ont atteint ce double résultat avec une merveilleuse facilité, tranquillement, légalement, sans répandre de sang, sans violer un seul des grands principes de la morale aux yeux du monde. »

Au nom de cette morale, on sait ce qui se prépare.

 

Nicolas Bonnal

 

 

 

Bibliographie

 

Gustave de Beaumont – Marie (abu.cnam.fr)
Nicolas Bonnal – Chroniques sur la fin de l’Histoire ; Céline, le pacifiste enragé (Kindle)
Charles Dickens – American notes (archive.org)
Lao Tse – Tao Te King, §57
Abraham Lincoln, the Lyceum Address – The Perpetuation of Our Political Institutions – Address before the Young Men’s Lyceum of Springfield, Illinois, January 27, 1838
Tocqueville, de la démocratie en Amérique I – 2ème partie, chapitre X (races)

 

Bakounine, Le Bon et le crépuscule européen

J’ai écrit de nombreux textes qui tournent autour du même thème, de la même constatation. Les choses, les problèmes ne changent plus depuis deux siècles ou presque. Lisez la conclusion des mémoires d’Outre-tombe de Chateaubriand et vous êtes déjà dans notre vieux monde. Monde unifié, monde laid, monde antiartistique, monde décivilisé, monde de contrôle, d’argent et de quantité. Les problèmes que nous vivons semblent sortis d’hier. Or c’est faux, ils sont anciens, et c’est pourquoi je conseille la lecture des auteurs comme Le Bon, Tocqueville ou bien sûr René Guénon ou Evola.

Je vais parler de notre Italie.

Les problèmes italiens sont vieux et ils datent de son unification ratée par une clique corrompue, celle qui  la soumit ensuite à l’Angleterre (libéraux, sénateurs, maçons), à l’Allemagne, à l’Amérique puis à l’Europe.

En 1869 le révolutionnaire Bakounine observe déjà ce maigre bilan :

 

« Nulle part on ne peut aussi bien étudier qu’en Italie le néant du vieux principe de la révolution exclusivement politique, et la décadence de la bourgeoisie, cette représentante exclusive des idées de 89 et de 93 et de ce qu’on appelle encore aujourd’hui le patriotisme révolutionnaire.

Sortie d’une révolution nationale victorieuse, rajeunie, triomphante, ayant d’ailleurs la fortune si rare de posséder un héros et un grand homme, Garibaldi et Mazzini, l’Italie, cette patrie de l’intelligence et de la beauté, devait, paraissait-il, surpasser en peu d’années toutes les autres nations en prospérité et en grandeur. Elle les a surpassées toutes en misère. »

 

Et de constater tristement :

 

« Moins de cinq années d’indépendance avaient suffi pour ruiner ses finances, pour plonger tout le pays dans une situation économique sans issue, pour tuer son industrie, son commerce, et, qui plus est, pour détruire dans la jeunesse bourgeoise cet esprit d’héroïque dévouement qui pendant plus de trente ans avait servi de levier puissant à

Mazzini »

 

Pays mort-né comme notre Europe de la Fin des Temps (il règne une atmosphère évolienne, de Kali-Yuga dans le texte du grand Bakounine) ou notre France républicaine, la bourgeoisie mondialisée scia la branche du risorgimento :

 

« Le triomphe de la cause nationale, au lieu de tout raviver, avait écrasé tout. Ce n’était pas seulement la prospérité matérielle, l’esprit même était mort ; et l’on était bien surpris en voyant cette jeunesse d’un pays politiquement renaissant, vieille de je ne sais combien de siècles, et qui, n’ayant rien oublié, n’avait aucun souci d’apprendre quelque chose. »

 

 

Le besoin de places qui s’est vu depuis avec leur Europe est déjà là :

 

« On ne peut guère s’imaginer quelle immense convoitise de positions sociales et de places a été réveillée au sein de la bourgeoisie italienne par le triomphe de la révolution nationale. C’est ainsi qu’est née la fameuse Consorteria, cette ligue bourgeoise qui, s’étant emparée de tous les emplois lucratifs, malmène, déshonore, pille aujourd’hui l’Italie, et qui, après avoir traîné cette patrie italienne par toutes les boues possibles, l’a fait aboutir aux désastres de Custozza, de Lissa et de Mentana. »

 

Les mêmes problèmes (dénatalité, déclin culturel, militarisme, étatisme) se posent vers 1890. Le savant français Gustave Le Bon remarque alors dans un grand livre :

 

« Le principe des nationalités, si cher jadis aux hommes d’État et dont ils faisaient tout le fondement de leur politique, peut être encore cité parmi les idées directrices dont il a fallu subir la dangereuse influence. Sa réalisation a conduit l’Europe aux guerres les plus désastreuses, l’a mise sous les armes et conduira successivement tous les États modernes à la ruine et à l’anarchie. Le seul motif apparent qu’on pouvait invoquer pour défendre ce principe était que les pays les plus grands et les plus peuplés sont les plus forts et les moins menacés. Secrètement, on pensait aussi qu’ils étaient les plus aptes aux conquêtes ».

 

Comme Léopold Kohr, le très habile Le Bon, qui a tout annoncé parce qu’il a tout étudié, fait l’éloge du Small is beautiful :

 

« Or, il se trouve aujourd’hui que ce sont précisément les pays les plus petits et les moins peuplés : le Portugal, la Grèce, la Suisse, la Belgique, la Suède, les minuscules principautés des Balkans, qui sont les moins menacés. L’idée de l’unité a ruiné l’Italie, jadis si prospère, au point qu’elle est aujourd’hui à la veille d’une révolution et d’une faillite. Le budget annuel des dépenses de tous les États italiens, qui, avant la réalisation de l’unité italienne, s’élevait à 550 millions, atteint 2 milliards aujourd’hui. »

 

Et Le Bon souligne aussi la faiblesse des pays latins, corrompus depuis des lustres selon lui par le verbalisme, le socialisme, l’anarchie et le césarisme ! Mais c’est plus compliqué. Car ce siècle de l’unification fut celui du règne de la quantité au sens guénonien, et l’on peut dire d’ailleurs que la belle Allemagne, celle de la musique et de la philosophie, de la poésie et du romantisme, prit fin avec son unité qui déboucha sur l’industrialisme, le socialisme et le bellicisme que l’on sait.

Gustave Le Bon encore, comme s’il avait prévu le nazisme :

 

« L’Allemagne moderne, malgré de trompeuses apparences de prospérité, en sera sans doute la première victime, à en juger par le succès des diverses sectes qui y pullulent. Le socialisme qui la ruinera sera sans doute revêtu de formules scientifiques rigides, bonnes tout au plus pour une société idéale que l’humanité ne produira jamais, mais ce dernier fils de la raison pure sera plus intolérant et plus redoutable que tous ses aînés. Aucun peuple n’est aussi bien préparé que l’Allemagne à le subir. Aucun n’a plus perdu aujourd’hui l’initiative, l’indépendance et l’habitude de se gouverner. »

 

 

 

Sources

 

Nicolas Bonnal – Chroniques sur la Fin de l’Histoire (Kindle)

Le Bon- Lois psychologiques de l’évolution des peuples

Leopold Kohr- the Breakdown of nations

Bakounine_ Lettre aux rédacteurs du Réveil, à Paris, octobre 1869 (inédit)