La phrase du jour (par Philippe Grasset) sur la carambouille américaine au jokari

 

 

La chute de l’influence des USA, sa décadence de puissance globale, la dissolution de ses lignes stratégiques de projection de forces se poursuit en accélérant, comme on le constate depuis 2015 et depuis l’intervention russe en Syrie. Pendant ce temps, à “D.C.-la-folle”, on se bat comme des chiffonniers pour savoir qui exerce le pouvoir, si le président ne pourrait pas être destitué, si l’on ne pourrait pas anéantir totalement soit la Corée du Nord soit l’Iran, soit les deux, à condition que l’on arrive à déterminer le mode de fonctionnement de l’emploi des armes nucléaires et si les généraux décident d’être prêts à obéir aux ordres (après avoir consulté leurs avocats).

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Les maîtres carrés (extrait)

 

 

Vrai chapitre cette fois : qu’est-ce que l’asinellisme ?

 

 

Nous sommes sur les grands boulevards, et il y a plein d’italiens. Il fait un temps de chien, avec de la nuit et des braillards.

Varions les rimes en Er, lecteur, du nom de cet illustre, de toi seul méconnu, personnage de la république de Platon : qu’allait-il faire de Horbiger ? Qu’allait-il faire dans cette galère ? Qu’allait-il faire dans ces panzers ? Qu’allait-il faire dans ce bunker ? Qu’allait-il faire dans ce Läger ? Ou qu’allait-il encore faire en cet Enfer, dans ces affaires, ou dans cette aire scolaire ?

C’est ce qui est donc arrivé à notre pauvre Silvain, enfermé dans l’école des cours particuliers avec ses joyeux cours. Nous devons retrouver Silvain, mais il est loin, dans le sud de cette Hexagonie. Il n’a pas plus été en contact avec Maubert au cours de l’enlèvement de ce dernier parqué par Pastrami – ou Panzani ? – dans son petit camp sexuel, modèle Geschlecht – et privé de messages. C’est donc Anne-Huberte qui de son cap Misène a asséné 124 SMS horaires – record d’Europe – pour s’occuper de Silvain captif de son horreur pour les horaires mais fasciné par une nouvelle philosophie transcendantale et occidentale, l’asinellisme.

Silvain est donc au sud, dans une principauté d’opérette dorée, un des pôles du Richistan, toute pleines d’argents immobilier et d’argents de police, planétarium des ultra-riches, les nouveaux dieux du monde mort.

 

L’argent mouvement autonome du non-vivant. L’argent mouvement autonome du non-vivant.

 

Les petits Gavnuks qui ont tous revêtus des casques de martiens, de Varègues et de Templiers sont alléchés à l’idée de retrouver Silvain qui sait plein de choses. Mais tout le monde bute sur ce mot : asinellisme, comme moi lecteur, qui ne sait que t’en dire.

Anne-Huberte n’en sait pas plus. Qu’est-ce que l’asinellisme, nous demandons-nous tous.

– C’est vrai quoi, tudieu, qu’est-ce que l’asinellisme ?

– C’est ce qui retient Silvain pour l’instant prisonnier dans la principauté.

– Cela on le sait, mais conceptuellement…

– Con quoi ?

– L’asinellisme est une science exceptionnelle réservée aux riches et aux idiots.

– Qui a dit ça ?

– C’est moi, Superscemo !

 

(…)

 

 

– Sono la piu bella. Sono la piu ricca.

– Benissimo, Asinella.

– La mia nonna ha speso tanti soldi per me. E la piu ricca delle nonne.

– Benissimo, Asinella.

– Sono anche la piu Bella della classe. Quest’inverno, ci andiamo a Megeve dove la mia nonna ha comprato un palazzo nuovo. Abbiamo quindici palazzi in Monte Carlo e dodici in Londra.

– Benissimo, Asinella.

– Sono la piu bella, sono la piu ricca. Quest’anno ho lasciato tutti i miei fidanzati. Troppo poveri, troppo brutti, troppo cattivi.

– Bon, au travail, bourrique.

– Ooooh, Silvain, t’es pas gentil.

Après cette ouverture que n’eût pas reniée Rameau, dont comme toi, lecteur, je n’ai plus de nouvelles depuis longtemps, ce dont je me repens, après cette ouverture dis-je, la leçon commença. Nous nous faisions le plus discrets possibles, quoique notre présence ne parût pas gêner la bougresse. Et ce fut un plaisir, prélude et non plus ouverture cette fois à la conférence grande.

– Deux et deux, Asinella ?

– ???

– Des deux et des deux ?

 

Un jury de blondes l’assistait par visioconférence. Le suspense régnait dans l’atmosphère, une harmonie sphérique comme n’en n’eût pas rêvé Pythagore. Nous restions pantois.

 

– C’est le crépuscule des deux…

– Asinella, combien de sous a ta nonna ?

– Je ne sais pas. Sono la piu ricca.

– Si elle avait deux milliards d’horions, combien cela ferait avec deux milliards d’horions de plus ?

– Quatre. Je ne sais compter qu’en millions. Sono la piu ricca.

 

Tout le monde acclama la réponse de la petite bergère de l’ultralibéralisme finissant qui savait compter en milliards, et pas en unités, comme tout cerveau sensé. Seules les blondes, à leur tête Kitzer, présidente de leur Blonde Academy, demandèrent que Silvain lui laissât une autre chance…

 

A suivre…

Officiel : le moqueur de recherche Google avoue qu’il censure Nicolas Bonnal mais lui souhaite un joyeux anniversaire !

Éric Schmidt, président éxécutif de la société mère de Google, Alphabet, a confirmé ce week-end que la plus grande société Internet du monde, en étroite coordination avec l’État, manipule les résultats de la recherche pour censurer les sites critiques du gouvernement américain.

Répondant à une question sur la « manipulation de l’information » sur Internet lors d’une participation au « Forum sur la sécurité internationale de Halifax », Schmidt a annoncé que Google travaillait sur des algorithmes qui « déclassent » les sites d’information russes RT (Russia Today) et Sputnik du service de nouvelles Google, bloquant effectivement l’accès des usagers aux deux sites.

Les remarques de Schmidt lors du rassemblement des responsables de la sécurité militaire et nationale confirment les accusations du World Socialist Web Site selon lesquelles Google aurait délibérément modifié ses algorithmes de recherche et pris d’autres mesures pour empêcher les gens d’accéder à certaines informations par ses moteurs de recherche. Le WSWS a lui-même été la cible principale de ces efforts.

Ces déclarations révèlent le mensonge de l’affirmation précédente de l’entreprise selon laquelle les changements apportés à son moteur de recherche visaient à « améliorer les résultats de recherche », et que ces changements étaient politiquement impartiaux.
En savoir plus sur http://reseauinternational.net/eric-schmidt-de-google-admet-quil-y-a-une-censure-politique-des-resultats-du-moteur-de-recherche/#Z8TBsQBri4SI666l.99

La bonne nouvelle du jour est que la France reste la cinquième puissance du monde et que Nicolas Bonnal a toujours raison : rien ne change depuis 1870 ! On est restés les premiers pour se plaindre et râler ! Allez les bleus !

Philippe Grasset et le comique troupier américain

Philippe Grasset et le comique troupier américain

Il y en a que l’ubris US affole, il y en a qu’elle amuse. Le micro-théâtre militaire US dont j’ai parlé après notre Emmanuel Todd dégénère en spectacle de Guignol et personne n’en rend mieux compte, verve à l’avenant, que Philippe. Quelques perles à rebours (si j’ose dire) !

 

D’abord l’armée US est en état d’insurrection :

« Il est de plus en plus difficile de ne pas considérer que certaines forces armées US, représentant certainement un mouvement de fond de la direction militaire, se trouvent théoriquement en état insurrectionnel vis-à-vis du pouvoir civil suprême (le président Trump, légalement élu et investi du pouvoir légitime de commandant-en-chef). Il est extrêmement difficile de ne pas placer la déclaration du Général Hyten de l’USAF et actuel commandant les forces stratégiques nucléaires US (Strategic Command, ou StratCom) dans la logique des déclarations déjà extraordinaires du Général à la retraite Keyser, qui commanda StratCom en 2011-2013, devant le Sénat lundi dernier. La même définition est employée (un “ordre illégal” pourtant venu du président qui est par définition l’autorité légale suprême, de lancer une frappe nucléaire) que le Général concerné pourrait refuser d’exécuter à cause de cette “illégalité”, si cette “illégalité” était avérée. »

En toute légalité on ne sait plus ce que cette légalité – ou illégalité – signifie. Tocqueville (on y reviendra) annonçait que la démocratie démolissait le langage, eh bien c’est fait, et c’est plus drôle que chez Orwell…

Après on a l’impression que le « evil » qui affole tout le temps un Craig Roberts fait tout simplement place au débile. Philippe :

« La déclaration de Hyten est au moins aussi extraordinaire que celle de Keyser, et bien entendu doit être placée dans sa continuité ; sauf que Hyten présente une explication absolument extravagante, puérile ou intentionnellement provocante par cette puérilité volontaire… lorsqu’il dit :

« Je donne un avis au président, il me dit ce que je dois faire. Et si c’est illégal, devinez ce qu’il arrive ? Je vais lui dire “Mr. le président, c’est illégal”. Et devinez ce qu’il arrive ? Il va me demander “Qu’est-ce qui serait légal ?” Et nous discuterons de diverses options, avec un ensemble de possibilités pour prendre en compte la situation telle qu’elle est, et c’est comme ça que ça marche. Ce n’est pas si compliqué. »

Plus loin, Hyten dit “Nous (généraux) ne sommes pas des gens stupides”. Il se trouve que nous non plus, les non-Généraux puisque commentateurs indépendants, et que cela nous permet de juger son explication comme “stupide” jusqu’à sembler presque comme une provocation. Un ordre de tir nucléaire est un ordre sans discussion ; l’ancien secrétaire à la défense Perry l’a rappelé, précisant que tout se joue en 3-4 minutes. »

Mais ce n’est pas fini : par-delà le bien et le mâle, alors que les éléphants du parti républicain Trump Donald énormément, on trouve la très divertissante et très psychopathe Nikki Haley. Voici sa dernière comète :

  • Deuxième cas, la dernière en date (avant beaucoup d’autres) de Nikki Haley, ambassadrice des USA à l’ONU. Le 17 novembre 2017, elle a déclaré à l’ONU que les USA n’avaient pas besoin de l’accord de l’ONU, et qu’ils s’en passeraient donc pour intervenir en Syrie puisque cette intervention se ferait au nom de la justice et de la responsabilité (des USA à faire régner partout la justice). Cette déclaration intervient trois jours après que le secrétaire à la défense Mattis ait déclaré que les USA entendaient rester en Syrie, où ils se trouvent d’ores et déjà (près de 5.000 soldats, selon une précision donnée accidentellement par un général du cru, à Central Command), et où ils se trouvent avec l’accord de l’ONU… Mais qu’importent ces divergences grossières entre membres au plus niveau d’un même gouvernement, la “légalité” fait que les USA font ce qui leur plaît et qu’eux-mêmes, les USA, ne savent pas très bien ce qu’ils font. »

Cela résume bien la situation : les USA lassés tout, même de la justice (Lamartine), n’en font qu’à leur tête, mais ils n’en n’ont plus.

La collusion des comploteurs civils et militaires n’empêchent pas la collision en pleine mer (Otan, suspends tes viols…) :

  • Tout cela déroule ses fastes dialectiques d’affirmation d’une vertueuse hybris et d’une puissance militaire d’une efficacité sans équivalent, alors que les navires de l’US Navy continuent à expérimenter des collisions avec la cinquième du genre cette année, toujours dans la même zone Asie-Pacifique, cette fois près du Japon. »

 

Un nouveau Kubrick, un docteur fol humour pour dépeindre tout cela ?

Pas de putsch en tout cas aux dernières nouvelles…

« Ainsi ces généraux ont-ils un comportement de putschistes dans l’hypothèse envisagé mais en vérité et selon leurs conceptions, ils ne font rien de semblable à un putsch et ils laissent entendre qu’il n’y a rien de la sorte qui se déroule dans leur comportement. Quant à Trump, Mattis, McMaster & Cie, chacun pour des raisons différentes sans doute, ils font jusqu’ici comme si rien de spécial ne se passait et ils se taisent. »

Mais alors quoi ? Du simulacre, selon Philippe…

« Leur politique à tous, les pseudo-putschistes et les autres, est faite de comportement, de posture, de communication, et en aucune façon d’actes. Le “coup en préparation” ou “le coup en train de se faire” est un simulacre qui se présente comme tel, une “simulation de coup”, presque comme un jeu-vidéo, et pourtant cela est commenté et dit en direct par des hommes qui ont les responsabilités qu’on sait, – et ainsi le simulacre est-il composé à l’aide de “faits-divers” qui, pris séparément, sont autant de vérités-de-situation ; le résultat, au bout du compte, est que le simulacre se révèle comme tel en ce sens qu’il ne dissimule plus qu’il l’est, que l’ontologie de simulacre qu’est notre époque éclate également comme telle et constitue un événement d’une puissance extrême. Le fait du simulacre, pris à son propre piège, ne peut plus prétendre tromper et devient une vérité-de-situation fondamentale. »