« C’est d’ailleurs à ce même peuple (et le rapprochement n’est certes pas fortuit) qu’est toujours confiée la conservation des vérités d’ordre ésotérique qui autrement risqueraient de se perdre, vérités qu’il est incapable de comprendre, assurément, mais qu’il n’en transmet cependant que plus fidèlement, même si elles doivent pour cela être recouvertes, elles aussi, d’un masque plus ou moins grossier ; et c’est là en somme l’origine réelle et la vraie raison d’être de tout « folklore », et notamment des prétendus « contes populaires ».

http://lesakerfrancophone.fr/rene-guenon-et-les-grands-esprits-pour-les-gilets-jaunes

Pourquoi Nicolas Bonnal aime Magnum

Entre la croix de Lorraine, les noms bien français et le retour de Jules Verne, célébrons nos émois des îles ! Saint Thomas tend la main à Nicolas, et Tahiti se berce au songe d’Hawaï ! heureusement que les séries américaines sont là pour vous rappeler d’être français !

Cette série a été créée par un ancien marine, Donald Bellisario. Il en a écrit lui-même les meilleurs épisodes. J’aimais bien Magnum (un peu trop loser parfois), et surtout ses copains, le british arrogant Higgins et le fidèle black en hélico. Hawaï était sur le point de crever comme toute île, mais il restait quelque chose. Très néo-noire d’inspiration, la série rendait hommage aux classiques du cinéma US (qui n’avaient que trente ans d’âge alors), et elle me plaisait pour la relation Orson Welles-Robin Masters et sa voix off. J’ai tout revu, et quelle qualité de dialogues ou de narration…

 

L’épisode avec Sharon Stone : j’en parlai au micro du regretté Gilbert Denoyan sur France-Inter, pour présenter ma damnation des stars (éditions Filipacchi). L’épisode dure une heure trente et il est nommé Echoes of the minds. La jeune actrice et belle, fascinante. Le personnage fait croire qu’il a une sœur qui la menace avant de se tuer sous les yeux de Thomas. Le thème du sosie, du double, (William Wilson de Poe, mais aussi la reine Guenièvre et le meilleur Hitchcock Vertigo) m’a toujours fasciné.

Le 4 juillet (Home from the sea) : magnifique épisode de survie. Thomas est renversé de son kayak en pleine mer et il survit vingt-quatre heures avant qu’on ne le récupère.  Il repense aux épreuves que lui infligeait son père militaire enfant. Cela lui maintient le moral et Higgins vient le sauver à temps.

Kapu : petite ile préservée ou vivent les indigènes. Mais une jeune hawaïenne s’éprend bien sûr du beau Thomas réfugié (!)  et blessé, et cela sème la zizanie au village. Ah, si on pouvait vivre vraiment en marge. Mais toujours un élément perturbateur, comme on dit à l’école, vient troubler notre situation pacifique (sic) initiale.

Paper war_ L’ascenseur : Thomas est coincé dans l’ascenseur avec Higgins qu’il accuse d’être Robin Masters. Il le prouve aussi. Robin est un dieu gnostique caché, celui auquel croit le grec quand saint Paul arrive à Athènes. Le non-personnage est fabuleux. Voix off d’Orson Welles dans les premiers épisodes. Et comme je parle de religion, je me demande si notre Higgins à tête de clergyman maniaque et tortionnaire n’a pas inventé Robin Masters, comme ces clergés qui inventent leurs dieux pour nous fouetter et pour nous soutirer…

Mad Buck Gibson : un écrivain vieux et toqué ne cesse de se casser le cou. Nihilisme et sport de l’extrême. Son ex-femme est jouée par Vera Miles, une actrice de John Ford, qui n’a pas la patience des anciennes femmes (je pense à son personnage dans la prisonnière du désert, et qui attend pendant cinq ans un rigolo qui ne revient pas, et ne lui écrit pas, ah les hommes ! Monde moderne… En attendant, en quelques secondes Vera Miles crève l’écran. Plusieurs stars antiques viennent renforcer l’atmosphère magique de la série, comme s’il s’agissait de dieux descendus de l’Olympe, en qui on ne croit plus, mais qui restent des dieux quand même. Hölderlin écrivait que les dieux existent peut-être, mais dans un autre monde, au-dessus de nos têtes…

Texas Ligthning : une hilarante aventurière, espionne soviétique, plus américaine que nature, tente de survivre, avec Thomas, à un milliardaire fou puis à la vie sauvage. Cette chevalière d’industrie-Potemkine est explosive. Quel dommage que Thomas ne l’épouse pas… Les personnages féminins sont souvent remarquables (Digger Doyle), et les amours ne durent pas.

J’ai vécu à Tahiti et j’ai retrouvé dans Magnum cette notion de solitude insulaire, tropicale, qu’on a dans les romans des plus grands – ceux du Joseph Conrad.

 

Magnum c’était aussi une manière élégante et discrète de dire adieu à la tradition cinématographique américaine (il y a même Sinatra dans un des épisodes). Depuis on patauge où l’on sait. Mais qui le sait ?

Nous acceptons la réalité parce que nous n’y croyons pas, dit Borges dans l’immortel. C’est le sujet des meilleurs Magnum.

J’espère vous avoir donné envie de reprendre ces drôles de recherches…

Nicolas Bonnal publie encore… C’est trop, arrêtez, Nicolas Bonnal !!!

Les paganismes au cinéma

 

Le paganisme au cinéma : vaste sujet, car le paganisme a  inspiré tous les cinémas populaires depuis un siècle. Les épopées, les grandes histoires d’amour, les récits d’aventures initiatiques ou de navigation (pour ne pas parler des voyages), les contes de fées, les récits fantastiques ont tous bien sûr une belle origine païenne que nous étudions ici.

Ce gros livre rassemble nos différentes études sur le paganisme au cinéma. Il démarre par une étude du phénomène culturel païen aux temps modernes de la culture industrielle, puis il étudie les cinématographies que nous avons jugées les plus intéressantes pour approcher ce sujet vaste et complexe, et surtout ignoré. On trouvera donc une étude des cinématographies française, anglo-saxonne et américaine ; et aussi une étude des cinémas soviétiques germanique et nippon, ces derniers nous ayant semblé les plus appropriés pour comprendre le phénomène païen.

 

Les lecteurs amateurs de science-fiction attendront un prochain ouvrage que nous consacrerons à ce genre important, que nous avons déjà évoqué dans nos livres sur Kubrick et sur Ridley Scott.

Nostalgie : Jules César et la destruction de la forêt gauloise

Jules César et la destruction de la forêt gauloise

 

La destruction du monde ne date pas d’hier. La destruction des forêts (par exemple du Vietnam) à la mode américaine non plus. La destruction de la nature a aussi des objectifs stratégiques et culturels.

La destruction des bois et des forêts qui recouvrirent le monde a été maintes fois commentée dans l’Antiquité, notamment par Ovide.

« Les pins abattus sur les montagnes n’étaient pas encore descendus sur l’océan pour visiter des plages inconnues. Les mortels ne connaissaient d’autres rivages que ceux qui les avaient vus naître. Les cités n’étaient défendues ni par des fossés profonds ni par des remparts. »

 

Grâce à une page de l’historien tchèque Venceslas Kruta, j’ai enfin découvert la Pharsale de Lucain, rival et martyr de Néron. Comme chez Tolkien on y trouve un bois sacré que va détruire César. Il est situé près de Massilia, ville alors phocéenne et prestigieuse pour sa résistance à César.

 

Je laisse la parole à Lucain (Pharsale, chant III, vers 400-430 environ) :

« Non loin de la ville était un bois sacré, dès longtemps inviolé, dont les branches entrelacées écartant les rayons du jour, enfermaient sous leur épaisse voûte un air ténébreux et de froides ombres. Ce lieu n’était point habité par les Pans rustiques ni par les Sylvains et les nymphes des bois. Mais il cachait un culte barbare et d’affreux sacrifices. Les autels, les arbres y dégouttaient de sang humain ; et, s’il faut ajouter foi à la superstitieuse antiquité, les oiseaux n’osaient s’arrêter sur ces branches ni les bêtes féroces y chercher un repaire ; la foudre qui jaillit des nuages évitait d’y tomber, les vents craignaient de l’effleurer. Aucun souffle n’agite leurs feuilles ; les arbres frémissent d’eux-mêmes. »

 

La forêt est fascinante et périlleuse. Mais vivante.

Lucain poursuit :

« Des sources sombres versent une onde impure ; les mornes statues des dieux, ébauches grossières, sont faites de troncs informes ; la pâleur d’un bois vermoulu inspire l’épouvante. L’homme ne tremble pas ainsi devant les dieux qui lui sont familiers. Plus l’objet de son culte lui est inconnu, plus il est formidable. »

Chez Dante aussi il y a des arbres qui saignent en enfer. Je cite mon livre sur Tolkien :

« Comme on aura compris, Dante arrive donc avec Virgile dans une forêt très obscure (nous sommes au chant XIII de l’Enfer). Dans un univers encore plus terrifiant, il dialogue avec des arbres, et il comprend le drame sanglant de ces troncs qui sont des âmes de suicidés punis :

 

« Ainsi que le bois vert pétille au milieu des flammes, et verse avec effort sa sève qui sort en gémissant, de même le tronc souffrant versait par sa blessure son sang et ses plaintes. Immobile, et saisi d’une froide terreur, je laisse échapper le rameau sanglant… Quand une âme furieuse a rejeté sa dépouille sanglante, le juge des Enfers la précipite au septième gouffre : elle tombe dans la forêt, au hasard ; et telle qu’une semence que la terre a reçue, elle germe et croît sous une forme étrangère. Arbuste naissant, elle se couvre de rameaux et de feuilles que les harpies lui arrachent sans cesse, ouvrant ainsi à la douleur et aux cris des voies toujours nouvelles… Chacune traînera sa dépouille dans cette forêt lugubre, où les corps seront tous suspendus : chaque tronc aura son cadavre (chant XIII de l’Enfer)… »

 

On repart sur Lucain (toujours cet étonnant chant III de la Pharsale) :

 

« Les antres de la forêt rendaient, disait-on, de longs mugissements ; les arbres déracinés et couchés par terre se relevaient d’eux-mêmes ; la forêt offrait, sans se consumer, l’image d’un vaste incendie ; et des dragons de leurs longs replis embrassaient les chênes. Les peuples n’en approchaient jamais. Ils ont fui devant les dieux. Quand Phébus est au milieu de sa course, ou que la nuit sombre enveloppe le ciel, le prêtre lui-même redoute ces approches et craint de surprendre le maître du lieu. »

 

On a ainsi les dragons et l’Apollon hyperboréen.

Mais survient César (lisez la Vie de Suétone pour rire un peu de lui). Il va agir comme le Saroumane de Tolkien, comme un agent du Mordor :
« Ce fut cette forêt que César ordonna d’abattre, elle était voisine de son camp, et comme la guerre l’avait épargnée, elle restait seule, épaisse et touffue, au milieu des monts dépouillés. »

Les hommes de César hésitent car on respecte alors encore un peu la forêt.

« à cet ordre, les plus courageux tremblent. La majesté du lieu les avait remplis d’un saint respect, et dès qu’ils frapperaient ces arbres sacrés, il leur semblait déjà voir les haches vengeresses retourner sur eux-mêmes. »

 

Et César prend même le risque de défier les divinités et de se maudire pour détruire le bois sacré :
« César voyant frémir les cohortes dont la terreur enchaînait les mains, ose le premier se saisir de la flache, la brandit, frappe, et l’enfonce dans un chêne qui touchait aux cieux. Alors leur montrant le fer plongé dans ce bois profané : « Si quelqu’un de vous, dit-il, regarde comme un crime d’abattre la forêt, m’en voilà chargé, c’est sur moi qu’il retombe. » Tous obéissent à l’instant, non que l’exemple les rassure, mais la crainte de César l’emporte sur celle des dieux. »

Lucain oublie les sacrifices humains et redevient lyrique :

« Aussitôt les ormes, les chênes noueux, l’arbre de Dodone, l’aune, ami des eaux, les cyprès, arbres réservés aux funérailles des patriciens ; virent pour la première fois tomber leur longue chevelure, et entre leurs cimes il se fit un passage à la clarté du jour. Toute la forêt tombe sur elle-même, mais en tombant elle se soutient et son épaisseur résiste à sa chute.
à cette vue tous les peuples de la Gaule gémirent
… le laboureur consterné vit dételer ses taureaux, et, obligé d’abandonner son champ, il pleura la perte de l’année. »

 

Le destin de la forêt sacrée est écrit :

 

« Les bois sacrés tombent, dit Lucain, et les forêts sont dépouillées de leur force… »

(Procumbunt nemora et spoliantur robore silvae)

Notre Ronsard s’en souviendra à sa gentille manière scolaire (Ecoute bûcheron…).

On cite notre Tacite pour terminer. Lui explique que la forêt est un temple pour les Germains :

« Emprisonner les dieux dans des murailles, ou les représenter sous une forme humaine, semble aux Germains trop peu digne de la grandeur céleste. Ils consacrent des bois touffus, de sombres forêts ; et, sous les noms de divinités, leur respect adore dans ces mystérieuses solitudes ce que leurs yeux ne voient pas  (« lucos ac nemora consecrant, deorumque nominibus appellant secretum illud, quod sola reverentia vident... »)

 

Les plus lucides auront reconnu le Seigneur des anneaux : on vous bande les yeux pour vous faire entrer dans la forêt de Lothlorien. Le nain et ses compagnons procèdent ainsi aveugles pour entrer dans le monde épargné de Galadriel.

 

 

Les meilleurs épisodes de Star Trek (Nicolas Bonnal prépare un livre sur Star Trek – et sur Sénèque d’ailleurs)

Star trek – les meilleurs épisodes

 

Créée par des as de l’aviation, des services secrets et de la maçonnerie initiatique (on évoqua les bnai’brith, chapeau si c’est vrai !), la série Star Trek nous a toujours émerveillés, au moins de 1967 à 1969. Enfin disponible à un prix raisonnable sur Amazon.co.uk., nous l’avons acquise et décidé d’écrire un livre sur cette série légendaire (la meilleure avec le prisonnier, tourné la même années), qui mêlera tout, ésotérisme, mythologie, bible, histoire, épopée, érotisme et même (pourquoi pas ?) raison. Embarquement immédiat pour les utopies gnostiques de la télé vision !

Mise en bouche avec nos dix épisodes préférés :

 

La ménagerie I et II

Un capitaine mutilé et handicapé veut revivre de superbes aventures amoureuses dans la planète des illusions. Spock décide de mutiner pour l’y emmener, car la vie n’est-elle pas un rêve (baroque en l’occurrence) ?

Métamorphose – Cochrane

Sublime épisode où l’on voit un nuage posséder un cosmonaute amoureusement. Il le fait survivre pendant des centaines d’années avant de pouvoir reprendre une forme humaine avec une belle mourante amenée par Kirk. « Je t’apparaîtrai sous la forme de la nuée », dit la Bible.

Charlie X

Un adolescent perdu, frustré aux grands pouvoirs devient tyran à bord du vaisseau. Son nom est-il une allusion à notre histoire de France ?

Fraternitaire

Une planète nazie, ni plus ni moins, créée par l’ancien professeur d’histoire de Kirk. Spock ajoute que ce fut «le système le plus efficace de l’histoire du monde ». Episode censuré en Allemagne.

Amok time – mal du pays

Saison des amours pour Spock. On découvre enfin la planète Vulcain, mélange de génie juif et chinois, et qui dégage pourtant une bonne barbarie ressourçant Kirk.

Apollon – Adonis

Notre préféré. Apollon existe et il regrette les hommes qu’il avait dessiné pour l’adorer, il tente alors de retenir l’équipage sur sa planète. Mais le capitaine Kirk n’est pas d’accord, avant de regretter sa prompte décision !

Unité M. Computer – Daystrom

Episode central, proche de 2001 ! L’ordinateur-Golem est installé à bord du vaisseau, et il détraque tout. Mais qui diable nous débarrasser de ces Golems dit-il nez perché dix heures par jours sur son écran d’ordinateur ?

Les derniers tyrans – space seed

Episode superbe avec l’acteur hispano-mexicain Montalban. Une race de surhommes rebelles est retrouvée et s’empare du vaisseau. On les en chasse, mais ils sortent la tête haute. Encore un épisode terriblement politiquement incorrect. Mais pourquoi donc ?

Requiem pour Mathusalem

L’homme éternel existe, il a été Brahms et Leonard de Vinci et d’autres aussi. Il a créé une planète de rêve mais souffre de solitude, alors il se fabrique des Schéhérazade. Mais comme les machines  blondes deviennent sentimentales…

La route de l’Eden.

On recrute des hippies de l’espace qui sèment la pagaille à bord. Spock ne les apprécie pas mais il aime et comprend leur quête spirituelle. Tous à Katmandou ! Nota : on se moque d’un certain Herbert, figure autoritaire, allusion rigolote à Marcuse bien sûr.

 

La belle lui fait une déclaration d’amour intellectuel : c’est Abélard et Héloïse en Ecosse. Elle sera fusillée au japon après avoir emprunté un nom… d’empreinte. Plus beau film de Wilder, le plus romantique, le plus platonique, et le plus nostalgique. Ach, la vieille Europe, les bonnes manières…

La vie privée de Sherlock Holmes. Billy Wilder. 1970. Musique de Miklos Rozsa.

Lecteurs, conte mégalithique du soir, à la mode de Maupassant

Le nostalgique

 

J’étais résolu à défier le baron. Ses sempiternelles litanies contre le temps présent, son arrogance colérique, sa mauvaise éduction et son fanatisme politique m’avaient profondément irrité. Certes j’avais comme d’autres profité de sa générosité paradoxale, de ses invitations répétées dans le domaine de D… et ses chasses de L… Mais c´était finalement au prix de mon honneur intellectuel, car comme les autres convives je devais renoncer à mon indépendance d’esprit et abjurer mes convictions idéologiques. Je m’étais donc résolu à le contredire pour une fois et à tourner en ridicule ses idées rétrogrades et réactionnaires.

L’occasion m’en fut bientôt donnée. Le baron avait réuni un aréopage serré d’amis ; nous avions chassé le cerf tout le jour et, après la curée, notre hôte avait voulu célébrer royalement, comme il disait avec insistance, son haut fait. Et pendant que la tête dégoulinante du cerf muait en nature morte ce qui avait été la table de la grande cuisine XIXème du château de D…, nous festoyions avec force boissons. Nous n’étions qu’une douzaine, tous d’ailleurs assez fourbus, plus par l’atmosphère de la nuit que par l’effort du jour. La nuit était tombée tôt et avait enveloppé un ciel déjà bien sombre. Nous étions dans le salon de chasse de la vieille demeure (qui ne me paraissait pas si vieille d’ailleurs), entourés de tapisseries et de trophées de chasse, sur de confortables fauteuils de cuir anglais. Au milieu de ce décor disparate et de la clarté pâle des chandelles, le baron reprit sa ritournelle contre la démocratie et la modernité.

 

  • Aujourd’hui, nous n’avons plus d’ordres… Je ne parle même pas de rétablir une société d’ordre… mais voyez le chaos qui s’installe partout à nos portes… cette barbarie… Vous avez vu ls événements…

 

C’était l’occasion que je guettais depuis des mois.

 

  • Mais enfin, baron, de quoi parlez-vous ?
  • Mais du désordre ! des émeutes !!
  • Vous parlez des petites manifestations dont les médias affolés nous rebattent les oreilles !

 

L’air pincé, le baron se vers une verre de cognac sans en proposer à ses hôtes.

 

  • Ah, parce que pour lui ce sont de bricoles… une garden-party !

 

Je poursuivis mon attaque.

 

  • Enfin, voyez la force des mouvements sociaux en 1968… et eux n’étaient guère violents non plus. Pensez aux combats de rue en Allemagne dans les années 30, au 6 février 34 et à ses dizaines de morts. Nous vivons dans une société moins violente, ennuyée, mais qui se fait des peurs soudaines, voilà tout.

 

Le baron se tut, l’air bien sombre. La conversation reprit, moins allègre. Mais il ne put se retenir bien longtemps, et lança une invective contre le déclin de la France.

 

  • Mais de quel déclin parlez-vous ? En 1936, la France était promise à un effondrement démographique sans précédent. On n’aurait compté que 36 millions de Français dans les années 50 ! En 1870, nous avions déjà été balayés par la Prusse et voyez les écrits des contemporains, le désespoir des écrivains, des penseurs de l’époque…
  • Toute époque peut se flatter de décliner, interrompit prudemment notre ami commun le vicomte de W…, qui tentait de soulager le débat.
  • Je suis paradoxalement bien d’accord, rugit le baron. Mais vous me parlez à chaque fois de la République, de l’époque républicaine et démocratique !!

 

Il avait rejeté sa crinière rousse. Sa haute taille et ses vêtements de chasseur lui conféraient un air que je qualifiai pas de léonin mais de canin. Il me faisait penser à une hyène. Je résolus de l’ajuster mieux encore : après tout, n’étions-nous pas à la saison des chasses ? Pendant qu’il jetait du bois dans sa cheminée (il avait congédié ses domestiques), je poursuivis mon offensive. Certains de nos proches nous faisaient signe d’arrêter, inquiets ou lassés par notre duel verbal.

 

  • C’est bien l’Empire bonapartiste qui nous menés au désastre, non ? Et jamais nous n’avons connu tant de succès que sous le jacobinisme. Et voyez les défaites de nos rois…

 

Il se retourna furieux un tison à la main. Une braise jaillit et retomba sur le vieux M… Elle clama les esprits un instant. On nous commanda plus de calme.

  • Non, non, non, dit le baron… Il faut aller jusqu’au bout, laissez-le, il faut aller jusqu’au bout…
  • Fontenoy, en 1745…
  • Merci !!
  • Est notre seule victoire en rase campagne contre les Anglais… Et vous voulez que je vous parle du déclin de la France au moment de Louis XIV, de ses famines, de ses trois millions de morts, de ses innombrables défaites, de ce roi enterré en cachette et de nuit, qui se voulait un nouveau… Pharaon ?

 

Je dodelinais de la tête en lui adressant ce dernier trait. Mais je poursuivais.

 

  • Et vous voulez que je vous parle des rois fous, de la lâcheté de Charles VII, de la guerre de cent ans, des défaites humiliantes dd Crécy, de Poitiers, d’Azincourt. Quelques Anglais tués pour des milliers de chevaliers Français !!
  • Tout de même… somnola un vieux larron de chasse. Nos cathédrales, nos châteaux…
  • Il y en a partout en Europe, grommelais-je. Visitez l’Europe, vous verrez bien !
  • Tout de même, le temps des rois… réagit un vieux compagnon du baron
  • Les rois vivent encore dans les pays protestants que vous n’aimez guère. Et de quel roi, de quelle favorite parlez-vous ?
  • Tout de même, vous exagérez…

 

Plusieurs convives se levèrent. Ils prétextèrent l’excès de chartreuse ou de cognac,

  • Tout le monde ici, je le vois, critique la République. Or nous avons tous fait nos humanités, que je sache. La république grecque, la république romaine, n’ont-elles pas été nos modèles ?
  • Ils truquaient les élections, ils corrompaient les électeurs, ils déclenchaient des guerres civiles !! hurla le baron.
  • Et bien de quoi vous plaignez-vous ?
  • Comment cela, de quoi je me plains ?

 

Je savourai par avance mon triomphe, obtenu de haute lutte devant ce parterre d’imbéciles qui se prenaient pour des gentilshommes.

 

  • Vous ne cessez de vous plaindre des temps présents, laudator temporis acti, laudateur des temps passés, comme on disait jadis dans l’ancienne Rome. Or vous voyez bien que nos démocraties ont moins de défauts… Et puis finalement, qu’auriez-vous préféré, dis-je en soulevant pompeusement mon verre ? Vivre à l’époque de Napoléon et envoyer vos fils mourir sur des champs de bataille ? Vivre à l’époque du bon président Poincaré et les envoyer mourir au champ d’honneur sous l’horrible motif de défendre la patrie ?
  • Là, vous exagérez… le patriotisme…
  • Un million et de mi de morts, trois millions de blessés, pour récupérer une Alsace qui est retombée depuis dans la sphère d’influence de l’Allemagne. Vous dites qu’il n’y a rien de plus beau que la patriotisme : mais ne préférez-vous pas envoyer vos fils étudier en Angleterre ou aux États-Unis ?

 

Le coup avait porté. Ces hommes fortunés avaient en effet pour la plupart envoyé leurs héritiers étudier dans de fameux MIT et autres universités très coûteuses outre-Atlantique. Le baron remuait lentement son verre : il ne me regardait même plus. Je l’avais vaincu : plus jamais il n’aurait l’audace de me défier sur le terrain des idées.

 

  • Non, c’est vrai… vous avez raison, murmura en baillant un des convives que ma morgue intellectuelle n’avait pas encore chassé du salon. On a tendance à idéaliser le passé…
  • Comme on a tendance à idéaliser son enfance, c’est très humain, ajoutais-je avec condescendance. En réalité, baron, ajoutais-je en soulevant une fois de plus mon verre, vous croyez au mythe de l’Age d’or.
  • Ah bon ?
  • Oui… les grecs, les romains idéalisaient le passé. Il rêvaient comme Hésiode en de temps meilleurs et bien passés. Et nous avons gardé de cette lecture païenne du monde (plusieurs sursautèrent, en dépit de l’heure avancée) toute une nostalgie politique qui souvent nous coûte très cher. Elle a fait le lit de tous les totalitarismes qui promettent des héros, des monts et des merveilles. Il n’y a rien de plus dangereux que de vouloir vivre avec des héros blonds de contes de fées.

 

Je me taisais enfin pour me resservir. En levant la tête je fus surpris de l’expression très concentrée et je dois dire maintenant un peu ricanante du baron. Il ne buvait plus, il baissait la tête en joignant nerveusement ses doigts. Les deux derniers convives se retirèrent, m’adressant une molle poignée de main, et un regard un peu attristé. Un lourd silence pesa, interrompu par la pendule.

 

  • Nous avons trop parlé, je pense. Je vais me retirer, si vous le permettez…
  • Non, non, cher ami… J’aime votre franchise, votre culture, vos paradoxes. Vous avez bien animé notre longue soirée. J’ai un cognac à vous faire goûter.

 

Le baron se leva et me servit, me demanda d’abandonner mon verre. Je me retirai quelques instants puis je rentrai dans la pièce. Il avait retrouvé toute sa sérénité. Et il me questionna.

 

  • Pourquoi d’après-vous nous avons tous gardé cette nostalgie de l’âge d’or ? Elle n’est pas liée à notre enfance, je pense ?
  • Certes non. Elle est liée à l’âge de la pierre polie. Avant la paysannerie, avant les guerres, quand nous n’étions que chasseurs, pêcheurs, cueilleurs, que nous ne connaissions ni patrie ni monarchie, simplement de petits groupes de survivants. Il y avait moins de maladies, et très peu de conflits. Ceux-ci sont apparus avec la propriété privée… avec les domaines… avec le progrès.
  • Ainsi donc, fit le baron avec une mine émerveillée, vous êtes comme Rousseau… un défenseur de la préhistoire.
  • A cette époque, il y a eu équilibre entre les populations et les ressources, sans avoir recours à des activités agricoles. C’est ce qu’on appelle l’âge d’or.
  • Vous êtes encore plus nostalgique que moi !!!

 

Il éclata de rire. Son rire me mit à l’aise, je voulus me lever. Mais je ne pus le faire. Je sentis que ma tête flanchait : j’avais dû trop boire, et je perdis conscience.

 

Il faisait froid. Je claquais des dents. J’ouvris les yeux sous un ciel noir et pluvieux.. je me levai douloureusement et constatai avec effroi que je portai un pagne. Je vis un paysage en pente. Je crus faire un rêve. Mais après les vérifications d’usage, il m´apparut que je vivais un cauchemar. J’entendis des pas, et de derrière un buisson apparut le baron, avec son garde-chasse. Ils étaient armés tous les deux. Il me regardait d’un air ricanant.

  • La bonne blague, hein ? On aime toujours autant le passé ?
  • Vous êtes un fou… je vous dénoncerai, j’ai des témoins…
  • Oh, vous avec énervé tout le monde, mon cher. Ecoutez, vous êtes à quelques lieues d’un village que vous connaissez. Retrouvez-le, et apprenez à ne plus vous moquer, et à avoir des idées vous aussi cohérentes. Vous vouliez de l’âge d’or ? Et bien, chassez maintenant !

 

Et sur ce mot cruel il se retira. Que pouvais-je bien dire maintenant ? Et surtout, que pourrais-je bien faire ?

 

 

Christianisme et végétarisme

Isidore de Séville et le végétarisme chrétien

 

On tue neuf milliards d’animaux par an dans les abattoirs américains. Et on finit malade…

La question est belle et complexe. On n’a pas besoin de chercher du bouddhisme ici non plus. Sénèque aussi méprise sa chair : « numquam me ista caro compellet ad metum », que cette chair ne me mène jamais à la peur

La chair est liée au péché et à la violence dans notre Tradition. On lit dans la Bible et on répète dans le latin de la Vulgate ces lignes transcendantes liées à l’épisode universel du Déluge :

 

« 11 Et la terre était corrompue devant Dieu, et la terre était pleine de violence,

12 Et Dieu regarda la terre, et voici, elle était corrompue, car toute chair avait corrompu sa voie sur la terre (omnis quippe caro corruperat viam suam super terram).

13 Et Dieu dit à Noé : La fin de toute chair est venue devant moi (Finis universæ carnis venit coram me), car la terre est pleine de violence à cause d’eux ; et voici, je vais les détruire avec la terre. »

 

Stéphane Boulc’h, universitaire belge, publie une exceptionnelle étude sur le régime monastique en 1997. Il écrit :

 

« Les viandes sont synonymes d’excès et de luxure, deux attitudes qui conduisent irrémédiablement à la corruption, à la souillure du corps et de l’âme. »

 

Dans notre tradition, mais pas seulement, la chair est liée à la corruption, à la viande et à la violence. J’ai évoqué ce problème dans mon livre sur le Graal, préfacé par Nicolas Richer, professeur à la Sorbonne. Le végétal est supérieur, lié au monastique, la viande sera liée à l’aristocrate et à la violence – à la chasse. Cela reflète la suprématie (en termes guénoniens) de l’ordre sacerdotal sur l’ordre militaire, du brahmane sur le ksatriya. Le risque de la dérive de Nemrod est omniprésent. Pensez au bois, à la pierre.

Le Julien de Flaubert cesse toute activité cynégétique et il devient un passeur végétarien qui se contente de bénir les violents.

Je profite de la belle étude de Stéphane Boulc’h :

 

« Epargnés par les pénitentiels, les végétaux bénéficient par ailleurs d’une très haute considération. Déjà, lorsqu’on s’en réfère à la tradition testamentaire, cela paraît être le cas. Ainsi, le paradis terrestre est-il strictement végétarien, et « toute bête de la terre, tout oiseau du ciel, tout ce qui remue sur la terre et qui a souffle de vie » reçoit-il pour nourriture « toute herbe mûrissante », « toute herbe qui porte sa semence sur toute la surface de la terre et tout arbre dont le fruit porte sa semence ». La position privilégiée d’une telle alimentation transpire d’ailleurs tout au long du Pentateuque. »

 

L’universitaire cite ensuite Isidore :

 

« Le haut Moyen Âge chrétien se fera l’écho de la conception biblique. Evoquant la Genèse, Isidore de Séville rappelle lui aussi que l’utilisation de la viande n’était pas permise initialement). Les Ecritures foisonnent d’exemples montrant combien durent se repentir ceux qui ne s’y conformaient pas. »

 

On le cite en latin, Isidore évoquent le déluge, toujours pour mon bon Simon qui se met au latin (faites de même si ce n’est fait) !

 

« Carnes autem et vinum post dilluvium hominibus in usum concessa siint : nam ab initio permissum non fuerat, nisi tantum illud, ut scriptum est.

 

Le végétarisme incarne alors un idéal spirituel :

 

« Pareille référence ne se discute pas; on comprend que dans l’esprit d’un docte, elle constitue l’idéal à atteindre. C’est, semble-t-il, le principal argument employé par St Ambroise en faveur de ce qu’il appelle une alimentation simple. Les « herbes », les potages ou les fruits sont ce que la nature apporte, ce que la bonté de Dieu a donné en premier, qu’aucun homme ne fait naître par le travail, ce qu’il reçoit gratuitement et ce qui agréablement vient répondre à ses besoins, à l’instar des oiseaux qui ne sèment pas, ne récoltent pas, ni n’entassent dans les greniers et que le Père céleste nourrit. »

 

On pense au locus amoenus de la tradition latine, au jardin premier, le Pardes de la tradition mondiale. »

 

Les raisons sont aussi plus pratiques (les moines sont toujours pratiques, retenez-bien cela) :

 

« Ces nourritures, ajoute-t-il, sont sobres et la frugalité et la parcimonie sont deux vertus exemplaires. De surcroît, elles sont saines et utiles, elles écartent les maladies et préservent des indigestions : elles sont en tout point radicalement opposées à celles qui proviennent des êtres vivants qui sont, pour leur part, sources de volupté et de luxure. »

 

Voici ce qu’on mange au Mont-Cassin :

 

« Au VIIIe siècle en effet, l’abbé Théodomar prétend que l’essentiel des menus pratiqués au monastère du Mont-Cassin se constitue de bouillies, de purées cuites et de légumes secs crus et macérés dans l’eau. Le mercredi et le vendredi, deux de ces plats sont préparés, trois les autres jours et l’on peut se nourrir également de pain et d’« herbes du jardin ».

 

Le repas carné, même s’il n’est pas interdit, peut menacer la santé et l’équilibre :

 

« Les aliments carnés ne semblent pas mauvais pour la santé physique de l’homme, puisqu’ils peuvent servir à la réconforter. En fait, s’ils sont défendus, écrit St Isidore, c’est parce qu’ils ont sur l’organisme des effets échauffants et nourrissent ainsi tous les vices ; comme le prétendait Ambroise de Milan, ils engendrent la luxure. Ils mettent en danger l’équilibre spirituel de la personne et, s’ils n’altèrent en rien ses capacités physiques, ils réveillent des envies corporelles qui écartent l’individu de ses aspirations vertueuses. L’ascétisme s’accommoderait mal de ces instincts charnels, aussi comprend-on, comme l’affirme la règle de St Fructueux, que l’abstinence de viande est utile et appropriée aux moines. »

 

La viande n’est pas « diabolique », mais il vaut mieux l’éviter :

 

« Ces derniers exemples viennent confirmer que l’aliment carné ne porte pas en lui-même ce qui le désavoue. Son abstinence n’a qu’un but mystique, et c’est le seul que l’on puisse légitimer. Entre autres activités mystiques, le jeûne apparaît chez certains auteurs comme un moyen de préparer son corps à un dessein spirituel. »

 

La viande est liée à la gloutonnerie (on ne sera jamais glouton en dévorant carottes et salades !) :

 

« Le carême est partout une des périodes lors de laquelle on montre le plus grand scrupule à accepter de la viande. En 653 à Tolède, il est arrêté qu’à moins d’être très malade ou très vieux et d’avoir obtenu une permission spéciale de son évêque, manger de la viande pendant ces jours sacrés est un acte de gloutonnerie contraire à la Sainte Communion. Afin d’expier sa faute, le coupable doit s’abstenir de goûter la viande une année entière. »

 

Le poisson est chaudement recommandé (pensez à l’anagramme IXTHUS, Jésus-Christ fils de Dieu en grec) :

 

« Apparemment rejetée du fait d’intérêts religieux, la viande se voit substituée par un autre aliment qui, à son tour, assume une valeur fortement mystique : le poisson. Ce n’est pas là une extrapolation de ma part, car St Isidore lui-même affirme qu’il peut être mangé parce que le Seigneur l’a admis après la résurrection et que ni le Sauveur, ni les apôtres ne l’interdisent. »

 

Piscem sane, quia eum post resurrectionem accepit Dominus, possumus manducare, écrit St Isidore dans ses De ecclesiasticis officiis !

 

Le Boulc’h écrit bellement :

 

« La tradition évangélique confère à cet aliment une légitimité qui le place à égalité avec les végétaux dans la haute considération que leur voue la culture occidentale du haut Moyen Âge. Très présent dans les habitudes iconographiques chrétiennes jusqu’au Ve siècle, le poisson a très vite été considéré par les premiers fidèles comme un des emblèmes du Christ, comme un symbole évoquant l’eucharistie. »

 

La viande est alors rapprochée pour ses risques du vin :

 

« A travers le vin, c’est naturellement ce que l’on redoute par-dessus tout.

On y lit qu’en suscitant l’ivresse, l’alcool (le vin en particulier) invite à la luxure, à l’irritation, à la colère. Il compromet l’équilibre de l’esprit, lui ôte toute conscience du mal et, de surcroît, ruine la santé. »

 

En réalité notre régime – ou notre diète, ou notre ascèse – nous prépare au paradis :

 

« S’y complaire rend les gens bons et vertueux. La vie terrestre s’en trouve améliorée et promue à être prolongée dans les cieux. C’est une imitation des vertus bibliques pour celui qui aspire au paradis ; une façon aussi d’appliquer un comportement et des valeurs qui sont celles de l’Au-delà: là-bas, il n’y a nul besoin de manger car la faim du corps disparaît. »

 

 

Bibliographie

 

Nicolas Bonnal – Perceval et la reine (Amazon.fr)

Saint Isidore – De ecclesiasticis officiis, lib. I, ch. XLV

Boulc’h Stéphane. Le repas quotidien des moines occidentaux du haut Moyen Âge. In: Revue belge de philologie et d’histoire, tome 75, fasc. 2, 1997.

Genèse, 6, 12-14

Flaubert – La légende de Saint-Julien l’Hospitalier