Orgies mondaines : la presse française cache tout, la presse US avoue… sur nos élites politiquement ERECT !

https://www.politico.com/story/2017/05/04/jeffrey-epstein-trump-lawsuit-sex-trafficking-237983

 

Philippe Alexandre parlait il y a vingt ans de la presse la plus soumise au pouvoir mondain, la française. Lisez vos classiques :

https://www.amazon.fr/Mitterrand-grand-initi%C3%A9-Nicolas-Bonnal/dp/2226126139/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1509703276&sr=8-1&keywords=bonnal+mitterrand+albin

Nicolas Bonnal publie encore… C’est trop, arrêtez, Nicolas Bonnal !!!

Les paganismes au cinéma

 

Le paganisme au cinéma : vaste sujet, car le paganisme a  inspiré tous les cinémas populaires depuis un siècle. Les épopées, les grandes histoires d’amour, les récits d’aventures initiatiques ou de navigation (pour ne pas parler des voyages), les contes de fées, les récits fantastiques ont tous bien sûr une belle origine païenne que nous étudions ici.

Ce gros livre rassemble nos différentes études sur le paganisme au cinéma. Il démarre par une étude du phénomène culturel païen aux temps modernes de la culture industrielle, puis il étudie les cinématographies que nous avons jugées les plus intéressantes pour approcher ce sujet vaste et complexe, et surtout ignoré. On trouvera donc une étude des cinématographies française, anglo-saxonne et américaine ; et aussi une étude des cinémas soviétiques germanique et nippon, ces derniers nous ayant semblé les plus appropriés pour comprendre le phénomène païen.

 

Les lecteurs amateurs de science-fiction attendront un prochain ouvrage que nous consacrerons à ce genre important, que nous avons déjà évoqué dans nos livres sur Kubrick et sur Ridley Scott.

Découvrez dans Tite-Live la prodigieuse épopée de Mucius Scaevola

Découvrez dans Tite-Live la prodigieuse épopée de Mucius Scaevola

 

 

Découvrez dans Tite-Live la prodigieuse épopée de Mucius Scaevola. La fin du somptueux texte de Tite-Live célèbre même la valeureuse attitude des femmes guerrières, Clélia ici !

 

 

Autorisé par le sénat, il cache un poignard sous ses vêtements, et part. (6) Dès qu’il est arrivé, il se jette dans le plus épais de la foule qui se tenait près du tribunal de Porsenna. (7) On distribuait alors la solde aux troupes ; un secrétaire était assis près du roi, vêtu à peu près de la même manière, et, comme il expédiait beaucoup d’affaires, que c’était à lui que les soldats s’adressaient, Mucius, craignant que s’il demandait qui des deux était Porsenna, il ne se fît découvrir en laissant voir son ignorance, s’abandonna au caprice de la fortune, et tua le secrétaire au lieu du prince. (8) Il se retirait au milieu de la foule effrayée, s’ouvrant un chemin avec son fer ensanglanté, lorsque, au cri qui s’éleva au moment du meurtre, les gardes du roi accoururent, le saisirent, et le menèrent devant le tribunal. Là, sans défense et au milieu des plus terribles menaces du destin, bien loin d’être intimidé, il était encore un objet de terreur. (9) « Je suis un citoyen romain, dit-il ; on m’appelle Gaius Mucius. Ennemi, j’ai voulu tuer un ennemi, et je ne suis pas moins prêt à recevoir la mort que je ne l’étais à la donner. Agir et souffrir en homme de cœur est le propre d’un Romain. (10) Et je ne suis pas le seul que ces sentiments animent. Beaucoup d’autres, après moi, aspirent au même honneur. Apprête-toi donc, si tu crois devoir le faire, à combattre pour ta vie à chaque heure du jour. Tu rencontreras un poignard et un ennemi jusque sous le vestibule de ton palais. (11)Cette guerre, c’est la jeunesse de Rome, c’est nous qui te la déclarons. Tu n’as à craindre aucun combat, aucune bataille. Tout se passera de toi à chacun de nous. »

(12) Alors le roi, tout à la fois enflammé de colère et épouvanté du danger qu’il court, ordonne que Mucius soit environné de flammes, et le menace de l’y faire périr s’il ne se hâte de lui découvrir le complot mystérieux dont il cherche à l’effrayer. (13) « Vois, lui répliqua Mucius, vois combien le corps est peu de chose pour ceux qui n’ont en vue que la gloire. » Et en même temps il pose sa main sur un brasier allumé pour le sacrifice, et la laisse brûler comme s’il eût été insensible à la douleur. Étonné de ce prodige de courage, le roi s’élance de son trône, et, ordonnant qu’on éloigne Mucius de l’autel : (14) « Pars, lui dit-il, toi qui ne crains pas de te montrer encore plus ton ennemi que le mien. J’applaudirais à ton courage s’il était destiné à servir ma patrie. Va, je n’userai point des droits que me donne la guerre : je te renvoie libre, ta personne est désormais inviolable. » (15) Alors Mucius, comme pour reconnaître tant de générosité : « Puisque tu sais, dit-il, honorer le courage, tu obtiendras de moi, par tes bienfaits, ce que tu n’as pu obtenir par tes menaces. Nous sommes trois cents, l’élite de la jeunesse romaine, qui avons juré ta mort. (16) Le sort m’a désigné le premier ; les autres viendront à leur tour, et tu les verras tous successivement, jusqu’à ce que l’un d’eux ait trouvé l’occasion favorable. »

Exploit de Clélie[modifier]

13[modifier]

(1) En renvoyant Mucius, à qui la perte de sa main droite fit donner, dans la suite, le nom de Scaevola, Porsenna ordonne à des ambassadeurs de le suivre à Rome. (2) Le danger qu’il venait de courir, et dont la méprise de son meurtrier l’avait seule préservé, et plus encore ce combat qu’il aurait à soutenir tant qu’il resterait un seul des conjurés, l’avaient tellement ému qu’il fit, de son propre mouvement, des propositions de paix aux Romains. (3) Il chercha vainement à mettre au nombre des conditions le rétablissement de la famille royale, et, s’il le fit, ce fut plutôt parce qu’il ne pouvait refuser cette démarche aux Tarquins, que dans la conviction qu’il n’éprouverait point un refus. (4) La restitution du territoire de Véies fut consentie, et les Romains se virent obligés de livrer des otages pour obtenir l’évacuation du Janicule. La paix conclue à ces conditions, Porsenna retira ses troupes de ce poste, et sortit du territoire de Rome.

(5) Le sénat, pour récompenser l’héroïsme de Gaius Mucius, lui donna, au-delà du Tibre, des terres qui, depuis, ont été appelées de son nom, Prés de Mucius. (6) Cet honneur, accordé au courage, excita les femmes à mériter aussi les distinctions publiques. Comme le camp des Étrusques n’était pas très éloigné des bords du Tibre, Clélie, l’une des jeunes Romaines livrées en otage, trompe les sentinelles, et, se mettant à la tête de ses compagnes, traverse le fleuve au milieu des traits ennemis, et, sans qu’aucune d’elles eût été blessée, elle les ramène à Rome, et les rend à leurs familles. (7) À la nouvelle de cette évasion, le roi, indigné, envoie à Rome pour réclamer Clélie, sans paraître tenir beaucoup aux autres ; (8) mais bientôt, passant de la colère à l’admiration, et mettant ce trait d’audace au-dessus des actions des Coclès et des Mucius, il déclare que si on ne lui rend pas son otage, il regardera le traité comme rompu ; mais que si on la remet en son pouvoir, il la renverra à ses concitoyens sans lui faire essuyer aucun mauvais traitement. (9) On tint parole de part et d’autre : les Romains, conformément au traité, rendirent à Porsenna les gages de la paix ; et de son côté, le roi des Étrusques voulut que non seulement la vertu fût en sûreté auprès de lui, mais qu’elle y fût même honorée. Après avoir donné des éloges à Clélie, il lui fit présent d’une partie des otages, et lui en abandonna le choix.

 

Nostalgie : Jules César et la destruction de la forêt gauloise

Jules César et la destruction de la forêt gauloise

 

La destruction du monde ne date pas d’hier. La destruction des forêts (par exemple du Vietnam) à la mode américaine non plus. La destruction de la nature a aussi des objectifs stratégiques et culturels.

La destruction des bois et des forêts qui recouvrirent le monde a été maintes fois commentée dans l’Antiquité, notamment par Ovide.

« Les pins abattus sur les montagnes n’étaient pas encore descendus sur l’océan pour visiter des plages inconnues. Les mortels ne connaissaient d’autres rivages que ceux qui les avaient vus naître. Les cités n’étaient défendues ni par des fossés profonds ni par des remparts. »

 

Grâce à une page de l’historien tchèque Venceslas Kruta, j’ai enfin découvert la Pharsale de Lucain, rival et martyr de Néron. Comme chez Tolkien on y trouve un bois sacré que va détruire César. Il est situé près de Massilia, ville alors phocéenne et prestigieuse pour sa résistance à César.

 

Je laisse la parole à Lucain (Pharsale, chant III, vers 400-430 environ) :

« Non loin de la ville était un bois sacré, dès longtemps inviolé, dont les branches entrelacées écartant les rayons du jour, enfermaient sous leur épaisse voûte un air ténébreux et de froides ombres. Ce lieu n’était point habité par les Pans rustiques ni par les Sylvains et les nymphes des bois. Mais il cachait un culte barbare et d’affreux sacrifices. Les autels, les arbres y dégouttaient de sang humain ; et, s’il faut ajouter foi à la superstitieuse antiquité, les oiseaux n’osaient s’arrêter sur ces branches ni les bêtes féroces y chercher un repaire ; la foudre qui jaillit des nuages évitait d’y tomber, les vents craignaient de l’effleurer. Aucun souffle n’agite leurs feuilles ; les arbres frémissent d’eux-mêmes. »

 

La forêt est fascinante et périlleuse. Mais vivante.

Lucain poursuit :

« Des sources sombres versent une onde impure ; les mornes statues des dieux, ébauches grossières, sont faites de troncs informes ; la pâleur d’un bois vermoulu inspire l’épouvante. L’homme ne tremble pas ainsi devant les dieux qui lui sont familiers. Plus l’objet de son culte lui est inconnu, plus il est formidable. »

Chez Dante aussi il y a des arbres qui saignent en enfer. Je cite mon livre sur Tolkien :

« Comme on aura compris, Dante arrive donc avec Virgile dans une forêt très obscure (nous sommes au chant XIII de l’Enfer). Dans un univers encore plus terrifiant, il dialogue avec des arbres, et il comprend le drame sanglant de ces troncs qui sont des âmes de suicidés punis :

 

« Ainsi que le bois vert pétille au milieu des flammes, et verse avec effort sa sève qui sort en gémissant, de même le tronc souffrant versait par sa blessure son sang et ses plaintes. Immobile, et saisi d’une froide terreur, je laisse échapper le rameau sanglant… Quand une âme furieuse a rejeté sa dépouille sanglante, le juge des Enfers la précipite au septième gouffre : elle tombe dans la forêt, au hasard ; et telle qu’une semence que la terre a reçue, elle germe et croît sous une forme étrangère. Arbuste naissant, elle se couvre de rameaux et de feuilles que les harpies lui arrachent sans cesse, ouvrant ainsi à la douleur et aux cris des voies toujours nouvelles… Chacune traînera sa dépouille dans cette forêt lugubre, où les corps seront tous suspendus : chaque tronc aura son cadavre (chant XIII de l’Enfer)… »

 

On repart sur Lucain (toujours cet étonnant chant III de la Pharsale) :

 

« Les antres de la forêt rendaient, disait-on, de longs mugissements ; les arbres déracinés et couchés par terre se relevaient d’eux-mêmes ; la forêt offrait, sans se consumer, l’image d’un vaste incendie ; et des dragons de leurs longs replis embrassaient les chênes. Les peuples n’en approchaient jamais. Ils ont fui devant les dieux. Quand Phébus est au milieu de sa course, ou que la nuit sombre enveloppe le ciel, le prêtre lui-même redoute ces approches et craint de surprendre le maître du lieu. »

 

On a ainsi les dragons et l’Apollon hyperboréen.

Mais survient César (lisez la Vie de Suétone pour rire un peu de lui). Il va agir comme le Saroumane de Tolkien, comme un agent du Mordor :
« Ce fut cette forêt que César ordonna d’abattre, elle était voisine de son camp, et comme la guerre l’avait épargnée, elle restait seule, épaisse et touffue, au milieu des monts dépouillés. »

Les hommes de César hésitent car on respecte alors encore un peu la forêt.

« à cet ordre, les plus courageux tremblent. La majesté du lieu les avait remplis d’un saint respect, et dès qu’ils frapperaient ces arbres sacrés, il leur semblait déjà voir les haches vengeresses retourner sur eux-mêmes. »

 

Et César prend même le risque de défier les divinités et de se maudire pour détruire le bois sacré :
« César voyant frémir les cohortes dont la terreur enchaînait les mains, ose le premier se saisir de la flache, la brandit, frappe, et l’enfonce dans un chêne qui touchait aux cieux. Alors leur montrant le fer plongé dans ce bois profané : « Si quelqu’un de vous, dit-il, regarde comme un crime d’abattre la forêt, m’en voilà chargé, c’est sur moi qu’il retombe. » Tous obéissent à l’instant, non que l’exemple les rassure, mais la crainte de César l’emporte sur celle des dieux. »

Lucain oublie les sacrifices humains et redevient lyrique :

« Aussitôt les ormes, les chênes noueux, l’arbre de Dodone, l’aune, ami des eaux, les cyprès, arbres réservés aux funérailles des patriciens ; virent pour la première fois tomber leur longue chevelure, et entre leurs cimes il se fit un passage à la clarté du jour. Toute la forêt tombe sur elle-même, mais en tombant elle se soutient et son épaisseur résiste à sa chute.
à cette vue tous les peuples de la Gaule gémirent
… le laboureur consterné vit dételer ses taureaux, et, obligé d’abandonner son champ, il pleura la perte de l’année. »

 

Le destin de la forêt sacrée est écrit :

 

« Les bois sacrés tombent, dit Lucain, et les forêts sont dépouillées de leur force… »

(Procumbunt nemora et spoliantur robore silvae)

Notre Ronsard s’en souviendra à sa gentille manière scolaire (Ecoute bûcheron…).

On cite notre Tacite pour terminer. Lui explique que la forêt est un temple pour les Germains :

« Emprisonner les dieux dans des murailles, ou les représenter sous une forme humaine, semble aux Germains trop peu digne de la grandeur céleste. Ils consacrent des bois touffus, de sombres forêts ; et, sous les noms de divinités, leur respect adore dans ces mystérieuses solitudes ce que leurs yeux ne voient pas  (« lucos ac nemora consecrant, deorumque nominibus appellant secretum illud, quod sola reverentia vident... »)

 

Les plus lucides auront reconnu le Seigneur des anneaux : on vous bande les yeux pour vous faire entrer dans la forêt de Lothlorien. Le nain et ses compagnons procèdent ainsi aveugles pour entrer dans le monde épargné de Galadriel.

 

 

Il est tard alors, bénis lecteurs, invoquons le matin en prenant le Thoreau par les cornes ! Lira bien qui rira le dernier !

Thoreau et le matin royal (Walden, p.94)

 

 

Le matin ramène les âges héroïques. Le léger bourdonnement du moustique en train d’accomplir son invisible et inconcevable tour… me causait tout autant d’émotion que l’eût pu faire nulle trompette qui jamais chanta la renommée. C’était le requiem d’Homère ; lui-même une Iliade et Odyssée dans l’air, chantant son ire à lui et ses courses errantes. Il y avait là quelque chose de cosmique ; un avis constant jusqu’à plus ample informé, de l’éternelle vigueur et fertilité du monde. Le matin, qui est le plus notable moment du jour, est l’heure du réveil. C’est alors qu’il est en nous le moins de somnolence ; et pendant une heure, au moins, se tient éveillée quelque partie de nous-mêmes, qui tout le reste du jour et de la nuit sommeille.

Morning brings back the heroic ages. I was as much affected by the faint burn of a mosquito making its invisible and unimaginable tour through my apartment at earliest dawn, when

I was sitting with door and windows open, as I could be by any trumpet that ever sang of fame. It was Homer’s requiem; itself an Iliad and Odyssey in the air, singing its own wrath and wanderings.

There was something cosmical about it; a standing advertisement, till forbidden, of the everlasting vigor and fertility of the world.

Nicolas Bonnal cartonne avec Virgile sur Reseauinternational.net !

Sommet de la littérature universelle, la description du bouclier dessiné par Vulcain comprend comme on sait, dans sa deuxième partie, une description de la bataille d’Actium. L’Enéide est ma lecture de chevet et je ne saurais trop recommander aux latinistes pas trop rouillés les nombreuses traductions juxtalinéaires de ce prodigieux texte (l’hypertexte louvaniste par exemple). Ici on est à la fin du chant VIII, vers 671-732.

Ici ce qui m’a intéressé c’est le choc orient-occident. Virgile ne voit pas cette fameuse bataille comme un choc Octave-Antoine mais comme un choc orient-occident. C’est un choc culturel, spirituel, racial même, que « le plus grand génie de l’humanité » (Paul Claudel) met en scène il y a deux mille ans.

On lit le maître des maîtres :

« Au centre, la mer se gonflait à perte de vue, sur fond d’or ; mais les vagues, d’un bleu sombre, dressaient leur crête blanchissante d’écume. De clairs dauphins d’argent, qui nageaient en rond, balayaient de leurs queues la surface des eaux et fendaient les remous. Au milieu on pouvait voir les flottes d’airain, la bataille d’Actium, tout Leucate bouillonner sous ces armements de guerre, et les flots resplendir des reflets de l’or. »

On oppose occident et orient, sur un ton pas très guénonien :

« D’un côté César Auguste entraîne au combat l’Italie avec le Sénat et le peuple, les Pénates et les Grands Dieux. Il est debout sur une haute poupe ; ses tempes heureuses lancent une double flamme ; l’astre paternel se découvre sur sa tête. Non loin, Agrippa, que les vents et les dieux secondent, conduit de haut son armée ; il porte un superbe insigne de guerre, une couronne navale ornée de rostres d’or. »

Je n’ai pas la place d’expliciter les détails. Mais les dieux se sentent concernés !

L’orient et son lexique du chaos maintenant (souvenons-nous que le journal Le Monde voudrait faire interdire Virgile pour fascisme ; on y arrivera…) :

« De l’autre côté, avec ses forces barbares et sa confusion d’armes, Antoine, revenu vainqueur des peuples de l’Aurore et des rivages de la mer Rouge, traîne avec lui l’Égypte, les troupes de l’Orient, le fond de la Bactriane ; ô honte ! sa femme, l’Égyptienne, l’accompagne. »

En latin, ces vers incomparables :

Aegyptum uiresque Orientis et ultima secum

Bactra uehit, sequiturque nefas Aegyptia coniunx

On reprend :

« Tous se ruent à la fois, et toute la mer déchirée écume sous l’effort des rames et sous les tridents des rostres. Ils gagnent le large ; on croirait que les Cyclades déracinées nagent sur les flots ou que des montagnes y heurtent de hautes montagnes, tant les poupes et leurs tours chargées d’hommes s’affrontent en lourdes masses. Les mains lancent l’étoupe enflammée ; les traits répandent le fer ailé ; les champs de Neptune rougissent sous ce nouveau carnage. »

Les champs de Neptune, je le dis sobrement,  sont un magnifique Kenning pour désigner la mer. Pour étudier cette notion soi-disant islandaise, on se reportera à l’étude de Borges (dans son histoire de l’éternité) – qui ignora toujours trop nos classiques.

Virgile oppose les dieux de l’ouest et ceux de l’Egypte, à tête de monstres (omnigenumque deum monstra) :

« La Reine, au milieu de sa flotte, appelle ses soldats aux sons du sistre égyptien et ne voit pas encore derrière elle les deux vipères. Les divinités monstrueuses du Nil et l’aboyeur Anubis combattent contre Neptune, Vénus, Minerve. La fureur de Mars au milieu de la mêlée est ciselée dans le fer, et les tristes Furies descendent du ciel. Joyeuse, la Discorde passe en robe déchirée, et Bellone la suit avec un fouet sanglant. »

Apollon l’hyperboréen va intervenir – et Virgile de nommer des peuples actuels (présent perpétuel, quand tu nous tiens…) :

D’en haut, Apollon d’Actium regarde et bande son arc (arcum tendebat Apollo). Saisis de terreur, tous, Égyptiens, Indiens, Arabes, Sabéens, tournaient le dos. On voyait la Reine elle-même invoquer les vents, déployer ses voiles, lâcher de plus en plus ses cordages. L’Ignipotent l’avait montrée, au milieu du massacre, emportée par les flots et l’Iapyx, toute pâle de sa mort prochaine »

Virgile personnifie le Nil (magno maerentem corpore Nilum) :

« En face, douloureux, le Nil au grand corps, ouvrant les plis de sa robe déployée, appelait les vaincus dans son sein azuré et les retraites de ses eaux. »

Virgile décrit ensuite le triomphe :

« César cependant, ramené dans les murs de Rome par un triple triomphe, consacrait aux dieux italiens, hommage immortel, trois cents grands temples dans toute la ville. Les rues bruissaient de joie, de jeux, d’applaudissements. Tous les sanctuaires ont un chœur de matrones ; tous, leurs autels ; et devant ces autels les jeunes taureaux immolés jonchent la terre.

Auguste, assis sur le seuil de neige éblouissant du temple d’Apollon, reconnaît les présents des peuples et les fait suspendre aux opulents portiques. Les nations vaincues s’avancent en longue file, aussi diverses par les vêtements et les armes que par le langage. »

Ce défilé une fois pacifié (l’ennemi est momentanément craint), on évoque la mondialisation et la grande unification du monde sous le sceptre romain :

« Ici Vulcain avait sculpté les tribus des Nomades et les Africains à la robe flottante ; là, les Lélèges, les Carions et les Gelons porteurs de flèches ; l’Euphrate roulait des flots apaisés ; puis c’étaient les Morins de l’extrémité du monde, le Rhin aux deux cornes, les Scythes indomptés et l’Araxe que son pont indigne. »

Notre poète cosmique termine sur une note Enéide optimiste :

« Voilà ce que sur le bouclier de Vulcain, don de sa mère,

Énée admire Talia per clipeum Volcani, dona parentis, miratur). Il ne connaît pas ces choses ; mais les images l’en réjouissent, et il charge sur ses épaules les destins et la gloire de sa postérité. »

Nicolas Bonnal

Sources

Virgile – Enéide, traduction André Bellessort (ebooksgratuits.com)

Bibliotheca Classica Selecta – Énéide – Chant VIII (Plan) – Hypertexte louvaniste
En savoir plus sur http://reseauinternational.net/virgile-et-le-choc-orient-occident/#JzREqAwLMXo7mGDl.99

Le bouclier de Virgile et le choc orient-occident

Virgile et le choc orient-occident

 

Sommet de la littérature universelle, la description du bouclier dessiné par Vulcain comprend comme on sait, dans sa deuxième partie, une description de la bataille d’Actium. L’Enéide est ma lecture de chevet et je ne saurais trop recommander aux latinistes pas trop rouillés les nombreuses traductions juxtalinéaires de ce prodigieux texte (l’hypertexte louvaniste par exemple). Ici on est à la fin du chant VIII, vers 671-732.

 

Ici ce qui m’a intéressé c’est le choc orient-occident. Virgile ne voit pas cette fameuse bataille comme un choc Octave-Antoine mais comme un choc orient-occident. C’est un choc culturel, spirituel, racial même, que « le plus grand génie de l’humanité » (Paul Claudel) met en scène il y a deux mille ans.

 

On lit le maître des maîtres :

 

« Au centre, la mer se gonflait à perte de vue, sur fond d’or ; mais les vagues, d’un bleu sombre, dressaient leur crête blanchissante d’écume. De clairs dauphins d’argent, qui nageaient en rond, balayaient de leurs queues la surface des eaux et fendaient les remous. Au milieu on pouvait voir les flottes d’airain, la bataille d’Actium, tout Leucate bouillonner sous ces armements de guerre, et les flots resplendir des reflets de l’or. »

 

On oppose occident et orient, sur un ton pas très guénonien :

 

« D’un côté César Auguste entraîne au combat l’Italie avec le Sénat et le peuple, les Pénates et les Grands Dieux. Il est debout sur une haute poupe ; ses tempes heureuses lancent une double flamme ; l’astre paternel se découvre sur sa tête. Non loin, Agrippa, que les vents et les dieux secondent, conduit de haut son armée ; il porte un superbe insigne de guerre, une couronne navale ornée de rostres d’or. »

 

Je n’ai pas la place d’expliciter les détails. Mais les dieux se sentent concernés !

 

 

L’orient et son lexique du chaos maintenant (souvenons-nous que le journal Le Monde voudrait faire interdire Virgile pour fascisme ; on y arrivera…) :

 

« De l’autre côté, avec ses forces barbares et sa confusion d’armes, Antoine, revenu vainqueur des peuples de l’Aurore et des rivages de la mer Rouge, traîne avec lui l’Égypte, les troupes de l’Orient, le fond de la Bactriane ; ô honte ! sa femme, l’Égyptienne, l’accompagne. »

 

En latin, ces vers incomparables :

 

Aegyptum uiresque Orientis et ultima secum

Bactra uehit, sequiturque nefas Aegyptia coniunx

 

On reprend :

 

« Tous se ruent à la fois, et toute la mer déchirée écume sous l’effort des rames et sous les tridents des rostres. Ils gagnent le large ; on croirait que les Cyclades déracinées nagent sur les flots ou que des montagnes y heurtent de hautes montagnes, tant les poupes et leurs tours chargées d’hommes s’affrontent en lourdes masses. Les mains lancent l’étoupe enflammée ; les traits répandent le fer ailé ; les champs de Neptune rougissent sous ce nouveau carnage. »

 

Les champs de Neptune, je le dis sobrement,  sont un magnifique Kenning pour désigner la mer. Pour étudier cette notion soi-disant islandaise, on se reportera à l’étude de Borges (dans son histoire de l’éternité) – qui ignora toujours trop nos classiques.

Virgile oppose les dieux de l’ouest et ceux de l’Egypte, à tête de monstres (omnigenumque deum monstra) :

 

« La Reine, au milieu de sa flotte, appelle ses soldats aux sons du sistre égyptien et ne voit pas encore derrière elle les deux vipères. Les divinités monstrueuses du Nil et l’aboyeur Anubis combattent contre Neptune, Vénus, Minerve. La fureur de Mars au milieu de la mêlée est ciselée dans le fer, et les tristes Furies

descendent du ciel. Joyeuse, la Discorde passe en robe déchirée,

et Bellone la suit avec un fouet sanglant. »

 

Apollon l’hyperboréen va intervenir – et Virgile de nommer des peuples actuels (présent perpétuel, quand tu nous tiens…) :

 

D’en haut, Apollon d’Actium regarde et bande son arc (arcum tendebat Apollo). Saisis de terreur, tous, Égyptiens, Indiens, Arabes, Sabéens, tournaient le dos. On voyait la Reine elle-même invoquer les vents, déployer ses voiles, lâcher de plus en plus ses cordages. L’Ignipotent l’avait montrée, au milieu du massacre, emportée par les flots et l’Iapyx, toute pâle de sa mort prochaine »

 

Virgile personnifie le Nil (magno maerentem corpore Nilum) :

 

« En face, douloureux, le Nil au grand corps, ouvrant les plis de sa robe déployée, appelait les vaincus dans son sein azuré et les retraites de ses eaux. »

 

Virgile décrit ensuite le triomphe :

 

« César cependant, ramené dans les murs de Rome par un triple triomphe, consacrait aux dieux italiens, hommage immortel, trois cents grands temples dans toute la ville. Les rues bruissaient de joie, de jeux, d’applaudissements. Tous les sanctuaires ont un chœur de matrones ; tous, leurs autels ; et devant ces autels les jeunes taureaux immolés jonchent la terre.

Auguste, assis sur le seuil de neige éblouissant du temple d’Apollon, reconnaît les présents des peuples et les fait suspendre aux opulents portiques. Les nations vaincues s’avancent en longue file, aussi diverses par les vêtements et les armes que par le langage. »

 

Ce défilé une fois pacifié (l’ennemi est momentanément craint), on évoque la mondialisation et la grande unification du monde sous le sceptre romain :

 

« Ici Vulcain avait sculpté les tribus des Nomades et les Africains à la robe flottante ; là, les Lélèges, les Carions et les Gelons porteurs de flèches ; l’Euphrate roulait des flots apaisés ; puis c’étaient les Morins de l’extrémité du monde, le Rhin aux deux cornes, les Scythes indomptés et l’Araxe que son pont indigne. »

 

Notre poète cosmique termine sur une note Enéide optimiste :

 

« Voilà ce que sur le bouclier de Vulcain, don de sa mère,

Énée admire Talia per clipeum Volcani, dona parentis, miratur). Il ne connaît pas ces choses ; mais les images l’en réjouissent, et il charge sur ses épaules les destins et la gloire de sa postérité. »

 

 

Sources

 

Virgile – Enéide, traduction André Bellessort (ebooksgratuits.com)

Bibliotheca Classica Selecta – Énéide – Chant VIII (Plan) – Hypertexte louvaniste

 

Aventures ? Art de conter ? Millénarisme ? Art de survivre ? N’oubliez pas les chants patagoniques !

https://www.amazon.fr/BATAILLE-CHAMPS-PATAGONIQUES-Roman-daventures/dp/1521242194

Statue mytho du roi mythique Breogan à La Corogne

Breogán est un mythique roi celte de Galice. Il existe plusieurs versions de l’histoire de ce personnage dont la légende est une création du xixe siècle, il est depuis lors considéré comme le père mythologique de la nation galicienne. L’hymne de Galice décrit la Galice comme étant la nation de Breogán.

La légende[modifier | modifier le code]

La légende raconte que les ascendants de Breogán sont arrivés en Galice, venant d’Égypte pour fuir les plaies de l’époque de MoïseEn toute probabilité cette légende a été créée au Moyen Âge, temps où il existait déjà une grande tradition chrétienne[réf. nécessaire].

Lebor Gabála Érenn[modifier | modifier le code]

Selon la tradition irlandaise, reprise dans un livre du xie siècle, le Lebor Gabála Érenn (le Livre des Conquêtes), qui raconte les diverses invasions de l’Irlande, Breogán est le nom d’un roi mythique celte de Galice[réf. nécessaire].

Selon cette légende, il édifie la tour d’Hercule (Torre de Hércules) à la Corogne. Depuis laquelle, toujours selon la légende, son fils Ith voit l’Irlande et part à sa conquête. Malheureusement, Ith est assassiné. Par vengeance, les fils de Mile, fils de Bile et donc petits-fils de Breogán et petits-neveux d’Ith, naviguent depuis la Galice jusqu’en Irlande pour la conquérir.