Le bébé Hollande et la dissonance cognitive

Le bébé Hollande (dixit la candidate officielle et ratisse-large du tiers-monde français), on sait qui c’est. Je rappelle que 4% des Français voulaient du Hollande, qu’il ne s’est pas représenté pour cela ; et que le peuple le plus éclairé de l’univers va élire son clone –  ou son bébé.

Pour se rappeler ce qu’est la dissonance cognitive, lisons en anglais le dico d’Oxford :

« The state of having inconsistent thoughts, beliefs, or attitudes, especially as relating to behavioural decisions and attitude change”.

La dissonance cognitive – dernière mouture média – est apparue en France avec la dynastie le Pen, au beau début des années 80. Les Français n’aiment pas trop l’immigration et les musulmans ; mais ils ont encore plus peur du nazisme (du FN donc, car au pays de Voltaire on fait dans le subtil) ; le Français n’aime pas le socialisme mais il aime les aides sociales : les Français aime les libertés mais il aime les règlements ; le Français aime la nature mais il aime aussi son confort. C’est Léon Bloy qui  à propos du tourisme écrit déjà :

« Par nature le Bourgeois est haïsseur et destructeur de paradis. Quand il aperçoit un beau Domaine, son rêve est de couper les grands arbres, de tarir les sources, de tracer des rues, d’instaurer des boutiques et des urinoirs.»

Le bourgeois aime aussi « monter une élection ». Attali s’en est vanté à la télé : comment on allait placer cet « inconnu qu’attendaient les Français », déjà bien remplacés du bulbe. Le maître Mattei a parlé de la barbarie intérieure, on peut parler de remplacement intérieur. Quand tout ce qui était français en nous a été anéanti ou remplacé, et qu’il ne subsiste que l’abruti de la terre brûlée des médias.

Mais assez d’imprécations !

Pourquoi parler de dissonance cognitive ? Parce que je viens de lire sur la page de France-info (ils m’ont toujours bien traité pour mes livres, Philippe Vallée surtout) que 20% des Français souhaitent vraiment la victoire de bébé Hollande !

20% des Français seulement souhaitent la victoire de bébé Hollande (celui qui ne veut pas désespérer Bettencourt). C’est un exploit selon moi mais c’est bien peu selon la statistique. On élit donc un candidat que l’on n’aime pas trop. Moi je croyais pourtant qu’il ferait disparaitre le nombre de faillites, chômeurs, attentats, impôts, racistes, et qu’il rassurait tout le monde ! Mais non.

On laisse conclure Bernanos, cher à mon ami Maurizio :

« Bien loin de témoigner d’une vitalité excessive, l’homme du machinisme, en dépit des immenses progrès réalisés par la médecine préventive et curative, ressemble bien plutôt à un névropathe passant tour à tour de l’agitation à la dépression, sous la double menace de la folie et de l’impuissance. Lorsqu’à la fin du dernier siècle celui qui est, avec Balzac, le plus grand observateur social français, M. Edouard Drumont, osait rire de ces choses, il faisait sourire les optimistes. Mais l’histoire lui apporte aujourd’hui son témoignage irrécusable. »

 

Marcel Proust et le bourrage de crâne

On nous parle tout le temps maintenant de contrôle mental et de propagande. Cette propagande est née on le sait pendant la Grande Guerre et a pour auteur entre autres Frédéric Bernays dont on peut télécharger ici et là le classique sur la propagande justement (je l’ai évoqué dans mon livre sur la conspiration). Il est vrai que Bernays écrivit ces phrases pleines de forfanterie :

« Ceux qui manipulent ce mécanisme social imperceptible forment un gouvernement invisible qui dirige véritablement le pays.

Nous sommes pour une large part gouvernés par des hommes dont nous ignorons tout, qui modèlent nos esprits, forgent nos goûts, nous soufflent nos idées. »

 

Mais le thème est devenu obsessionnel chez les antisystèmes qui s’imaginent être comme le les nouveaux prophètes d’Israël (voyez Isaïe, qui a inspiré le dernier Kubrick) les seuls à ne pas avoir les yeux bandés au beau milieu d’un peuple imbécile et bâché.

Or je n’y crois pas. Prenons l’horreur de la première guerre mondiale, et affirmons ceci : les Français n’étaient pas victimes du bourrage de crâne, ils y collaboraient allègrement. Ce n’est pas moi qui le dit, mais Proust :

 

« Dans ces querelles d’individus, pour être convaincu du bon droit de n’importe laquelle des parties, le plus sûr est d’être cette partie-là, un spectateur ne l’approuvera jamais aussi complètement. Or, dans les nations, l’individu, s’il fait vraiment partie de la nation, n’est qu’une cellule de l’individu : nation. Le bourrage de crâne est un mot vide de sens. Eût-on dit aux Français qu’ils allaient être battus qu’aucun Français ne se fût moins désespéré que si on lui avait dit qu’il allait être tué par les berthas. Le véritable bourrage de crâne on se le fait à soi-même par l’espérance qui est un genre de l’instinct de conservation d’une nation si l’on est vraiment membre vivant de cette nation. »

 

Un ne se sent pas très français, Charlus :

« M. de Charlus, qui avait de rares qualités morales, qui était accessible à la pitié, généreux, capable d’affection, de dévouement, en revanche, pour des raisons diverses – parmi lesquelles celle d’avoir eu une mère duchesse de Bavière pouvait jouer un rôle – n’avait pas de patriotisme. Il était, par conséquent, du corps France comme du corps Allemagne. Si j’avais été moi-même dénué de patriotisme, au lieu de me sentir une des cellules du corps France, il me semble que ma façon de juger la querelle n’eût pas été la même qu’elle eût pu être autrefois. Dans mon adolescence, où je croyais exactement ce qu’on me disait, j’aurais sans doute, en entendant le gouvernement allemand protester de sa bonne foi, été tenté de ne pas la mettre en doute, mais depuis longtemps je savais que nos pensées ne s’accordent pas toujours avec nos paroles. »

Proust se moque ensuite de celui qui fait alors mine de parle de paix :

« La guerre se prolongeait indéfiniment et ceux qui avaient annoncé de source sûre, il y avait déjà plusieurs années, que les pourparlers de paix étaient commencés, spécifiant les clauses du traité, ne prenaient pas la peine, quand ils causaient avec vous, de s’excuser de leurs fausses nouvelles. »

 

Et ce qu’il dit sur cette bonne volonté des Français de tuer de l’Allemand hier comme du russe demain (pour faire plaisir au néocon ou à l’américain, mais ce n’est même pas le problème) me rappelle Céline – qui sait de quoi il parle :

— Oui, tout à fait lâche, Lola, je refuse la guerre et tout ce qu’il y a dedans… Je ne la déplore pas moi… Je ne me résigne pas moi… Je ne pleurniche pas dessus moi… Je la refuse tout net, avec tous les hommes qu’elle contient, je ne veux rien avoir à faire avec eux, avec elle. Seraient-ils neuf cent quatre-vingt-quinze millions et moi tout seul, c’est eux qui ont tort, Lola, et c’est moi qui ai raison, parce que je suis le seul à savoir ce que je veux : je ne veux plus mourir.

 

Il ajoutera ailleurs :

 

« Et les Français sont bien contents, parfaitement d’accord, enthousiastes.

Une telle connerie dépasse l’homme. »

 

Docteur Donald et son fol amour de la bombe

De plus en plus chaotique, The Donald président fait la guéguerre sur tous les fronts à la fois, et en tweeter s’il vous plaît. C’est Air Farce One !

La 3ème guerre mondiale, quadruple, concerne les quatre vilaines nations suivantes : la Syrie, la Russie, la Chine et la Corée.

Mais la quadruple guéguerre devient sextuple et même septuple. Le président Thomas Hawke veut écraser la Corée du sud pour des questions commerciales, et l’Afghanistan revenu sur le divan de la scène, sans oublier (soyons perçants !) l’Iran.

La quadruple guerre mondiale devient septuple, mais elle reste bonne troisième !

J’ai parlé ici de Kubrick. Or l’écrivain US Adam Garrie écrivait :

« Les conceptions de Donald Trump semble avoir été transformées moins à cause des manœuvres d’intimidation de l’“État profond” qu’à cause de la crédulité complète de Trump face aux suggestions de l’“État profond” ».

Donald serait vraiment un dummy (crétin) alors ? Une première en Amérique !

Le titre de l’article de Garrie est « Dr. Strange-Trump or How I learned to stop swamp draining and love the deep state » (Dr. Fol-Trump, ou comment j’ai appris à ne plus drainer les cloaques et à aimer l’État profond), – avec l’analogie du Strangelove de Kubrick, ou « How I Learned to Stop Worrying and Love the Bomb ».

1960 : les Américains adorent sauter sur des bombes sexuelles. Ce n’est plus la bible et le fusil, c’est la bombe et la revue porno, pardon pour adultes… La révolution sexuelle allait de pair (si j’ose dire), à l’orée des années soixante, avec une libération de notre Etat profond vite devenu adorateur de la bombe et de ce tout ce qui peut anéantir nos espèces.

Trois millions de vietnamiens morts sous les bombes. Les survivants bossent pour Gap.

Et alors, tout reconverti aux extases bellicistes apocalyptiques, notre bébête immonde ou reborn guerrier fait la guéguerre au reste du monde, sauf à Micron, trop petit sans doute pour être perçu de Washington DC !

Dans mon livre sur Trump je parle de golem, le fameux golem pragois ! Ici, on a affaire à un golem révolté contre ses manipulateurs, encore plus toqué qu’eux. Je cite ici Emmanuel Wallerstein :

 

C’est la “théorie de la marionnette”, jusqu’alors appliquée aux “marionnettes” des USA (le pionnier de la chose fut le président afghan Karzaï), cette fois appliquée au président des USA lui-même, ultime marionnette des USA, – lorsque la marionnette devient manipulatrice, consciente ou non peu importe, de ceux qui la manipulent. »

 

Retrouvez la belle vidéo d’Alex Jones et de la fille de Kubrick Vivien, qui a été actrice –la fillette de 2001 – puis musicienne (Full Metal Jacket). Elle expliquait à notre Alex Jones pas trop bavard pour une fois, du temps où il faisait la chasse aux Illuminati, que son père avait toute sa vie lutté contre la programmation mentale en Amérique. Retrouvez cette vidéo puis distrayez-vous avec la tracassée frimousse de notre rogue joker !

 

Sources

 

Bonnal – Kubrick; Donald Trump (Amazon.fr)

Apocalypse : pourquoi la Nouvelle-Zélande fascine Wall Street

Apocalypse Island : c’est ainsi qu’un rédacteur de Lewrockwell.com nomme la Nouvelle-Zélande. Le paradis tempéré du Seigneur des Anneaux est devenu depuis une dizaine d’années une capitale immobilière d’un genre particulier : on achète des îles hors de prix, des grandes propriétés, des haciendas comme en Patagonie. Mais la Nouvelle-Zélande précise l’article est avantagée car son archipel est loin de tout (la Patagonie n’est qu’à deux mille kilomètres du Brésil ou de Buenos Aires…) et qu’il ne figure pas sur les cibles nucléaires. Le cinéaste  Peter Jackson a joué un rôle aussi ici en filmant ce paradis pseudo-médiéval propre à attirer les milliardaires. Les plus négligents oublieront de lire Jared Diamond et sa description du massacre cannibale des îles Chatham : toute une tribu fut exterminée et dévorée au début du dix-neuvième siècle par ses voisins maoris (1).

On sait qu’en Patagonie (2) les Soros, Benetton, Joe Lewis, Ted Turner (aujourd’hui tous bien vieux) ont acheté, pour des raisons spéculatives, sportives, esthétiques ou écologiques. Le fondateur de North Face Douglas Thompson avait même coupé le Chili en deux pour créer sa réserve Pumalin. Avec les gouvernements actuels rien de plus simple ! Les bons Bush eux contrôlent une partie du Pantanal paraguayen.

Cela fait longtemps que des bloggeurs de la peur comme le sympathique Michael Snyder décrivent les mouvements de capitaux en direction du Pacifique. L’angoisse, la guerre nucléaire à venir, les emportements de John McCain et des psychopathes néocons, la fragilité financière européenne ou américaine, l’agressivité russophobe et les folies antichinoises nous dessinent un futur aux contours de moins en moins incertains : une bonne guerre d’extermination avec un parfum écologique et élitiste propre  aux élites qui nous contrôlent. Jared Diamond parle aussi de ces ranchs du Montana remplis le week-end par les banquiers et les traders de Wall Street. Les îles connues sont trop peuplées ou polluées comme Oahu (70% de la population de l’archipel hawaïen), donc on a tendance à chercher le plus austral, présumé moins tiers-mondiste. On a acheté aussi beaucoup du côté des îles Fidji.

 

On peut voir l’affaire de trois manières. Commençons par la plus rassurante : une marotte de riches dans un monde de plus en plus ridicule, où il ne reste plus que ces îles paumées et  pas très belles (j’y ai vécu) pour se défouler. Ensuite une peur de stars lucides ou de milliardaires convaincus que l’on va vers un bain de sang dans nos cités (voyez Rio ou Chicago). Enfin une connaissance calculatrice et malthusienne, reliée à un projet au long cours d’éliminer la plus grande partie de l’humanité, considérée trop polluante, populiste et incontrôlable.

 

 

Notes

 

  • Jared Diamond (Guns, germs and steel, chapter 2, p.53). l’événement eu lieu en novembre -décembre 1835. La tribu dévorée était celle des Moriori.
  • La bataille des champs patagoniques (sur Amazon_Kindle)