La devise de Nicolas Bonnal (ici à Cordoue devant son maître) : « Id agamus ut meliorem vitam sequamur quam vulgus, non ut contrariam. »

mener une vie meilleure que l’auditeur de Gaga, pas contraire. Tiens, un peu de rab :

Pourquoi Sénèque nous conseille de ne pas nous plaindre de notre époque

 

 

Nicolas Bonnal rappelle souvent à ses preux et chevronnés et plus trop rares lecteurs pourquoi un certain présent perpétuel se manifeste dans le temps des pêcheurs – ou des crétins.

Alors on lit notre grand homme.

 

Tu te trompes, cher Lucilius, si tu regardes comme un vice propre à notre siècle la soif du plaisir, l’abandon des bonnes mœurs et autres désordres que chacun reprocha toujours à ses contemporains. Tout cela tient aux hommes, non aux temps ; aucune époque n’a été pure de fautes.

Erras, mi Lucili, si existimas nostri saeculi esse vitium luxuriam et neglegentiam boni moris et alia quae obiecit suis quisque temporibus: hominum sunt ista, non temporum.

 

La lettre XCVII (sur wikisource)…

 

Mot à mot, pour mes latinistes débutants :

 

Tu te trompes, cher Lucilius, Erras, mi Lucili,

si tu regardes comme un vice propre à notre siècle si existimas nostri saeculi esse vitium

la soif du plaisir, l’abandon des bonnes mœurs et autres désordres vitium luxuriam et neglegentiam boni moris et alia

 

que chacun reprocha toujours à ses contemporains. quae obiecit suis quisque temporibus

 

Tout cela tient aux hommes, non aux temps ; hominum sunt ista, non temporum.

 

aucune époque n’a été pure de fautes. Nulla aetas vacavit a culpa…

Joseph de Maistre et l’inflation de nos maladies civilisées

De Maistre et nos maladies civilisées

Avez-vous présente par hasard la tirade vigoureuse et quelquefois un peu dégoûtante de Sénèque sur les maladies de son siècle?

Il est intéressant de voir l’époque de Néron marquée par une affluence de maux inconnus aux temps qui la précédèrent (premier entretien)

 

Les maladies, une fois établies, se propagent, se croisent, s’amalgament par une affinité funeste ; en sorte que nous pouvons porter aujourd’hui la peine physique d’un excès commis il y a plus d’un siècle. Cependant, malgré la confusion qui résulte de ces affreux mélanges, l’analogie entre les crimes et les maladies est visible pour tout observateur attentif.

Orgies mondaines : la presse française cache tout, la presse US avoue… sur nos élites politiquement ERECT !

https://www.politico.com/story/2017/05/04/jeffrey-epstein-trump-lawsuit-sex-trafficking-237983

 

Philippe Alexandre parlait il y a vingt ans de la presse la plus soumise au pouvoir mondain, la française. Lisez vos classiques :

https://www.amazon.fr/Mitterrand-grand-initi%C3%A9-Nicolas-Bonnal/dp/2226126139/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1509703276&sr=8-1&keywords=bonnal+mitterrand+albin

Karl Marx et Puigdemont : « Hegel fait quelque part cette remarque que tous les grands événements et personnages historiques se répètent pour ainsi dire deux fois. Il a oublié d’ajouter : la première fois comme tragédie, la seconde fois comme farce… Il devient lui-même victime de sa propre conception du monde, le grave polichinelle qui ne prend plus l’histoire pour une comédie, mais sa propre comédie pour l’histoire. »

Sénèque et les problèmes de santé féminine en 60 après Jésus-Christ…

Sénèque et les problèmes de santé féminine en 60…

 

Nous sommes obsédés par les régimes diététiques et nous avons fait des cuisiniers des stars ; les romains aussi, et puisque notre situation actuelle permet de comprendre qu’on ne comprend rien à l’histoire, on continue avec Sénèque et sa fastueuse lettre 95, qui traite de l’intempérance et finalement de l’impossibilité pratique de la philosophie et de la sagesse ! Cette lettre est citée par Joseph de Maistre dans sa première Soirée de Saint-Pétersbourg, Joseph de Maistre, autre maître du « présent perpétuel » que nous chroniquons régulièrement.

Moins brutalement que Juvénal, mais quand même, le grand Sénèque rappelle comme la femme romaine dégénère :

 

« Le prince, et tout à la fois le fondateur de la médecine, a dit que les femmes ne sont sujettes ni à la perte des cheveux ni à la goutte aux jambes. Cependant et leurs cheveux tombent et leurs jambes souffrent de la goutte. »

 

Evidemment ces femmes ont perdu les vertus traditionnelles de la romanité – car on n’est plus au temps des Horace et des Curiace, mais à celui des voraces et des coriaces :

 

«  Ce n’est pas la constitution des femmes, c’est leur vie qui a changé : c’est pour avoir lutté d’excès avec les hommes qu’elles ont subi les infirmités des hommes. Comme eux elles veillent, elles boivent comme eux ; elles les défient à la gymnastique et à l’orgie ; elles vomissent aussi bien qu’eux ce qu’elles viennent de prendre au refus de leur estomac et rendent toute la même dose du vin qu’elles ont bu ; elles mâchent également de la neige pour rafraîchir leurs entrailles brûlantes. Et leur lubricité ne le cède même pas à la nôtre : nées pour le rôle passif (maudites soient-elles par tous les dieux !), ces inventrices d’une débauche contre nature en viennent à assaillir des hommes. »

 

La débauche féminine entraîne l’impuissance… médicinale :

« Comment donc s’étonner que le plus grand des médecins, celui qui connaît le mieux la nature, soit pris en défaut et qu’il y ait tant de femmes chauves et podagres ? Elles ont perdu à force de vices le privilège de leur sexe ; elles ont dépouillé leur retenue de femmes, les voilà condamnées aux maladies de l’homme. »

On le redit en latin :

 

Beneficium sexus sui vitiis perdiderunt et, quia feminam exuerant, damnatae sunt morbis virilibus.

 

La complexité de la médecine technologique ruine nos sociétés sans rassurer les malades ; or notre empire romain n’en est pas loin non plus :

 

« Les anciens médecins ne savaient pas recourir à la fréquence des aliments et soutenir par le vin un pouls qui va s’éteindre ; ils ne savaient pas tirer du sang et chasser une affection chronique à l’aide du bain et des sueurs ; ils ne savaient pas, par la ligature des jambes et des bras, renvoyer aux extrémités le mal secret qui siège au centre du corps. Rien n’obligeait à chercher bien loin mille espèces de secours contre des périls si peu nombreux. Mais aujourd’hui, quels immenses pas ont faits les fléaux de la santé humaine ! On paye ainsi les intérêts du plaisir poursuivi sans mesure ni respect de rien ».

 

Et notre philosophe de faire le lien entre les cuisiniers et les maladies. Car comme à New York aujourd’hui les courtiers désertent les salles de change et apprennent la cuisine à prix d’or. Quant à la malbouffe, elle a toujours été là :

« Nos maladies sont innombrables ; ne t’en étonne pas ; compte nos cuisiniers (Innumerabiles esse morbos non miraberis: cocos numera). Les études ne sont plus ; les professeurs de sciences libérales, délaissés par la foule, montent dans une chaire sans auditeurs. Aux écoles d’éloquence et de philosophie règne la solitude ; mais quelle affluence aux cuisines ! Quelle nombreuse jeunesse assiège les fourneaux des dissipateurs ! Je ne cite point ces troupeaux de malheureux enfants qui, après le service du festin, sont encore réservés aux outrages de la chambre à coucher. Je ne cite point ces bandes de mignons classés par races et par couleurs, si bien que tous ceux d’une même file ont la peau du même poli, le premier duvet de même longueur, la même nuance de cheveux, et que les chevelures lisses ne se mêlent point aux frisées. Je passe ce peuple d’ouvriers en pâtisserie ; je passe ces maîtres d’hôtel au signal desquels tout s’élance pour couvrir la table. Bons dieux ! que d’hommes un seul ventre met en mouvement… »

 

Sénèque souligne que les maladies de la civilisation romaine sont devenues énigmatiques et que la médecine a accompagné la philosophie dans le chemin pervers de la dégénérescence :

« Que résulte-t-il de toutes ces mixtions ? Des maladies complexes comme elles, énigmatiques, diverses, de formes multiples, contre lesquelles la médecine à son tour a dû s’armer d’expériences de toute espèce.

J’en dis autant de la philosophie. Plus simple autrefois, lorsqu’après des fautes moindres de légers soins nous guérissaient, contre le renversement complet de nos mœurs, elle a besoin de tous ses efforts. Et plût aux dieux qu’à ce prix enfin elle fît justice de la corruption ! »

 

Bien avant notre Chateaubriand ou même Gustave Le Bon, Sénèque rappelle que les crimes collectifs aujourd’hui indiffèrent :

 

« Notre frénésie n’est pas seulement individuelle, elle est nationale : nous réprimons les assassinats, le meurtre d’homme à homme ; mais les guerres, mais l’égorgement des nations, forfait couronné de gloire ! »

 

 

 

On laisse le dernier mot à notre Molière éternel qui au début de la scène d’introduction du malade imaginaire nous rappelle ce que nous devrions rappeler à notre médecine inepte, stérile et hors de prix : « si vous continuez comme cela, on ne voudra plus être malade ! »

 

Sources

 

Nicolas Bonnal – Le livre noir de la décadence romaine (Amazon.fr) ; chroniques sur la fin de l’histoire (Amazon.fr)

Sénèque – Lettres à Lucilius (sur Wikisource) – LETTRE XCV.

Insuffisance des préceptes philosophiques… Sur l’intempérance.

 

Alexis Carrel et nos maladies modernes

Alexis Carrel et la maladie des hommes modernes

 

Introduction

 

Je pense à Dersou Ouzala, mon bon sauvage préféré, qui vit dans sa taïga, chasse et erre en homme libre. Il devient ami d’un capitaine russe chargé d’une mission d’exploration, l’oublie, le revoit, tombe malade, et son ami lui propose de venir vivre chez à la ville. Chauffage, nourriture, gratuité !

Et là il s’ennuie, il végète, il dégénère. Il regarde le feu de cheminée (on n’a pas encore la télé) toute la journée. Il ne peut tirer le coup de feu en ville, il se choque de devoir payer pour de l’eau, il se désespère. Puis il repart et meurt, tué par un truand. Il nous rappelle le forgeron inoubliable du Regain de Pagnol.

 

Dersou Ouzala c’est un peu de nous tous. Nous perdons tous notre âme, notre équilibre, notre vitalité, en nous intégrant à cette civilisation, qui semble en pire état qu’à l’époque de Freud et de Carrel. On nous pollue, on nous esquinte, on nous suralimente, on nous drogue. On s’y ennuie en attendant la mort, en ayant perdu le sens du lien cosmique.

 

C’est de tout cela que parle ce livre, et on a décidé de traiter le problème à partir des livres, des intuitions et des observations d’Alexis Carrel. Nous le lisons irrégulièrement depuis toujours. Son constat est juste, ses solutions fausses. Cela tombe très bien qu’il soit diabolisé puisque cette civilisation occidentale suicidaire a décidé de déglinguer tout son passé de toute façon. Que ne déglingue-t-elle sa technique pour racisme une fois pour toutes ? Car c’est bien la technique et l’organisation technique qui ont détruit les peuples, pas la méchanceté de tel ou tel. Lisez Marx, Ellul, Debord avant de vous en prendre aux morts et de les dépouiller.

 

On étudie donc l’homme cet inconnu, au cours d’une longue analyse – presque scolaire ! – qui couvre la moitié de ce livre. Puis on cherche les solutions de Carrel, parfois incomplètes, parfois naïves, parfois scandaleuses. On adjoint à l’étude de ce grand esprit une demi-dizaine d’annexes qui permettent de retrouver d’autres auteurs critiques de ce monde moderne, comme Ortega (que la formule, « moderne », scandalisait), Céline et aussi l’australien Pearson qui à l’époque de Nietzsche devinait, plus complètement et moins follement, quel monde « d’enfoirés » se préparait.

 

Et on va commencer par une petite citation qui va enflammer les esprits.

 

« Et voici ce que j’ajoute : depuis des temps immémoriaux, l’humanité subit le phénomène du développement de la culture (d’aucuns préfèrent, je le sais, user ici du terme de civilisation.) C’est à ce phénomène que nous devons le meilleur de ce dont nous sommes faits et une bonne part de ce dont nous souffrons. Ses causes et ses origines sont obscures, son aboutissement est incertain, et quelques-uns de ses caractères sont aisément discernables. Peut-être conduit-il à l’extinction du genre humain, car il nuit par plus d’un côté à la fonction sexuelle, et actuellement déjà les races incultes et les couches arriérées de la population s’accroissent dans de plus fortes proportions que les catégories raffinées. »

Elle est de Sigmund Freud, dans un texte sur la Guerre, cosigné avec Alfred Einstein.

 

Carrel ? Que celui qui n’a jamais péché lui jette…

Ὁ ἀναμάρτητος ὑμῶν

πρῶτος ἐπ᾿ αὐτὴν τὸν λίθον βαλέτω.

 

 

 

Le livre de Nicolas Bonnal sur Cassien et le développement personnel chrétien paraît ! Vingt-quatre textes inspirés par Cassien, Thomas, Chrysostome et Augustin pour résoudre vos problèmes de diète, de tempérament, de rage ou d’avarice…

A se procurer sur Amazon.fr. Livre électronique cette fin de semaine, livre broché lundi ou mardi !

 

Les secrets de Cassien

Christianisme traditionnel et développement personnel

Ce recueil suit comme mes autres livres de chroniques une suite de textes, ici précisément centrés sur le même sujet : christianisme et développement personnel. Il suit un livre sur le bilan lourd et rugueux du monde moderne, il précède sans doute d’autres recueils du même genre. L’art de vivre religieux nous a toujours fasciné, d’autant qu’en allant mon oncle René Bonnal au couvent de la Grande-Chartreuse pendant plus de quarante ans, nous avons pu approcher et étudier les ressources spirituelles psychologiques et physiques qui permettent à nos religieux de s’en sortir, depuis près de deux mille ans. Comme dans le domaine de l’architecture (Feng Shui), nous allons chercher sur les brises du bouddhisme des solutions qui vivaient chez nous. On ne refera pas notre inconséquence moderne.

Nous expliquons pourquoi et comment nous avons découvert Cassien et ses prestigieuses institutions, en écrivant la première version de notre livre sur le Graal il y a déjà vingt-quatre ans. Les facilités du web, que nous avons soulignées dans un autre livre, réédité et traduit en portugais, permettent à tout un chacun maintenant de s’abreuver à la source la pure et la plus spirituelle ; et si nous préférons consulter le réseau pour une autre raison, c’est notre problème.

En relisant Cassien (1) et en l’approfondissant, nous sommes rendu compte que ses solutions monastiques et ses diagnostics aussi, sont actuels, éternels, universels. Et qu’ils peuvent s’applique à nous tous. Le livre n’a pas d’autre prétention que de présenter idées, solutions et extraits des textes de ce saint homme soumis lui aussi à de gros problèmes quotidiens. Le hasard de la lecture furtive et papillonnante dont nous raffolons nous a fait aussi prendre en considération  des textes de notre saint le plus docte, saint Thomas d’Aquin sur des sujets comme l’hébétude (ô combien pratiquée aujourd’hui), la sottise ou le désespoir. Nous avons rajouté par plaisir une pincée d’Augustin, patron de cette Afrique chrétienne où nous sommes nés, et que Thomas citait d’abondance. Nos saints ne cessent de se citer les uns les autres, de pratiquer la communion des textes comme on dirait. Alors profitons-en.

 

Le recueil n’a aucune prétention dogmatique, théologique ou scientifique ; il ne manquerait que ça. Nous l’avons conçu au fil de nos plaisirs (la délectation dont parle le plus grand de nos rois, David) et de celui de nos lecteurs qui vibrent avec nous sur ce sujet depuis des semaines. Une grande surprise est venue de notre mince succès sur cette question pleine d’acuité. Alors nous avons continué, remettant à un lendemain incertain la conception d’un ouvrage encore plus complexe et structuré (comme on dit encore) sur cette ombrageuse question : la psychologie humaine, à une époque décérébrée et déracinée comme la nôtre.

 

  • Ioannis Kassianos / Ιωάννης Κασσιανός / Ioannes Cassianus, appelé Jean Cassienen français, né entre 360et 365en Scythie mineure et mort entre 433 et 435 à Marseille, est un moine et homme d’Église méditerranéen qui a marqué profondément les débuts de l’Église en Provence au Ve siècle.

 

Prière et guérison : un ukrainien parle

Un savant ukrainien a prouvé de façon expérimentale que la prière peut guérir

Un savant ukrainien a prouvé de façon expérimentale que la prière peut guérir. Les expériences ont duré 15 ans. Le savant a prélevé du sang veineux et capillaire chez des volontaires, puis a procédé à leur analyse. Ensuite, il a demandé au participant ou à l’un de ses proches de lire des prières pendant dix à quinze minutes, soit mentalement, soit à haute voix. Après cela, il a fait à nouveau une analyse de sang, qui s’avéra différente. Le chercheur, docteur en médecine, auteur de 166 brevets et de 15 licences, Michel Lazorik, s’est intéressé dès ses années estudiantines aux recherches sur les leucocytes, à savoir les cellules sanguines qui nous préservent des bactéries ou des virus. Le savant a décidé d’examiner l’influence de la prière sur le sang de l’homme. « J’ai été moi-même élevé dans une famille croyante. Je n’ai jamais mis en doute la puissance de la prière, car la foi est improuvable. Cependant, en tant que savant, je devais prouver cela dans des recherches concrètes. On sait que, après la prière et les hymnes de l’Église, l’homme ressent un apaisement, un soulagement spirituel. Mais que se passe-t-il au niveau physique ? En partie, avec notre liquide principal, le sang ? J’ai commencé à étudier tout cela », déclare le savant. Les gens qui ont donné leur accord pour participer à l’expérience, étaient de sexe, de niveau d’instruction, de statut social, de professions, divers. En outre, ils étaient atteints de maladies différentes (artériosclérose, hépatite B, rhumatismes). Avant l’expérience, on leur a prélevé du sang capillaire et veineux, on a procédé à son analyse. Ensuite, le participant (ou l’une de ses connaissances) lisait les prières pendant 15 à 20 minutes, à savoir « Notre Père », le Credo, « Roi céleste », le psaume 50, ainsi que des prières aux saints, aux protecteurs célestes. Suite à cela, on faisait une nouvelle analyse du sang, et on définissait les propriétés qualitatives et morpho-fonctionnelles de ses cellules. « Le sang devenait autre au niveau cellulaire ! Je me rappelle que notre premier participant souffrait d’ostéomyélite (inflammation purulente des os de la hanche après un accident grave). Son frère était mort dans l’accident, et lui-même souffrait beaucoup des douleurs dans les os. Il ne lisait pas lui-même les prières, mais un invité le fit à sa place. Lorsque l’on compara les facteurs du sang avant et après la prière, il s’avéra que l’un des indicateurs de phagocytose était six fois inférieur à celui précédant l’expérience. Ce premier cas ne faisait que confirmer que nous étions sur la bonne voie », a déclaré Michel Lazorik. Toutes les expériences accomplies ensuite ont montré la même chose : après la prière, le niveau d’infection dans l’organisme tombait. Particulièrement, lorsqu’il s’agissait de la phase aiguë de la maladie. Après les prières, a été enregistré le changement d’indicateurs de l’inflammation, ils se sont avérés inférieurs. Dans chaque expérience, ont été découverts des changements statistiquement fiables dans les valeurs de certains paramètres de cellules sanguines, ce qui indique que la prière est un facteur réel qui provoque la variation du nombre et des propriétés morphologiques et fonctionnelles des cellules sanguines. Cela, à son tour, est une preuve que la prière influe réellement sur l’organisme au niveau cellulaire et subcellulaire. « La prière, ce ne sont pas seulement des mots. Ce sont des vibrations d’une certaine fréquence. Il est prouvé depuis longtemps que la prière change la structure de l’eau. Effectivement, le phénomène de l’eau bénie lors de la fête de la Théophanie [à savoir qu’elle ne se détériore pas, ndt], ce n’est pas un mythe, mais un fait scientifique. L’homme est constitué d’eau à presque 80%. Aussi, en agissant sur le liquide fondamental de notre organisme, la prière le modifie au niveau cellulaire, même dans le cas, où vous la récitez intérieurement. Et lorsqu’elle prononcée par vous ou est audible, les vibrations sonores mises en ordre agissent complémentairement sur l’organisme de l’homme et provoquent des changement des indicateurs du sang, diminuent les processus d’inflammation, et ont un effet de guérison », a expliqué M. Lazorik.

Sur le régime alimentaire monastique (suite)

Sur les repas monastiques (extraits)

Elizabeth de La Fontaine… On écoute, on lit plutôt cette experte écrivaine :

Pour développer ce thème, mon propos s’est articulé autour de trois axes majeurs que sont la cuisine de monastère, une cuisine simple, élaborée à partir des aliments produits sur site, donc foncièrement fraîche et de saison, la symbolique du repas qui revêt ici une dimension singulière puisque le bavardage y est proscrit, et enfin la nourriture comme expression ou vecteur du lien au divin. Ainsi le repas de monastère interroge plus que tout autre notre rapport à la nourriture, appréhendée comme une nécessité devant sustenter le corps sans aliéner l’âme, dessinant un équilibre délicat entre besoin, aspiration et gratitude envers tout ce qui nourrit la vie en nous. Autant dire qu’il devient une source de réflexion et d’inspiration pour nos sociétés de surabondance au sein desquelles l’acte de manger a perdu tout son sens, si ce n’est celui de se remplir, et même de se gaver, jusqu’à en devenir malade.

Une cuisine du jardin

En préalable, il est important de souligner ici que les monastères, suite à la chute de l’empire romain et au chaos qui lui succéda, sont devenus de véritables conservatoires des espèces, des pratiques, des savoirs et des cultures, contribuant ainsi à entretenir et développer un patrimoine hérité de l’Antiquité.
Quasiment auto-suffisant, la cuisine d’un monastère vit de fait au rythme des productions et des saisons, et devient ainsi le prolongement naturel du travail de l’homme au jardin, espace incontournable, symbole de l’harmonie céleste à conquérir. Toute en fraîcheur, cette cuisine fait la part belle aux légumes et aux herbes, en parallèle des légumineuses et céréales rustiques.
Le jardin de monastère est un espace clos très structuré et hautement symbolique. Construit sur un plan carré, symbole de la Terre et de l’homme parfait, il énonce un univers fondé sur le 4 : les 4 éléments, les 4 saisons, les 4 fleuves du Jardin d’Eden. Cultivé en carrés, il répartit les productions en fonction de leurs usages : le potager, qui comporte choux, épinards, pois, céleri, ail, oignon…, le jardin des simples, herbes utilisées en cuisine, mais aussi pour soigner, les utilitaires, comme les plantes tinctoriales et enfin le carré de fleurs, désigné parfois sous le nom de jardin de Marie, et dont la production sert à orner les autels.

Maigre ou gras ?

Dans l’Ancien Testament, le paradis est végétarien et ce n’est qu’au terme de l’épisode du Déluge que Dieu autorisa les hommes à consommer de la chair animale. Au début, cette consommation est prohibée dans les monastères, puisqu’elle est censée attiser nos plus vils instincts, ce qui est foncièrement contraire à l’élévation de l’âme. Elle est par réputation, l’aliment des barbares, des guerriers et des débauchés sexuels. Et au Moyen-Âge, le végétarisme est assimilé à un instrument de purification intérieure, ce qu’il est aujourd’hui encore dans le bouddhisme. Contrairement au judaïsme, le christianisme n’impose aucun interdit alimentaire, dès lors que la consommation est modérée  et la bienséance observée. C’est pourquoi, au fil du temps, la règle s’est assouplie, se résumant à imposer des jours maigres tout au long de l’année. Le fait de ne pouvoir consommer ni viande, ni œufs, ni beurre, ni lait… conduisit à développer la consommation de poisson, lequel était considéré comme équivalent aux végétaux. De nombreux monastères étaient d’ailleurs installés à proximité d’étangs ou en avaient aménagés pour subvenir à leurs besoins. Le poisson est un symbole fort, une véritable grâce divine. D’ailleurs, il fut adopté par les premiers fidèles comme emblème de reconnaissance et de ralliement.
Quant à la volaille, elle occupe une place intermédiaire, entre poisson et viande, du fait simplement de son inscription dans l’évolution du vivant.

Le vin, entre élévation et transcendance

Avec le vin, nous abordons un autre interdit, même si le Coran, qui condamne sa consommation, mentionne que le Paradis est parcouru de fleuves où coule le vin, « véritable délice pour ceux qui en boivent ».
Pour les historiens, la fascination des hommes pour le vin tiendrait au mystère de la fermentation, qui se produit spontanément, et au fait que le nectar obtenu rende euphorique. L’ivresse serait ainsi sensée nous délivrer de nos chaînes physiques et permettre une élévation jusqu’à l’illumination, au point que les cabarets devinrent pour certains plus propices que les églises à rapprocher l’homme de Dieu !
Noé incarne d’ailleurs le premier vigneron et le premier homme ivre de l’histoire biblique. Le vin est un aliment incontournable de la liturgie, qui avec « Prenez et buvez, ceci est mon sang », exprime pleinement son assimilation à un symbole de vie. Tous les monastères disposaient donc de leurs propres vignes. Il est à noter d’ailleurs que l’expansion de la culture de la vigne, certes favorisée par les romains dans une Gaule éprise de cervoise, s’est faite au rythme de la progression du christianisme. Et c’est au travail des moines et moniales que nous devons notamment les plus grands crus de Bourgogne (Romanée Conti, Vosne Romanée…), mais aussi le champagne !
Bien sûr l’ivresse n’est pas la finalité de la consommation de vin au sein des monastères et répond à d’autres contraintes ou aspirations, d’une part parce que durant le Moyen-âge, le vin était plus sûr que l’eau du point de vue sanitaire et que la légèreté d’esprit qu’il procure était sensée dissiper l’éventuelle mélancolie liée au choix de cette vie de silence. De plus, vin et alcool étant de formidables solvants des principes actifs des plantes, ils permettaient la réalisation de remèdes et élixirs de jouvence, comme la célèbre Chartreuse ou encore l’Hippocras, dont le seul nom, hommage au père de notre médecine, trahit la vocation.

Quid du fromage ?

Les produits laitiers sont de consommation courante dans les monastères, sauf les jours maigres, et ont donné lieu à la mise au point de nombreuses spécialités fromagères, tout simplement parce que la dîme était souvent payée en lait, lequel ne peut se conserver en l’état. Pour cet élément de patrimoine bien français, les monastères ont donc joué un rôle de premier ordre quant à la perpétuation des pratiques antiques (Pm, les Romains étaient amateurs de fromages, véritable lait civilisé, et considéraient les Gaulois, buveurs de lait, comme des Barbares) et à l’élaboration de multiples spécialités qui fondent aujourd’hui l’exception française.

La place des fruits

L’évocation du jardin ne saurait être complète sans celle du verger qui l’accompagne. D’ailleurs, le paradis, dans son sens antique, désigne un verger ! Ici encore, les monastères ont rempli un rôle de conservatoires des espèces autour de trois productions majeures : le raisin, les pommes et les poires. À titre d’exemple, le jardin du Luxembourg à Paris, ancien jardin des chartreux abritait 83 variétés de poires. Au Moyen-Âge, il était courant de consommer la poire cuite, notamment avec du vin et des épices, recette en fait fort ancienne puisque déjà en vogue à Byzance notamment. Mais ce mode de consommation reflétait aussi les préceptes de la diététique comme en atteste cette recommandation de l’école de Salerme : « La poire est sans vin un dangereux poison, que la santé redoute avec juste raison ». Il est vrai que la poire est de maturité difficile et que trop verte, elle se digère mieux cuite.