Marion et la rébellion : après le pied-noir gauchiste Mélenchon, on redit du bien de la petite et belle Marion ! Nous l’interviewâmes pour Pravdareport.com en 2013…

Marion et moi : après le pied-noir gauchiste Mélenchon, on redit du bien de la petite et belle Marion ! Nous l’interviewâmes pour Pravdareport.com en 2013…

 

Je défends un “passéisme intelligent” contre des “élites hostiles”

Marion Maréchal Le Pen 19/05/2017 Politique Commenter

Entretien avec Marion Maréchal-Le Pen par Tatiana Popova – La Pravda du 23.07.2013

Melle Le Pen, vous êtes la plus jeune députée française celle aussi qui a marqué une forte réticence au mariage pour tous. Vous avez tenu un beau discours à ce propos récemment place Dauphine à de jeunes chrétiens: pouvez-vous expliquer à notre lectorat russe les détails de votre position ? Et comment expliquer l’extravagante brutalité de la réaction du gouvernement français ?

En effet, ce combat me tient particulièrement à cœur et je partage, avec cette jeunesse de France qui s’est levée ces derniers mois, la volonté de défendre le cadre indépassable de nos valeurs et du respect des lois naturelles. Nous avons assisté à la toute-puissance d’un « nano-lobby » qui, à lui seul, avec ses quelques centaines d’adhérents, a réussi à détruire l’institution du mariage comme cadre de la filiation et à mettre le désir individuel des adultes au-dessus de toute autre considération comme le bien-être de l’enfant adopté, et ce, contre l’avis de nombreux pédopsychiatres français reconnus. J’ai également tenu à dénoncer les nombreuses atteintes de la gauche libertaire à nos libertés individuelles : sous-estimation des chiffres de manifestants, centaines de gardes à vue arbitraires, recours excessifs à la violence policière, peine de prison pour délit d’opinion… La démocratie française se meurt sous nos yeux par la volonté d’une élite idéologue qui contraint le peuple français à abandonner toute attache à l’égard de la famille ou de la nation pour mieux imposer son utopie mondialiste. Heureusement, la résistance de ces derniers mois a montré que la conscience française n’était pas morte !

La loi Taubira s’applique sur le relativisme moderne et les progrès de la technoscience, et la science ne cesse de progresser en se libérant de toute éthique. Vous avez entendu parler des Google babies, dont les mères porteuses sont en Inde. Pensez-vous qu’une conscience chrétienne ou humaniste puisse encore intervenir dans ces circonstances ?

En effet, nous arrivons aujourd’hui à l’aboutissement du nihilisme moderne où l’homme n’est finalement qu’une marchandise de plus dans ce règne du libre-échange. Leur conception du « progrès » social est calquée sur l’évolution du progrès technique. Leur étrange raisonnement par analogie les amène à considérer que les sociétés humaines, à l’instar des avancées technologiques, ne peuvent qu’évoluer vers toujours plus d’avancées sociales et donc vers toujours plus de bien. Le véritable danger de cette loi réside dans les dérives qu’elle va entraîner avec l’arrivée de la PMA pour les couples lesbiens puis de la GPA pour les hommes au nom de l’ « égalité ». L’humain et ses produits ne deviendront plus ainsi qu’un produit consommable parmi les autres au nom du progrès et de l’égalité. Les vrais féministes devraient s’insurger contre ce mépris de la femme.

Toujours pour notre lectorat, pouvez-vous nous donner une idée de votre parcours intellectuelle et même familial (votre rapport à votre grand-père par exemple) ? Quelle est votre France modèle du passé, s’il y en a une ? Votre grande figure historique ?

Je viens d’une célèbre famille politique française dont la figure historique Jean-Marie Le Pen déchaîna, durant de nombreuses années, les passions pour avoir porté à lui seul le courant national méprisé et combattu par nos élites au nom de la lutte contre « la haine nationaliste » et les « extrêmes ». Ma vie personnelle m’a appris l’adversité, c’est pourquoi aujourd’hui, l’arène politique ne m’effraie pas. J’ai grandi dans l’amour de mon pays dont j’assume chaque erreur et chaque réussite. Comme disait Napoléon : de Jehanne d’Arc à Robespierre, je prends tout ». Je ne défends pas un conservatisme béat mais un passéisme intelligent car un peuple qui oublie son passé oublie aussi ses erreurs et risque de les renouveler. Ma nation a plus de 1000 ans d’existence et il serait bien réducteur de commencer son histoire à la révolution de 1789. Il y a beaucoup de personnages historiques qui me plaisent ; je n’ai pas de référent particulier mais Jeanne d’Arc est certainement l’une de mes préférées, cette bergère guerrière de 19 ans portée par la Providence pour sauver le pays des anglais.

On a coutume de se plaindre de la jeune génération depuis au moins cinquante ou soixante ans. Comment voyez-vous votre génération – qui est FN à 26% en France ? Est-elle comme on le voudrait inculte, aliénée par la technologie, les Smartphones et possédée par les médias ? Ou est-elle au contraire plus insoumise et prête à accompagner le mouvement national au pouvoir en France ?

Les faits sont têtus. Malgré le matraquage idéologique opéré à travers l’éducation nationale depuis des années, la jeunesse de France est pleine de ressources. Aujourd’hui cette jeunesse fait le piteux bilan d’une révolution morale soixante-huitarde qui leur a fait bien du tort. La réalité les rattrape au quotidien : chômage de masse, insécurité généralisée, immigration massive. Nous payons les erreurs de nos aînés et la crise économique nous conduit à nous recentrer sur les protections naturelles que sont la famille et la communauté nationale. Le mouvement « Manif pour tous », qui a réuni des millions de personnes durant plusieurs mois, s’est caractérisé par la jeunesse des acteurs. Nous avons vu sortir du bois une jeunesse extrêmement déterminée avec une réelle conscience politique, ne craignant ni le jugement moralisateur de nos élites, ni la répression. Tout cela est extrêmement encourageant pour l’avenir et me donne beaucoup d’espoir car, avec eux, j’ai vu que nous ne serions pas seuls pour remettre sur pied la France de demain.

Le Front national que vous représentez monte mais il y a trente ans qu’il monte, alors que vous n’étiez pas même née ! Quels sont les facteurs qui pourraient amener votre parti au pouvoir dans les années sans doute décisives qui viennent. Etes-vous prêts, alors que vous un parti sans gros moyens ?

Une des raisons de nos succès électoraux est que les Français voient que ce que nous disons depuis des années est vrai. Je dis souvent que nous avons eu, peut-être, raison trop tôt. Les Français ont désormais compris que le Front national est le seul mouvement qui peut apporter les solutions volontaires et courageuses que la situation actuelles exige! Je crois que c’est l’effondrement des élites, fascinées par le pouvoir et l’argent, qui amène toujours plus de français à voter pour nous. Nos adversaires ont échoué partout, sur tout, tout le temps avec une véritable constance. Mes compatriotes sont lassés de cette foire aux nuls. Nous avons moins de moyens que les autres mais cela ne veut pas dire aucun moyen. Nous faisons de la politique autrement et nous avons gardé la culture militante ; nous sommes donc beaucoup plus économes que nos adversaires du PS et de l’UMP.

De plus en plus on assiste à un problème étonnant en France, en Europe de l’ouest, dans l’occident tout entier, celui des élites hostiles. Les parlementaires n’aiment pas les gens qu’ils représentent, les bureaucrates ne les servent pas, les journalistes et les médias les méprisent ? Comment analysez-vous ce problème des élites hostiles ?

J’aime beaucoup votre concept « d’élites hostiles » ! Cela résume très bien ce que nous vivons aujourd’hui. La population est, en effet, devenue la variable d’ajustement de la guerre pour plus de pouvoir. Mais un pouvoir non pour servir mais pour se servir. Ces élites se combattent et s’admirent dans le même temps, chacun voulant ce que l’autre possède. Nous sommes dans une satisfaction de l’immédiateté et une volonté échevelée du plaisir égotique sans contrainte. Les peuples sont des enjeux commerciaux et plus du tout idéologique. Les Trotskystes et les maoïstes des années 70 sont devenus des rois de la com’ et des média, les gourous de la mondialisation, les grand prêtres de la financiarisation de l’économie. L’Hostilité des élites vient du fait qu’elles ne poursuivent plus les mêmes buts et les mêmes espérances que les peuples. Pire même, ces derniers, parce qu’ils s’accrochent à leur modes de vies, leurs racines deviennent un obstacle aux rêves de toute puissances des maniaques de la globalisation.

Dans un de vos discours, vous avez rappelé au le parti communiste en 1979 défendait encore la classe ouvrière et voulait la protéger de l’immigration, comme le voulait d’ailleurs Marx. Pourquoi selon vous le parti communiste français a-t-il abjuré sa mission ? et comment le Front national est-il devenu le premier parti ouvrier et populaire de France ?

L’affaire du « Bulldozer de Vitry » a été le chant du cygne du communisme à la française. Le Parti Communiste Français, qui dénonçait l’immigration de masse comme « l’armée de réserve du capital », a cédé aux sirènes du pouvoir avec l’arrivée de François Mitterrand en 1981. Le PCF s’est, petit à petit, marginalisé pour devenir aujourd’hui le porte-parole « des luttes », c’est-à-dire tous les combats des minorités, des sans-papier, des minorités sans papier. Le peuple a tourné le dos au PCF et, au lieu de faire son examen de conscience, le « parti » à décider de défendre tout ce qui n’est pas le peuple. Le Front National défend véritablement ceux qui sont les plus fragiles car les plus exposés à l’insécurité, au déclassement et à la folie de la mondialisation. C’est, à mon sens, la raison de notre succès auprès des couches populaires.

L’Europe est un  projet qui a  d’abord séduit au temps du général de Gaulle et d’Adenauer, puis effrayé – lorsque vous étiez enfant, et qui enfin vire à l’aigre. Peut-on sortir la France du piège européen ? Et dans quelle condition, sous peine d’éviter d’autres soubresauts plus nationaux ?

L’idée était de garantir la paix et de permettre aux nations européennes de partager des ressources et des savoir-faire. L’Union Européenne et sa commission n’ont plus rien à voir avec l’idée fondatrice. Nous allons vers une construction fédérale alors que celle du général de Gaulle était confédérale. Certains vous disent que c’est la même chose. Mais non, cela n’a rien à voir ! La confédération est une union de pays indépendants or le projet de l’actuelle commission a pour but de transférer le plus de compétences possible, comprenez souveraineté, à un groupe sans légitimité populaire.

Dans le même ordre d’idées, comment contrôler l’immigration qui est devenu non plus un problème français (que M. Le Pen soulevait dès les années 70)  mais mondial ? Quelles seraient vos propositions pour concilier la liberté de mouvement et la préservation des nations ?

Avant tout, il nous faut sortir immédiatement de l’espace Schengen. Il faut stopper les pompes aspirantes de l’immigration en réservant notre modèle social à nos nationaux et ainsi cesser d’en faire bénéficier le monde entier. Il faut arrêter de fabriquer du Français à tour de bras, sans aucune condition, par le droit du sol qui crée des situations d’immigration intenables, notamment dans nos départements et territoires d’outre-mer. Il faut durcir les conditions d’octroi et de déchéance de la nationalité française. Il faut qu’un étranger qui arrive en France comprenne qu’il doit subvenir seul à ses besoins car la France n’a plus les moyens de le soigner, de le nourrir, de le loger, souvent au détriment de ses nationaux… Et évidemment, pour cela, il faut faire respecter la loi en redonnant aux forces de l’ordre les moyens de mener à bien leur mission.

Dans la lutte contre le mondialisme et le politiquement correct, Vladimir Poutine est souvent ciblé par la hargne des groupes médiatiques occidentaux. Rêvez-vous comme le général de Gaulle et votre grand-père d’une Europe boréale de l’Atlantique au Pacifique ?

Il est certain que nous avons beaucoup en commun et beaucoup à partager. Ce qui est sûr c’est que nous avons les moyens et les ressources de proposer une alternative au mondialisme. Notre histoire diplomatique tranche avec celle de l’Angleterre et de l’Allemagne. L’Angleterre, car elle pousse vers le « grand large », comme disait Churchill, et l’Allemagne car elle est toujours dans son idée de Mitteleuropa. Ces deux visions sont assez en contradiction avec les intérêts de la France. Ces deux nations nous verraient très bien relégués dans ce qu’elles considèrent comme la seconde division de l’Europe et qu’elles nomment avec dédain : le Club Méditerranée (France, Italie, Espagne, Grèce…). La vieille Europe est bien compliquée mais je suis persuadée que la France et la Russie ont un intérêt commun à se tendre la main car toutes deux ont la tradition du respect des grands équilibres et de la non-ingérence.

Comment jugez-vous l’actuelle diplomatie française, en Libye ou en Syrie ? Qu’es-ce qui peut l’expliquer ou la justifier ?

Nous sommes à la remorque de l’Union Européenne qui, elle-même, prend ses ordres à Washington. Nous avons renoncé à une vision géostratégique propre. Le résultat est la montée en puissance des mouvements islamistes les plus radicaux. La Lybie et la Syrie sont la preuve du décalage flagrant entre émotion et raison. Ni Kadhafi, ni Assad ne sont de grands démocrates et je ne les défends pas, mais nous devons faire de la prospective. Que nous disent les faits ? Les conflits libyen et syrien ont démontré que l’éclatement d’un état fort crée les conditions de confrontations ethnico-religieuses sans fin et ayant pour toile de fond la montée des groupes djihadistes. Les pays de l’Union Européenne ne cessent de pousser à une déflagration dans le Maghreb et le Machrek. C’est, à mon sens, un aveuglement idéologique coupable. Je crois sincèrement que, d’une erreur de constat, nous sommes aujourd’hui dans l’irrationnel.

Vous êtes très jeune et encore bien seule à votre parlement. Dans le lugubre contexte français, pensez-vous rester en politique très longtemps et à quelles conditions ?

On ne choisit pas de faire de la politique, ce sont les électeurs qui choisissent ! Malgré tout, je ne suis pas de ceux qui se contentent d’être les spectateurs de leur époque ; je pense donc toujours œuvrer d’une manière ou d’une autre pour mon pays. Il y a bien des manières de faire de la politique et je ne pourrais pas vous dire celle qui pourrait être la mienne après mon mandat de député. Je n’ai pas de plan de carrière alors j’irai là où ma contribution pourra être la plus utile.

Traduction de l’anglais : voxnr | Emprise

Source

 

 

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« Qui ne fait de châteaux en Espagne? »(La Fontaine). Ici un parador à 66 euros. Suivez le guide, Nicolas Bonnal.

http://www.la-fontaine-ch-thierry.net/laitiere.htm

 

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https://es.wikipedia.org/wiki/Benigno_de_la_Vega-Incl%C3%A1n

 

– Nicolas Bonnal, que ferez-vous quand votre blog à part sera censuré ? – La Manche. Comme Don Quichotte.

L’annonce par Emmanuel Macron, lors de ses vœux à la presse, d’un projet de loi pour lutter contre les «fake news» en période électorale, a déclenché une avalanche de réactions sur les réseaux sociaux. Cette agitation pouvait faire craindre un rejet massif de l’idée. En effet, sur les 54.300 messages postés en quatre jours, pratiquement la moitié exprimait un rejet clair du contrôle des contenus par l’État. Le spectre de la censure a largement été agité. Mais ces réactions reflétaient davantage le prisme déformant des réseaux sociaux que la réalité de l’opinion publique. Les internautes les plus déterminés avaient obtenu une part de voix très importante dans ce débat. En revanche, l’opinion dans son ensemble est largement d’un avis contraire. C’est l’enseignement majeur du sondage réalisé par Odoxa pour France Info, Le Figaro et Dentsu Consulting.

À lire aussi: «Fake news», un même terme pour plusieurs réalités

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JE DÉCOUVRE

Selon cette enquête menée sur Internet les 10 et 11 janvier auprès de 1004 personnes représentatives, une écrasante majorité, soit 79 % des personnes interrogées, est favorable à la proposition du chef de l’État. «8 Français sur 10 jugent que c’est là une bonne initiative, car il faut mieux responsabiliser l’information sur les réseaux sociaux et les plateformes Internet. Seule une minorité de Français juge à l’inverse que c’est une mauvaise initiative, car cette loi risque de porter atteinte à la liberté d’expression» explique Gaël Sliman, président d’Odoxa.

Quels que soient l’âge, l’origine sociale ou la tendance politique, pratiquement un tiers des personnes interrogées reconnaît avoir déjà relayé une information fausse à ses proches.

Le sujet des «fake news» est important aux yeux de 71 % des Français, selon le sondage Odoxa. Une opinion partagée par nos concitoyens quel que soit leur bord politique: de la gauche hors du PS (65 %), jusqu’aux sympathisants du FN (59 %). Les proches du PS et ceux de LREM sont encore plus concernés (respectivement 83 % et 87 %). Ce n’est guère surprenant, puisque lors de la dernière campagne présidentielle, aucun candidat n’a été épargné par les «fake news». Jean-Luc Mélenchon a dû affronter une rumeur sur une montre à 18.000 euros, François Fillon a fait l’objet d’un photomontage grossier le présentant aux côtés de Marion Maréchal-Le Pen et, bien entendu, Emmanuel Macron a été la victime de «fake news» sur sa supposée homosexualité et sur le fait qu’il se laverait les mains après avoir serré celles d’un ouvrier.

Un jeune sur deux

Au printemps dernier, les Français se sont retrouvés confrontés à la déferlante des «fake news» qui avaient déjà massivement pollué les élections américaines quelques mois plus tôt. Le phénomène est bien là et il inquiète. Le projet de loi avancé par Emmanuel Macron est donc bien en phase avec cette inquiétude. La position de nos concitoyens est claire. Ils font bien la différence entre les propos racistes et haineux, qui font déjà l’objet d’une législation très stricte, et les «fake news» qui échappent encore à l’arsenal légal.

Le sondage d’Odoxa démonte le processus de propagation des «fake news». Certes, si les Français sont encore 61 % (voire même 78 % si on ajoute les agrégateurs comme Google News) à s’informer via les médias traditionnels qui vérifient leurs sources, Odoxa démontre que 22 % des Français puisent leur information uniquement sur les réseaux sociaux (Facebook, Google et YouTube) ou des blogs. Si cela reste une minorité, sa progression est très forte et surtout concerne maintenant un jeune de 18 à 24 ans sur deux. Mais quels que soient l’âge, l’origine sociale ou la tendance politique, pratiquement un tiers des personnes interrogées reconnaît avoir déjà relayé une information fausse à ses proches. C’est le danger pernicieux des «fake news». Elles suscitent la curiosité, l’amusement et il est très tentant de les partager, qu’on y croit ou non. Cela souligne donc la nécessité d’encadrer, de réguler et de faire la chasse à ces fausses nouvelles avant qu’elles ne se propagent trop et tirent une forme de crédibilité de leur présence massive.

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Delon, Depardieu, bardot : pour comprendre le blues des stars, lisez Nicolas Bonnal… chez Filipacchi !

Beaucoup plus rebelles et nationales que le troupeau des Français contrôlés (« enthousiastes », cf. Céline), nos stars. Le livre aussi détaille les grandes provos des stars British des années soixante-dix, et relie cette quête au paganisme déjanté de temps plus libertaires.

 

Marianne : « Dieu n’abandonne pas ses créatures, et encore moins ses combattantes ! »

Extrait de Perceval et la reine

Saint Bernard est l’initiateur du culte de la Vierge en Occident, de ce privilégié Medium par où s’écoule selon lui le message divin. Dans de très beaux propos, notre saint populaire (mais redouté par les mères qui redoutaient son passage dans les villages et les départs d’enfants mâles qui s’ensuivaient) invite ses contemporains à « contempler et invoquer l’étoile », « le canal par où la Grâce a coulé », « et par où elle remonte au donateur ». Il consacre aussi le prestigieux ordre des Templiers à la Vierge, ordre dont la destruction déchaîne l’ire les ésotéristes et traditionalistes de toutes les époques ! Comme cette destruction enchante les profs d’histoire ! Ainsi au chant XXXI, le lien entre le grand savant et la Béatrice, symbole suprême de l’intelligence purement spirituelle, est-il établi :

 

« J’attendais une voix, une autre répondit :

car je pensais trouver Béatrice, et je vis

un vieillard habillé comme on l’est dans la gloire ».

 

Retournons à ce cher Luigi Valli, découvert par Guénon, et qui tentait vainement de lutter contre les préjugés rationalistes de son université italienne ! Voici comment lui aussi évoque ces madones pleines d’intelligence dans un italien très clair :

 

“Di queste donne sapientissime e distributrici di dottrina, ma tuttavia raffigurate nelle liriche come vere donne, ben due, non una sola, ne ritroviamo a un certo punto trasformate nettamente e chiaramente in simboli della Sapienza, e sono: l’Intelligenza di Dino Compagni e la Beatrice della Divina Commedia (47)”.

 

On est loin de la femme savante de Molière, ce plus nuisible ennemi de notre Intelligence traditionnelle ! Valli établit bien sûr le lien entre cette poésie italienne et les traditions grecques (Platon, la Cérès des Mystères d’Eleusis et la Pistis Sophia ou sagesse divine personnifiée à Byzance) et salomoniennes. Au moyen âge aussi, Ibn Arabi écrit un somptueux traité de l’Amant. L’Amant, et non le philosophe, aura accès au paradis et à la connaissance. Valli toujours :

 

“Questo poeta ci confessa chiaramente che questa donna non è niente affatto una donna ma è «l’amorosa Madonna Intelligenza», nella quale è impossibile non riconoscere proprio quella Sapienza di platonica e salomonica memoria che si immedesima, come vedremo, con l’Intelletto attivo e che perciò rappresenta il raggio dell’intelletto divino disceso all’uomo, il vero legame tra Dio e l’uomo, che conduce l’uomo a Dio (48)”.

 

La Dame du roman de chevalerie accomplit tout ou partie de cette fonction suprême : l’intellect actif (la Buddhi en sanscrit, où cette notion existe) et le rayon de l’intellect divin qui mène l’homme à Dieu. La demoiselle aux petites manches qui n’a pas ses dix ans, la demoiselle à l’alchimique mule sans frein, la reine Guenièvre au peigne d’or, la dame aux tresses d’or du Papegau, la reine au cercle d’or du grandiose Perlesvaus sont autant de Béatrice et de madones Intelligence dans la quête chevaleresque. A la fin du Perceval, Chrétien écrit même que la reine Ygerne a une fonction cosmique : « c’est d’elle que dépend tout le bien, elle en est l’origine et le mouvement ».

 

« La reïne Ygerne vint

an cest païs; si aporta

tot son tresor et si ferma

sor cele roche le chastel

et le palés si riche et bel… »

 

On ne saurait mieux dire. Dante, ses derniers vers :

 

« Mais déjà mon envie avec ma volonté

Tournaient comme une roue aux ordres de l’amour

Qui pousse le soleil et les autres étoiles (49)».

 

Merveilleux et moderne dernier vers, et qui donne en italien : l’amor che move il sole et l’altre stelle…

 

Il nous reste à évoquer le lien entre la femme et le Graal dans nos récits, après avoir récapitulé toute la somme des autres. Le plus important comme toujours est le plus évident : la présence du Graal près de la femme (ou de la femme près du Graal). Le Graal est présenté par des jeunes filles dont le caractère hermaphrodite a pu être souligné par certains (en tout cas sexuellement moins polarisé) mais dont surtout la pureté est associée à l’objet précieux.

On écoute Chrétien :

 

« .I. graal antre ses .ii. mains

une dameisele tenoit

et avoec les vaslez venoit,

bele et jointe et bien acesmee.

Quant ele fu leanz antree

atot le graal qu’ele tint,

une si granz clartez an vint,

ausi perdirent les chandoiles

lor clarté come les estoiles

qant li solauz lieve et la lune (50)».

 

Cette demoiselle est belle et ce n’est pas une fillette. Elle est bien acesmée, c’est-à-dire bien parée. Enfin son Graal produit une lumière qui efface toutes les autres, qui noie bien toutes les nôtres. Derrière elle va apparaître une autre demoiselle qui porte un tailloir en argent. Le Graal est lui en or, couvert de pierres précieuses. Dans Perlesvaus c’est aussi une fille qui porte la lance qui saigne. La femme apporte le mystère. Le Graal est une nourriture, on peut alors penser qu’il y a association (prosaïque, mais il faut toujours l’être – comme l’Evangile) entre la nourricière et la nourriture. Les plats au Moyen Age, nous rappelle Robert Delort, étaient présentés aussi par des jeunes filles ; le repas de midi durait d’ailleurs jusqu’au soir, il remplissait la journée. Par ailleurs nous savons le lien secret entre la femme et la force (ici la régénération), la proximité de la Vierge, de son lait, et des tresses solaires qui aussi irradient la clarté. Chez Wolfram, le Graal est un plat merveilleux présenté par une demoiselle Répanse de Schoye qui part à la fin en voyage aux Indes. Elle devient la mère du prêtre Jean, ce mystérieux avatar du Roi du Monde…