« Qui ne fait de châteaux en Espagne? »(La Fontaine). Ici un parador à 66 euros. Suivez le guide, Nicolas Bonnal.

http://www.la-fontaine-ch-thierry.net/laitiere.htm

 

Découvrez ce saint homme qui créa les paradors espagnols et enchanta la terre sainte du touriste initiatique… A l’ère du simulacre il faut simuler le sacre.

https://es.wikipedia.org/wiki/Benigno_de_la_Vega-Incl%C3%A1n

 

Arte a bien filmé les lieux de tournage du Seigneur des anneaux ; découvrez-les et redécouvrez le dernier gardien du Graal avec Nicolas Bonnal…

https://www.arte.tv/fr/videos/058355-001-A/terres-de-cinema/

Pour comprendre la mondialisation et sa dimension totalitaire et contre-initiatique, découvrez pour trois euros les prophétiques territoires protocolaires (éditions Michel de Maule)

https://www.amazon.fr/territoires-protocolaires-Nicolas-Bonnal/dp/2876230984/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1513528485&sr=8-1&keywords=territoires+protocolaires

Sur le futur du catholicisme tellurique (ici monastère Juan de la Pena, au royaume d’Aragon)

Carl Schmitt et le catholicisme tellurique (2013)

 

Au reste, mes frères, fortifiez-vous dans le Seigneur et dans la puissance de sa force ; revêtez-vous de l’armure complète de Dieu, afin que vous puissiez tenir ferme contre les artifices du diable : car notre lutte n’est pas contre le sang et la chair, mais contre les principautés, contre les autorités, contre les dominateurs de ces ténèbres, contre la [puissance] spirituelle de méchanceté qui est dans les lieux célestes.

 

Ephésiens, 6, 10

 

Deux éléments m’ont frappé dans les combats qui ont opposé notre jeune élite catholique au gouvernement socialo-mondialiste aux abois : d’une part la Foi, car nous avons là une jeunesse insolente et Fidèle, audacieuse et tourmentée à la fois par l’Ennemi et la cause qu’elle défend ; la condition physique d’autre part, qui ne correspond en rien avec ce que la démocratie-marché, du sexe drogue et rock’n’roll, des centres commerciaux et des jeux vidéo, attend de la jeunesse.

L’important est la terre que nous laisserons à nos enfants ; mais l’avenir c’est surtout les enfants que nous laisserons à la terre. Cela les soixante-huitards et leurs patrons des multinationales l’ont oublié. On a ainsi vu des dizaines milliers de jeunes Français – qui pourraient demain être des millions, car il n’y a pas de raison pour que cette jeunesse ne devienne mimétique, pour reprendre un terme girardien – affronter la nuit, le froid, la pluie, les gaz (que le petit ministre invente un autre mot), l’attente, le temps, l’insulte, la grosse carcasse du CRS casqué nourri aux amphétamines, aux RTT et aux farines fonctionnaires. Et ici encore le système tombe sur une élite physique qu’il n’avait pas prévue. La mondialisation abrutit et inhibe physiquement – je l’ai vu partout – des millions si ce n’est des milliards de jeunes par la malbouffe, la pollution, la destruction psychique, le reniement de la famille, de la nation, des traditions, toutes choses très bien analysées par Tocqueville à propos des Indiens.

 

En affaiblissant parmi les Indiens de l’Amérique du Nord le sentiment de la patrie, en dispersant leurs familles, en obscurcissant leurs traditions, en interrompant la chaîne des souvenirs, en changeant toutes leurs habitudes, et en accroissant outre mesure leurs besoins, la tyrannie européenne les a rendus plus désordonnés et moins civilisés qu’ils n’étaient déjà.

 

Et bien les Indiens c’est nous maintenant, perclus de besoins, de faux messages, de bouffes désastreuses, de promotions, et oublieux de l’essentiel.

Et voici qu’une jeunesse montre des qualités que l’on croyait perdues jusqu’alors, et surtout dans la France anticléricale et libertine à souhait ; des qualités telluriques, écrirai-je en attendant d’expliquer ce terme. Ce sont des qualités glanées au cours des pèlerinages avec les parents ; aux cours des longues messes traditionnelles et des nuits de prières ; au cours de longues marches diurnes et des veillées nocturnes ; de la vie naturelle et de la foi épanouie sous la neige et la pluie. On fait alors montre de résistance, de capacité physique, sans qu’il y rentre de la dégoutante obsession contemporaine du sport qui débouche sur la brutalité, sur l’oisiveté, l’obésité via l’addiction à la bière. On est face aux éléments que l’on croyait oubliés, comme des Américains qui croyaient voir des extra-terrestres au cours d’une fameuse nuit d’extinction des feux quand il n’y avait là-haut dans l’espace ouvert (et ce n’est déjà pas si mal) que des étoiles et des constellations, qu’il n’y pas si longtemps alors nous savions tous déchiffrer – au point que ce furent ces constellations qui décidèrent de l’emplacement ici de nos Notre-Dame au moyen âge.

Ces qualités peuvent être dites cosmiques, puisqu’elles s’inspirent des pères de l’Eglise (je pense à Jean Damascène) et de la réflexion des Grecs et sur les astres, elles sont aussi telluriques, parce que cette résistance, ce courage physique et cette patience aussi, digne du soldat chrétien de saint Paul, dont cette jeunesse a fait preuve durant les épreuves, relèvent du tellurisme appris par les parents et par la foi, qui a continué de respecter l’héritage immortel de l’Eglise. Cela c’est le cadeau, cela c’est la gifle pour l’adversaire qui croyait en avoir fini avec notre jeunesse avec sa culture jeune. Mais ce n’est pas notre faute si Jeanne d’Arc a la vie plus dure que Lara Croft.

 

Je relis un écrivain marxiste émouvant et oublié, Henri Lefebvre, dénonciateur de la vie ordinaire (et Dieu sait qu’elle est nulle) dans le monde moderne. Lefebvre est un bon marxiste antichrétien mais il sent cette force. D’une part l’URSS crée par manque d’ambition politique le même modèle de citoyen petit-bourgeois passif attendant son match et son embouteillage ; d’autre part la société de consommation crée des temps pseudo-cycliques, comme dira Debord et elle fait aussi semblant de réunir, mais dans le séparé, ce qui était jadis la communauté. Lefebvre rend alors un curieux hommage du vice à la vertu ; et il s’efforce alors à plus d’objectivité sur un ton grinçant.

 

Le catholicisme se montre dans sa vérité historique un mouvement plutôt qu’une doctrine, un mouvement très vaste, très assimilateur, qui ne crée rien, mais en qui rien ne se perd, avec une certaine prédominance des mythes les plus anciens, les plus tenaces, qui restent pour des raisons multiples acceptés ou acceptables par l’immense majorité des hommes (mythes agraires).

 

Le Christ s’exprime par images agraires, il ne faut jamais l’oublier. Il est lié au sol et nous sommes liés à son sang. Ce n’est pas un hasard si Lefebvre en pleine puissance communiste s’interroge sur la résilience absolue de l’Eglise et de notre message :

 

Eglise, Saint Eglise, après avoir échappé à ton emprise, pendant longtemps je me suis demandé d’où te venait ta puissance.

 

Oui, le village chrétien qui subsiste avec sa paroisse et son curé, cinquante ans après Carrefour et l’autoroute, deux mille ans après le Christ et deux cents ans après la Révolution industrielle et l’Autre, tout cela tient vraiment du miracle. C’est que comme dit l’Autre ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort…

Le monde postmoderne prône lui une absence de nature, une vie de banlieue, une cuisine médiatique et de fastfood. Enfermé dans un studio à mille euros et connecté dans l’espace virtuel du sexe, du jeu, de l’info. Et cela donne l’évangélisme, cette mouture de contrôle mental qui a pris la place du christianisme dans pas le mal de paroisses, surtout hélas en Amérique du Sud. Ce désastre est lié bien sûr à l’abandon par une classe paysanne de ses racines telluriques. Je me souviens aux bords du lac Titicaca de la puissance et de la présence catholique au magnifique sanctuaire de Copacabana (rien à voir avec la plage, mais rien) ; et de son abandon à la Paz, où justement on vit déjà dans la matrice et le conditionnement. Mais cette déchristianisation par l’évangélisme avait été programmée en haut lieu, comme me le confessa un jour le jeune curé de Guamini dans la Pampa argentine.

 

J’en viens à un autre auteur, Carl Schmitt, qui cherchait à s’expliquer dans un fameux ouvrage, le comportement et surtout les raisons de la force des partisans qui résistèrent à Napoléon, à Hitler, aux puissances coloniales (presque toutes des démocraties postchrétiennes) qui essayèrent d’en finir avec des résistances éprouvées ; et ne le purent pas.

Schmitt relève quatre critères : l’irrégularité, la mobilité, le combat actif, l’intensité de la l’engagement politique (tout son lexique a des racines latines, ce qui n’est pas fortuit).

C’est presque drôle en allemand :

 

« Solche Kriterien sind: Irregularität, gesteigerte Mobilität des aktiven Kampfes und gesteigerte Intensität des politischen Engagements.“

 

Il ne fait pas bon perdre de caractère tellurique : on le redit aussi dans un allemand latiniste délicieux !

 

„Ein solcher motorisierter Partisan verliert seinen tellurischen Charakter und ist nur noch das transportable und auswechselbare Werkzeug einer mächtigen.“

 

 

Toutes qualités telluriques de nos jeunes chrétiens qui refusent de baisser les bras ou d’aller dormir ; car on a lu l’Evangile dans nos paroisses traditionnelles et l’on sait ce qu’il en coûte de trop dormir.

Schmitt reconnaissait là la force paysanne et nationale des résistances communistes ; et il rend hommage à des peuples antinapoléoniens comme le peuple russe et le peuple espagnol : deux peuples telluriques, enracinés dans leur foi orthodoxe et catholique, encadrés par leur clergé, et accoutumés à une vie naturelle et dure de paysan. Ce sont ceux-là et pas les petit-bourgeois protestants qui ont donné du fil à retordre aux armées des Lumières. Notre auteur souligne à la suite du théoricien espagnol Zamora (il faudra un jour réhabiliter la philosophie espagnole) le caractère tellurique de ces bandes de partisans, prêts à tous les sacrifices, et il rappelle la force ces partisans issus d’un monde autochtone et préindustriel. Il souligne qu’une motorisation entraîne une perte de ce caractère tellurique, même si bien sûr le partisan – ici notre jeune militant catholique – est entraîné à s’adapter et maîtrise mieux que tous les branchés la technologie, pour mener à bien son ouvrage.

 

Merveille castillane à Siguenza, capitale de la Foi et du Moyen Age ! Deux jours magiques au parador et un hommage à Roch, le saint des voyageurs initiatiques !

Saint Cassien et saint Paul contre paresse et dépression (extraits de notre livre)

Saint Cassien et saint Paul contre paresse et dépression (extraits de notre livre)

 

La religion sait depuis toujours comment lutter contre la dépression et la paresse ! Par la prière, par le travail, et qui plus est le travail manuel.

Cassien cite saint Paul et les épitres aux Thessaloniciens.  Il décrit l’agitation brouillonne de ces moines frappés de paresse, d’acédie et comme par hasard voués au prétexte humanitaire pour se détourner de leur vraie vocation.

Maintenant savourez ces merveilles…

 

« Notre sixième combat est contre la paresse, qui est un ennui, un engourdissement du coeur ; elle a par conséquent beaucoup de rapport avec la tristesse, et elle attaque surtout les religieux qui vivent dans l’inconstance et l’isolement. C’est l’ennemi le plus dangereux et le plus acharné des solitaires ; il les tourmente principalement vers l’heure de sexte, et leur donne alors comme une sorte de fièvre réglée qui allume, dans leur âme malade, les plus violentes ardeurs. Aussi quelques Pères l’ont-ils appelée le démon de midi, dont il est parlé au psaume 90, 5.

Lorsque la paresse s’empare d’un pauvre religieux, elle lui inspire souvent l’horreur de son couvent, le dégoût de sa cellule, le mépris de ses frères qu’il trouve négligents et peu spirituels. Elle le rend sans force et sans ardeur pour tout ce qu’il doit faire dans sa cellule ; elle ne lui permet pas d’y rester et de s’y appliquer à la lecture. Il se plaint souvent de ne pas faire de progrès, depuis si longtemps qu’il est dans la communauté ; mais il dit en soupirant qu’il ne peut espérer aucun avancement, tant qu’il sera en pareille compagnie. Il gémit de perdre ainsi le fruit de ses peines, de ne pouvoir édifier personne par ses exemples et ses conseils, lui qui pourrait conduire les autres et être utile à tant d’âmes. Il loue les couvents qui sont éloignés du sien, et déclare que c’est là qu’il serait plus facile de faire son salut ; il vante la société édifiante et douce des religieux qui s’y trouvent, tandis que rien n’est plus fâcheux que tout ce qui l’entoure.

Sa maladie lui fait multiplier les visites d’honnêteté et de charité, et il aime aller voir les malades qui sont très éloignés de lui. Il pratique par paresse d’autres bonnes œuvres. Il s’informe des personnes qui peuvent être ses parents, pour avoir des occasions plus fréquentes de les voir. S’il y a une femme pieuse et consacrée au service de Dieu, qui n’a pas de famille, il s’imagine que c’est un acte très méritoire de la visiter souvent et de lui procurer tout ce qui peut lui manquer dans son abandon. Il se persuade qu’il vaut bien mieux s’occuper de ces œuvres extérieures de charité que de rester inutilement dans sa cellule, sans aucun profit pour son âme.

Dès que ce vice s’est emparé d’un religieux, on le voit rester oisif dans sa cellule, sans y faire le moindre progrès spirituel ; ou bien, il en sort sans motif et sans but, errant de cellule en cellule dans tout le monastère. Il est incapable de remplir ses devoirs, et sa seule préoccupation est le premier repas qu’il doit prendre. L’esprit du paresseux ne veille que pour penser à ce qu’il va manger, à moins qu’il ne rencontre quelque homme, quelque femme, aussi portés que lui à perdre le temps, et qu’il se mêle de leurs affaires. »

 

Les solutions de Paul :

 

« Appliquez-vous, leur dit-il,  à vivre en repos ; c’est la première chose ». La seconde : « Faites ce que vous avez à faire ». La troisième : « Travaillez de vos mains, comme nous vous l’avons recommandé ». La quatrième : « Soyez honnêtes à l’égard de ceux qui sont hors de l’Église ». La cinquième : « N’ayez rien à désirer de personne » (1 Th 4, 11).

 

Voilà où voulait arriver saint Paul, en disant tout ce qui précède :

« Appliquez-vous à  vivre en repos », c’est-à-dire à rester dans vos cellules, pour que les agitations qui naissent des désirs et de l’entretien des oisifs, ne vous tourmentent pas et ne vous fassent pas tourmenter les autres. « Appliquez-vous à faire ce que vous avez à faire », et non pas à rechercher par curiosité ce qui se passe et ce qui se dit dans le monde, pour nuire ensuite à la réputation de vos frères, au lieu de songer à vous corriger de vos défauts et à acquérir des vertus.

« Appliquez-vous à travailler de vos mains comme nous vous l’avons ordonné ». C’est pour leur faire éviter ce qu’il leur avait défendu, c’est pour les empêcher de s’inquiéter, de s’occuper des affaires des autres, de se répandre au dehors et de désirer le bien d’autrui, qu’il leur dit de travailler de leurs mains ; et il montre ainsi que l’oisiveté est la cause évidente des désordres qu’il vient de condamner. Car on ne peut être inquiet et occupé des affaires des autres, qu’en ne s’appliquant pas au travail des mains.

Et aussitôt, comme un habile médecin, il applique le fer spirituel, il retranche les membres corrompus qu’il n’a pu guérir avec de doux remèdes. « Séparez-vous, leur dit-il, de tout frère qui se conduit d’une manière déréglée et qui ne vit pas selon les traditions que vous avez reçues de nous ». Il ordonne ainsi de se séparer de ceux qui ne veulent pas travailler, de les retrancher comme des membres corrompus par l’oisiveté, dans la crainte que la contagion de la paresse ne se répande comme un venin dans les parties saines des autres membres.

Pour ne pas paraître, en travaillant, leur donner un bon exemple, sans leur faire un commandement, l’Apôtre ajoute : « Aussi, quand nous étions avec vous, nous vous avons déclaré que celui qui ne veut pas travailler, n’est pas digne de manger » (2 Th 3, 10).

« Nous avons appris, dit-il, que quelques-uns parmi vous vivent dans le désordre et sans rien faire, s’occupant seulement de ce qui ne les regarde pas » (2 Th 3,11).

Dans son épître aux Éphésiens, saint Paul recommande encore le travail : « Que  celui qui dérobait, dit-il, ne dérobe plus, mais plutôt qu’il travaille de ses mains à quelque ouvrage utile, afin qu’il puisse avoir les moyens de secourir le pauvre qui souffre » (Éph 4, 28).

Cela termine sublimement :

« Vous êtes devenus riches, par le Christ, en toutes choses, de tous les dons de la parole et de la science » (1 Co 1, 5)

 

~

Comment la ville de Sienne est une image de l’âme (par sainte Catherine et Titus Burckhardt)

en un anglais très simple :

In the words of St. Catherine of Siena, the city is the image of
the soul, the surrounding walls being the frontier between the outward
and the inward life. The gates are the faculties or senses connecting
the life of the soul with the outer world. The intelligence,
according to the saint, questions each one who approaches the
gates whether he be friend or foe, thus watching over the security of
the city. Living springs of water rise within it; gardens lie protected
by its walls, and at the center, where beats the heart, stands the Holy
Sanctuary.

 

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