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De Gaulle et la sainte Russie (article le plus lu du Bonnal)

https://fr.sputniknews.com/analyse/201507181017070809/

On connaît la russophilie du Général de Gaulle. Mais rien ne vaut les discours du Grand Homme pour retrouver la lettre et l’esprit du combat russophile initié en France par les Lumières aux temps de la Grande Catherine, et poursuivi ensuite par un Chateaubriand aux temps des tsars Alexandre et Nicolas.

Le 20 janvier 1942, le Général prononce un magnifique discours guerrier à la radio londonienne pour rendre hommage à la victoire russe lors du terrible hiver 1941-42. Grand stratège, il comprend dès ce moment, et avant beaucoup de monde, que l’Allemagne nazie va perdre sa guerre contre la Russie:

 

« Pour l’Allemagne, la guerre à l’Est, ce n’est plus aujourd’hui que cimetières sous la neige, lamentables trains de blessés, mort subite de généraux. Certes, on ne saurait penser que c’en soit fini de la puissance militaire de l’ennemi. Mais celui-ci vient, sans aucun doute possible, d’essuyer l’un des plus grands échecs que l’Histoire ait enregistrés. »

Les mots suivants sont un hymne épique à la Grande Russie combattante: « Tandis que chancellent la force et le prestige allemands, on voit monter au zénith l’astre de la puissance russe. Le monde constate que ce peuple de 175 millions d’hommes et digne d’être grand parce qu’il sait combattre, c’est-à-dire souffrir et frapper, qu’il s’est élevé, armé, organisé lui-même et que les pires épreuves n’ébranlent pas sa cohésion. C’est avec enthousiasme que le peuple français salue les succès et l’ascension du peuple russe. »

 

De Gaulle ensuite prévoit le grand rôle modérateur et équilibrant de la Russie sur la scène internationale. Il souligne au passage le rôle des forces obscures qui de manière récurrente s’opposent à l’alliance franco-russe:

 

 

« Dans l’ordre politique, l’apparition certaine de la Russie au premier rang des vainqueurs de demain apporte à l’Europe et au monde une garantie d’équilibre dont aucune Puissance n’a, autant que la France, de bonnes raisons de se féliciter. Pour le malheur général, trop souvent depuis des siècles l’alliance franco-russe fut empêchée ou contrecarrée par l’intrigue ou l’incompréhension. Elle n’en demeure pas moins une nécessité que l’on voit apparaître à chaque tournant de l’Histoire. »

 

Alain Peyrefitte a d’ailleurs rappelé pourquoi de Gaulle ne célébrait pas le débarquement anglo-saxon en France, débarquement qui annonçait une France inféodée et soumise à l’AMGOT:

 

« Le débarquement du 6 juin, cela a été l’affaire des Anglo-Saxons, d’où la France a été exclue. Ils étaient bien décidés à s’installer en France comme en territoire ennemi! Comme ils venaient de le faire en Italie et comme ils s’apprêtaient à le faire en Allemagne! Ils avaient préparé leur AMGOT qui devait gouverner souverainement la France à mesure de l’avance de leurs armées. Ils avaient imprimé leur fausse monnaie, qui aurait eu cours forcé. Ils se seraient conduits en pays conquis. »

 

Personne ne se demande en effet parmi les domestiques politiques et journalistes depuis pourquoi la France Libre n’a pas eu le droit de débarquer ce fameux 6 juin! On saura pourquoi maintenant! De Gaulle rappelle à Alain Peyrefitte qu’il fut traité comme un domestique par Churchill. « La France fut traitée comme un paillasson! ». Mais restons avec la Russie et notre Général: le 30 juin 1966, le Général de Gaulle devenu président de la République est à Moscou et il célèbre la vieille et inaltérable amitié franco-russe à la radio et à la télévision:

« La visite que j’achève de faire à votre pays c’est une visite que la France de toujours rend à la Russie de toujours… Aussi, en venant vous voir, il m’a semblé que ma démarche et votre réception étaient inspirées par une considération et une cordialité réciproques, que n’ont brisées, depuis des siècles, ni certains combats d’autrefois, ni des différences de régime, ni des oppositions récemment suscitées par la division du monde. »

 

C’est que pour de Gaulle comme pour Dostoïevski les nations sont des entités vivantes plus résistantes et plus fortes que les systèmes qui pensent les dominer. Il souligne ensuite, en faisant une belle allusion à la conquête spatiale, les grandes réalisations du modèle soviétique, stupidement oublié ou diabolisé depuis.

«Après l’immense transformation déclenchée chez vous par votre révolution depuis près de cinquante ans, au prix de sacrifices et d’efforts gigantesques; puis après le drame terrible que fut pour vous la guerre gagnée il y a plus de vingt années et dont la part que vous y avez prise a porté l’Union Soviétique au plus haut degré de la puissance et de la gloire; enfin, après votre reconstruction succédant à tant de ravages, nous vous voyons vivants, pleins de ressort, progressant sur toute la ligne, au point que vous êtes tout près d’envoyer des vôtres dans la Lune. »

 

Enfin, il conclut magnifiquement sur l’unité du continent européen, de l’Atlantique à l’Oural, pour reprendre une formulation lyrique et célèbre:

« Il s’agit aussi de mettre en œuvre successivement: la détente, l’entente et la coopération dans notre Europe tout entière, afin qu’elle se donne à elle-même sa propre sécurité après tant de combats, de ruines et de déchirements. Il s’agit, par-là, de faire en sorte que notre Ancien Continent, uni et non plus divisé, reprenne le rôle capital qui lui revient, pour l’équilibre, le progrès et la paix de l’univers. »

Une conclusion? Soumise au diktat de Washington, Bruxelles ou bien Berlin, la France politicienne ferait bien de prendre exemple sur son dernier grand homme. On verra si Fillon…

Michel Drac face au système increvable

Souvenez-vous que je parle toujours de présent permanent !

Le présent permanent se met en place vers le milieu de dix-neuvième siècle, commenté par Tocqueville ou Poe. Voyez mes chroniques sur la fin de l’histoire.

Flaubert écrit dans sa correspondance cette phrase qui résume tout : 1789 a liquidé clergé et noblesse, 1848 la bourgeoisie, 1851 le peuple !

Depuis… Depuis on tourne en rond.

 

Michel Drac commente les répugnantes élections de 2007. C’est dans pilule rouge. Ce qu’on ne dit jamais à propos de Matrix c’est que le monde alternatif proposé par la résistance est encore pire que celui de la matrice. Voyez le deuxième Matrix, surtout.

 

Michel Drac donc sur le premier tour des présidentielles qui consacre en 2007 la supériorité du système :

 

« Depuis deux mois, je me faisais un peu l’effet d’un modéré : je tempérais l’enthousiasme des optimistes, qui voyaient déjà le système KO, balayé par la juste colère  populaire,  et  à  l’inverse,  je  relevais  le  moral  des  pessimistes,  pour  qui  c’était  fichu, le peuple avait été irrémédiablement lobotomisé, qui voterait comme les médias le lui disaient. »

 

Les pessimistes n’attendaient rien du peuple.

 

« Force est de constater, à présent, que les pessimistes ont eu entièrement raison.

Et donc que j’avais en partie tort. »

Je suis surpris, je l’avoue, par l’ampleur du vote systémien. Certes, depuis deux  mois, je mettais en garde régulièrement mes amis de Salut Public. Je leur disais, en

substance, qu’à mon avis il était très possible que Bayrou réussisse à se faire passer pour un rebelle, et qu’une grande partie du corps électoral allait en outre voter  comme on demande un sursis au bourreau – encore une minute, s’il vous plaît,  encore une minute de cette vie facile… Cependant, je n’imaginais pas ce triomphe  des candidats du système – Sarkozy, Royal et Bayrou aussi, le faux rebelle. Je dois  d’ailleurs, à ce propos, faire mes excuses au patron de l’institut CSA, que j’ai traité  de bouffon, ne pouvant croire le peuple français assez con pour voter comme lui,  le patron du CSA, nous l’annonçait. »

 

Bayrou rebelle ! Et de conclure sévèrement :

 

« J’avais tort : ce n’est pas le patron du CSA qui est un bouffon, c’est l’électeur  français qui l’est ! »

Après Drach se laisse aller à la facilité :

 

« Bouffon, en effet, l’électeur qui vient de s’exprimer, majoritaire, en France ! Voilà un pays objectivement ruiné. 2.500 milliards de dette publique réelle, des centaines de milliers d’entrées clandestines sur le territoire par an, 25 %  d’analphabètes en classe de sixième, des délocalisations. Tout va mal, et au final, quoi ?

– Eh bien, il se trouve encore une nette majorité de gens pour trouver qu’il faut  continuer  comme  ça,  du  moins, à en  juger  par  leur  vote.  Voilà,  l’UMPS  les a  conduits droit dans le mur, et ils en redemandent ! »

 

Les gens en redemandent parce qu’ils vivent encore trop bien, c’est tout. Le mur de la dette est aussi une invention-système. Le système est une catastrophe pour certains, une merveille pour d’autres. Les chinois, les mexicains, les indiens se ruent sur le marché immobilier de la Californie et la Floride. C’est dans Zerohedge.com. A Paris l’immobilier est reparti avec les attentats. Le Dow Jones a triplé en dix ans, au nez et à la barbe de tous les pessimistes lui, de tous les Bill Bonner, Wapler et sites qui vous conseillent d’acheter de l’or. L’or a monté depuis 1970, mais il a certainement baissé depuis 2007. Fiez-vous à Almighty dollar, comme dit en ricanant The Economist (journal déjà cité par Karl Marx, quand je vous parle de présent permanent…)

Drac encore :

 

« Sur le fond, cette élection ne fait que confirmer mon analyse de départ – à savoir que les élections, bien sûr, ne règleront rien.

 

… Que cela nous plaise ou non, il nous  faut nous pencher sur ce peuple déroutant, le peuple de France, ce peuple qui rejette en 2005 le traité constituant européen à 56 %, puis qui apporte, deux ans plus  tard, 75 % de ses suffrages aux défenseurs de ce même traité… »

 

Tout à fait d’accord. On rejette le traité, puis on vote pour Sarkozy qui le fait voter par le parlement. On se croirait dans Audiard…

Drac remarque :

 

« Ce  sont  les  minorités  qui  font  l’Histoire,  donc  quand l’oligarchie gouverne, elle se passe du peuple. Et symétriquement, quand on  dit que le peuple se révolte, cela veut dire en pratique que quatre pourcents de furieux cassent la gueule à un pourcent de prédateurs sous le regard plus ou moins  approbateur de quatre-vingt-quinze pourcents de moutons. Donc la révolution ne  survient  donc  nullement  quand  les  moutons  se  révoltent,  car  les  moutons  ne  se  révoltent jamais. »

 

Il résume ce qu’il faut penser du FN, alors que cela fait trente ans qu’on s’esbigne à voter pour lui :

 

« …au départ, le FN est un golem, inventé par le système comme exutoire  au  vote  protestataire – un  exutoire  sans  risque  pour  la  classe dirigeante. On a fait du vote ouvrier un vote fascisant, et ainsi on put trahir  la classe ouvrière. Voilà de quoi il s’agissait… »

 

Au point où nous en sommes, je dirai qu’il n’a pas conspiration des élites mais conspiration des choses, le mot machine signifie ruse en grec ancien : l’imprimante à billets, le portable, l’ordinateur, la télé, la bagnole, le distributeur à malbouffe. On n’a même plus besoin d’élites et on pourrait se retrouver dans un scénario où l’élite-Musk aurait été remplacée par ses robots adorés ! Après on pourra toujours évoquer des scénarios Mad Max (pour certains antisystèmes l’apocalypse serait une libération, un soulagement), mais je vous garantis que les gouvernements les ont mieux étudiés que nous ces scénarios. Les autres appliqueront la stratégie de Gandalf dans les souterrains de la Moria : Fly, you fools !

 

Sources

 

Michel Drac – Pilule rouge

Nicolas Bonnal – Chroniques sur la fin de l’histoire ; les grands auteurs et al conspiartion.