Quand le cave Medvedev se rebiffe

La réaction de Medvedev et la faiblesse de Poutine

 

Dimitri Medvedev a réagi (le 27 juillet), lui le pro-occidental, avec plus d’énergie que Poutine, qui doit être limité dans ses réactions par son gendre Cyril Shamalow (découvrez le phénomène), comme Trump lui-même.

On lit sous la plume de Medvedev.

« La signature de la loi sur les nouvelles sanctions contre la Russie par le président US conduit à plusieurs conséquences, [trois principalement]. La première est qu’il faut abandonner tout espoir de quelque amélioration que ce soit de nos relations avec la nouvelle administration ; la deuxième, que les USA viennent de déclarer une guerre économique totale contre la Russie ; la troisième, que l’administration Trump a montré qu’elle se trouvait pratiquement privée de tout pouvoir, et qu’elle transférait de la plus humiliante des façons le pouvoir exécutif au Congrès. Il s’agit d’un bouleversement dans le rangement des forces dans les élites politiques US. »

En effet c’est la fin du régime présidentiel. Pauvres pères fondateurs ! Pauvre Tocqueville ! Trump plie et rompt tous les jours. Il  a été mis là pour liquider son pays, et ce n’est pas le seul. Le Nouvel ordre mondial et notre mort sont aux portes.

On continue avec un Medvedev en pleine forme.

« Qu’est-ce que cela signifie pour les USA ? L’establishment washingtonien a complètement mis hors-jeu le président Trump. Le président n’est pas satisfait de ces nouvelles sanctions, mais il ne pouvait faire autrement que les confirmer en signant la nouvelle loi. Le but de ce des nouvelles sanctions était de mettre Trump à sa vraie place [de complète impuissance]. Le but ultime est d’éliminer Trump du pouvoir. Cet acteur incompétent doit être écarté. En même temps, les intérêts du business américain ont été ignorés. La [bataille] politique a pris le pas sur l’approche pragmatique. L’hystérie antirusse est apparue comme étant devenue un facteur essentiel, non seulement de la politique extérieure (comme ce fut souvent le cas) mais aussi le politique intérieure US (c’est nouveau).

Exact : l’hystérie antirusse (Russie, prépare-toi à mourir ou à combattre) sert un coup d’Etat là-bas en Amérique. McCain a pris le pouvoir avec Schumer et toute la clique des gangs parodiques,  hollywoodiens qui contrôlent les tristes sires du congrès. C’est l’ambiance casino, la rigolade Joe Pesci en moins. Le dollar baisse d’ailleurs sur ces entrefaites comme si tous les abrutis du business, « les naïfs jobards de l’économie et de la finance » (Guy Debord) commençaient à comprendre où l’américanomanie et la dollarolâtrie va les mener… On va se chauffer au nucléaire cet hiver.

Medvedev continue pour son pays :

« Qu’est-ce que cela signifie pour la Russie ? Nous continuerons à travailler pour le développement des sphères économiques et sociales, nous nous arrangerons pour trouver des substituts aux importations, nous accomplirons les tâches principales de l’État, tout cela en comptant essentiellement sur nous-mêmes. Nous avons commencé à apprendre à le faire durant les dernières années. Dans la plupart des marchés financiers, les investisseurs et les créditeurs étrangers craindront d’intervenir en Russie à cause de la possibilité de sanctions contre d’autres acteurs et d’autres pays. D’une certaine façon, cela nous bénéficiera bien que les sanctions soient, – en général, – dénuées de sens. Nous nous en arrangerons. »

Philippe Grasset commentait :

« Au bout du compte, c’est un test fondamental pour Poutine. Les voix sont de plus en plus nombreuses qui critiquent son manque de fermeté dans ses réactions vis-à-vis des USA. Le temps est très proche, où les réactions à-la-Medvedev ne suffiront plus. »

La division chez les globalistes donc, comme le pense Philippe ? Ces américains exagèreraient ? Mais la division chez leurs opposants, et chez les russes aussi.

Jamais en tout cas la démocratie occidentale n’aura autant montré son vrai visage, des deux côtés l’océan atlante.

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René Guénon et la monnaie illusoire

Du mensonge guénonien des monnaies illusoires et des réseaux sociaux

 

Mon idole économique : Egon von Greyerz. Paranoïaque, suisse et technique.

 

Il n’y a pas que l’or-papier qui soit faux. Peu d’investisseurs réalisent que la plupart de leurs investissements sont faux.

Les fausses nouvelles et les faux actifs sont partout. Commençons avec les réseaux sociaux, qui ont pris une importance considérable dans le monde entier. Facebook, par exemple, compte 2 milliards d’utilisateurs actifs. WhatsApp en compte 1,2 milliard, et Instagram 700 millions. Évidemment, il y a beaucoup de chevauchement entre les réseaux sociaux, mais ces trois réseaux touchent des milliards de personnes et leur pouvoir est bien supérieur aux autres. Les réseaux sociaux ont plus d’impact que les journaux ou la télévision, et ce sont les seuls médias que 2-3 milliards de personnes suivent quotidiennement. La plupart des gens, les jeunes en particulier, ne regardent pas la télé et ne lisent pas les journaux. Ils se tiennent informés via les réseaux sociaux.

Les réseaux sociaux sont une source de FAKE NEWS

Les réseaux sociaux donnent une gratification instantanée. Vous publiez quelque chose, et vous recevez un message en retour ou un nombre de likes, ce qui libère de la dopamine et rend temporairement heureux. Mais comme j’ai pu l’observer avec mes petits-enfants, les réseaux sociaux sont une source parfaite de fake news. Plusieurs jeunes qui utilisent les réseaux sociaux recevront des fake news ou se feront harceler. Les réseaux sociaux sont parfaits pour faire circuler de fausses rumeurs dont il est ensuite difficile de se débarrasser. Le compte Twitter de Donald Trump est un autre exemple d’allégation de fake news. Trump accuse les journaux et la télévision de publier des fake news, et ils l’accusent de la même chose en retour.

C’est le monde dans lequel nous vivons : un monde avec de faux marchés, de faux actifs, de fausses valeurs, de la fausse monnaie, de fausses personnes et de fausses nouvelles.

Nous vivons dans un monde où tout devient électronique. Les personnes physiques n’ont plus d’importance. Nous ne sommes que des entrées électroniques dans un registre.

La monnaie est fausse

Même chose avec la monnaie. La monnaie est aujourd’hui totalement fausse. Avant, la monnaie était l’argent ou l’or. Afin de faciliter le commerce, les métaux ont été remplacés par de la monnaie papier, à raison de un pour un.

1971: Avec 100$, on achetait un lingot d’Or de 100g – En 2016, ces 100$ valent 3g de ce même lingot

Initialement, la monnaie papier représentait toujours une valeur réelle en contrepartie de biens et services. Mais les banquiers et les gouvernements ont vite réalisé qu’ils pouvaient s’enrichir en réduisant la quantité de métal précieux contenu dans une pièce. Bien entendu, ils s’en fichaient de frauder et d’abaisser ainsi la valeur de la monnaie « réelle ». Plus tard, la même chose a été faite avec la monnaie papier. Lorsque la monnaie papier fut introduite, elle représentait la quantité d’argent ou d’or détenue par la banque. Mais les gouvernements et les banquiers réalisèrent qu’en utilisant l’effet de levier sur l’argent et l’or, ils pourraient s’enrichir bien plus aux dépens des épargnants et des déposants. C’est ainsi que le schème de Ponzi a commencé, avec de la fausse monnaie et de faux actifs.

Les ETF détiennent de faux actifs

Aujourd’hui, pratiquement tous les actifs et passifs non capitalisés sont uniquement des entrées électroniques avec effet de levier de x10, x100, voire x1000 sur la valeur « réelle » des actifs sous-jacents.

La monnaie a un levier de plusieurs fois, et les actions bénéficient aussi d’un effet de levier grâce à l’émission de produits dérivés variés comme les ETF ou les contrats à terme supposés refléter l’actif sous-jacent mais qui, en réalité, ne sont que des entrées électroniques ne reposant sur rien. Vu que la dette mondiale, incluant les passifs non capitalisés et les produits dérivés, s’élève à plus de 2 millions de milliards de dollars, les actifs mondiaux devraient valoir autant. Mais les actifs mondiaux ne représentent même pas une fraction de cela. Ces actifs seraient de 250 000 milliards $, mais c’est une valorisation à l’intérieur d’une bulle qui implosera en même temps que les dettes et les passifs non capitalisés.

La Suède dans cash

Etant donné que je passe du temps en Suède en ce moment, je fais l’expérience d’une société sans cash. Dans de nombreux endroits, le cash n’est pas accepté. Tout le monde exige une carte de crédit ou un paiement électronique. Les banques imposent des frais pour déposer du cash.

La monnaie peut disparaître d’un clic de souris

Peu de gens réalisent que leur monnaie n’est qu’une entrée électronique qui peut être annulée en une seconde par le gouvernement. Cela signifie que leur monnaie peut disparaître, pour ne jamais réapparaître. C’est ce que les gouvernements et les banques centrales veulent imposer dans la plupart des pays occidentaux.

Les gens pensent que leur argent est en sécurité à la banque et ne réalisent pas que la monnaie électronique n’est pas introduite par commodité, mais bien pour les empêcher de retirer leur argent lorsque les banques insolvables ayant utilisé à outrance l’effet de levier manqueront de cash. Quiconque possède un compte bancaire doit comprendre qu’un jour, il n’y aura plus d’argent à la banque. Les distributeurs automatiques seront fermés et il n’y aura pas de cash disponible. C’est une façon élégante de régler le problème d’insolvabilité du système financier: il n’y aura pas de monnaie papier disponible, ni de monnaie électronique… plus d’argent à retirer.

À ce moment-là, le gouvernement n’imprimera plus de monnaie pour les particuliers, puisqu’elle sera inutilisable. Il imprimera des coupons à utiliser dans certains magasins et pour d’autres dépenses. C’est déjà le cas dans des pays comme le Zimbabwe. Les gens ne pourront dépenser qu’une quantité très limitée de l’argent déposé sur leur compte bancaire chaque mois, comme nous l’avons vu en Argentine.

Bien sûr, l’impression monétaire massive continuera pour sauver le système financier lorsque tous les actifs imploseront. Mais une très faible quantité de cette monnaie parviendra aux gens ordinaires.

La plupart d’entre vous diront que ce scénario est totalement irréaliste, pire qu’apocalyptique. J’espère qu’il ne se réalisera jamais. Mais ce que je veux dire est qu’en remettant des actifs aux banques et, finalement, au gouvernement, qui contrôle les banques, la plupart des gens perdront totalement le contrôle de leurs biens.

Cela ne concerne pas uniquement le cash, mais tous les actifs détenus dans le système financier, qu’il s’agisse d’actions, d’obligations, ou d’autres titres sous forme électronique.

Nous sommes arrivés à un point où le monde n’est plus à la croisée des chemins, mais dans un cul-de-sac. La marche arrière n’est plus possible. La seule issue est le précipice.

Quelle est la meilleure recette pour se protéger contre les plus grands risques de l’histoire ?

Détenir directement des actifs tangibles. Cela peut être de l’immobilier, des terres, de la forêt ou des actifs miniers. Pour la plupart des gens, il est compliqué de détenir ce genre d’actifs. L’actif parfait pour se protéger contre les risques du système financier est, bien sûr, l’or physique, ou l’argent, stocké de façon sécurisée hors du système bancaire et, préférablement, hors de votre pays de résidence.

 

Hommage aux chats de Baudelaire

Les amoureux fervents et les savants austères
Aiment également, dans leur mûre saison,
Les chats puissants et doux, orgueil de la maison,
Qui comme eux sont frileux et comme eux sédentaires.

Amis de la science et de la volupté
Ils cherchent le silence et l’horreur des ténèbres;
L’Erèbe les eût pris pour ses coursiers funèbres,
S’ils pouvaient au servage incliner leur fierté.

Ils prennent en songeant les nobles attitudes
Des grands sphinx allongés au fond des solitudes,
Qui semblent s’endormir dans un rêve sans fin;

Leurs reins féconds sont pleins d’étincelles magiques,
Et des parcelles d’or, ainsi qu’un sable fin,
Etoilent vaguement leurs prunelles mystiques.

Brouillon de Nicolas Bonnal; Work in progress sur Rimbaud et la mondialisation ! Profitez, nocturnes !

Brouillon de Bonnal : Arthur Rimbaud et la mondialisation en 1875

Que les accidents de féerie scientifique et des mouvements de fraternité sociale soient chéris comme restitution progressive de la franchise première…

 

APRES LE DELUGE

Les castors bâtirent. Les «mazagrans» fumèrent dans les estaminets.

Dans la grande maison de vitres encore ruisselante, les enfants en deuil regardèrent les merveilleuses images.

Une porte claqua, et, sur la place du hameau, l’enfant tourna ses bras, compris des girouettes et des coqs des clochers de partout, sous l’éclatante giboulée.

Madame *** établit un piano dans les Alpes. La messe et les premières communions se célébrèrent aux cent mille autels de la cathédrale.

Les caravanes partirent. Et le Splendide-Hôtel fut bâti dans le chaos de glaces et de nuit du pôle.

 

ENFANCE, V

 

Je m’accoude à la table, la lampe éclaire très vivement ces journaux que je suis idiot de relire, ces livres sans intérêt.

A une distance énorme au-dessus de mon salon souterrain, les maisons s’implantent, les brumes s’assemblent. La boue est rouge ou noire. Ville monstrueuse, nuit sans fin !

Moins haut, sont des égouts. Aux côtés, rien que l’épaisseur du globe. Peut-être les gouffres d’azur, des puits de feu ? C’est peut-être sur ces plans que se rencontrent lunes et

comètes, mers et fables.

 

VILLE

 

Je suis un éphémère et point trop mécontent citoyen d’une métropole crue moderne, parce que tout goût connu a été éludé dans les ameublements et l’extérieur des maisons aussi bien que dans le plan de la ville. Ici vous ne signaleriez les traces d’aucun monument de superstition. La morale et la langue ont été réduites à leur plus simple expression, enfin ! Ces millions de gens qui n’ont pas besoin de se connaître amènent si pareillement l’éducation, le métier et la vieillesse, que ce cours de vie doit être plusieurs fois moins long que ce qu’une statistique folle trouve pour les peuples du Continent.

 

VILLES

 

L’acropole officielle entre les conceptions de la barbarie moderne les plus colossales; impossible d’exprimer le jour mat produit par le ciel, immuablement gris, l’éclat impérial des bâtisses, et la neige éternelle du sol. On a reproduit, dans un goût d’énormité singulier, toutes les merveilles classiques de l’architecture, et j’assiste à des expositions de peinture dans des locaux vingt fois plus vastes qu’Hampton-Court. Quelle peinture ! Un Nabuchodonosor norvégien a fait construire les escaliers des ministères; les subalternes que j’ai pu voir sont déjà plus fiers que des Brennus, et j’ai tremblé à l’aspect des gardiens de colosses et officiers de construction.

 

 

 

SOLDE

 

A vendre ce que les Juifs n’ont pas vendu, ce que noblesse ni crime n’ont goûté, ce qu’ignorent l’amour maudit et la probité infernale des masses, ce que le temps ni la science n’ont pas à reconnaître…

 

À vendre l’anarchie pour les masses; la satisfaction irrépressible pour les amateurs supérieurs; la mort atroce pour les fidèles et les amants !

À vendre les habitations et les migrations, sports, féeries et conforts parfaits, et le bruit, le mouvement et l’avenir qu’ils font !

 

À vendre les Corps, les voix, l’immense opulence inquestionnable, ce qu’on ne vendra jamais. Les vendeurs ne sont pas à bout de solde ! Les voyageurs n’ont pas à rendre leur commission de sitôt !

 

 

PROMONTOIRE

 

Des glaciers, des lavoirs entourés de peupliers d’Allemagne, des talus de parcs singuliers; et les façades circulaires des «Royal» ou des «Grand» de Scarbro’ ou de Brooklin; et leurs railways flanquent, creusent, surplombent les dispositions de cet hôtel, choisies dans l’histoire des plus élégantes et des plus colossales constructions de l’Italie, de l’Amérique et de l’Asie, dont les fenêtres et les terrasses, à présent pleines d’éclairages, de boissons et de brises riches, sont ouvertes à l’esprit des voyageurs et des nobles, qui permettent aux heures du jour, à toutes les tarentelles illustres de l’art de décorer merveilleusement les façades de Palais Promontoire.

 

 

DEMOCRATIE

 

« Le drapeau va au paysage immonde, et notre patois étouffe le tambour.

« Aux centres nous alimenterons la plus cynique prostitution. Nous massacrerons les révoltes logiques.

« Aux pays poivrés et détrempés ! — au service des plus monstrueuses exploitations industrielles ou militaires.

 

SOIR HISTORIQUE

En quelque soir, par exemple, que se trouve le touriste naïf, retiré de nos horreurs économiques, la main d’un maître anime le clavecin des prés; on joue aux cartes au fond de l’étang, miroir évocateur des reines et des mignonnes; on a les saintes, les voiles, et les fils d’harmonie, et les chromatismes légendaires, sur le couchant.

À sa vision esclave, l’Allemagne s’échafaude vers des lunes; les déserts tartares s’éclairent ; les révoltes anciennes grouillent dans le centre du Céleste Empire; par les escaliers et les fauteuils de rocs, un petit monde blême et plat, Afrique et Occident, va s’édifier. Puis un ballet de mers et de nuits connues, une chimie sans valeur, et des mélodies impossibles.

La même magie bourgeoise à tous les points où la malle nous déposera ! Le plus élémentaire physicien sent qu’il n’est plus possible de se soumettre à cette atmosphère personnelle, brume de remords physiques, dont la constatation est déjà une affliction.