Vous reprendrez bien un verre de laid ? Lisez Philippe Grasset !

Philippe Grasset parle de Soros, et il en parle très bien. No comment par conséquent !

 

A cet égard, on ne s’attarde pas trop, dans ces biographies, sur les conditions exactes de cette situation moralement si louée dans la pensée-Système ; c’est dommage parce qu’elles sont extrêmement ambiguës, sinon perverses et complètement inverties. A cet égard, nous écrivions le 27 janvier 2017, utilisant des éléments d’un autre texte repris dans le même article (“George Soros Declares War on President Trump”, article de “Harper”, sur le site Sic Semper Tyrannis [SST], le site du colonel Lang, qui restitue le verbatim de l’émission de télévision citée, de décembre 1998 sur CBS.News).

« Pour renforcer le texte de Sedov en s’attachant à la personnalité de Soros, nous reprenons également un texte qui donne diverses précisions intéressantes sur lui en même temps qu’il aliment la même hypothèse (“George Soros Declares War on President Trump”). Tout ce matériel est en général plus ou moins connu, mais il est bon de pouvoir en disposer à nouveau, surtout avec des détails intéressants et parfois inédits. On y trouve par exemple le détail de l’interview de Soros qui s’avère être de décembre 1998, dans l’émission 60 Minutes de la CBS, qui a depuis été le plus souvent possible escamotée. Soros y détaille son activité en Hongrie en 1944, alors qu’il était adolescent, et qu’il se mit au service des forces fascistes et des occupants allemands du pays, pour participer à la récupération des biens Juifs hongrois déportés par les Allemands vers les camps d’extermination. Juif lui-même, et ne manquant jamais de brandir l’anathème de l’Holocauste, Soros commente son rôle avec une extrême désinvolture, du type “il fallait bien que quelqu’un fasse ce travail, alors pourquoi pas moi plutôt qu’un autre”… Ce personnage étrangement proche de ce qu’on imagine être un caractère diabolique sinon le Diable himself, a cette remarque qu’il juge “amusante”, de comparer le rôle de récupérateur des biens juifs (dont certains durent sans doute lui permettre de lancer sa fortune) à celui de trader-spéculateur : “Mais je n’avais en aucune façon l’idée que je n’aurais pas dû être là, parce qu’en fait … d’un point de vue assez amusant, c’est comme sur les marchés spéculatifs … l’idée que si je n’avais pas été là, bien sûr je n’aurais pas fait ces choses mais quelqu’un d’autre les aurait… enfin, de toutes les façons, elles auraient été faites…” »

On voit que le personnage de Soros, – que nous aurions purement et simplement tendance à considérer comme diabolique, – dépasse largement les querelles habituelles et en général complotistes qui entourent des personnalités juives de cet acabit, et permet de mieux appréhender l’antagonisme à première vue surprenant entre Israël et lui. Nous pensons qu’il faut comprendre cet antagonisme du point de vue du “déconstructeur” (ou “déconstruction-dissolution-entropisation”). Pour nous, Soros n’est pas un personnage classique des habituelles rengaines de l’antisémitisme et du complot qui va avec, mais bien un personnage-clef de la tendance postmoderne de la déconstruction, ou bien pour nous de la dynamique déstructuration-dissolution-entropisation ; c’est-à-dire un personnage-clef de la tendance de la destruction du monde par l’attaque de tout ce qui est principiel ; ce pourquoi, bien entendu, il nous apparaît également comme purement et simplement diabolique, dans le sens le plus large de ce mot, y compris de type-métaphysique ou plutôt anti-métaphysique, et bien entendu du type-théologique si l’on veut se référer au phénomène religieux

Dans ce cas, Israël se présente comme une structure reposant sur des principes, et cette structure qui en appelle à la légitimité et à la souveraineté considère Soros comme un pur ennemi, un destructeur de soi-même.

(…)

Dans ce cas, on arrive donc à une situation où l’UE et Soros sont des alliés objectifs dans la tâche de la déconstruction, tandis que la Hongrie de Orban et l’Israël de Netanyahou sont des alliés contre cette poussée. C’est un sujet dont parleront certainement Orban et Netanyahou durant la très prochaine visite du Premier ministre israélien en Hongrie.

Comment se mettre à la p(l)age avec Fesse bouc

Et comme on parlait de book, citons Maupassant :

 

Elle se débattait ; mais j’ouvris bientôt le livre que je cherchais. Je n’en dirai pas le titre.

C’était vraiment le plus merveilleux des romans, et le plus divin des poèmes.

Une fois tournée la première page, elle me le laissa parcourir à mon gré ; et j’en feuilletai tant de chapitres que nos bougies s’usèrent jusqu’au bout.

Mon perroquet pérore en poésie colibri…

Ecoute : il vient comme l’audace dans une âme,
Le colibri qui vibre vole et puis vrombit,
Immobile inventeur, Messire d’énergie,
Règne d’apesanteur, d’insoutenable flamme.

Le roi surnaturel de la selva sauvage,
Guerrier vert et nerveux de plumes recouvert,
Vénère chaque fleur en amant bien sévère :
Pour lui chaque moment est déjà un autre âge.

Dans le cloître ou dans l’antre il embrasse sa fleur,
Défie tous ses rivaux et célèbre son lieu,
Transfigurant l’espace en domaine des dieux,
A coup d’aile et de plume, infatigable coeur.

On dit qu’au fond des bois une fois une Dame
Transforma ses amants en Anges batailleurs :
Ils venaient d’outre-tombe et des mondes d’ailleurs,
Réveiller notre esprit assoupi qui se pâme.

Aréquipa, 23 novembre 2008

 

(Ecrit

Mon perroquet confirme : les infos crétinisent

La plupart des anti-systèmes croient lutter contre le système en luttant contre ses informations. Mais le système n’en a rien à foutre de ses informations. 5 ou 10% des seniors s’y intéressent (et sont désinformés, mais ce n’est pas le problème), le reste navigue dans le néant de la nullité ludique, sportive, dans l’abjection sociétale. La plupart des consommateurs ne savent plus s’ils existent (Soljenitsyne, discours de Harvard), ils sont anesthésiés (l’historien du franquisme Stanley Payne sur les Espagnols). Et le système le sait très bien, en tout cas il le sait mieux que les antisystèmes qui croient qu’en votant Mélenchon ou FN ils feront de la résistance.

Le 8 juillet, je recherche pour mon bon père la météo en Bretagne et je tombe sur la page de Brest. Le splendide moteur de recherche Google.fr indique :

  • Donovan, Léon s’en va (c’est sur du football).
  • La voiture finit sur la plage. Le conducteur ivre s’est enfui de l’hôpital.
  • Trafic de stupéfiants. Des arrestations square Mathon.

Cette atroce crétinisation par l’information (c’est du même topo en Espagne) ne cesse jamais, c’était encore pire en Amérique du sud où j’ai vécu six ans. C’est à qui tombera le plus bas, à qui dira la dernière abjection sur les peoples, à qui narguera le populo avec le footeux ou avec les histoires de corruption des politiciens. Et cela ne cessera jamais. Comme on sait, les robots remplaceront de plus en plus les journalistes, espèce abrutie et invertébrée en voie de disparition, et qui n’avait plus rien à dire, sinon à abrutir.

 

Il y a trente ans Guy Debord écrivait superbement :

« La construction d’un présent où la mode elle-même, de l’habillement aux chanteurs, s’est immobilisée, qui veut oublier le passé et qui ne donne plus l’impression de croire à un avenir, est obtenue par l’incessant passage circulaire de l’information, revenant à tout instant sur une liste très succincte des mêmes vétilles, annoncées passionnément comme d’importantes nouvelles ; alors que ne passent que rarement, et par brèves saccades, les nouvelles véritablement importantes, sur ce qui change effectivement. Elles concernent toujours la condamnation que ce monde semble avoir prononcée contre son existence, les étapes de son autodestruction programmée. »

 

La débilité des informations sert les intérêts des oligarchies aux affaires, castes qui reposent sur notre inertie et notre consentement :

Je conseillerai toujours la servitude volontaire de La Boétie. Car ne vous étonnez pas si avec un tel désintérêt pour ce qui se passe un peu partout sur cette planète, des Cassandre d’ailleurs souvent bien contrôlés vous apprennent que le QI a baissé de quatre points cette année – ou cette décennie !

La Boétie sur notre abrutissement :

« Mais cette ruse des tyrans d’abêtir leurs sujets, n’a jamais été plus évidente que dans la conduite de Cyrus envers les Lydiens, après qu’il se fut emparé de Sardes, capitale de Lydie et qu’il eût pris et emmené captif Crésus, ce tant riche roi, qui s’était rendu et remis à sa discrétion. On lui apporta la nouvelle que les habitants de Sardes s’étaient révoltés. Il les eût bientôt réduits à l’obéissance. Mais en voulant pas saccager une aussi belle ville, ni être toujours obligé d’y tenir une armée pour la maîtriser, il s’avisa d’un expédient extraordinaire pour s’en assurer la possession : il établit des maisons de débauches et de prostitution, des tavernes et des jeux publics et rendit une ordonnance qui engageait les citoyens à se livrer à tous ces vices. Il se trouva si bien de cette espèce de garnison, que, par la suite, il ne fût plus dans le cas de tirer l’épée contre les Lydiens… »

C’était avant CNN et les chaînes (sic) info, avant le Télégramme de Brest et notre Equipe aux abois…

 

Sources

 

Nicolas Bonnal – Comment les Français sont morts, les grands auteurs et la conspiration (Amazon.fr)

Guy Debord – Commentaires sur la Société du Spectacle

La Boétie – La servitude volontaire (sur Wikisource)