Régis Debray et la déchéance française

 

 

Régis Debray et la déchéance française

 

Intellectuel-système mollement opposant, médiocrement inspiré, voire littéraire, Régis Debray est une incarnation du monde médiatique qu’il fait mine d’étudier et de dénoncer.

Récemment interviewé par un journaliste, FETHI BELAID, plus inspiré que lui, Régis Debray a encore défendu sa France en demi-teinte de toujours, la république machiniste façon Chevènement et IIIème république. Mais il a surtout fait acte d’abdication : le monde change, il faut changer alors, il faut étudier la technologie… Pourquoi pas, mais en Chine ou en Russie ! Parce que chez les américains, on a basculé dans le grand simulacre façon Tesla-Nasa…

Parfois quelques éclairs de perception :

 

« Je n’aime pas le mot péjoratif de « décadence », qui fait du tort au moment le plus savoureux, le plus créatif d’une civilisation : celui de son déclin, quand elle touche au « point doré de périr ». Et je ne porte pas de jugement de valeur sur le nouvel état du monde. »

 

Oui en effet le mot de décadence, qui évoque Pétrone, Juvénal ou Sénèque, est trop flatteur ici. La décadence française est décrite au dix-neuvième siècle par Flaubert ou Tocqueville, son écroulement par Céline.

Je parlerai moi de déchéance, de déchet-France ou de sous France. Le sujet ne vaut même plus qu’on le traite : il est dépassé à l’heure où l’on guette l’écroulement-système.

 

Il poursuit :

 

« Il m’arrive même de tenir pour un privilège d’avoir pu assister sur place à un changement de civilisation, même pays, même population, disons au passage de la France-République à la France-entreprise, d’une nation tribunitienne et méditerranéenne à une province transatlantique et semi-anglophone, des sociétés de pensée aux think tanks. »

 

Ici encore le raccourci est incertain. La France des classiques n’est pas méditerranéenne. La France est devenue méditerranéenne en devenant républicaine : parlottes, fonction publique, subventions. Lisez Taine, Le Bon ou Sorel. Quant au changement de population, même si c’est pour s’en féliciter, il faut avoir l’honnêteté de le reconnaître, non ?

Debray souligne la rapidité des transformations actuelles :

 

« Aucun citoyen de l’Antiquité n’a pu voir en direct la Rome du forum devenir celle des basiliques. »

 

Se rappeler que Guy Debord, que se flatte de mépriser Debray, parle de ce monde où les hommes ressemblent plus à leur temps qu’à leur père. Le combat était perdu bien avant le Smartphone et Instagram qui seront remplacés, si la réduction du QI voulue par les programmateurs ne suffit pas. De toute manière on peut voter FN en cliquant sur YouTube : 44% des jeunes technophiles contre 20% des retraités de mai 68 imbibés de propagande gouvernementale à la télé. Si seul du mal pouvait sortir du web et des réseaux je ne serai pas là pour le raconter ou pour faire publier mes livres par Tetyana.

 

Après Debray joue à « la sagesse désabusée qui bouffonne dans un journal » (Guy Debord toujours)…

 

 

« Je fais simplement le constat d’une inaptitude personnelle à me rendre utile dans ce nouveau bocal. Avec le sentiment, comme vous dites, d’avoir sauté en une vie de l’adolescence à l’obsolescence sans passer par la maturité, un peu comme ces villes du Brésil décrites par Lévi-Strauss qui passaient directement de l’état de chantier à l’état de vestige. »

 

On peut lui rappeler que pour Bernard Shaw il y a cent ans déjà l’Amérique est ce pays qui est passé directement de la barbarie à la décadence !

 

Debray avait écrit une bonne lettre à Védrine, depuis grassement récompensé par les mondialistes (il  bosse pour LVMH), pour lui reprocher de nous avoir fait rentrer dans l’Otan. Il reprend légèrement sur ce thème alors que nous allons vers une guerre d’extermination en Europe :

 

« L’Europe unie comme acteur politique est morte de sa belle mort, comme Valéry l’avait pressenti en son temps, avec sa fulgurante lucidité. L’Europe comme entité stratégique n’a jamais pris naissance faute de se donner une frontière, une doctrine, une armée autonome et une chaîne de commandement qui n’aboutirait pas, comme l’OTAN, au bureau Ovale.

Les manœuvres militaires en France se font en anglais, dans les normes opérationnelles du Pentagone. Reste à sauver une singularité culturelle incomparable, ce mélange contradictoire, je reprends les termes de

Valéry, de quatre vertus, l’imagination, la confiance, l’esprit critique et le scepticisme, mais cela aussi expire sous nos yeux, emporté et laminé par le mainstream d’outre-Atlantique. »

 

Pui il regrette l’affaire Johnny :

 

« Trois présidents de la République en rang pour dire adieu à Johnny Hallyday, ni un parolier ni un compositeur, mais un clone du King, et les Hells Angels sur les Champs-Élysées, escortés par la garde républicaine.

Personne pour dire adieu à Pierre Boulez qui a animé et dirigé la musique contemporaine, en France, pendant un demi-siècle. »

 

Personnellement j’ai toujours ignoré l’un comme l’autre. Et les trois présidents invoqués sont les trois résidents de la post-France (peste-France) évoquée par Philippe Grasset il y a peu (Hollande, Sarko, Macron dans le désordre).

 

Une évidente remarque :

 

« On ne peut plus rien attendre de notre classe dirigeante, l’énarchie au pouvoir, que du suivisme et de l’aliénation. »

 

Mais Taine en parlait déjà (les origines de la France contemporaine,  toujours !) ; qui soulignait le déclin de notre littérature depuis les lycées (on y créa une littérature de profs).

 

Après une comparaison assez stupide :

 

« Les marranes ont à peu près tenu le coup pendant à plusieurs siècles sans se faire prendre. Les républicains peuvent aborder calmement la traversée du désert qui les attend ».

 

Les marranes couraient quand même le risque de se faire massacrer, et les républicains n’existent plus ; il vaudrait mieux évoquer les chrétiens traditionnels qui passent des quarts d’heure de plus en plus mauvais dans un monde de plus en plus hostile…

 

Après, une vieille rengaine façon années 80, quand la gauche vaguement militante ou souverainiste regrettait le virage libéral du gouvernement Fabius :

 

« La frontière s’estompe entre le privé et le public, qui était à la base de la laïcité. La relation-client se substitue au service public, dans la poste, l’hôpital, le rail, l’enseignement supérieur, où l’État perd même le monopole de la collation des grades et des diplômes. La notion d’intérêt général devient de l’arbitrage entre lobbies. Le retour des terroirs. Le droit communautaire déconstruit les principes de notre corpus juridique. Une diplomatie de nouveau sur les brisées du mâle dominant, et de plus idiot. Le principe national, exalté partout ailleurs dans les grands pays du monde, rendu responsable de tous nos maux. »

 

Debray cherche à rassurer son monde : il hait la réaction identitaire et il votera Macron contre Marion…

 

« Le problème, me semble-t-il, ce sera alors d’échapper, sous couleur d’un patriotisme retrouvé et d’un retour au politique, à une réaction de type indigéniste identitaire. Ce serait triste. »

 

 

Encore une phrase fausse :

 

« Aucun citoyen de l’Antiquité n’a pu voir en direct la Rome du forum devenir celle des basiliques. Je fais simplement le constat d’une inaptitude personnelle à me rendre utile dans ce nouveau bocal. »

 

Je l’invite à lire mon livre sur la décadence romaine. Ella duré plusieurs siècles et tous les grands auteurs l’ont ressentie. Ortega Y Gasset a justement souligné la disparition de la littérature et de la pensée au IIème siècle et l’avènement du citoyen stupide : citez-moi pour rire un grand écrivain romain des derniers siècles. Nous y sommes. L’affaire Debray (et tous les intellectuels de gauche de sa famille) ne fait que souligner le déclin d’une intelligentsia adaptée à ces temps de déchéance : « quand la décadence de l’explication accompagne d’un pas égal la décadence de la pratique » (Debord).

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Poèmes chrétiens de  Boris Pasternak traduits par Tetyana (lisez son Onéguine ne vers d’éther…)

Poèmes chrétiens de  Boris Pasternak traduits par Tetyana

 

  1. HAMLET

 

Le bruit se calma. Je sors sur les tréteaux.

Je m’appuie contre le jambage de la porte

Et je saisis dans l’écho lointain

Tout ce qui se passera dans mon destin.

 

L’ombre de la nuit fixe maintenant sur moi

Ses jumelles multiples sur l’essieu.

Et si c’était possible, ô Père, Abba,

Fais que ce calice passe loin de mon sort.

 

J’aime beaucoup ton opiniâtre dessein,

Je consens de jouer ce rôle.

Mais un autre drame se développe maintenant,

Dispense-moi d’elle, fais-moi cette faveur.

 

Puis l’ordre des actes a été médité ;

Alors la fin sera imminente.

Je suis si seul, le pharisaïsme a triomphé.

Vivre sa vie – ce n’est pas comme traverser un champ.

 

 

  1. LES MAUVAIS JOURS

 

Quand la dernière semaine

Il montait vers Jérusalem,

Les « hosanna » retentissaient

Pour lui et les rames élevées.

 

Mais ces jours sont féroces, sévères,

L’amour ne touchera pas leurs cœurs,

Les sourcils méprisants froncent,

Et voici la fin avec la conclusion.

 

Les cieux en toute lourdeur du plomb

Se posent sur les cours des villes ;

Les pharisiens cherchant l’accusation

Biaisaient comme des renards devant lui.

 

Et par les forces obscures du temple

Il est donné au jugement des salauds,

Et comme ils le glorifiaient il y a un instant

Ils le maudissent aussitôt.

 

La foule du jardin voisin

Regardait par la porte bêtement.

Ils se bousculaient en attendant la fin

Et se démenaient lourdement.

 

Une voix chuchotée se traînait à côté,

Et les rumeurs dans chaque coin ;

Sa fuite en Egypte et lui-enfant

Comme un songe il se rappelait.

 

Il se rappelait de la pente imposante,

De la rapidité de la montagne déserte

D’où Satan le séduisait

Par un Etat tout-puissant.

 

Et le festin nuptial à Cana,

Et la table étonnée du miracle,

Et la mer où il marcha à travers le crachin,

Comme par terre, – vers la barque ;

 

Et la masse des pauvres dans un caveau,

Et la descente avec la bougie en sous-sol

Où subitement elle s’éteignait

Quand le ressuscité abandonnait les morts…

Attaque serbe acerbe contre lui ! Son bilan est-il nul ?

Le déclin de Poutine et le livre noir des humiliations russes (extraits)

 

Le scénario était familier dans tous les détails, y compris la réticence (ou l’incapacité) du Kremlin à anticiper et influencer les événements.  » En général, la Russie a agi avec une prudence incroyable « , a noté un analyste arménien favorable à la protestation, ce qui revient à dire que la Russie est restée invisible. L’inertie du Kremlin n’a cependant rien d’incroyable: Moscou n’a pas non plus pu ou pas vouloir exercer son influence dans d’autres théâtres de révolution de couleur, notamment en Ukraine en 2014…

 

Un signe supplémentaire de désorientation et de faiblesse totale au Kremlin est  la nouvelle que l’ancien ministre des Finances, Alexeï Koudrine, sera ramené « pour réparer les barrières avec l’Occident » afin de relancer l’économie russe. Koudrine a dit à plusieurs reprises qu’à moins que la Russie ne rende son système politique plus démocratique et ne mette fin à sa confrontation avec l’Europe et les Etats-Unis, elle ne sera pas en mesure de réaliser la croissance économique.

 

Les médias pro-gouvernementaux ont à peine pris note de la décision du Kazakhstan de  rejeter le cyrillique et d’adopter le latin  comme langue nationale. Ils ignorent systématiquement les signes d’éloignement de la Biélorussie , où le président Loukachenko tente discrètement de se faire accepter à contrecœur par l’Occident.

 

Selon un analyste, le problème est que la Russie ne comprend pas le soft power, que son économie est de la taille de l’Espagne ; on arsenal nucléaire est inutile dans les stratagèmes localisés, ses forces conventionnelles n’ont pas impressionné, et Poutine est trop effrayé pour affronter l’Occident… »

 

« Quand tout est dit et fait, Israël se comporte comme une puissance mondiale, et la Russie ne l’est pas. Avec ses frappes en Syrie et ses menaces contre la Russie et l’Iran, Israël, soutenu par les Etats-Unis, se sent libre d’agir en toute impunité. Moscou se contraint entre-temps sous une notion fictive de «partenariat» avec les puissances occidentales.

 

Les interventionnistes pensent qu’il est maintenant temps de profiter de la faiblesse de Poutine pour chasser complètement les Russes de la Syrie, rouvrir le front ukrainien, achever le changement de régime en Arménie et encourager l’implosion du reste de la sécurité économique et économique russe.

Finalement, les Russes peuvent être forcés de répondre à des provocations sans cesse croissantes. Le prix de leur apaisement actuel sera cependant un espace de manœuvre radicalement réduit, et donc un risque exponentiel d’escalade mortelle.

 

https://russia-insider.com/en/putin-has-shown-weakness-armenia-and-syria-his-credibility-collapsing/ri23361

Srdja Trifkovic

 

 

Vos ex patre diabolo estis : et desideria patris vestri vultis facere. Ille homicida erat ab initio, et in veritate non stetit : quia non est veritas in eo : cum loquitur mendacium, ex propriis loquitur, quia mendax est, et pater ejus.

Saint Georges : « Libérateur des captifs, toi qui assures aux pauvres ta protection, en qui les malades trouvent aussi leur médecin * et les princes, leur défenseur, saint Georges, victorieux & mégalomartyr, intercède auprès du Christ notre Dieu pour le salut de nos âmes. « 

Saint Paul : Quemadmodum autem Jannes et Mambres restiterunt Moysi : ita et hi resistunt veritati, homines corrupti mente, reprobi circa fidem ; sed ultra non proficient : insipientia enim eorum manifesta erit omnibus, sicut et illorum fuit.

Or de la même manière dont Jannès et Jambrès résistèrent à Moïse, ainsi aussi ceux-­‐‑ci résistent à la vérité, hommes corrompus dans leur entendement, réprouvés quant à la foi: mais ils n’iront pas plus avant, car leur folie sera manifeste pour tous, comme a été celle de ceux-­‐‑là aussi.

 

2 Tim.
3:9

Balzac et les chromosomes corrompus du monde journalistique…

Balzac et les chromosomes corrompus du monde journalistique

 

Extraits des illusions perdues…

 

Quiconque a trempé dans le journalisme, ou y trempe encore, est dans la nécessité cruelle de saluer les hommes qu’il méprise, de sourire à son meilleur ennemi, de pactiser avec les plus fétides bassesses, de se salir les doigts en voulant payer ses agresseurs avec leur monnaie.

 

On s’habitue à voir faire le mal, à le laisser passer; on commence par l’approuver, on finit par le commettre. A la longue, l’âme, sans cesse maculée par de honteuses et continuelles transactions, s’amoindrit, le ressort des pensées nobles se rouille, les gonds de la banalité s’usent et tournent d’eux-mêmes.

 

Vous tenez donc à ce que vous écrivez ? Mais nous sommes des marchands de phrases, et nous vivons de notre commerce.

 

Mon petit, en littérature, chaque idée a son envers et son endroit ; et personne ne peut prendre sur lui d’affirmer quel est l’envers. Tout est bilatéral dans le domaine de la pensée. Les idées sont binaires.

 

Fais comme moi, donne-leur des grimaces pour leur argent, et vivons heureux.