– La semaine cinoche est terminée, tout reprend son cours bien normal !!! – Un cours normal, avec Nicolas Bonnal ?

http://www.dedefensa.org/article/de-la-culture-comme-arme-de-destruction-massive

http://reseauinternational.net/charlottesville-abraham-lincoln-et-la-barbarie-americaine/

http://lesakerfrancophone.fr/la-route-de-la-servitude-de-la-boetie-au-micron

https://comedonchisciotte.org/laria-condizionata-e-la-fine-del-mondo/

 

 

Bonne nouvelle : fatigué de porter des misères hautaines, Nicolas Bonnal cesse de bombarder ses lecteurs !

Les conquérants

Comme un vol de gerfauts hors du charnier natal,
Fatigués de porter leurs misères hautaines,
De Palos de Moguer, routiers et capitaines
Partaient, ivres d’un rêve héroïque et brutal.

Ils allaient conquérir le fabuleux métal
Que Cipango mûrit dans ses mines lointaines,
Et les vents alizés inclinaient leurs antennes
Aux bords mystérieux du monde Occidental.

Chaque soir, espérant des lendemains épiques,
L’azur phosphorescent de la mer des Tropiques
Enchantait leur sommeil d’un mirage doré ;

Ou penchés à l’avant des blanches caravelles,
Ils regardaient monter en un ciel ignoré
Du fond de l’Océan des étoiles nouvelles.

Selon les sondeurs, The Donald fait maintenant plus peur que Poutine aux Européens !!! Mais où va-t-on vraiment ? Faut-il renverser Donald et mettre Hillary et Mac Caïn au pouvoir ?

https://www.rt.com/news/399865-putin-trust-trump-poll/

Grâce à un lecteur, deux textes de Gaston Roupnel pour expliquer Balthazar, le plus important film de notre histoire.

Deux petits extraits de Gaston Roupnel…..

dans la droite ligne de la vision de l’ homme d’ Alexis Carrel !

Confirmation que le Bonnalisme est bien le bon cap !

Auteur oublié : sauf par les Gaston Bachelard, Marc Bloch, Nicolas Bonnal et quelques « égarés Diogène, cyniques sans colliers »

 

On remarquera le sens profond du droit et de la coutume communautaires. Les rouages d’ une administration bien moins égalitaires que la description que nous en firent les « Lumiéres et Révolutionnaires. », et autres universitaires fabulistes de premiére. 

Imbéciles que nous sommes. Qu’ avons nous fait de nos jouets !

 

LISONS GASTON ROUPNEL :
« Au terme de cette étude, nous commençons à voir clair dans cette obscure foule, dans cette multitude des droits seigneuriaux. Dîmes, tailles, banalités abusives, péages, corvées seigneuriales, prestations et services, en tout cela nous apercevons l’arbitraire et l’abus. Mais si nous retirons du régime domanial les usurpations qu’y réalisèrent la violence et de tardives créations, si nous le dépouillons de tout ce qui porte le signe de l’arbitraire, il nous reste un solide corps, un ensemble de droits ayant tous entre eux de saisissantes analogies, portant, dans leur immuable fixité et dans leur identique modération, le témoignage d’immémoriales origines.

 

Les droits dont sont occasion la terre, la forêt, la friche, le chemin, le pont, le moulin, le four, toutes les matérialités qui entrent dans la composition de cette campagne et la munissent de ses moyens humains…, tous ces droits, qui se rejoignent, se complètent et s’équilibrent, ont constitué à l’antique communauté rurale un système d’obligations, simple et cohérent, qui l’organisa moins sous un régime d’exploitation que dans un droit d’usage de toute la campagne. Cette primitive communauté, elle ressuscite devant nous. En ce Moyen Age tumultueux, elle est là, avec sa terre distribuée et ses tâches réparties. Et le système de services publics et d’utilité générale que réalisent les taxes, les cotisations et les prestations…, il était déjà impliqué dans l’organisation matérielle de cette campagne autant que dans le juste équilibre de la distribution parcellaire.Au champ correspondait l’individu, comme à la campagne d’ensemble correspondait la communauté; et c’est dans la même symétrie que l’individu livrait quelque chose de sa récolte et de ses services à la communauté.

 

Juridiquement parlant, au Moyen Age, la communauté reste l’indestructible unité qui continue sous l’usurpation qui a été faite de ses droits, et sous les œuvres que la violence lui imposa. »

 

Et au terme de l’ ouvrage :

Agriculture et christianisme se sont si bien associés l’un à l’autre, ils se sont si bien pénétrés et gagnés l’un l’autre, que tous les souvenirs levés par notre âme sur le douloureux passé paysan ont le même apaisement que des prières.

 

Mais cette grandeur ne s’est pas réalisée en un jour. C’est peu à peu, de substitution en substitution, et en mettant en marche toute une armée de saints, que le christianisme a réussi à déloger de leurs positions tous les vieux dieux, pour installer par après son règne de pure moralité.

 

Ces saints et ces saintes ne sont pas seulement venus conquérir et occuper les lieux consacrés. Ils ont pris possession aussi des saisons et des jours. Désormais, c’est sur la tradition chrétienne que l’année déroule l’ordre calme des travaux. Les blancs dimanches les interrompent et les distribuent semaine par semaine. Les saints et les saintes les surveillent et assurent la prospérité des denrées, la maturité des récoltes. Ils se sont réparti l’entière année agricole et toute sa production. L’année est devenue un pieu calendrier; et les jours en sont les feuillets d’un Evangile que tourne le geste du Soleil dans les cieux.

 

Cependant ces fêtes païennes qui célébraient le retour des saisons, la naissance du printemps, l’éclat des grands jours, le déclin du soleil…, toutes ces fêtes de la nature sont passées au service chrétien, et associent aux phénomènes du Monde les émois de l’Evangile. Et les bêtes aussi sont de ces fêtes de l’âme et de la terre. Elles prennent place au pied du Christ, puisqu’elles ont place dans nos campagnes. Noël est né de cela.

 

Mais c’est pendant toute l’année que le Christ et la Vierge sont venus prendre leurs habitudes dans nos champs familiers. Aux Rogations, le Christ est venu bénir les blés montés que déjà le rameau de Pâques fleuries protège en chaque champ!… Et à chaque carrefour, le calvaire dresse ses bras de douleur sur la croisée des terrestres chemins, en face des champs dépouillés comme une âme qui monte à Dieu. Le Christ et la Vierge sont partout dans cette campagne. La Vierge est la chapelle dans les bois, l’ermitage dans la colline, l’église dans le village. Elle est, dans l’air, le fil d’argent qui chancelle à d’invisibles souffles, légers comme de la lumière. Elle est, dans le firmament, ce pur regard d’étoile. La Vierge est toute cette terre de printemps!… Le Christ est toute cette terre de douleurs!… Dieu est cette paix!…

 

Car le christianisme n’est pas seulement venu substituer ses saints et ses saintes nés dans le martyre aux insensibles dieux de pierre et de bois qui siégeaient sur les lieux antiques et consacrés. A cette campagne, qui se nourrit et se mûrit de la lumière du Soleil, le christianisme est venu donner une sorte de sens et de grâce inspirés de cette claire douceur des cieux!…

 

Nulle religion n’a su être mieux à la convenance de cette vie, de ces labeurs ordonnés, de ces paisibles soins aux bêtes et aux plantes, de ces ouvrages rustiques, de ces douces tâches de la terre qui n’ont presque besoin de rien pour devenir pieuses comme des prières. La charrue qui œuvre le sol, les deux bœufs qui tirent à fond de tout leur grave courage, les alouettes qui mettent des chants perlés dans l’atmosphère, les petits oiseaux sans gêne qui viennent becqueter la terre fraîche sous le pied du bœuf, tout cela, n’est-ce pas déjà confiance simple, grâce franciscaine, gestes si purs et si doux qu’ils semblent mettre le Monde entier en paix? Et de siècle en siècle, l’humble tâche sans effroi s’est perpétuée de père en fils, sous le même Ciel, si haut, si clair, si simple.

 

Alors voyez le sens de cette antique vie! L’Eglise est le centre de ce calme petit monde, le seul qui soit l’univers en paix. Sous cette paix intérieure, est venu se calmer le passé. Mais ce passé continue encore; notre âme continue d’être ce murmure de toutes les lointaines voix de la route. Nous sommes chacun cet instant qui recueille tous les bruits de la vie sous le silence de la pieuse éternité. Notre âme est faite de toutes ces croyances qui se sont succédé en nous, nous ajoutant toujours, à ce qui était déjà dit, une confidence plus intime, une révélation venue de plus loin.

 

Ces croyances sont superposées et enfouies en nous comme les fertiles alluvions que la mer des âges dépose au fond des âmes. Et selon que, dans l’ascension de l’humanité, nous sommes en elle, ou la force qui monte à la sérénité, ou l’obscur génie qui retombe aux origines…, alors, ou bien nous puisons dans la boue primitive, ou bien nous sommes la lumière sous les cieux.

 

C’est avec cette âme emplie de toutes les vieilles vies que chacun de nous traverse le Monde avec une vie neuve. Nous sentons confusément que tout se tient derrière nous, et que nulle erreur ne fut introduite dans cette construction de l’humanité morale. Nous sentons que ce passé fut à chaque étape la vérité du moment et la foi suffisante. Mais nous sentons surtout que tout cela est un vaste mouvement qui nous meut encore et nous porte toujours. De tout cela sort la force qui nous presse. Et ce passé nous pousse comme s’il était ce qui nous appelle du terme des destinées.

 

Cette impulsion, qu’elle soit venue de l’arrière ou qu’elle soit la sollicitation de l’avenir, c’est la seule réalité de la durée et de l’Histoire; et, en dehors d’elle, tout n’est que fugace circonstance. La vie ne réalise le présent qu’en totalisant le passé pour préparer l’avenir. Nous continuons, à chaque pas, à chaque vie, d’être ce qui rassemble l’Humanité pour la porter en avant. Et notre mort même fait partie de cette marche à l’Eternité.

 

L’âme rurale est une richesse complète. Emplie de la nature, elle contient toute l’Histoire et toute l’Humanité. En elle se sont réunies toutes les vies du passé, toute l’ancestrale existence; et les morts rassemblés en elle y continuent d’aimer. Elle est la suprême et totale récolte des champs; et c’est sur ces humaines gerbes amassées qu’elle repose comme le voyageur du soir qui dort avec le manteau de la route plié sous sa tête.

 

Écoutons en nous cette rumeur!… Cette voix de foule dans les champs, c’est notre pensée… Cette assemblée des morts, c’est notre âme… O subtile et futile Psyché, vous n’êtes pas un mystère!… Mais vous êtes en nous les mille et mille vies qui tressaillent encore dans l’esprit comme si elles travaillaient encore à la terre!… Vies fortes et pures, vous n’êtes pas des souvenirs dans la tombe, une mémoire au néant!… Mais vous vivez en nous, et nous ne vivons que de vous!…

 

Pères misérables, est-ce être morts que de reposer comme vous? Mais vous qui veillez en nous, puissé-je avoir été votre implorant souvenir qui parle : la voix qui rappelle aux champs!… »

 

Alchimie et mule sans frein, par Nicolas Bonnal…

Alchimie et mule sans frein (extrait de Perceval et la reine, préface de Nicolas Richer)

 

 

« Au milieu du pont-levis, il y a une roue qui tourne si vite par enchantement qu’il n’est nul chevalier qui puisse y passer… Fichez-y votre épée. L’enchantement sera rompu et la roue ne pourra plus tourner (16) ! »

 

Le même enchantement existe dans La Demoiselle à la mule, très fascinant et hermétique texte où un château tournoie tandis qu’une mule sans frein désespère sa cavalière et nos chevaliers. Voyons-le.

On peut rapprocher « mule » de « meule » et les considérer toutes les deux comme deux avatars de la « force qui va » et de la perte de contrôle de soi ; l’une peut être apaisée par son rêne, l’autre voir son tournoiement interrompu par une épée ; et au mouvement horizontal de la première correspond le mouvement rotatif de l’autre. La meule se dit «mulè» en grec. Surtout, sur la signification alchimique de la meule, Fulcanelli écrit ces lignes très instructives :

 

« La meule est l’un des emblèmes philosophiques chargés d’exprimer le dissolvant hermétique, ou ce premier mercure sans lequel il est inutile d’entreprendre ni d’espérer rien de profitable (17) ».

 

Le grand érudit de l’alchimie ajoute peu après sur la mule et la meule :

 

« La meule est signe hiéroglyphique du sujet… que les meules ont une forme circulaire, et que le cercle est la signature conventionnelle de notre dissolvant ». « Nous retrouvons le mercure, indiqué… sous l’aspect d’une meule de moulin, souvent mue par un mulet – mage cabalistique du mot grec mule, meule (18)».

 

D’autres éléments de cette décidément mystérieuse « demoiselle à la mule » sont à prendre en compte dans le cadre d’une herméneutique inspirée de l’alchimie. Ainsi le frein : sur une statue hermétique de Michel Colombe, (l’un des gardes du corps de François II, duc de Bretagne, sculptés dans la cathédrale de Nantes), nommée la Tempérance, Fulcanelli note la présence d’« une bride comme l’instrument indispensable, le médiateur placé entre la volonté du cheval et la marche du cheval. »

Cette tempérance sculptée est d’ailleurs à rapprocher éminemment de la lame XIV des Tarots traditionnels. D’une manière définitive, Fulcanelli ajoute :

 

« les expressions spéciales de la bride, celle de frein et celle de direction, permettent d’identifier et de reconnaître, sous une seule forme, la tempérance et la science cabalistique (19)».

 

Et ce alors que la matière philosophale est représentée en Inde sous les traits d’une femme montée sur un âne, rappelle quelque part Guénon. La mule de la Demoiselle tourne toujours et tourne désespérément autour de l’alchimie… Elle est citée avec Yvain par Coomaraswamy dans son texte magique sur les Symplegades, ces gardiennes du passage.

Mais qu’en est-il du tournoiement lui-même, qui rime d’ailleurs avec tournoi ? Le tournoiement évoque la roue, et la roue le mouvement du monde. Lequel peut d’ailleurs être un obstacle : « Au milieu du pont, il y a une roue qui tourne si vite par enchantement, qu’il n’est nul chevalier qui puisse y passer ».

Plus célèbre et universel symbole de la rotation du monde, le swastika. Voici ce qu’en écrit René Guénon dans le symbolisme de la croix : « Le swastika est essentiellement le “signe du pôle”… Il n’est pas une figure du monde, mais bien de l’action du Principe à l’égard du monde ». Le symbolisme de la roue se retrouve dans la Table Ronde comme dans l’image du char, celui notamment de la Demoiselle Chauve : « Le char qu’elle conduit représente le sa roue, car de même que le char avance sur ses roues, de la même façon elle mène le monde ».

La roue est aussi un symbole alchimique, puisque, explique Fulcanelli,

 

« Le feu de roue » désigne le « double feu » « qui paraît développer son action selon un modèle circulaire, dont le but est la conversion de l’édifice moléculaire, rotation symbolisée dans la roue de Fortune et dans l’Ouroboros (20)».

 

 

 

Sources

 

Fulcanelli, le mystère des cathédrales

Bonnal, Perceval et la reine (Amazon.fr), préface Nicolas Richer

La demoiselle à la mule (Wikisource)