Comment Jean Racine écrit le français…

Comment Jean Racine écrit le français

 

Baudelaire pensait à Andromaque en voyant le Paris désossé et proto-bétonné du baron Hausmann. Sur Andromaque je pense à l’adresse de Racine à Madame à notre époque de bave à journaux crevés. Et ça donne (l’adresse de Racine) :

 

 

A Madame

MADAME,

Ce n’est pas sans sujet que je mets votre illustre nom à la tête de cet ouvrage. Et de quel autre nom pourrais−je éblouir les yeux de mes lecteurs, que de celui dont mes spectateurs ont été si heureusement éblouis ? On savait que VOTRE ALTESSE ROYALE avait daigné prendre soin de la conduite de ma tragédie ; on savait que vous m’aviez prêté quelques−unes de vos lumières pour y ajouter de nouveaux ornements ; on savait enfin que vous l’aviez honorée de quelques larmes dès la première lecture que je vous en fis. Pardonnez−moi, MADAME, si j’ose me vanter de cet heureux commencement de sa destinée. Il me console bien glorieusement de la dureté de ceux qui ne voudraient pas s’en laisser toucher. Je leur permets de condamner l’Andromaque tant qu’ils voudront, pourvu qu’il me soit permis d’appeler de toutes les subtilités de leur esprit au cœur de VOTRE ALTESSE ROYALE.

 

Mais, Madame, ce n’est pas seulement du cœur que vous jugez de la bonté d’un ouvrage, c’est avec une intelligence qu’aucune fausse lueur ne saurait tromper. Pouvons−nous mettre sur la scène une histoire que vous ne possédiez aussi bien que nous ? Pouvons−nous faire jouer une intrigue dont vous ne pénétriez tous les ressorts ? Et pouvons−nous concevoir des sentiments si nobles et si délicats qui ne soient infiniment au−dessous de la noblesse et de la délicatesse de vos pensées ?

On sait, MADAME, et VOTRE ALTESSE ROYALE a beau s’en cacher, que, dans ce haut degré de gloire où la Nature et la Fortune ont pris plaisir de vous élever, vous ne dédaignez pas cette gloire obscure que les gens de lettres s’étaient réservée. Et il semble que vous ayez voulu avoir autant d’avantage sur notre sexe, par les connaissances et par la solidité de votre esprit, que vous excellez dans le vôtre par toutes les grâces qui vous environnent. La cour vous regarde comme l’arbitre de tout ce qui se fait d’agréable. Et nous qui travaillons pour plaire au public, nous n’avons plus que faire de demander aux savants si nous travaillons selon les règles. La règle souveraine est de plaire à VOTRE ALTESSE ROYALE.

Voilà sans doute la moindre de vos excellentes qualités. Mais, MADAME, c’est la seule dont j’ai pu parler avec quelque connaissance ; les autres sont trop élevées au−dessus de moi. Je n’en puis parler sans les rabaisser par la faiblesse de mes pensées, et sans sortir de la profonde vénération avec laquelle je suis,

MADAME,

DE VOTRE ALTESSE ROYALE,

Le très humble, très obéissant, et très fidèle serviteur,

RACINE.

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« L’OTAN est un faux-semblant. C’est une machine pour déguiser la mainmise de l’Amérique sur l’Europe. Grâce à l’OTAN, l’Europe est placée sous la dépendance des États-Unis sans en avoir l’air », déclare le 13 février 1963 le général de Gaulle…

Nous sommes ensevelis sous une tempête d’une extraordinaire magnitude ! Le sentiment d’être dans un sous-marin, c’est la difficulté de vivre dans une contrée nordique, surtout lorsque la température est détraquée par les influences et les affluences du Golf Stream et les dérèglements climatiques. Bonne nuit Sieur du Bol :-) Patrice-Hans Perrier, votre complice en terres du Dominion nord-américain

Pour nos amis nord-américains : une remarque de Washingon Irving sur la triste mondialisation, il y a deux-cents ans !

The world has become more worldly. There is more of dissipation and less of enjoyment. Pleasure has expanded into a broader, but a shallower stream, and has forsaken many of those deep and quiet channels, where it flowed sweetly through the calm bosom of domestic life. Society has acquired a more enlightened and elegant tone; but it has lost many of its strong local peculiarities, its homebred feelings, its honest fireside delights. The traditionary customs of golden-hearted antiquity, its feudal hospitalities, and lordly wassailings, have passed away with the baronial castles and stately manor-houses in which they were celebrated. They comported with the shadowy hall, the great oaken gallery, and the tapestried parlor, but are unfitted for the light, showy saloons and gay drawing-rooms of the modern villa.

« Pour bien comprendre le destin abrupt de la race indienne, il faut tenir compte du fait que cette race a vécu pendant des millénaires dans une sorte de paradis pratiquement illimité ; les Indiens de l’Ouest s’y trouvaient encore au début du XIXe siècle. Ce fut un paradis rude, certes, mais offrant une ambiance grandiose à caractère sacré, et comparable à bien des égards à ce que fut l’Europe nordique avant l’arrivée des Romains » (Frithjof Schuon).