Les nazis espéraient cultiver le surhomme par la reproduction sélective et la purification ethnique. La science actuelle poursuit un objectif apparenté mais avec des moyens autrement plus efficaces, l’ingénierie génétique et les interfaces entre cerveau et ordinateur. Ces surhommes auront des facultés physiques et cognitives très supérieures aux nôtres: meilleure mémoire, intelligence accrue, corps plus fort et plus résistant. Peut-être allons-nous vers un avenir où une petite partie de l’humanité aura des facultés de type divin, tandis que les autres resteront en rade (Harari).

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Il est probable que nous nous fondions peu à peu avec nos propres inventions, ordinateurs, Internet des objets, flux de données planétaires. Après tout, il y a aujourd’hui déjà plein de gens qui voient leur téléphone mobile comme une partie d’eux-mêmes et ne peuvent s’en séparer. Et il y a plein de gens qui passent plus de temps à façonner leur profil sur Facebook que dans la vraie vie. Un jour ou l’autre, il n’y aura plus de sens à ce que nous nous nommions Homo sapiens (Yuel Harari).

Hippolyte et la vie loin du monde : Il n’est pas de vie plus libre, plus exempte de vices, ni qui rappelle mieux les mœurs innocentes des premiers hommes, que celle qui se passe loin des villes, dans la solitude des bois… Il cherche l’air et la lumière, et il se plaît à vivre sous la voûte du ciel. Telle fut la vie des premiers hommes reçus au rang des demi-dieux…

Hippolyte de Sénèque : Il n’est pas de vie plus libre, plus exempte de vices, ni qui rappelle mieux les mœurs innocentes des premiers hommes, que celle qui se passe loin des villes, dans la solitude des bois. Les aiguillons brûlants de l’avarice n’entrent point dans le cœur de l’homme qui se garde pur au sommet des montagnes; il ne rencontre là ni la faveur du peuple, ni les caprices de la multitude toujours injuste envers les hommes de bien, ni les poisons de l’envie, ni les mécomptes de l’ambition; il n’est point l’esclave de la royauté, ne la désirant pas pour lui-même; il ne se consume point dans la poursuite des vains honneurs et des richesses périssables; il est libre d’espérance et de crainte ; il ne redoute point les morsures empoisonnées de la sombre envie.

Il ne connaît point ces crimes qui naissent dans les villes et dans les grandes réunions d’hommes. Sa conscience bourrelée ne le force point de trembler à tous les bruits qu’il entend. Il n’a pas à déguiser sa pensée.

(…)

Il change de lieux à son gré : ici, il entend le chant plaintif des oiseaux mêlé au murmure des arbres agités par le vent, et aux frémissements des vieux hêtres. Tantôt il aime à s’asseoir sur les bords d’une onde, errante, ou à goûter un doux sommeil sur de frais gazons, auprès d’une large fontaine aux eaux rapides, ou d’un clair ruisseau qui s’échappe avec un doux murmure entre des fleurs nouvelles. Des fruits détachés des arbres lui servent à apaiser sa faim, et les fraises cueillies sur leur tige légère lui fournissent une nourriture facile; ce qu’il veut fuir surtout, c’est le luxe ambitieux des rois. Que les puissances du monde boivent le vin en tremblant dans des coupes d’or ; il aime, lui, à puiser l’eau des sources dans le creux de sa main. Son repos est plus tranquille sur cette couche dure, où il s’étend avec sécurité. Il n’a pas besoin d’une retraite obscure et profonde pour y cacher ses intrigues coupables, la crainte ne le force pas de s’enfermer dans les détours d’une demeure impénétrable à tous les yeux. Il cherche l’air et la lumière, et il se plaît à vivre sous la voûte du ciel. Telle fut sans doute la vie des premiers hommes reçus au rang des demi-dieux…

Sources

Hippolyte de Sénèque, acte II, scène 2 (traduction Gresloux – disponible sur Remacle.org)

Maintenant la mer est soumise, et se courbe sous nos lois…les bornes antiques sont renversées, et les peuples vont bâtir les villes sur des terres nouvelles. Le monde est ouvert en tous sens, et rien plus n’est à sa place. L’Indien boit l’eau glacée de l’Araxe, le Perse boit celle de l’Elbe et du Rhin. Un temps viendra, dans le cours des siècles, où l’Océan élargira la ceinture du globe, pour découvrir à l’homme une terre immense et inconnue ; la mer nous révélera de nouveaux mondes, et Thulé ne sera plus la borne de l’univers.

Sénèque, vers 375-379, Médée (Wikisource)

Candide :« Je n’en sais rien, répondit le bonhomme, et je n’ai jamais su le nom d’aucun muphti ni d’aucun vizir. J’ignore absolument l’aventure dont vous me parlez ; je présume qu’en général ceux qui se mêlent des affaires publiques périssent quelquefois misérablement, et qu’ils le méritent ; mais je ne m’informe jamais de ce qu’on fait à Constantinople ; je me contente d’y envoyer vendre les fruits du jardin que je cultive. »

Une amie lectrice : c’est bien sûr avec un pincement au cœur et une note de regret que j’assiste aux derniers instants de ton blog. arrivé à pleine maturité ton rejeton est maintenant apte à vivre sa propre vie dans les flots du grand rien, lumière que nous croiserons avec bonheur dans ces océans ténébreux, sillage de sagesses intemporelles et de notes éternelles pour nous guider au travers de l’insondable néant. après avoir écumé la toile et les ondes jour et nuit pour nous dessiller l’esprit, éveiller les sens et faire vibrer notre âme je te souhaite un repos bien mérité. ressource toi, profite de ta femme, de la douceur andalouse, et que cette année soit la porte ouverte sur de nouvelles aventures littéraires et humaines.