Confirmation d e la catastrophe romaine…

http://benoit-et-moi.fr/2018/actualite/un-cri-de-douleur-en-provenance-de-rome.html

 

Il s’agit d’un courrier que le site (italien, malgré son nom) <Cronicas de Papa Francisco> (CPF) a reçu au printemps 2017 et que pour diverses raisons, il avait décidé de ne pas publier à l’époque.
L’expéditrice – qui « n’est pas anonyme », mais que CPF publie sous anonymat, pour des raisons très compréhensibles -, est une « opératrice pastorale » qui travaillait au Vicariat de Rome et qui depuis lors a changé d’affectation.
Ce témoignage doit bien sûr être pris avec les précautions d’usage dans ce genre de situation, mais il a l’accent de la vérité, et de nombreux évènements aujourd’hui sous les yeux de tous viennent le confirmer.
En outre, il convient de souligner que CPF est un site fiable. Une conviction certes personnelle, mais étayée par une assez longue fréquentation de ma part (j’ai même traduit plusieurs excellentes analyses) et le site a pignon sur rue depuis suffisamment lontemps pour qu’on puisse être raisonnablement assuré qu’il n’a pas l’habitude de divulguer des bobards, mais seulement de fournir une information alternative, celle qui ne se contente pas de reproduire la doxa officielle et est de ce fait disqualifiée d’office.

DE ROME, UN CRI DE DOULEUR
cronicasdepapafrancisco.com
16 février 2018
Ma traduction

* * *

(…)
Au début je ne supportais pas ce blog, trop irrévérencieux me disais-je, que des articles négatifs, ce n’est pas de l’information, mais de la vraie méchanceté qui vise à décrire seulement les aspects négatifs de ce pontificat, alors que – pensais-je – il y a aussi beaucoup de nouvelles positives. J’ai recommencé à le lire quand le titre a été changé [ndt: au début <bergoglionate>, puis <Cronicas de papa Francisco], pensant que l’approche aussi avait changé, et en effet, tout en restant le même en ce qui concerne les chroniques, j’ai tout de suite remarqué un changement de ton que j’ai commencé à apprécier.

Le meilleur, c’est qu’à la longue, ce que je lisais là et qui me dérangeait, je commençai désormais à le constater dans mon activité au sein de la paroisse et en tant que collaboratrice du Vicariat [de Rome].

Ce pontificat divise l’intérieur de l’Eglise, sa révolution endommage la structure doctrinale à l’intérieur de l’Eglise, sa pastorale est utilisée – à tort ou à raison – pour se venger de ceux qui opéraient sous les pontificats précédents, spécialement avec Benoît XVI, et qui le soutenaient dans son Magistère; ces personnes, si elles ne s’adaptent pas, sont systématiquement chassées ou déplacées, en leur retirant des postes importants, ou en tout cas des missions importantes pour le maintien de la pastorale doctrinale de l’Église. Toute personne qui manifeste un léger désaccord avec ce Pontife est éloignée en silence, déplacée sans préavis.

Il y a des personnes qui sont chargées d’enquêter sur les prêtres: ces personnes vont, entrent dans les circuits paroissiaux et recueillent des informations comportementales sur le curé. Et pas pour savoir si c’est un bon prêtre, moralement parlant, mais s’il critique le pape.

Je me rends compte que la seule odeur du complotisme me ferait immédiatement perdre ma crédibilité, mais je ne raconte pas ces faits par ouïe-dire. On commence à s’épancher avec des prêtres, dans une sorte de régime de catacombes, en secret, craignant qu’il y ait des espions dans le coin. Il ne faut pas se laisser saisir par ces peurs parce que c’est précisément ce qu’ils veulent, porter à l’exaspération, tout confiner dans la légende du complot, nous faire passer pour des obsédés, et nous pousser ainsi à démissionner, à partir de nous-mêmes.

Les paroisses se sont jetées avec frénésie dans le progressisme le plus débridé. Tout ce que Benoît XVI avait réussi à freiner, s’est évanoui en quatre ans. J’ai vu des paroisses transpirer pour mettre en pratique Sacramentum Caritatis, tout comme je les ai vues céder ces dernières années à toutes les formes de permissivité, à commencer par les milieux liturgiques du vicariat.

Il y a une sorte de frénésie collective, une ivresse qui me fait peur: j’ai même découvert que, pour augmenter l’affluence au Vatican lors des audiences du mercredi, on a recours à une sorte de bouche-à-oreille pour recruter de tout, je ne vais pas vous dire quoi ou qui, mais tout est organisé. Le bouche-à-oreille – ou l’ordre du Soviet si vous voulez mieux comprendre – est de la « propagande », et l’annihilation de ceux qui oseraient déplacer ne serait-ce qu’une seule virgule.

Je ne fais pas partie des épurés, mais par souci de cohérence et après avoir essayé de résister le plus longtemps possible, après avoir vu des équipes entières chassées et remplacées par des pro-avortements, des pédérastes, et même des gens soupçonnés de pédophilie, je suis repartie avec les larmes aux yeux et au cœur.

J’aime tous les papes, et je ne connaissais pas du tout Bergoglio. J’appréciais son impact, bien que je l’ai découvert timide seulement en apparence; et je l’ai même rencontré à trois reprises à Sainte Marthe où, soit dit en passant, il est faux de dire qu’on peut accéder librement. L’entrée à ses messes du matin, ou seulement pour le rencontrer, ou pour une audience, requiert des contrôles très stricts, beaucoup plus sévères et beaucoup plus difficiles et moins compréhensibles que ceux pour rencontrer Benoît XVI – auquel j’ai également rendu visite quatre fois dans le cadre de mes activités.

Le contrôle est basé non sur le fait que vous pouvez être un terroriste, mais sur le fait que vous ne partagez pas ses idées. Parce que c’est de ça qu’il s’agit. Bergoglio ne poursuit pas de théologie patristique, il n’a aucune pastorale ecclésiale associée à la vraie tradition, il révolutionne simplement l’Eglise avec ses idées, pour lesquelles il a appelé les Jésuites [ndt, vivants: Spadaro, Sosa, Martin – mais aussi morts: Arupe, Rahner, cf. cronicasdepapafrancisco.com…] à la rescousse, et dont il a convaincu la curie et les différents services pour mettre en place le nouveau cours au Vatican,.

Les laïcs qui ne connaissent rien à la théologie et rien non plus à la doctrine, mais qui, ayant un emploi au Vatican, s’intéressent davantage à leur poste, ont subi une sorte de contrôle du fait qu’il y a eu beaucoup de licenciements depuis l’arrivée du nouveau pape, et donc chacun d’entre eux a pensé normal de céder à tout cela si on leur demandait de le faire, afin de conserver leur place. Bien sûr, ce n’est pas Bergoglio en personne qui fait tout cela, mais c’est le climat et, ceux qui le font, ce sont les gens en qui il a confiance, appelés par lui à exercer ce pouvoir.

Je considérais sa réforme comme une véritable inspiration céleste, mais je me suis vite rendu compte que nous étions confrontés à un véritable despote qui de « doux » ne conserve que les attitudes extérieures à réserver aux caméras ou aux gens qu’il croit dignes de confiance, pour se faire dire comment vont les choses dans le monde.

Alors qu’il dénonce le bavardage dans les paroisses, Bergoglio est le roi du bavardage, il s’informe sur les individus, il veut connaître les faits et les détails, il veut connaître les tendances ecclésiales des gens et ceux qui ne figurent pas dans ses registres sont épurés.

La même méthode est également utilisée au Vicariat, qui commence à subir des contrôles de l’autorité fédérale y compris par des moyens informatiques. Comme je figure dans les listes avec nom et prénom, c’est une des raisons pour lesquelles je ne vous écris jamais publiquement. Et je ne veux pas vous effrayer, mais il est certain que votre nom a été signalé parmi les « ennemis du pape », la liste est là, elle existe vraiment, mais elle n’est pas transmise au pape, sauf si c’est important, toutefois, elle sert pour voir comment on peut vous faire taire, ou comment ils peuvent réagir.

Je travaille au sein de l’Église depuis trente ans, fournissant des services dans de nombreux secteurs. Il y a beaucoup de luttes, il y en a toujours eu, mais je n’avais jamais vu une chose pareille. Jamais vu de patrouilles aussi acharnées, destinées à faire taire le magistère des papes prédédents et faire de la propagande sans retenue pour le magistère actuel, le tournant comme une toupie, lui attribuant même des choses qu’il ne dit pas, mais pour lesquelles ils ont la certitude que le pape ne démentira jamais, car il est en quelque sorte consentant.

J’ai écrit deux lettres à ce pape, et une à Benoît XVI, je n’ai reçu de réponse d’aucun.

J’ai rencontré Mgr ***: j’ai pu lui expliquer ce qui se passait (l’année dernière), mais à ses réponses et à son embarras, j’ai seulement compris qu’il ne pouvait pas parler – quand il m’a vu pleurer, peut-être dans un élan de compassion, il m’a embrassée et m’a dit: «Persévérer, il faut persévérer, ceci aussi passera et ce sera le Seigneur qui jugera tout, priez beaucoup…».

Cependant, il m’a aidée à rencontrer Benoît près de la grotte de Lourdes dans les jardins du Vatican, une brève rencontre, je n’ai pas pu lui parler comme j’aurais voulu, mais j’ai eu l’impression qu’il souffrait beaucoup, mais qu’il aurait pu continuer à régner, car il est toujours très lucide et attentif à tout. En pleurant, j’ai pu seulement lui demander: «Sainteté, pourquoi tout cela, pourquoi? Que se passe-t-il et à quoi devons-nous nous attendre?». Et lui, s’arrêtant et me caressant l’épaule:
«Tout est entre les mains de Jésus et de Marie, ayez confiance et prions beaucoup. Des sacrifices pour cette humanité à la dérive, pour l’Église, pour le Pape, mais tout est entre les mains du Christ, ayez confiance…».

J’ai vu que l’année dernière vous avez cité dans un post ******** [??]: une excellents personne, un saint prêtre, mais ne lui posez jamais de questions sur le pape, il est pointé du doigt, suivi et espionné et on n’attend que l’occasion pour le chasser, il est haï par les bergogliens et personne ne comprend pourquoi le pape a voulu le garder à son poste, ils le détestent, et à l’exception de quelques amis de confiance, il est complètement isolé.

Je ne sais pas si vous connaissez le Cardinal Müller, une personne de grande efficacité mais surtout un saint prêtre, un homme qui prie beaucoup. Lui aussi est dans le collimateur, ses jours sont comptés, les rumeurs qui le veulent bientôt chassé de la CdF sont absolument fondées (ndr: le Cardinal Muller a été chassé de la CdF le 1er Juillet 2017). Le Pape veut transformer la Congrégation « de la Doctrine de la Foi » en « pastorale de la foi« , comme cela a été dit depuis un certain temps dans les hautes sphères, avec à sa tête un jésuite fidèle au Pape (ndr: comme par hasard, le Jésuite Luis Francisco Ladaria Ferrer a pris la tête de la CDF).

Je ne sais pas s’il faut rendre public un tel témoignage, il pourrait alimenter la discorde parce que personne ne croirait en ce qui y est écrit, et la chasse à l’auteur commencerait, même s’il est publié anonymement. Tandis que la majorité des gens se diviseraient en différents partis pour et contre son contenu, il y aurait ces « agents fédéraux » qui commenceraient leur enquête pour découvrir le « traître ». Du reste, je peux le comprendre, car si je n’avais pas été un témoin direct de ce que je vous ai dit, je n’y aurais pas cru moi-même, en le lisant d’autres.

Ce qui me blesse le plus, c’est la division qui est intervenue dans ma vie, entre des gens avec qui je travaille depuis des années.
On n’avait jamais vu auparavant un climat aussi sombre et menaçant. Des amis de 15, 20… 30 ans, qui se retrouvent ennemis en quelques mois et pas pour Dieu sait quoi, mais seulement parce qu’ils avaient exposé des critiques et des doutes sur certaines positions du pape, alors que sous Benoît XVI ou même Jean-Paul II on pouvait dire de tout, pourtant la doctrine nous unissait tous, parce qu’avec elle on avait le dernier mot; mais maintenant, la mode veut que la doctrine ne commande plus, et la victoire est à ceux qui, indépendamment de toute raison saine et légitime, défendent le plus l’icône du pape, de ce pape.

Je ne peux interpréter l’étreinte de Mgr *** ou les paroles de Benoît XVI qu’à la lumière de révélations privées comme celles de la Bienheureuse Emmerich sur l’Église et la grave apostasie, ou de La Salette, ou de Fatima dans son troisième secret incomplet; il n’y a pas d’autre explication que cette résistance et cette persévérence dans la croyance que le Cœur Immaculé de Marie triomphera le plus tôt possible. Du reste, je ne peux pas douter que celui qui tient les rênes de l’église, je veux dire le vrai, est le Christ en personne.

Je pense que seuls ceux qui auront persévéré et souffert en ce temps (voir les Franciscains de l’Immaculée) recevront la juste récompense, d’ailleurs en Occident les persécutions contre les chrétiens sont seulment « blanches » [ndt: i.e. sans effusion de sang] et il y en a des milliers, un massacre silencieux, passé sous silence, parce que les persécuteurs, les bourreaux ne sont pas ceux de l’extérieur, ce n’est pas l’Isis [Daesch], mais ce sont des évêques, des cardinaux, du personnel ecclésiastique, clérical et séculier, qui détiennent un pouvoir vertigineux, depuis les télécommunications, jusqu à des diocèses entiers, offices ecclésiastiques et paroisses. Je le répète, en trente ans, je n’ai jamais vu une telle catastrophe dans l’Église

Les loups et le serpent : pourquoi nous méritons le pape François

Les loups et le serpent : pourquoi nous méritons le pape François (en fait pourquoi le clergé est apostat et 95% des cathos zombies)

Il semblerait que l’éviction de ce seul homme ait révélé que ce que nous pouvons voir est une sorte de « mystère » qui laisse beaucoup de catholiques désemparés et ébranlés dans leur foi. Autour d’eux, Benoît et Jean-Paul II avaient tous deux plusieurs – mais peut-être peu nombreux -, membres de haut rang de l’Église comme piliers de soutien. Tous deux étaient forts dans leur foi catholique et dans leur identité catholique. Mais avec le recul – une chose tellement merveilleuse mais souvent d’un goût amer – la présence même de quelques piliers de l’orthodoxie catholique réunis près de la Chaire de Pierre s’est avérée entièrement dépendante de la foi de la personne qui occupait la Chaire.
(…)
L’élection du Pape François représente le franchissement définitif du Rubicon pour l’Église catholique. C’est peut-être temporaire, peut-être pas, mais Amoris Laetitia et Magnum Principium sont deux documents qui suggèrent que nous sommes arrivés à un moment de plein dévoilement, un moment dans l’histoire de l’Église où l’Église glisse dans l’insignifiance, où la submersion par la culture délabrée de l’Occident, jadis catholique, est pratiquement garantie. Il n’y a pas de trompette pour annoncer la reddition de l’Église catholique aux faux apôtres, pour annoncer la reddition de l’Église aux forces maléfiques à l’œuvre dans le monde. Il n’y aura probablement pas d’annonce à cet effet. Tout ce que nous recevrons en tant que catholiques, ce sont des mini-annonces. Félicitations pour un avorteur. Ici, un évêque réinventant la messe. Là, l’invitation de Planned Parenthood au Vatican. Tels sont, et je suis sûr que beaucoup de lecteurs seront d’accord, les annonces d’une contre-église établie dans le sein de l’épouse du Christ.

Oui, le retour à réalité est là et il est très douloureux et salutaire. Nous pourrions nous poser la question suivante: à quoi sert à l’Église qu’un homme vertueux, doctrinalement sain et exemplaire siège sur la Chaire de Pierre, si entre 50 et 90 % des évêques et du clergé ne le croient pas, et sont, en réalité, implacablement opposés à la vérité catholique. A quoi sert ce pape exemplaire et saint si le résultat est que dans votre paroisse locale, votre prêtre vous dit que la mission de l’Église consiste à prendre soin de notre prochain, mais que le Baptême lui-même n’est nullement nécessaire pour le salut. A quoi sert ce Pape si votre évêque, par exemple, écrit des lettres pastorales dans lesquelles il dit que la confession est un devoir inutile, répétitif, voire même pesant pour une âme. Est-il vraiment réconfortant de savoir que « l’homme au sommet » est doctrinalement sain si sur le terrain, là où la vraie vie est vécue, les évêques et le clergé donnent l’impression qu’ils ne croient tout simplement pas en Dieu ou en la Présence Réelle ou la dévotion à la Mère de Dieu et ont une perspective fondamentalement progressiste?
Etait-il vraiment si consolant de savoir qu’au moins le Pape était catholique? Vraiment? Même quand presque personne dans l’Église, à part vous, n’écoutait un mot de qu’il disait?

(…)

Oui, l’abdication de Benoît XVI de la Chaire de Pierre fut en effet la grande révélation. Elle a révélé quelque chose d’un mystère d’iniquité qui agit dans les coulisses, elle a révélé dans toute sa réalité sanglante, la meute de loups qui l’entourait et qui attendait sa chute. Cependant, elle a révélé beaucoup plus que cela, que l’apostasie que nous voyons maintenant se produire au sein de l’Église Universelle était déjà en œuvre dans votre ville, chez vous, dans votre Église. Déjà l’Église fidèle à son Seigneur était là, déjà l’Église infidèle au Christ, une Église adultère était là et l’avait été pendant des années, voire des décennies.

20 novembre 2017
thatthebonesyouhavecrushedmaythrill.blogspot.fr

 

Il semblerait que l’éviction de ce seul homme ait révélé que ce que nous pouvons voir est une sorte de « mystère » qui laisse beaucoup de catholiques désemparés et ébranlés dans leur foi. Autour d’eux, Benoît et Jean-Paul II avaient tous deux plusieurs – mais peut-être peu nombreux -, membres de haut rang de l’Église comme piliers de soutien. Tous deux étaient forts dans leur foi catholique et dans leur identité catholique. Mais avec le recul – une chose tellement merveilleuse mais souvent d’un goût amer – la présence même de quelques piliers de l’orthodoxie catholique réunis près de la Chaire de Pierre s’est avérée entièrement dépendante de la foi de la personne qui occupait la Chaire.
(…)
L’élection du Pape François représente le franchissement définitif du Rubicon pour l’Église catholique. C’est peut-être temporaire, peut-être pas, mais Amoris Laetitia et Magnum Principium sont deux documents qui suggèrent que nous sommes arrivés à un moment de plein dévoilement, un moment dans l’histoire de l’Église où l’Église glisse dans l’insignifiance, où la submersion par la culture délabrée de l’Occident, jadis catholique, est pratiquement garantie. Il n’y a pas de trompette pour annoncer la reddition de l’Église catholique aux faux apôtres, pour annoncer la reddition de l’Église aux forces maléfiques à l’œuvre dans le monde. Il n’y aura probablement pas d’annonce à cet effet. Tout ce que nous recevrons en tant que catholiques, ce sont des mini-annonces. Félicitations pour un avorteur. Ici, un évêque réinventant la messe. Là, l’invitation de Planned Parenthood au Vatican. Tels sont, et je suis sûr que beaucoup de lecteurs seront d’accord, les annonces d’une contre-église établie dans le sein de l’épouse du Christ.

Oui, le retour à réalité est là et il est très douloureux et salutaire. Nous pourrions nous poser la question suivante: à quoi sert à l’Église qu’un homme vertueux, doctrinalement sain et exemplaire siège sur la Chaire de Pierre, si entre 50 et 90 % des évêques et du clergé ne le croient pas, et sont, en réalité, implacablement opposés à la vérité catholique. A quoi sert ce pape exemplaire et saint si le résultat est que dans votre paroisse locale, votre prêtre vous dit que la mission de l’Église consiste à prendre soin de notre prochain, mais que le Baptême lui-même n’est nullement nécessaire pour le salut. A quoi sert ce Pape si votre évêque, par exemple, écrit des lettres pastorales dans lesquelles il dit que la confession est un devoir inutile, répétitif, voire même pesant pour une âme. Est-il vraiment réconfortant de savoir que « l’homme au sommet » est doctrinalement sain si sur le terrain, là où la vraie vie est vécue, les évêques et le clergé donnent l’impression qu’ils ne croient tout simplement pas en Dieu ou en la Présence Réelle ou la dévotion à la Mère de Dieu et ont une perspective fondamentalement progressiste?
Etait-il vraiment si consolant de savoir qu’au moins le Pape était catholique? Vraiment? Même quand presque personne dans l’Église, à part vous, n’écoutait un mot de qu’il disait?

(…)

Oui, l’abdication de Benoît XVI de la Chaire de Pierre fut en effet la grande révélation. Elle a révélé quelque chose d’un mystère d’iniquité qui agit dans les coulisses, elle a révélé dans toute sa réalité sanglante, la meute de loups qui l’entourait et qui attendait sa chute. Cependant, elle a révélé beaucoup plus que cela, que l’apostasie que nous voyons maintenant se produire au sein de l’Église Universelle était déjà en œuvre dans votre ville, chez vous, dans votre Église. Déjà l’Église fidèle à son Seigneur était là, déjà l’Église infidèle au Christ, une Église adultère était là et l’avait été pendant des années, voire des décennies.

20 novembre 2017
thatthebonesyouhavecrushedmaythrill.blogspot.fr

 

Quand Montaigne met en garde les catholiques « contre l’abandon d’une partie de leur foi ».

 

 

Quand Montaigne met en garde les catholiques « contre l’abandon d’une partie de leur foi ».

 

 

On en a fait un sceptique, un païen, un épicurien, un stoïcien, un je-ne-sais-quoi ; et si c’était un bon chrétien qui nous avait mis en garde – et que nous n’avons su écouter ? Prenons ce passage qu’on ne trouvera jamais cité ans les extraits (toujours les mêmes, rabâchés jusqu’à écœurement, c’était lui, c’était moi, j’aime la vie et la cultive…) :

 

 

« C’est une hardiesse grave et dangereuse, outre l’absurde légèreté qu’elle traîne avec elle, que de mépriser ce que nous ne pouvons concevoir. En effet, quand vous avez établi les limites de la vérité et du mensonge, grâce à votre belle intelligence, et qu’il se trouve que vous êtes contraint de croire des choses encore plus étranges que celles que vous avez refusé d’admettre, vous voilà déjà contraint d’abandonner ces limites que vous aviez vous-même fixées. Or ce qui me semble amener tout autant de désordre en nos consciences, dans les temps troublés où nous sommes, à propos de la religion, c’est cette façon qu’ont les catholiques d’abandonner une partie de leur foi. »

 

Lisez bien la suite :

 

« Ils s’imaginent adopter une attitude intelligente et modérée quand ils concèdent à leurs adversaires certains des articles qui sont sujets à controverse. Mais outre le fait qu’ils ne voient pas l’avantage que cela constitue pour celui qui vous attaque que de commencer à céder et à reculer devant lui, et combien cela l’encourage à aller de l’avant, ces articles-là, qu’ils considèrent comme les plus anodins, sont parfois très importants. Ou bien il faut s’en remettre en tout à l’autorité de notre autorité ecclésiastique, ou bien il faut entièrement s’en dispenser : ce n’est pas à nous d’établir quelle part d’obéissance nous lui devons. »

 

Montaigne ajoute :

 

« Et en outre je puis le dire, pour l’avoir éprouvé : j’ai autrefois usé de cette liberté de faire un choix et un tri personnels en mettant de côté certains points de la règle de notre Église qui semblent avoir un air ou plus creux ou plus étrange ; mais après en avoir parlé avec des hommes experts en ces matières, j’ai découvert que ces choses-là ont un fondement substantiel et solide, et que ce n’est que la bêtise et l’ignorance qui nous les font considérer comme moins dignes de respect que les autres. Pourquoi donc oublions-nous combien nous ressentons de contradiction dans notre jugement même ? Combien de choses étaient pour nous hier des articles de foi, que nous tenons pour des sottises aujourd’hui ? La prétention et la curiosité sont les fléaux de notre âme. Celle-ci nous conduit à fourrer notre nez partout, et celle-là nous empêche de laisser quoi que ce soit dans le flou et l’incertitude. »

 

Montaigne ne met pas en doute la foi, il met en doute le doute ici, qui relève d’un jugement confirmé dans sa fausseté. A bon entendeur…

 

Passage à relier bien sûr avec cet autre de l’apologie de Raymond Sebond :

 

« Le moyen que j’utilise pour combattre cette frénésie, celui qui me semble le plus propre à cela, c’est de froisser et fouler aux pieds l’orgueil et la fierté humaine. Il faut faire sentir à ces gens-là l’inanité, la vanité, et le néant de l’homme, leur arracher des mains les faibles armes de la raison, leur faire courber la tête et mordre la poussière sous le poids de l’autorité et du respect de la majesté divine. Car c’est à elle, et à elle seule qu’appartiennent la connaissance et la sagesse… »

 

 

 

Sources

Les essais, I, Chapitre 26

 

C’est une sottise de faire dépendre le vrai et le faux de notre jugement. Traduction Guy de Pernon (ebooksgratuits.com)

 

Les essais, II, chapitre douze, Apologie de Raymond Sebond

« Au temps du Pape Benoît XVI ils ne cadraient pas la place, parce qu’on aurait pu voir qu’il y avait plus de fidèles que les « quatre chats » dont parlaient les journaux; maintenant ils ne la cadrent pas, pour ne pas montrer qu’il n’y a pas les foules que l’on voudrait faire croire. »

http://benoit-et-moi.fr/2018/actualite/le-pape-et-laudimat-encore.html

Peu de Fidel pour ce pape !!! Le castro-jésuitisme ne fait pas recette, même à la télé !

Le pape François et l’audimat branlant

Le Pape François, à la télévision, vaut la moitié de Benoît XVI: si le second avait une audience moyenne autour de 20%, son successeur tourne entre 9 et 12% des téléspectateurs…

Que vaudra le successeur du jésuite – s’il y en a un -, c’est autre question…

Effondrement de l’audimat papiste : les cathos sont pas si fous après tout !

http://benoit-et-moi.fr/2018/actualite/franois-et-laudimat.html

Comment le catholicisme en crise doit aussi tenir compte d’une chute vertigineuse d’audience… jusqu’au Pape. Décidément, l’effet François n’était qu’un leurre (6/1/2018)

François et don Pozza sur TV 2000
Où l’on apprend avec surprise qu’en terme d’audimat, François « vaut la moitié de Benoît XVI ».
Décidément, l' »effet François » annoncé à grand fracas il y a presque 5 ans, est un mensonge médiatique qui fut bien utile à certains pour archiver Benoît XVI, mais qui se dégonfle de plus en plus à l’épreuve des faits, et des sources multiples et croisées le confirment jour après jour: en plus de tarir les vocations, de vider les églises et d’accélérer la déchristianisation du monde occidental, le grand communiquant fait fuir les téléspectateurs!

Voici ce que relevait Antonio Socci hier, sur sa page Facebook (la source qu’il cite est la rubrique hebdomadaire du vendredi sur La Repubblica):

https://www.facebook.com/plugins/post.php?href=https%3A%2F%2Fwww.facebook.com%2Fpermalink.php%3Fstory_fbid%3D1560734567380748%26id%3D197268327060719&width=500

L’embarrassant flop de Bergoglio: plus personne ne l’écoute. « François vaut la moitié du Pape Benoît XVI ».
Lisez ce qu’écrit Filippo di Giacomo sur la rubrique « Vendredi » de « la Repubblica ».

(…) Comme cela s’est déjà passé au siècle dernier pour les églises nées des réformes protestantes, les catholiques aussi se sont individualisés et se posent, face à la hiérarchie ecclésiale, du curé aux évêques, et donc aux autorités romaines, avec un esprit fortement critique. Et cela, erga omnes, pape compris.

Le Pape François a été protagoniste d’une émission programmée tous les mercredis à partir du 25 octobre sur la chaîne TV 2000 – celle qu’on appelle la télévision des évêques [i.e. la CEI] -, intitulée Padre Nostro, et animée par don Mario Pozza, aumônier de la prison de Padoue (*). L’émission a été accompagné d’un grand et long battage publicitaire, avec annonce sur tous les organes de communication possibles, de la presse papier à la radio, et, en présence de don Pozza, sur les principales chaînes de télévision nationales. Mais malgré les efforts déployés, elle a enregistré des taux d’écoute si bas qu’ils en sont embarrassants. Confirmant, avant tout, ce que les chiffres attestent depuis trois ans: le Pape François, à la télévision, vaut la moitié de Benoît XVI: si le second avait une audience moyenne autour de 20%, son successeur tourne entre 9 et 12% des téléspectateurs.
Si, comme le disait McLuhan, (mort catholique pratiquant, avec une grande méfiance envers le micro sur l’autel et un dégoût profond pour les messes « contemporaines ») « le medium est le message », les gens changent de chaîne quand apparaît une soutane (ndt: justement, ce n’est pas la soutane stricto sensu qui est en cause, mais son absence, ou son port négligé, en cas d’obligation): il doit bien y avoir une raison…

NDT

(*) Voir benoit-et-moi.fr/2017.
En passant, la tenue de ce prêtre indique pourtant qu’il s’agit d’un de ces prêtres des rues, censés être proches du peuple, chers aux partisans d’une église ouverte .

« C’est le spectacle d’une Eglise, naguère surélevée au pinacle des constellations et cathédrant sur le front des séraphins, tellement tombée, aplatie, caduque, si prodigieusement déchue, si invraisemblablement aliénée et abandonnée qu’elle n’est plus capable de distinguer ceux qui la vénèrent de ceux qui la contaminent. »

Imbroglio en pleine forme place saint pitre : lisez Socci via benoit-et-moi.fr

« DESCENDAT SUPER VOS ET MANEAT SEMPER »…

Cesare Baronio
opportuneimportune.blogspot.fr
26 décembre 2017
Ma traduction

* * *

Un lecteur me signale qu’hier, à l’occasion de la bénédiction urbi et orbi, la formule habituelle a été tronquée par Bergoglio, la rendant de fait inefficace. Évidemment, n’ayant pas la télévision et désirant être assis à table sans me nouer les tripes avec les discours populistes de [François], j’ai dû vérifier cette nouveauté en regardant la vidéo sur Internet. Et il valait mieux: je me suis épargné une colère supplémentaire le jour de Noël, après le meeting syndical de la Nuit Sainte (*).

Au-delà du fait que Bergoglio ne chante jamais rien, augmentant la misère de ce qu’il récite d’un ton plat et ennuyé, s’est ajoutée cette année une omission significative, parce qu’après les invocations ‘Sancti Apostoli‘ et ‘Precibus et meritis‘ et l’absolution ‘Indulgentiam‘, il a dit: ‘Et benedictio Dei omnipotentis, Patris, et Filii, et Spiritus Sancti. Amen‘.

La formule devait en revanche être ‘Et benedictio Dei omnipotentis, Patris, et Filii, et Spiritus Sancti descendat super vos, et maneat semper‘. A quoi le peuple aurait dû répondre Amen.

Et dire qu’il avait le pontifical ouvert, et le zélé Mgr Marini à ses côtés. Il suffisait de lire, juste ciel. Seulement lire. Et peut-être comprendre ce qu’il lisait. Il faut donc se demander si l’omission de la dernière partie de la Bénédiction a été délibérée.

L’aura-t-il fait exprès? Il est difficile de croire qu’il s’agissait d’un oubli, de surcroît ayant devant lui le texte en caractères majuscules. Même ma sœur, qui n’a pas d’ambitions sacerdotales, est capable de réciter par cœur les paroles qu’elle a entendues de tant de papes, en direct ou par la vieille radio dans la cuisine. Combien de fois, après avoir préparé un repas de Noël ou de Pâques est-ellevenue m’appeler: « Viens, il y a le Saint Père qui donne la Bénédiction ». Et avec nos parents d’abord, seuls ou avec quelques invités, nous entendions l’écho de cette mélodie sacrée et solennelle résonnant des maisons des voisins, suivie des acclamations des fidèles.

Imprimée dans la mémoire, comme un souvenir cher de l’Église de ma jeunesse, surtout quand Pie XII apparaissait à la loggia de la basilique, hiératique, avec cette prononciation limpides, ces « r » roulés, cette intonation parfaite. Et sur la place il y avait deux cent mille fidèles, pas les quatre chats d’aujourd’hui. Que de souvenirs.

Aujourd’hui, la radio est éteinte. En attendant que de ce balcon, on puisse entendre à nouveau la voix du Pape.

Pourquoi la bulle médiatique pontificale fait le vide place saint-pitre (Nicolas Bonnal sur benoit-et-moi.fr) ; il n’y a plus que des clandestins et des journalistes post-catholiques et néo-cathodiques qui méthodiquement défont l’édifice des siècles…

Les esprits libres qui sont aujourd’hui les esprits traditionnels (conformément à une prévision de Chesterton) se frottent les mains.
Le mauvais show de la basilique Saint-Pierre ne réchauffe pas les cœurs en effet. Et les intuitions de Benoit XVI sur les conséquences à long terme de Vatican II se trouvent confirmées. Le jésuite pressé qui lui a succédé au nom du nouvel ordre mondial (« je ne suis pas de droite mais je suis autoritaire », quel aveu tout de même, un siècle après Lénine et Staline !) est pressé d’en finir avec la doctrine de l’Eglise mais il a oublié saint Luc que nous citons dans son latin de Vulgate. In patientia vestra possidebitis animas vestras. On ne possède son âme que par sa patience.

Car on veut bien être moderne mais il y a tout de même une limite. Au règne de la vitesse définie par Paul Viriliol’homme pressé est surtout un homme soumis, commis à ne plus réagir. Il est dépassé et dépossédé par le flux.

Si Bergoglio se sent de plus en plus seul en prêchant la religion mondiale au sein d’une place Saint-Pierre que son incivilité et son manque de foi ont vidée, il est bon pour nous de découvrir que nous ne sommes pas isolés dans un combat pourtant perdu… d’avance. Car dans le monde moderne, disait un duc, l’histoire est un Judas.

En 2005 à la Curie romaine, si malmenée depuis, dans son texte sur Vatican II, Benoît XVI, avec la prudence et la solidité qui le caractérisaient, la douceur et la docte profondeur qui l’honoraient, parlait du soutien médiatique donné aux modernistes de tout poil, et qui avait précipité le déclin postmoderne de notre Vatican et de notre église – alors qu’au contraire les réponses données auparavant au monde moderne par Pie IX, Léon XIII ou Pie X avaient été brillantes. Car il y a une différence entre cohabiter et collaborer avec un ordre inique.
Mais Benoit XVI, le pape des oasis de chrétienté, avait bien compris aussi que ce qui attirait les jeunes chrétiens dans les églises ce n’était pas le modernisme. Ce n’était pas le traditionalisme non plus, tel que vilipendé par les médias, mais simplement la foi.

Citons Benoît :

« Quel a été le résultat du Concile? A-t-il été accueilli de la juste façon? Dans l’accueil du Concile, qu’est-ce qui a été positif, insuffisant ou erroné? Que reste-t-il encore à accomplir? Personne ne peut nier que, dans de vastes parties de l’Eglise, la réception du Concile s’est déroulée de manière plutôt difficile, même sans vouloir appliquer à ce qui s’est passé en ces années la description que le grand Docteur de l’Eglise, saint Basile, fait de la situation de l’Eglise après le Concile de Nicée: il la compare à une bataille navale dans l’obscurité de la tempête. »

On ne saurait mieux dire !
Et il ajoutait à la Curie, en ce 22 décembre 2005, comme s’il voyait déjà le piège à la Bergoglio se tendre sur nos âmes:

« D’un côté, il existe une interprétation que je voudrais appeler « herméneutique de la discontinuité et de la rupture »; celle-ci a souvent pu compter sur la sympathie des mass media, et également d’une partie de la théologie moderne.
D’autre part, il y a l' »herméneutique de la réforme », du renouveau dans la continuité de l’unique sujet-Eglise, que le Seigneur nous a donné; c’est un sujet qui grandit dans le temps et qui se développe, restant cependant toujours le même, l’unique sujet du Peuple de Dieu en marche. »

Bonjour la rupture donc. Bonjour le réfugié. Bonjour la bénédiction par les imams. Bonjour la pub Porsche dans la Sixtine. Bonjour Eros et Versace sur le Duomo de Milan (cf. benoit-et-moi.fr/2015-II). Et bonjour les histoires d’Ô de Cologne…

Mais il y a une limite tout de même.
L’inattendu Ross Douthat (cf. benoit-et-moi.fr/2015-II/actualite/ross-douthat-sexplique) du NYT a douté de la pieuse parole pontificale en octobre 2015 avant de se faire insulter par les hyènes pontificales promises à la géhenne de solitaires lendemains, entre deux hordes de divorcés, de réfugiés, de gentils organisateurs de viols, de banquiers de Goldman Sachs, d’écologistes de marché, de soldats de l’OTAN, de je ne sais quoi encore. Même les journalistes du Figaro aussi se grattent parfois le coquillard (« jusqu’où ira François » ?). Et c’est Laurent Dandrieu qui a parlé de la béatification du concile de Vatican II, qui aura vidé les églises et les âmes des foules, et liquidé la liturgie et les nourritures solides dont a parlé saint Paul.

La chute de Bergoglio n’étonnera que les imbéciles (ceux qui cheminent sans le bâton – le baculus – du pèlerin).
Car j’écrivais il y a trois ans déjà :

* * *

On a parlé d’un blocage des cartes bancaires du Vatican peu avant le départ du précédent pontife, blocage qui aurait déterminé et accéléré l’élection du premier pape postmoderne, cool, ouvert au sens de Bergson ou Georges Soros.

Car depuis qu’il a été élu pape, alors qu’un bel éclair frappait le dôme de la basilique Saint-Pierre et que le goéland dévorait la colombe blanche, Bergoglio n’a cessé de multiplier les provocations : car c’est un rebelle !

Cela se fait dans une certaine indifférence, comme si déjà le troupeau endormi des brebis catholiques avait autre chose à faire. Comme ce pape se targue d’aimer Léon Bloy, on pourra lui citer ces propos de ce grand écrivain Français qui attendait surtout les cosaques et le Saint-Esprit, pas les réformateurs et les journalistes mécréants :

Et ce cortège est contemplé par un peuple immense, mais si prodigieusement imbécile qu’on peut lui casser les dents à coups de maillet et l’émasculer avec des tenailles de forgeur de fer, avant qu’il s’aperçoive seulement qu’il a des maîtres, – les épouvantables maîtres qu’il tolère et qu’il s’est choisis.

Résumons-nous : le pape n’aime pas le protocole, il n’aime pas les tenues du pape, il aime bien la cause israélienne et pas trop la cause palestinienne, il aime les pauvres mais il aime aussi Goldman Sachs (banque officielle du Vatican avec deux conseillers en or comme les sinistres Sutherland, promoteur et conseilleur de notre actuelle invasion, et le créateur de la guerre en Irak Wolfowitz), il n’aime pas non plus les homophobes, les obsédés de l’avortement, les cathos légalistes. Car s’il ne s’estime pas assez pour juger les gays (« qui suis-je pour les juger ? »), il s’affirme assez autoritaire pour en finir avec les traditionalistes !

Car un agenda bolchevik et moderniste toujours nécessite la trique.***

Dans le fourre-tout de son interview aux jésuites, le nouveau pape s’en prenait aux positions conservatrices de son prédécesseur, se targuait de dévoiler une église nettoyée des impuretés du passé, au fait des découvertes de la science et des médias.

Ce qui importe c’est de s’adapter totalement à la société postmoderne (fût-elle antichrétienne comme me disait en 2004 un père chartreux) et c’est de mettre au pas le troupeau des catholiques dits de tradition.

Ici il n’a pas eu de mots assez durs. Bergoglio a la foi de la villa Soldati, espèce de cour des miracles de Buenos Aires où s’entassent les délinquants, les drogués, les clandestins, les prostituées venues de toute l’Amérique du Sud.

Nouvelle armée du salut, l’Eglise catholique, qui accueille à Cologne (voyez la presse allemande) nos réfugiés levantins moyennant 335 euros par jour, se veut l’héritière du Jésus de Mai 68, un Jésus vu comme un réformateur libéral, comme le disait le frère indianiste et homosexuel du célèbre cardinal Daniélou. C’est là ou sur la plage de Copacabana couverte de JMJ que le nouveau pape trouve ses valeurs, pas dans le cadre des timides communautés bourgeoises et blanches qui ont lutté « dos au mur » (Jean Raspail) contre la loi sur le mariage gay. Face à ce catholicisme rétro qui a du souci à se faire, le nouveau pape défend le catholicisme hugolien de la cour des miracles qui est bien sûr un héritier de la théologie de la libération et de l’américanisme contre lequel nous avait déjà mis en garde le bon Léon XIII.

Léon Bloy disait déjà :

« C’est le spectacle d’une Eglise, naguère surélevée au pinacle des constellations et cathédrant sur le front des séraphins, tellement tombée, aplatie, caduque, si prodigieusement déchue, si invraisemblablement aliénée et abandonnée qu’elle n’est plus capable de distinguer ceux qui la vénèrent de ceux qui la contaminent. »

C’était en 1900 déjà ! Car il ne faut pas recycler Léon Bloy quand on ne le connaît pas…

Bergoglio avait cosigné un livre de papotage avec le grand rabbin de Buenos Aires Skorka, esprit digne de Soros et connu pour ses prises de position en faveur du mariage homosexuel. Notre ancien archevêque est aussi connu là-bas pour avoir contraint ses rares religieuses (son bilan argentin est ubuesque) à pratiquer des cures de psychanalyse.

Le pape aime à parler aussi de ses goûts culturels, assez convenus, de son adoration de Wagner et surtout de Turandot, belle pièce païenne. Bergoglio affirme une semaine après prier un Dieu qui n’est pas catholique ; il sera peut-être le premier pape protestant de l’Histoire. Tout le monde sait que son élection a été célébrée par les B’nai Brith, qu’il est membre du Rotary et certains le croient franc-maçon… et alors ? Le philosophe de poche Frossard, ami du pape polonais, affirmait à la télé, où il passait si souvent, que « de toute manière être catholique cela ne sert à rien ». On avait pris de l’avance ! Il suffit de croire au dieu des musulmans, c’est le même !

***

Il y a dix ans j’avais rencontré dans la Pampa de Pigué un jeune curé qui m’avait parlé justement de cette conspiration contre l’Eglise latino qui rejoignait la conspiration contre l’Argentine : on avait imposé alors la dictature des colonels d’un côté, les privatisations et la théologie du marché de Milton Friedman, théorie à la mode dans l’université catholique chilienne ; et bien sûr de l’autre côté on avait subverti le troupeau catholique en l’attirant dans les rets des télés US ou des centres commerciaux (machines à égarer les âmes) et des sectes évangélistes championnes de la programmation mentale et contrôlées par la CIA. La trahison du haut clergé local mué en bureaucratie sournoise (Illitch) aura fait le reste et accéléré cette conversion comme un seul homme des pauvres gens jusque là empêtrés par le christianisme et le marxisme aux nouvelles lois du marché et de la matrice américaine dont Bergoglio est le représentant décalé : étonnez-vous après des sons et lumière écolos et néo-païens sur nos places sacrées !

***

Ce pape est distrayant ou provocant, c’est selon. C’est pour cela qu’il a été imposé là et qu’il claironne son amour formel des pauvres (François Hollande aussi aime les pauvres !), du judéo-crétinisme et de son dieu global. Il est malheureusement l’héritier de ce christianisme creux que voyait venir le philosophe athée Feuerbach dans le premier tiers du dix-neuvième siècle. Je cite ces lignes :

« Ce christianisme apparent, illusoire, tout en parole et rien en action, tellement en dehors des idées et des mœurs, que ses représentants lettrés et officiels ne savent plus ou ne veulent plus seulement savoir ce qu’il signifie. »

Pour finir : ce pape s’est vanté de n’être pas de droite tout en avouant être très autoritaire. En réalité, il rejoint tout à fait le comportement actuel et globalisé des élites hostiles. Elles ne sont certes pas de droite, ces oligarchies, elles sont autoritaires dans leur volonté de faire table rase des nations, des races, des religions, des cultures, des sexes et de l’humanité dépassée. De ce point de vue Bergoglio incarne bien l’esprit du temps et son élection est un aggiornamento ; jusqu’où cette imposture pourra durer, Dieu seul le sait.

* * *
On ajoutera une dernière précision pour nos lecteurs apeurés : la doctrine de la conspiration vient de grands papes béatifiés, elle est celle de la vérité contre celle des médias des Etats modernes et néo-païens. C’est ce que dit le philosophe juif libertarien Murray Rothbard, un des génies méconnus du siècle passé, et elle me paraît bienvenue ici. Conspirer c’est respirer contre ce qui veut étouffer.

Nicolas Bonnal