Lecteur, consolez-vous avec le bon évêque Agobard. C’était déjà le temps de l’Antéchrist aux temps de Charlemagne !

« Au très chrétien et très pieux vainqueur et triomphateur, Louis, empereur très heureux et toujours auguste, Agobard, le plus humble de ses serviteurs.

« C’est le Dieu tout-puissant qui, dans sa prescience, vous a prédestiné, avant la naissance des siècles, à régner en nos temps calamiteux ; c’est lui qui vous a doué d’une sagesse et d’un amour de la religion qui vous élèvent au-dessus des autres mortels, vos contemporains ; il n’est donc pas douteux qu’il vous a préparé pour que vous portiez remède aux maux de notre époque, dont on peut dire tout ce que l’apôtre marque de celle de l’Antéchrist. C’est pourquoi je supplie votre longanimité d’écouter d’une oreille patiente les choses sur lesquelles j’ai cru d’une importance capitale et pour ainsi dire unique d’appeler la pieuse sollicitude de votre gouvernement. Si j’avais pu vous faire cet exposé sans vous nommer les auteurs du mal, je l’aurais fait volontiers ; mais cela n’étant pas possible, je me confie à votre bonté dans la responsabilité que j’assume de vous faire connaître ce qu’il m’a semblé pernicieux de vous cacher.