Michael Snyder et le Kali-Yuga américain (suite et pas faim)

 

Semaine après semaine, Michael Snyder nous révèle la gravité de la crise américaine, qui s’apparente à un écroulement nié par les médias et leurs autorités. Candidat républicain aux prochaines élections dans l’Idaho, Michael gère un des blogs perso les plus commentés au monde, et nous explique comment on sera passé de la civilisation des peaux-rouges à cet affreux complexe crépusculaire…

 

Il était une fois les États-Unis qui avaient la classe moyenne la plus grande et la plus dynamique de l’histoire du monde, mais maintenant la classe moyenne est progressivement érodée. La classe moyenne est devenue une minorité de la population pour la première fois en 2015, et j’ai récemment écrit une nouvelle enquête qui a montré que 78 pour cent de tous les travailleurs à temps plein aux États-Unis vivent au moins une partie du salaire. temps. Mais la plupart des gens veulent toujours vivre le rêve américain, et ils s’endettent donc énormément dans une tentative désespérée de vivre ce genre de vie.

Selon la Réserve fédérale, le ménage américain moyen est maintenant endetté de 137 063 $ , soit plus du double du revenu médian des ménages …

Le ménage américain moyen a une dette de 137 063 $, selon les derniers chiffres de la Réserve fédérale.

Pourtant, le US Census Bureau rapporte que le revenu médian des ménages était seulement 59 039 $ l’année dernière, ce qui suggère que de nombreux Américains vivent au- dessus de  leurs moyens.

En tant que nation, nous nous endettons complètement et complètement. Les consommateurs américains sont maintenant près de 13 billions de dollars de dettes dans l’ensemble, et beaucoup vont littéralement passer le reste de leur vie à effectuer des paiements de la dette.

Au cours des deux dernières décennies, le coût de la vie a augmenté beaucoup plus rapidement que les chèques de paye, ce qui a mis énormément de pression financière sur les familles qui travaillent dur. On nous dit que nous sommes dans un «environnement de faible inflation», mais ce n’est tout simplement pas vrai du tout

Les dépenses médicales ont augmenté de 57% depuis 2003, tandis que les coûts des aliments et du logement ont grimpé de 36% et de 32%, respectivement. Ces dépenses de base explosives pourraient creuser l’écart d’inégalité en Amérique, comme un quart des Américains font moins de 10 $ l’heure.

La maîtrise de nos coûts de santé est l’une des choses les plus importantes que nous devons faire. Comme je l’ai dit l’autre jour , certaines familles ont vu leurs primes d’assurance-maladie plus que tripler depuis l’adoption d’Obamacare.

Alors que le coût de la vie continue d’augmenter, un nombre croissant de jeunes découvrent que la seule façon de joindre les deux bouts est de vivre avec leurs parents. Par conséquent, le pourcentage d’adultes de 26 à 34 ans vivant à la maison a continué d’augmenter même après la fin de la dernière récession …

La part des aînés de la génération Y qui vivent avec des membres de leur famille ne cesse d’augmenter, ce qui souligne les obstacles persistants auxquels font face les Américains qui sont entrés sur le marché du travail pendant et après la Grande Récession.

Environ 20% des adultes âgés de 26 à 34 ans vivent avec leurs parents ou d’autres membres de la famille, un chiffre qui a grimpé régulièrement au cours de la dernière décennie et 17% en 2012, selon une analyse des données du Census Bureau de Trulia. cabinet de recherche.

Un nombre stupéfiant de 59,8% des jeunes membres de la génération Y (18 à 25 ans) vivent maintenant avec des proches, et dans l’ensemble, 38,4% de tous les membres de la génération Y vivent actuellement avec leur famille.

Si tant de jeunes sont incapables de vivre le rêve américain, à quoi ressemblera l’avenir de cette nation?

Les consommateurs ne sont pas les seuls à avoir du mal à joindre les deux bouts. La dette des entreprises a doublé depuis la dernière crise financière, et elle atteint maintenant un niveau record de 8,7 trillions de dollars …

Alimenté par la faiblesse des taux d’intérêt et l’appétit des investisseurs, l’endettement des entreprises non financières a rapidement progressé pour atteindre 8,7 billions de dollars, soit plus de 45% du PIB , selon David Ader, stratège macro chez Informa Financial Intelligence.

Selon la Réserve fédérale, l’encours de la dette non financière des sociétés a augmenté de 1 billion de dollars en deux ans.

« Tout va bien jusqu’à ce que ce ne soit pas », a déclaré Ader. « Nous n’avons pas besoin de nous inquiéter à ce sujet jusqu’à ce que nous soyons dans un ralentissement et que les profits diminuent. »

Et n’oublions pas la dette du gouvernement. Les gouvernements étatiques et locaux dans tout le pays ont accumulé des montants record de dette, et la dette du gouvernement fédéral a approximativement doublé au cours de la dernière décennie.

Mais le fait que nous soyons maintenant une dette de 20 billions de dollars en tant que nation ne dit pas toute l’histoire. Selon Larry Kotlikoff, professeur à l’Université de Boston, le gouvernement fédéral fait face à un déficit budgétaire de 210.000 milliards de dollars au cours des 75 prochaines années …

Nous avons toutes ces dettes non officielles qui sont massives par rapport à la dette officielle. Nous nous concentrons uniquement sur la dette officielle, alors nous essayons d’équilibrer les mauvais livres …

Si vous additionnez toutes les promesses qui ont été faites pour les obligations de dépenses, y compris les dépenses de défense, et que vous soustrayez toutes les taxes que nous prévoyons percevoir, la différence est de 210 billions de dollars. C’est l’écart financier. C’est notre véritable endettement.

Nous étions la nation la plus riche et la plus prospère de l’histoire de la planète, mais cela n’a jamais été bon pour nous.

Nous avons toujours voulu en avoir plus, et nous avons donc connu la plus grande frénésie de dette de l’histoire de l’humanité.

Maintenant, le jour du règlement de comptes se rapproche, et ceux qui croient que nous pouvons échapper aux conséquences de nos actions sont extrêmement délirants…

 

Kali-Yuga au Taj Mahal (suite et faim)

Les hindous croient que la civilisation humaine dégénère spirituellement au cours du Kali Yuga, qui est dénommé « l’âge noir », car durant cette période les gens sont aussi éloignés que possible des Dieux. L’hindouisme souvent représente symboliquement la morale (dharma) comme un taureau. En Satya Yuga (Kriti yuga), la première étape du développement, le taureau a quatre pattes, mais la morale dans chaque âge est réduite d’un quart. À l’âge de Kali, la morale est réduite à seulement un quart de celle de l’âge d’or, de sorte que le buffle du Dharma n’a qu’une patte.

 

Merci Wiki…

 

Nicolas Bonnal – Amazon.fr

Bakounine, Le Bon et le crépuscule européen

J’ai écrit de nombreux textes qui tournent autour du même thème, de la même constatation. Les choses, les problèmes ne changent plus depuis deux siècles ou presque. Lisez la conclusion des mémoires d’Outre-tombe de Chateaubriand et vous êtes déjà dans notre vieux monde. Monde unifié, monde laid, monde antiartistique, monde décivilisé, monde de contrôle, d’argent et de quantité. Les problèmes que nous vivons semblent sortis d’hier. Or c’est faux, ils sont anciens, et c’est pourquoi je conseille la lecture des auteurs comme Le Bon, Tocqueville ou bien sûr René Guénon ou Evola.

Je vais parler de notre Italie.

Les problèmes italiens sont vieux et ils datent de son unification ratée par une clique corrompue, celle qui  la soumit ensuite à l’Angleterre (libéraux, sénateurs, maçons), à l’Allemagne, à l’Amérique puis à l’Europe.

En 1869 le révolutionnaire Bakounine observe déjà ce maigre bilan :

 

« Nulle part on ne peut aussi bien étudier qu’en Italie le néant du vieux principe de la révolution exclusivement politique, et la décadence de la bourgeoisie, cette représentante exclusive des idées de 89 et de 93 et de ce qu’on appelle encore aujourd’hui le patriotisme révolutionnaire.

Sortie d’une révolution nationale victorieuse, rajeunie, triomphante, ayant d’ailleurs la fortune si rare de posséder un héros et un grand homme, Garibaldi et Mazzini, l’Italie, cette patrie de l’intelligence et de la beauté, devait, paraissait-il, surpasser en peu d’années toutes les autres nations en prospérité et en grandeur. Elle les a surpassées toutes en misère. »

 

Et de constater tristement :

 

« Moins de cinq années d’indépendance avaient suffi pour ruiner ses finances, pour plonger tout le pays dans une situation économique sans issue, pour tuer son industrie, son commerce, et, qui plus est, pour détruire dans la jeunesse bourgeoise cet esprit d’héroïque dévouement qui pendant plus de trente ans avait servi de levier puissant à

Mazzini »

 

Pays mort-né comme notre Europe de la Fin des Temps (il règne une atmosphère évolienne, de Kali-Yuga dans le texte du grand Bakounine) ou notre France républicaine, la bourgeoisie mondialisée scia la branche du risorgimento :

 

« Le triomphe de la cause nationale, au lieu de tout raviver, avait écrasé tout. Ce n’était pas seulement la prospérité matérielle, l’esprit même était mort ; et l’on était bien surpris en voyant cette jeunesse d’un pays politiquement renaissant, vieille de je ne sais combien de siècles, et qui, n’ayant rien oublié, n’avait aucun souci d’apprendre quelque chose. »

 

 

Le besoin de places qui s’est vu depuis avec leur Europe est déjà là :

 

« On ne peut guère s’imaginer quelle immense convoitise de positions sociales et de places a été réveillée au sein de la bourgeoisie italienne par le triomphe de la révolution nationale. C’est ainsi qu’est née la fameuse Consorteria, cette ligue bourgeoise qui, s’étant emparée de tous les emplois lucratifs, malmène, déshonore, pille aujourd’hui l’Italie, et qui, après avoir traîné cette patrie italienne par toutes les boues possibles, l’a fait aboutir aux désastres de Custozza, de Lissa et de Mentana. »

 

Les mêmes problèmes (dénatalité, déclin culturel, militarisme, étatisme) se posent vers 1890. Le savant français Gustave Le Bon remarque alors dans un grand livre :

 

« Le principe des nationalités, si cher jadis aux hommes d’État et dont ils faisaient tout le fondement de leur politique, peut être encore cité parmi les idées directrices dont il a fallu subir la dangereuse influence. Sa réalisation a conduit l’Europe aux guerres les plus désastreuses, l’a mise sous les armes et conduira successivement tous les États modernes à la ruine et à l’anarchie. Le seul motif apparent qu’on pouvait invoquer pour défendre ce principe était que les pays les plus grands et les plus peuplés sont les plus forts et les moins menacés. Secrètement, on pensait aussi qu’ils étaient les plus aptes aux conquêtes ».

 

Comme Léopold Kohr, le très habile Le Bon, qui a tout annoncé parce qu’il a tout étudié, fait l’éloge du Small is beautiful :

 

« Or, il se trouve aujourd’hui que ce sont précisément les pays les plus petits et les moins peuplés : le Portugal, la Grèce, la Suisse, la Belgique, la Suède, les minuscules principautés des Balkans, qui sont les moins menacés. L’idée de l’unité a ruiné l’Italie, jadis si prospère, au point qu’elle est aujourd’hui à la veille d’une révolution et d’une faillite. Le budget annuel des dépenses de tous les États italiens, qui, avant la réalisation de l’unité italienne, s’élevait à 550 millions, atteint 2 milliards aujourd’hui. »

 

Et Le Bon souligne aussi la faiblesse des pays latins, corrompus depuis des lustres selon lui par le verbalisme, le socialisme, l’anarchie et le césarisme ! Mais c’est plus compliqué. Car ce siècle de l’unification fut celui du règne de la quantité au sens guénonien, et l’on peut dire d’ailleurs que la belle Allemagne, celle de la musique et de la philosophie, de la poésie et du romantisme, prit fin avec son unité qui déboucha sur l’industrialisme, le socialisme et le bellicisme que l’on sait.

Gustave Le Bon encore, comme s’il avait prévu le nazisme :

 

« L’Allemagne moderne, malgré de trompeuses apparences de prospérité, en sera sans doute la première victime, à en juger par le succès des diverses sectes qui y pullulent. Le socialisme qui la ruinera sera sans doute revêtu de formules scientifiques rigides, bonnes tout au plus pour une société idéale que l’humanité ne produira jamais, mais ce dernier fils de la raison pure sera plus intolérant et plus redoutable que tous ses aînés. Aucun peuple n’est aussi bien préparé que l’Allemagne à le subir. Aucun n’a plus perdu aujourd’hui l’initiative, l’indépendance et l’habitude de se gouverner. »

 

 

 

Sources

 

Nicolas Bonnal – Chroniques sur la Fin de l’Histoire (Kindle)

Le Bon- Lois psychologiques de l’évolution des peuples

Leopold Kohr- the Breakdown of nations

Bakounine_ Lettre aux rédacteurs du Réveil, à Paris, octobre 1869 (inédit)