Pourquoi on aime ici les grands classiques des séries américaines (la fordienne Vera Miles dans Magnum)

Entre la croix de Lorraine, les noms bien français et le retour de Jules Verne, célébrons nos émois des îles ! Saint Thomas tend la main à Nicolas, et Tahiti se berce au songe d’Hawaï ! heureusement que les séries américaines sont là pour vous rappeler d’être français !

Cette série a été créée par un ancien marine, Donald Bellisario. Il en a écrit lui-même les meilleurs épisodes. J’aimais bien Magnum (un peu trop loser parfois), et surtout ses copains, le british arrogant Higgins et le fidèle black en hélico. Hawaï était sur le point de crever comme toute île, mais il restait quelque chose. Très néo-noire d’inspiration, la série rendait hommage aux classiques du cinéma US (qui n’avaient que trente ans d’âge alors), et elle me plaisait pour la relation Orson Welles-Robin Masters et sa voix off. J’ai tout revu, et quelle qualité de dialogues ou de narration…

 

L’épisode avec Sharon Stone : j’en parlai au micro du regretté Gilbert Denoyan sur France-Inter, pour présenter ma damnation des stars (éditions Filipacchi). L’épisode dure une heure trente et il est nommé Echoes of the minds. La jeune actrice et belle, fascinante. Le personnage fait croire qu’il a une sœur qui la menace avant de se tuer sous les yeux de Thomas. Le thème du sosie, du double, (William Wilson de Poe, mais aussi la reine Guenièvre et le meilleur Hitchcock Vertigo) m’a toujours fasciné.

Le 4 juillet (Home from the sea) : magnifique épisode de survie. Thomas est renversé de son kayak en pleine mer et il survit vingt-quatre heures avant qu’on ne le récupère.  Il repense aux épreuves que lui infligeait son père militaire enfant. Cela lui maintient le moral et Higgins vient le sauver à temps.

Kapu : petite ile préservée ou vivent les indigènes. Mais une jeune hawaïenne s’éprend bien sûr du beau Thomas réfugié (!)  et blessé, et cela sème la zizanie au village. Ah, si on pouvait vivre vraiment en marge. Mais toujours un élément perturbateur, comme on dit à l’école, vient troubler notre situation pacifique (sic) initiale.

Paper war_ L’ascenseur : Thomas est coincé dans l’ascenseur avec Higgins qu’il accuse d’être Robin Masters. Il le prouve aussi. Robin est un dieu gnostique caché, celui auquel croit le grec quand saint Paul arrive à Athènes. Le non-personnage est fabuleux. Voix off d’Orson Welles dans les premiers épisodes. Et comme je parle de religion, je me demande si notre Higgins à tête de clergyman maniaque et tortionnaire n’a pas inventé Robin Masters, comme ces clergés qui inventent leurs dieux pour nous fouetter et pour nous soutirer…

Mad Buck Gibson : un écrivain vieux et toqué ne cesse de se casser le cou. Nihilisme et sport de l’extrême. Son ex-femme est jouée par Vera Miles, une actrice de John Ford, qui n’a pas la patience des anciennes femmes (je pense à son personnage dans la prisonnière du désert, et qui attend pendant cinq ans un rigolo qui ne revient pas, et ne lui écrit pas, ah les hommes ! Monde moderne… En attendant, en quelques secondes Vera Miles crève l’écran. Plusieurs stars antiques viennent renforcer l’atmosphère magique de la série, comme s’il s’agissait de dieux descendus de l’Olympe, en qui on ne croit plus, mais qui restent des dieux quand même. Hölderlin écrivait que les dieux existent peut-être, mais dans un autre monde, au-dessus de nos têtes…

Texas Ligthning : une hilarante aventurière, espionne soviétique, plus américaine que nature, tente de survivre, avec Thomas, à un milliardaire fou puis à la vie sauvage. Cette chevalière d’industrie-Potemkine est explosive. Quel dommage que Thomas ne l’épouse pas… Les personnages féminins sont souvent remarquables (Digger Doyle), et les amours ne durent pas.

J’ai vécu à Tahiti et j’ai retrouvé dans Magnum cette notion de solitude insulaire, tropicale, qu’on a dans les romans des plus grands – ceux du Joseph Conrad.

 

Magnum c’était aussi une manière élégante et discrète de dire adieu à la tradition cinématographique américaine (il y a même Sinatra dans un des épisodes). Depuis on patauge où l’on sait. Mais qui le sait ?

Nous acceptons la réalité parce que nous n’y croyons pas, dit Borges dans l’immortel. C’est le sujet des meilleurs Magnum.

J’espère vous avoir donné envie de reprendre ces drôles de recherches…

Pourquoi Nicolas Bonnal aime Magnum

Entre la croix de Lorraine, les noms bien français et le retour de Jules Verne, célébrons nos émois des îles ! Saint Thomas tend la main à Nicolas, et Tahiti se berce au songe d’Hawaï ! heureusement que les séries américaines sont là pour vous rappeler d’être français !

Cette série a été créée par un ancien marine, Donald Bellisario. Il en a écrit lui-même les meilleurs épisodes. J’aimais bien Magnum (un peu trop loser parfois), et surtout ses copains, le british arrogant Higgins et le fidèle black en hélico. Hawaï était sur le point de crever comme toute île, mais il restait quelque chose. Très néo-noire d’inspiration, la série rendait hommage aux classiques du cinéma US (qui n’avaient que trente ans d’âge alors), et elle me plaisait pour la relation Orson Welles-Robin Masters et sa voix off. J’ai tout revu, et quelle qualité de dialogues ou de narration…

 

L’épisode avec Sharon Stone : j’en parlai au micro du regretté Gilbert Denoyan sur France-Inter, pour présenter ma damnation des stars (éditions Filipacchi). L’épisode dure une heure trente et il est nommé Echoes of the minds. La jeune actrice et belle, fascinante. Le personnage fait croire qu’il a une sœur qui la menace avant de se tuer sous les yeux de Thomas. Le thème du sosie, du double, (William Wilson de Poe, mais aussi la reine Guenièvre et le meilleur Hitchcock Vertigo) m’a toujours fasciné.

Le 4 juillet (Home from the sea) : magnifique épisode de survie. Thomas est renversé de son kayak en pleine mer et il survit vingt-quatre heures avant qu’on ne le récupère.  Il repense aux épreuves que lui infligeait son père militaire enfant. Cela lui maintient le moral et Higgins vient le sauver à temps.

Kapu : petite ile préservée ou vivent les indigènes. Mais une jeune hawaïenne s’éprend bien sûr du beau Thomas réfugié (!)  et blessé, et cela sème la zizanie au village. Ah, si on pouvait vivre vraiment en marge. Mais toujours un élément perturbateur, comme on dit à l’école, vient troubler notre situation pacifique (sic) initiale.

Paper war_ L’ascenseur : Thomas est coincé dans l’ascenseur avec Higgins qu’il accuse d’être Robin Masters. Il le prouve aussi. Robin est un dieu gnostique caché, celui auquel croit le grec quand saint Paul arrive à Athènes. Le non-personnage est fabuleux. Voix off d’Orson Welles dans les premiers épisodes. Et comme je parle de religion, je me demande si notre Higgins à tête de clergyman maniaque et tortionnaire n’a pas inventé Robin Masters, comme ces clergés qui inventent leurs dieux pour nous fouetter et pour nous soutirer…

Mad Buck Gibson : un écrivain vieux et toqué ne cesse de se casser le cou. Nihilisme et sport de l’extrême. Son ex-femme est jouée par Vera Miles, une actrice de John Ford, qui n’a pas la patience des anciennes femmes (je pense à son personnage dans la prisonnière du désert, et qui attend pendant cinq ans un rigolo qui ne revient pas, et ne lui écrit pas, ah les hommes ! Monde moderne… En attendant, en quelques secondes Vera Miles crève l’écran. Plusieurs stars antiques viennent renforcer l’atmosphère magique de la série, comme s’il s’agissait de dieux descendus de l’Olympe, en qui on ne croit plus, mais qui restent des dieux quand même. Hölderlin écrivait que les dieux existent peut-être, mais dans un autre monde, au-dessus de nos têtes…

Texas Ligthning : une hilarante aventurière, espionne soviétique, plus américaine que nature, tente de survivre, avec Thomas, à un milliardaire fou puis à la vie sauvage. Cette chevalière d’industrie-Potemkine est explosive. Quel dommage que Thomas ne l’épouse pas… Les personnages féminins sont souvent remarquables (Digger Doyle), et les amours ne durent pas.

J’ai vécu à Tahiti et j’ai retrouvé dans Magnum cette notion de solitude insulaire, tropicale, qu’on a dans les romans des plus grands – ceux du Joseph Conrad.

 

Magnum c’était aussi une manière élégante et discrète de dire adieu à la tradition cinématographique américaine (il y a même Sinatra dans un des épisodes). Depuis on patauge où l’on sait. Mais qui le sait ?

Nous acceptons la réalité parce que nous n’y croyons pas, dit Borges dans l’immortel. C’est le sujet des meilleurs Magnum.

J’espère vous avoir donné envie de reprendre ces drôles de recherches…

Pourquoi Nicolas Bonnal aime bien la série Magnum !

Cette série a été créée par un ancien marine, Donald Bellisario. Il en a écrit lui-même les meilleurs épisodes. J’aimais bien Magnum (un peu trop loser parfois), et surtout ses copains, le british arrogant Higgins et le fidèle black en hélico. Hawaï était sur le point de crever comme toute île, mais il restait quelque chose. Très néo-noire d’inspiration, la série rendait hommage aux classiques du cinéma US (qui n’avaient que trente ans d’âge alors), et elle me plaisait pour la relation Orson Welles-Robin Masters et sa voix off. J’ai tout revu, et quelle qualité de dialogues ou de narration…

 

L’épisode avec Sharon Stone : j’en parlai au micro du regretté Gilbert Denoyan sur France-Inter, pour présenter ma damnation des stars (éditions Filipacchi). L’épisode dure une heure trente et il est nommé Echoes of the minds. La jeune actrice et belle, fascinante. Le personnage fait croire qu’il a une sœur qui la menace avant de se tuer sous les yeux de Thomas. Le thème du sosie, du double, (William Wilson de Poe, mais aussi la reine Guenièvre et le meilleur Hitchcock Vertigo) m’a toujours fasciné.

Le 4 juillet (Home from the sea) : magnifique épisode de survie. Thomas est renversé de son kayak en pleine mer et il survit vingt-quatre heures avant qu’on ne le récupère.  Il repense aux épreuves que lui infligeait son père militaire enfant. Cela lui maintient le moral et Higgins vient le sauver à temps.

Kapu : petite ile préservée ou vivent les indigènes. Mais une jeune hawaïenne s’éprend bien sûr du beau Thomas réfugié (!)  et blessé, et cela sème la zizanie au village. Ah, si on pouvait vivre vraiment en marge. Mais toujours un élément perturbateur, comme on dit à l’école, vient troubler notre situation pacifique (sic) initiale.

Paper war_ L’ascenseur : Thomas est coincé dans l’ascenseur avec Higgins qu’il accuse d’être Robin Masters. Il le prouve aussi. Robin est un dieu gnostique caché, celui auquel croit le grec quand saint Paul arrive à Athènes. Le non-personnage est fabuleux. Voix off d’Orson Welles dans les premiers épisodes. Et comme je parle de religion, je me demande si notre Higgins à tête de clergyman maniaque et tortionnaire n’a pas inventé Robin Masters, comme ces clergés qui inventent leurs dieux pour nous fouetter et pour nous soutirer…

Mad Buck Gibson : un écrivain vieux et toqué ne cesse de se casser le cou. Nihilisme et sport de l’extrême. Son ex-femme est jouée par Vera Miles, une actrice de John Ford, qui n’a pas la patience des anciennes femmes (je pense à son personnage dans la prisonnière du désert, et qui attend pendant cinq ans un rigolo qui ne revient pas, et ne lui écrit pas, ah les hommes ! Monde moderne… En attendant, en quelques secondes Vera Miles crève l’écran. Plusieurs stars antiques viennent renforcer l’atmosphère magique de la série, comme s’il s’agissait de dieux descendus de l’Olympe, en qui on ne croit plus, mais qui restent des dieux quand même. Hölderlin écrivait que les dieux existent peut-être, mais dans un autre monde, au-dessus de nos têtes…

Texas Ligthning : une hilarante aventurière, espionne soviétique, plus américaine que nature, tente de survivre, avec Thomas, à un milliardaire fou puis à la vie sauvage. Cette chevalière d’industrie-Potemkine est explosive. Quel dommage que Thomas ne l’épouse pas… Les personnages féminins sont souvent remarquables (Digger Doyle), et les amours ne durent pas.

J’ai vécu à Tahiti et j’ai retrouvé dans Magnum cette notion de solitude insulaire, tropicale, qu’on a dans les romans des plus grands – ceux du Joseph Conrad.

 

Magnum c’était aussi une manière élégante et discrète de dire adieu à la tradition cinématographique américaine (il y a même Sinatra dans un des épisodes). Depuis on patauge où l’on sait. Mais qui le sait ?

Nous acceptons la réalité parce que nous n’y croyons pas, dit Borges dans l’immortel. C’est le sujet des meilleurs Magnum.

J’espère vous avoir donné envie de reprendre ces drôles de recherches…

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Les épisodes cosmiques de « Magnum »

Cette série a été créée par un ancien marine, Donald Bellisario. Il en a écrit lui-même les meilleurs épisodes. J’aimais bien Magnum (un peu trop loser parfois), et surtout ses copains, le british arrogant Higgins et le fidèle black en hélico. Hawaï était sur le point de crever comme toute île, mais il restait quelque chose. Très néo-noire d’inspiration, la série rendait hommage aux classiques du cinéma US (qui n’avaient que trente ans d’âge alors), et elle me plaisait pour la relation Orson Welles-Robin Masters et sa voix off. J’ai tout revu, et quelle qualité de dialogues ou de narration…

 

L’épisode avec Sharon Stone : j’en parlai au micro du regretté Gilbert Denoyan sur France-Inter, pour présenter ma damnation des stars (éditions Filipacchi). L’épisode dure une heure trente et il est nommé Echoes of the minds. La jeune actrice et belle, fascinante. Le personnage fait croire qu’il a une sœur qui la menace avant de se tuer sous les yeux de Thomas. Le thème du sosie, du double, (William Wilson de Poe, mais aussi la reine Guenièvre et le meilleur Hitchcock Vertigo) m’a toujours fasciné.

Le 4 juillet (Home from the sea) : magnifique épisode de survie. Thomas est renversé de son kayak en pleine mer et il survit vingt-quatre heures avant qu’on ne le récupère.  Il repense aux épreuves que lui infligeait son père militaire enfant. Cela lui maintient le moral et Higgins vient le sauver à temps.

Kapu : petite ile préservée ou vivent les indigènes. Mais une jeune hawaïenne s’éprend bien sûr du beau Thomas réfugié (!)  et blessé, et cela sème la zizanie au village. Ah, si on pouvait vivre vraiment en marge. Mais toujours un élément perturbateur, comme on dit à l’école, vient troubler notre situation pacifique (sic) initiale.

Paper war_ L’ascenseur : Thomas est coincé dans l’ascenseur avec Higgins qu’il accuse d’être Robin Masters. Il le prouve aussi. Robin est un dieu gnostique caché, celui auquel croit le grec quand saint Paul arrive à Athènes. Le non-personnage est fabuleux. Voix off d’Orson Welles dans les premiers épisodes. Et comme je parle de religion, je me demande si notre Higgins à tête de clergyman maniaque et tortionnaire n’a pas inventé Robin Masters, comme ces clergés qui inventent leurs dieux pour nous fouetter et pour nous soutirer…

Mad Buck Gibson : un écrivain vieux et toqué ne cesse de se casser le cou. Nihilisme et sport de l’extrême. Son ex-femme est jouée par Vera Miles, une actrice de John Ford, qui n’a pas la patience des anciennes femmes (je pense à son personnage dans la prisonnière du désert, et qui attend pendant cinq ans un rigolo qui ne revient pas, et ne lui écrit pas, ah les hommes ! Monde moderne… En attendant, en quelques secondes Vera Miles crève l’écran. Plusieurs stars antiques viennent renforcer l’atmosphère magique de la série, comme s’il s’agissait de dieux descendus de l’Olympe, en qui on ne croit plus, mais qui restent des dieux quand même. Hölderlin écrivait que les dieux existent peut-être, mais dans un autre monde, au-dessus de nos têtes…

Texas Ligthning : une hilarante aventurière, espionne soviétique, plus américaine que nature, tente de survivre, avec Thomas, à un milliardaire fou puis à la vie sauvage. Cette chevalière d’industrie-Potemkine est explosive. Quel dommage que Thomas ne l’épouse pas… Les personnages féminins sont souvent remarquables (Digger Doyle), et les amours ne durent pas.

J’ai vécu à Tahiti et j’ai retrouvé dans Magnum cette notion de solitude insulaire, tropicale, qu’on a dans les romans des plus grands – ceux du Joseph Conrad.

 

Magnum c’était aussi une manière élégante et discrète de dire adieu à la tradition cinématographique américaine (il y a même Sinatra dans un des épisodes). Depuis on patauge où l’on sait. Mais qui le sait ?

Nous acceptons la réalité parce que nous n’y croyons pas, dit Borges dans l’immortel. C’est le sujet des meilleurs Magnum.

J’espère vous avoir donné envie de reprendre ces drôles de recherches…