Un lecteur écrit… sur Maupassant et Tartarin !

J’ai attaqué votre conseil lecture, Les dimanches d’un bourgeois à Paris, et ça me fait beaucoup penser à Tartarin de Tarascon, que j’ai lu récemment.
On y trouve déjà du proto-Debord, le plaisir spectaculaire de l’accumulation de marchandises :
« Puis il étendit sur des chaises toutes ses emplettes, qu’il considéra longtemps »
Chez Tartarin,

« Imaginez-vous une grande salle tapissée de fusils et de sabres, depuis en haut jusqu’en bas ; toutes les armes de tous les pays du monde : carabines, rifles, tromblons, couteaux corses, couteaux catalans, couteaux-revolvers, couteaux-poignards, kriss malais, flèches caraïbes, flèches de silex, coups-de-poing, casse-tête, massues hottentotes, lassos mexicains, est-ce que je sais !

Par là-dessus, un grand soleil féroce qui faisait luire l’acier des glaives et les crosses des armes à feu, comme pour vous donner encore plus la chair de poule… Ce qui rassurait un peu pourtant, c’était le bon air d’ordre et de propreté qui régnait sur toute cette yataganerie. Tout y était rangé, soigné, brossé, étiqueté comme dans une pharmacie, de loin en loin, un petit écriteau bonhomme sur lequel on lisait :

Flèches empoisonnées, n’y touchez pas !

Ou :

Armes chargées, méfiez-vous !

Sans ces écriteaux, jamais je n’aurais osé entrer.

Au milieu du cabinet, il y avait un guéridon. Sur le guéridon, un flacon de rhum, une blague turque les Voyages du capitaine Cook, les romans de Cooper, de Gustave Aimard, des récits de chasse, chasse à l’ours, chasse au faucon, chasse à l’éléphant, etc. »

Patissot aussi est un grand lecteur : « Ses dimanches étaient généralement passés à lire des romans d’aventures et à régler avec soin des transparents qu’il offrait ensuite à ses collègues. »

Les deux décident un jour de partir à l’aventure, déguisés en aventuriers, et jouant à fond leur rôle (et quand on dit que tout ce qui était auparavant directement vécu s’est éloigné dans une représentation, il y a ça aussi : l’artificialité, et ce regard sur soi-même qui n’a rien à voir avec l’examen de conscience, mais relève purement des mécanismes narcissiques : car Lasch et Debord parlent de la même chose), se rendant ridicules aux yeux des autochtones.

Tous deux sont mythomanes dès que l’occasion s’en présente, et se font dépouiller par des femmes.

Dans les deux cas, on se fait croire qu’on est grâce au paraître, qui se base d’une part sur l’imitation de modèles fictifs, littéraires (aujourd’hui c’est télévisuel / cinématographique – mais c’est forcément un modèle outrancier, stéréotypé comme on dirait aujourd’hui, théâtral) et d’autre part sur l’accumulation de camelote, de déguisements. Ces deux bases qui semblent à la fin du XIXe accessibles aux seuls bourgeois, c’est ce qui est développé à l’infini et proposé à l’ensemble des « occidentaux » avec la société de consommation.

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Loki, Ragnarok, hackers, rebelles, technognose… Pourquoi les thèses de doctorat citent… Nicolas Bonnal 

Loki, Ragnarok, hackers, rebelles… Pourquoi les thèses de doctorat citent… Nicolas Bonnal

 

 

Al hablar del paso de la evolución de la sociedad feudal a la sociedad capitalista y al ampliar la idea que tenemos de esta última para entrar en el dominio de nuestra Sociedad Bit, destacamos, por la pertinencia del abordaje, a Nicolas Bonnal. Este, apellida la Sociedad Digital como « tecnofeudal » y en esta senda citamos a Bill Gates cuando comenta que, « El capitalismo, demostrablemente el mayor de los sistemas económicos construidos, probó en la década pasada sus ventajas sobre los sistemas alternativos. La autopista ampliará estas ventajas. Ésta permitirá a los que producen bienes ver, con mucha más eficiencia que antes, lo que quieren los compradores, y permitirá que los potenciales consumidores compren estos bienes de modo más

eficiente”. Pues bien, parece que la fusión entre el concepto de una sociedad

« tecnofeudal » y la apreciación hecha por Gates nos lleva a concluir de hecho

sobre la existencia de una nueva economía que, a pesar de nueva, transporta

en sí un cuño tan ancestral como el feudalismo.

 

Pues bien, con esto queremos llamar la atención hacia lo siguiente: cuando entramos en www nos posicionamos, tal como expone Nicolas Bonnal36, “…en el lugar de encuentro de la alta tecnología con lo irracional más puro. Basta con pulsar una tecla para conectarnos y entrar en contacto con el universo infinito de la red. Nadie sabe cuantos internautas se conectan realmente, nadie sabe cuantos sitios existen ni cuales son los sitios que acogen, cual estante de la biblioteca de Babel, los conocimientos más secretos del mundo.”

 

……………………………………………………………………………………………….

 

 

Existe un pasaje en la obra ya citada de Nicolas Bonnal, Internet la

Nueva vía Iniciática que consideramos una excelente ilustración de estos nuevos delincuentes, explica el autor que, “Los hackers40 son los nuevos asaltantes de la sociedad tecnofeudal. Sin escrúpulos y superdotados, reproducen los arquetipos de los ladrones de Bagdad y de los bandoleros de antaño. Por ello, es muy raro que sean condenados severamente: suscitan gran admiración. Por otro lado, son capaces de piratear a los poderosos, sociedades, administraciones, portales importantes, vengando así al internauta medio. Inspiran miedo, como el Dios Loki de la mitología escandinava que exhibe farsas y extiende armadillas en el Ragnarok; porque ellos pueden desencadenar el Apocalipsis virtual que fascina a todo el mundo (…) el hacker representa el último bandido de la historia, y el primer delincuente del ciberespacio.”

 

 

UNIVERSIDAD COMPLUTENSE DE MADRID

FACULTAD DE CIENCIAS DE LA INFORMACIÓN

Departamento de Periodismo III

(Teoría General de la Información)

DE LA SOCIEDAD DE LA INFORMACIÓN A LA SOCIEDAD

DEL CONOCIMIENTO: LA SOCIEDAD DEL BIT

TESIS DOCTORAL Presentada por Reginaldo Rodrigues de Almeida

Nicolas Bonnal fait la Une du Monde des Livres

Quand Nicolas Bonnal fait la Une du Monde des Livres (29 septembre 2000) !

 

Démons du Web

LE MONDE | 29.09.2000 à 00h00 • Mis à jour le 29.09.2000 à 00h00 | Par

ROGER-POL DROIT

Qu’y a-t-il derrière ? Voilà la question que les têtes humaines n’ont cessé de se poser. La réalité, l’évidence, le monde tel qu’il se donne, les choses comme elles nous apparaissent, ce sont des énigmes pour philosophes. Les esprits « normaux » se demandent plutôt : au-delà, en dessous, de l’autre côté, comment est-ce ? Que peut-on en savoir ? Comment l’imaginer ? Pourrions-nous parvenir à l’explorer ? Par quelle voie ? Au cours des siècles, les curieux ont tâtonné, mêlant raisonnements et superstitions, rudiments de sciences et croyances obscures. On vit cohabiter mobiles magiques et modèles mathématiques, convictions occultes et rigueur logique. Jusqu’au jour où ces tentatives impures furent mises au rancart. La rationalité avait triomphé tout à fait, la boue des premiers âges pouvait être abandonnée à jamais. Tout ce qui embarrassait allait partir sur les bords, disparaître dans les marges, les périphéries, les divers « para » (normal ou psychologique).

Le problème, c’est qu’on ne se débarrasse pas si facilement de flopées de spectres. Ils viennent de si loin, et sous tant de formes diverses, que leur retour est permanent. Le mérite du livre de René Louis est de présenter un panorama de cette troupe hétéroclite où se mêlent sorciers et médiums, voyants et maîtres des « effets PK » (pour psychokinésie, déplacement d’objets par la pensée), fantômes et esprits de tous poils, si l’on peut dire. L’ouvrage, par lui-même, n’apporte rien de neuf. Tout ce qu’il rappelle a déjà été cent fois mentionné. Mais autant de fois oublié, rangé dans un tiroir ou une poubelle. L’intérêt de cette fresque est donc principalement de nous rendre un instant la mémoire. Oui, il y a bien eu une foule innombrable de gens que l’on a cru capables de lire dans l’avenir, de voir à l’intérieur des corps, d’interroger les miroirs, de déchiffrer sans les ouvrir des lettres cachetées. Oui, certains parmi eux firent des exhibitions publiques, eurent pour amis de grands hommes, furent consultés par des politiques en renom. D’autres devinrent l’objet de l’attention des chercheurs (lesquels ne savaient quoi chercher) avant de sombrerdans l’oubli.

De proche en proche, sans grand discernement des nuances, sans vrai souci des ruptures historiques ou des disparités, aux médiums s’ajoutent les fantômes, les mauvais esprits qui hantent les maisons, les jeteurs de sorts, les kabbalistes, les alchimistes, occultistes, ésotéristes, les maîtres de toutes sortes d’oeuvres secrètes, capitales, diaboliques bien sûr. Alliés des noires puissances et amis des maléfices encombrent l’histoire. Bien qu’ils soient nombreux, par nature invincibles et toujours prêts à surgir des mémoires, on pensait malgré tout avoir la paix. Au moins pour assez longtemps. Les sciences sont développées, les techniques omniprésentes, les populations éduquées. Il est vraisemblable que les derniers démons soient à l’hospice, en mauvais état, peu capables de nuire. Eh bien, pas du tout ! Voilà nos anges déchus requinqués. Contrairement à ce qu’on pouvait croire, plus de technique suscite plus de fantasmagories. Un pas en avant dans les machines semble s’accompagner d’un pas en arrière dans les consciences. Ce syndrome porte un nom précieux. On appelle ça le rétrofuturisme. Le Web en serait atteint.

Dans un curieux livre, à la fois mal ficelé et intéressant, Nicolas Bonnal brosse le portrait de cette résurgence de vieilles terreurs sur les réseaux nouveaux. D’après lui, nous serions en pleine croissance de la technognose. Ainsi, le « w » correspondant en hébreu au chiffre 6, beaucoup se préoccuperaient aujourd’hui que le World Wide Web (www) équivale à 666, soit le chiffre de la Bête dans l’ Apocalypse de Jean. Le Net, ce serait le filet contre lequel Job se battait déjà. Dans la kabbale, il n’est question, comme sur Internet, que de portails, de codes, de noeuds. Comme dans la gnose, la vieille lutte contre le corps, ses pesanteurs et ses incohérences, est à l’ordre du jour : certains rêvent d’entrer dans le réseau, de devenir téléchargeables, de survivre comme pure information. Pour ces anges New Age, évidemment, notre viande est une gêne. Ils rêvent de n’être que lumière, instantanément diffusée dans un monde sans pesanteur ni animalité.

Les hackers, ces pirates qui contournent les barrières et les mesures de sécurité des systèmes informatiques, sont les chevaliers d’Internet, selon Nicolas Bonnal. Déjouer les plus retorses défenses est leur quête du Graal, aussi interminable que celle des compagnons du roi Arthur. Ce ne serait donc pas un hasard si les jeux de rôles – donjons, dragons et autres occasions de mortels combats – se sont développés sur la Toile de manière spectaculaire. Les ordinateurs se délectent d’anciennes légendes. Ils brassent allégrement Pythagore et la Kabbale, des secrets chiffrés et des moeurs médiévales. On les croyait postmodernes. Ils risquent de se révéler préclassiques.

On peut laisser de côté les défauts de ce travail, qui a tendance à gonfler son sujet et à mettre dans le même sac des comportements distincts. Car Nicolas Bonnal, en dépit de certaines imperfections, met le doigt sur une question importante : le monde hypertechnique est aussi un univers mythologique, régressif, crédule, traversé éventuellement de toutes les hantises et les phobies des âges les plus anciens, celles que l’on avait cru trop vite révolues. Sans doute ne faut-il pas noircir aussitôt le tableau. Il n’est pas vrai que nos disques durs soient truffés de signes maléfiques et nos modems peuplés de gremlins prêts à bondir. Mais il y a une tendance. Une sorte de boucle possible entre l’avenir et le passé. Le futur risque d’être archaïque. On pense à ce mot attribué à Einstein : « Je ne sais pas comment la troisième guerre mondiale sera menée, mais je sais comment le sera la quatrième : avec des bâtons et des pierres. » (1)

Demander pourquoi il en est ainsi est légitime, quoique trouver une réponse satisfaisante soit pour le moins difficile. Serait-ce que toute grande étape dans l’histoire s’accompagne d’une résurgence de superstitions ? Serait-ce que la « noosphère » du Web intensifie les conflits entre prétendus anges et supposés démons ? Peut-être peut-on trouver une autre explication. Après tout, les créatures des mondes intermédiaires, angéliques ou diaboliques, étaient classiquement des êtres virtuels. Leur caractère volatil était patent. Leurs réponses à des invitations codées étaient banales, leur existence cryptée et fluide constituait une croyance bien établie. Leur nomadisme passait pour avéré. Au moment où nos machines retrouvent des caractéristiques fort semblables, doit-on s’étonner que quelques diables montrent le bout de leur queue ?

Guerre, misère, invasion… Le bilan de leur Europe ( écrit en 2015)

Guerre, misère, invasion… Le bilan de leur Europe (2015)

 

Cette atmosphère d’apocalypse, de suicide, de renoncement, d’interruption volontaire de civilisation, se fait à la bonne franquette. 

Tout le monde ici souffle, la Grèce crève, la Bourse remonte, le monde libre exulte, les austères se marrent.

Mais voyons leur bilan.

La misère :

Tsípras s’est couché devant les autorités européennes. La Grèce vend ses îles et elle vendra aussi aux enchères les échafaudages de son parkinsonien Parthénon. Les bouffons de Podemos en Espagne lui emboîtent le pas parce que, disent-ils, « il est resté dans l’euro tout en exposant ses raisons » ! La moitié des emplois qui se créent en Espagne, qui concernent une population qui a parfois fait quatre ans d’études, ne permettra pas de gagner plus de 600 et 800 euros par mois. Pour savoir ce qui se passe en Espagne, il faut lire les journaux sans publicité ; les quotidiens boursicoteurs hurlent à la criée que l’immobilier affairiste aurait repris 40 % en six mois à Barcelone et Madrid. Bizarrement, ce sont les opposants aux expulsions qui y ont gagné les élections ! Mais s’ils finissent comme Tsípras, c’est tout bénéfice pour les mafias de la banque et de la politique. Les sites allemands évoquent, pour ce pays sans croissance, des millions d’emplois hors contrat où l’embauché touche 450 euros par mois pour un temps partiel qui n’a rien de partiel.

L’invasion :

On cherche à se répartir les 80.000 clandestins africains débarqués de la Libye détruite par Juppé-Sarkozy et leur conseiller BHL. Le quotidien italien Il Giornale, lié à Berlusconi (dernier chef d’État élu en Italie ; depuis, ils sont nommés !), indique, lui, qu’il faut compter sur un demi-million. Ces « gentils envahisseurs » sont répartis un peu partout, et ils se retrouvent dans la pauvre Slovaquie, que l’on croyait à l’abri de ce genre d’embarras calaisien. Que les Slovaques se préparent promptement à en recevoir quelques millions de plus. Le krach algérien qui va suivre de près le krach libyen ou tunisien va nous mener à nous serrer un peu plus les coudes au nom de la solidarité internationale.

La Guerre :

Soumise aux États-Unis, nouvelle Océanie orwellienne (l’Océanie d’Orwell était une référence à Cromwell, pas au communisme – lisez ou découvrez Harrington), l’Europe ne trouve rien de mieux à faire que de geler ses frontières à l’est, reconstituer la ligne Curzon (le péril bolchevique !) et partir en guerre contre la Russie éternelle. Notre grand projet pacifiste se terminera en énième guerre pour les tireurs de ficelles.

Vous remarquerez que ce chapelet de catastrophes est égrené au son tonnant de discothèque, et dans une atmosphère fine et festive au possible. Chaque fois qu’on voit nos gros maîtres se réunir à Bruxelles, à Berlin ou à Washington, il faut qu’ils s’embrassent, qu’ils se bécotent, qu’ils se tripotent, qu’ils se marmonnent des mots doux. Tsípras est devenu le petit chéri de Juncker, qui ne cesse de le papouiller. Cette atmosphère d’apocalypse, de suicide, de renoncement, d’interruption volontaire de civilisation, se manifeste bien évidemment à la bonne franquette.

Nicolas Bonnal écrivait sur la clique, les claques et le choc flippant des philippotistes le 12 novembre 2014 (source : BVoltaire.fr) !!!

Marine Le Pen accuse Renaud Camus de théorie du complot ; le responsable du FNJ, Guillaume Dussausaye, avec sa tête de minet giscardien sorti d’un casting d’Hélène et les garçons, confesse qu’il n’y a pas de « grand remplacement » porte de Clignancourt. Il y a ceux qui croient voir beaucoup d’immigrés, dit-il, beaucoup d’Africains, d’islamistes ou de ce qu’on voudra ! C’est simplement un problème culturel, plus important que le problème racial – qu’il accuse d’autres (son électorat, en fait) de fomenter.

Le délicieux angelot fait un gracieux sourire aux journalistes qui le félicitent, ajoutant qu’il faut oublier les notions de couleur, de race, etc., et se rappeler que seule importe la gentille assimilation de ces nouveaux venus qui un beau jour aimeront leur pays. On croirait du Harlem Désir en 1987.

Le benêt, qui n’a pas la culture historique de ses aînés, oublie sans doute que 130 ans de présence française, à une époque où la France était plus bien plus chrétienne ou laïque qu’aujourd’hui, 130 ans de présence dis-je n’ont abouti à rien qu’à faire des Algériens de souche des ennemis de la France éternelle. Je sais, les harkis… Souvenez-nous comment on les a finis.

On croit rêver mais on ne rêve pas. Les problèmes sont ici niés pour complaire aux interviewers ; et nous, la chair à canon électorale, nous faisons en plus accuser de théorie du complot par les gens censés nous libérer de la mâchoire mondialiste qui liquide, brade et dépèce notre pays ! C’est Yvan Blot qui a raison : l’élite du FN est devenue aussi une élite hostile.

Je l’ai déjà dit, le programme du FN est celui de Jean-Pierre Chevènement et du Mouvement des Citoyens qui l’a noyauté sans se forcer. Le site du parti ne parle par ailleurs que de com’ et de réactions médiatiques ; sur le fond il n’y a plus rien. Il faut aller sur les blogs de Jean-Marie Le Pen ou de Bruno Gollnisch pour entendre une plus libre parole.

Cela m’a rappelé ce journaliste qui commentait le rachat de Time-Warner par AOL vers 1999 : la « victoire du cornet de glace sur la glace », ou du paquet-cadeau sur le cadeau proprement dit. Mais voilà que la nouvelle élite du FN veut même transformer le nom de son parti. On n’aura même pas le cornet !

Pour être sincère, je ne vois plus de raison sérieuse de voter Front national. On vote Front national aujourd’hui en France parce que ce parti n’a jamais été au pouvoir et qu’on en a marre des autres, c’est tout. Ces raisons sont triviales. En Angleterre, on vote pour Nigel le mufle, en Italie pour le bouffon Grillo, en Espagne pour le gaucho recentré de Podemos. Olé ! Ici on vote pour un FN bobo, qui n’a rien à voir avec celui de notre jeunesse. Les jeunes du FN qui ne sont plus d’accord créent leur mouvance. Les rebelles voteront un jour Eric Zemmour, et d’autres se rappelleront que la tentation électorale triomphe toujours de la base électorale.

Que le FN se fasse traiter de fasciste avec ça : ce sera bien mérité.

Source

Cinéma et mondes païens : une interview de Nicolas Bonnal par Breizh-info…

Le cinéma et les mondes païens

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Le cinéma et les mondes païens

Ex: http://www.breizh-info.com & http://francephi.com

Paganisme-cinema-e.jpgEnfin un livre sur le paganisme au cinéma : les héros, les mythes, les épopées, le voyage initiatique, l’âge d’or, la femme fatale, l’enlèvement saisonnier, tout vient en fait du paganisme !

Le conte a souvent mauvaise presse, étant confondu avec la sorcellerie ou la spiritualité New Age. Pourtant cette sensibilité cosmique et féerique continue toujours d’inspirer notre quotidien, malgré le rationalisme et la médiocrité moderne.

Ce livre tente de recenser les nobles inspirations du paganisme dans le septième art. Il évoque bien sûr le cinéma français, soulève l’importance excessive du cinéma américain et notre inspiration anglo-saxonne. Puis il évoque d’une manière plus originale la source païenne dans le cinéma soviétique ou japonais de la grande époque, sans oublier celles du cinéma allemand, surtout celui de l’ère muette. L’ouvrage célèbre les contes de fées, les épopées, les adaptations des mythes fondateurs de la tradition nippone ou européenne. Il ignorera certaines cinématographies, quand il insiste sur d’autres. Mais le sujet est bien vaste…

Si l’on devait donner quelques noms prestigieux pour illustrer notre livre, nous donnerions ceux de Walsh, Lang, Kurosawa, celui de son compatriote Inagaki, génie païen oublié (lion d’or et oscar en son temps) du cinéma. Et bien sûr ceux des soviétiques négligés comme Alexandre Rou – officiellement « folkloriste » – et le grand maître ukrainien Ptushko. Mais la France mystérieuse, celle de Cocteau, Rohmer et Duvivier, a aussi son mot à dire…

Nous espérons que notre ouvrage redonnera à ce cinéma populaire et cosmologique quelques-unes de ses plus belles lettres de noblesse.

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Entretien avec Nicolas Bonnal sur le paganisme au cinéma

Les éditions Dualpha publient « Le paganisme au cinéma » rédigé par Nicolas Bonnal , écrivain auteur notamment d’ouvrages sur Tolkien.

Mondes païens, épopées, contes de fées… Enfin un livre sur le paganisme au cinéma : les héros, les mythes, les épopées, le voyage initiatique, l’Age d’or, la femme fatale, l’enlèvement saisonnier, tout vient en fait du paganisme !

Rédigé par un cinéphile passionné et érudit, ce livre trouvera une place de premier choix dans votre bibliothèque non conforme.

Nous avons interrogé Nicolas Bonnal, qui a accepté de nous parler de son livre.

Breizh-info.com : Pouvez-vous vous présenter ?

Nicolas Bonnal : Je suis historien de formation, ancien IEP Paris. J’ai beaucoup voyagé et je vis depuis quinze ans à l’étranger. Mes voyages m’auront sauvé. Je collabore avec la presse russe et avec des sites rebelles. Mes livres sont liés à des commandes et à des passions personnelles : étude ésotérique de Mitterrand (Albin Michel puis Dualpha) ou de Tolkien (les Univers d’un Magicien) ; livres sur le cinéma ou la culture rock (Damnation des arts, chez Filipacchi). Les sujets liés à l’initiation m’ont toujours plu : mon guide du voyage initiatique, publié jadis aux Belles Lettres.

Mais mes pépites sont mes recueils de contes (Les mirages de Huaraz, oubliés en 2007) ou mes romans, notamment Les maîtres carrés, téléchargeable en ligne. Plus jeune, je rêvais de changer le monde, aujourd’hui de vivre agréablement en Espagne et ailleurs. J’ai un gros penchant pour la Galice, terre extrême et bien préservée. Sinon je suis très polémiste de tempérament, mais cela apparaît peu dans mes livres.

Breizh-info.com : Loin des clichés et des mythes, qu’est ce que le paganisme ?

Nicolas Bonnal : Pour moi c’est la Tradition primordiale hyperboréenne. C’est la seule relation de vérité et de beauté avec le monde. Tout est bien lisible dans Yourcenar ou dans Nerval.

Le paganisme, c’est la beauté, la blondeur, l’élévation sentimentale, la danse céleste, le voyage initiatique ou la guerre héroïque, le lien avec le cosmos et avec les dieux. Le reste est laid et inutile.

Breizh-info.com : Votre ouvrage se focalise presque intégralement sur un cinéma « que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaitre » comme dirait la chanson. Le cinéma des années 90 et 2000 serait donc vide de tout paganisme ?

Nicolas Bonnal : Non. Vous avez un chapitre sur le cinéma contemporain. J’explique des films récents que j’ai bien aimé, Twilight, Point Break, le treizième guerrier, le Seigneur des Anneaux, Apocalypse Now (le colonel Kurtz est lié au rameau d’or ou à Jamie Weston, donc au Graal).

Pour le reste il faut redécouvrir le monde recouvert par la merde médiatique contemporaine et par une ignorance crasse dans tous les domaines. Donc je parle des grands films soviétiques et japonais ou du cinéma muet. Je suis obligé de le faire. Je permets aussi au jeune Français de redécouvrir son patrimoine : Pagnol, Renoir, Cocteau.

Et si c’est mieux que Luc Besson ou les films cannois, je n’y peux rien. Ressentir le paganisme est une grande aventure spirituelle et intellectuelle, un effort intelligemment et sensiblement élitiste.

Donc pas de feuilletons américains interdit au moins de dix-huit ans ! Il faut le dire sans arrogance mais il faut le dire. Il faut oublier Avatar, et découvrir Ptouchko, Inagaki. Dans sa cabane de rondins, l’américain Thoreau tentait d’ignorer son affreux pays, philosophait et lisait en grec l’odyssée. C’est cela être païen.

Je vous invite à découvrir Taramundi par exemple en Galice pour y aller philosopher ou travailler le fer.

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Breizh-info.com : Que diriez vous à des cinéphiles qui – comme moi et je pense qu’ils sont nombreux – ont un mal fou bien que férus de légendes, de mythologies et d’histoire, à regarder un film en noir et blanc ou les premiers films couleurs ? Comment les inciteriez vous à changer de regard sur ce cinéma, techniquement moins abouti qu’aujourd’hui et difficile à suivre pour l’œil ?

Nicolas Bonnal : Oui, TNT avait colorisé les films pour contourner la paresse du spectateur moyen ! Mais c’est céder à l’ennemi. La facilité nous tuera tous. C’est le triomphe de la pornographie sur l’amour fou.

J’adore le cinéma populaire. Je cite beaucoup de films en couleur, bien plus beaux qu’aujourd’hui car ils étaient en cinémascope. C’est pourquoi je défends même certains beaux « classiques » américains (les comédies musicales, surtout Brigadoon) ! Les films soviétiques ou japonais sont superbes, le Fleuve de Renoir aussi. Le noir et blanc expressionniste de Fritz Lang inspire toujours les bons cinéastes, et Metropolis comme les Nibelungen sont une date dans l’histoire.

Donc je le répète, il faut découvrir, il faut chercher, faire un effort. Il y a bien des gens qui vont dans les Himalayas escalader des pics, alors pour le cinéma ou la littérature on peut faire de même et devenir un athlète de la cinéphilie ! Il faut aussi redonner un sens pratique et initiatique au mot solidarité, créer des ciné-clubs communautaires et sensibles, échanger grâce aux réseaux sociaux autre chose que sa détestation pour Gaga ou Obama.

Et puis il faut s’ouvrir au vrai orient. Actuellement le cinéma chinois est à la pointe sur le plan technique, initiatique, héroïque. Voyez les films de Donnie Yen ou Jet Li (ses films chinois !). Ils sont à un centime sur amazon.co.uk, souvent extraordinaires.

Je recommanderai surtout les films historiques de Zang Yimou et le cinéma de Donnie Yen, extraordinaire athlète et acteur. Ici il n’y a plus aucune excuse pour refuser cette leçon. Mais quel plaisir noble que de découvrir Orphée de Cocteau ou de retrouver Naissance d’une Nation, sa célébration de la féodalité sudiste…

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Breizh-info.com Quels sont les films qui vous ont le plus marqué concernant la thématique que vous abordez dans le livre, et pour quelles raisons ?

Nicolas Bonnal : Les deux Fritz Lang cités plus haut. J’aime beaucoup la Belle et la Bête de Cocteau, Perceval de Rohmer, bien enracinés dans notre vieille France initiée. Je célèbre Inagaki pour son culte du Japon solaire, cyclique, héroïque, mythologique. C’est lui aussi qui a réalisé la plus grande adaptation des 47 rôninsremis au goût du jour récemment. Il faut voir Rickshaw man (voyez un génial extrait sur Youtube, Toshiro Mifune battant le tambour)) et les Trois trésors.

Tout cela est disponible via Amazon (essayez plutôt pour économiser et trouver plus amazon.co.uk ou amazon.es) et Youtube. Il y a un site russe Mosfilm. J’ai adoré donc les films de Ptouchko (Ilya Murometz, phénoménal, ou les Voyages de Sadko) et de Rou, un irlando-grec né en Russie et maître du cinéma folklorique soviétique. Voyez ses films sur Babayaga, Kochtchei, Vassilissa.

Breizh-info.com : Comment expliquez-vous qu’à l’heure actuelle, les Européens (Russie exceptée) semblent dans l’incapacité de tourner des films à la gloire d’un passé, d’une mythologie, d’une civilisation ? Pourquoi ont-ils laissé Hollywood massacrer nos mythes ?

Nicolas Bonnal : Il y a eu un bon Hollywood avec Griffith, Walsh, Hathaway : Peter Ibbetson est un sommet du cinéma érotique, lyrique et onirique. Même les films d’Elvis sont très bons, voyez ceux sur Hawaï, ils vous surprennent. Le King était une belle figure. Pour répondre à votre question, Guénon a rappelé que le peuple contient à l’état latent les possibilités initiatiques. Le paganisme est d’essence populaire et l’on détruit simplement les peuples à notre époque.

Jusqu’aux années cinquante et soixante, ce paganisme de masse avec touche éducative s’est maintenu au cinéma. Il y avait encore une civilisation paysanne en France, au Japon, en Russie, en Ukraine. Les films mexicains étaient très bons par exemple. Puis la mondialisation sauce néo-Hollywood et la société de consommation sont arrivées : on supprime tout enracinement (celui visible encore chez Renoir, Pagnol ou même Eric Rohmer), et on le remplace par un Fast-food visuel pour société liquide. Ensuite il y a une autre raison plus grave, si l’on veut. Le kali-yuga, l’âge de fer d’Ovide. On n’est pas païen si l’on est n’est pas lucide ou pessimiste. Cela ne signifie pas qu’il ne faut pas résister.

Mais je répète que toutes nos traditions ont été convenablement défendues jusqu’aux années 70, et j’ai souligné le rôle païen, libertaire et positif (cinéma allemand façon Schroeder ou Herzog) de cette décennie. Ensuite on est entrés dans le trou noir absolu. De temps en temps une petite lueur. Je répète ce que j’ai dit : il faut découvrir le cinéma chinois avec ses épopées, son féminisme magique, des arts martiaux à touche taoïste (fabuleux duel du début de Hero !), son moyen âge héroïque. Là je vous garantis qu’on est loin des tortues ninjas de Marvel.

(Propos recueillis par Yann Vallerie)

Pourquoi un livre sur le paganisme au cinéma?

Propos recueillis par Fabrice Dutilleul

Pourquoi ce livre ? Par goût du paganisme ou du cinéma ?

Par cinéphilie ! J’étais un jour dans un bus au Pérou, à 4600 mètres, tout près d’Ayacucho. On projetait un film à la télé à bord, et les jeunes indiens se sont comme arrêtés de vivre. Ils ont fusionné avec le film. C’était L’Odyssée. Je me suis dit alors : il y a quelque chose de toujours vrai et de fort ici, puisque les descendants des incas adorent cette épopée et les voyages d’Ulysse.

Et vos références ?

Je suis un vieux cinéphile et j’ai toujours aimé les films à forte résonnance tellurique ou folklorique. Jeune, j’adorais Excalibur ou Apocalypse now. On se souvient que le colonel Kurtz lit Jamie Weston et Le Rameau d’or. Ensuite, j’ai découvert dans un ciné-club à Grenade (merci Paco !) le cinéma japonais, dont le contenu païen est très fort, avec Inagaki et, bien sûr, Kurosawa. Puis, je me suis plongé grâce à ma belle-famille dans le cinéma populaire soviétique qui s’inspire des contes de fées (skaska) et des récits de chevaliers (bogatyr) ; les grands maîtres sont Rou et Ptouchko. Dans ce cinéma d’ailleurs, des femmes inspirées ont joué aussi un très beau rôle tardif. Voyez la Fleur pourpre (Belle et Bêterevisitées) de mon amie Irina Povolotskaya.

Il y a une tonalité nostalgique dans tout le livre.

C’est une des clés du paganisme. Il était lié à une civilisation agricole qui a disparu. Relisez Ovide ou Hésiode. Il est aussi lié à une perception aigüe de la jeunesse du monde. Dans ce livre, on regrette le cinéma muet, expressionniste, le cinémascope, les grands westerns, le cinéma enraciné des Japonais, à l’époque où il y a encore une agriculture avec ses rites. Tout cela est parti maintenant, et on regrette les âges d’or et même la nostalgie évanouie. C’est évident pour le cinéma français des années 30 à 50. On pleure en pensant Pagnol, Renoir, Duvivier. Regain, le Fleuve et Marianne sont des hymnes au monde, quand la France était encore de ce monde.

Il y a aussi une tonalité mondialiste !

Pas mondialiste, mais mondiale. C’est beau d’aimer le monde. On ne peut se limiter à connaître le cinéma américain parce qu’on est colonisé culturellement, ou notre seul cinéma français. Donc vive le Japon, l’Allemagne de Weimar, la Russie enracinée de la Grande Guerre patriotique ! En se basant sur des données traditionnelles, on voit les troncs communs de la spiritualité païenne, qu’on a tant oubliée depuis.

Et le paganisme proprement dit ? Comment le considérez-vous ?

C’est ici une affaire de sensibilité et de culture, pas de pratique religieuse… les héros, l’aventure, les mythes, le crépuscule, l’âge d’or : tout cela donne ses lettres de noblesse au cinéma, avec les couleurs du cinémascope et les cheveux blonds des héros russes. Le paganisme est la source de toute la littérature populaire d’aventure et donc du cinéma. On ne peut pas comprendre Jules Verne ou Conan Doyle si l’on n’est pas au fait de ces croyances, de cette vision poétique du monde.

Vous avez partagé votre livre en cinématographies ?

Pas tout à fait. J’étudie bien sûr les grands moments du cinéma russe ou japonais, ceux du cinéma allemand muet ou moderne (de Fritz Lang à Herzog), les beaux moments du cinéma français (Renoir, Rohmer, Duvivier…). Puis je reviens au cinéma américain, via les grands classiques du western et de la comédie musicale (Brigadoon) et le beau cinéma orangé des années 70. Et je commence mon livre par un aperçu de notre culture païenne expliquée par les spécialistes et réintégrée dans la culture populaire depuis le romantisme !

Si le sujet de ce livre est le paganisme, quel en est l’objet ?

Connaître des cinématographies, les comprendre et les aimer. Le cinéma est venu quand le monde moderne a commencé à tout détruire, les contes et légendes, les paysages, les danses folkloriques, les cadres de vie, tout !

ptushtDA4xyL.jpgCette industrie artistique a aidé à comprendre (même si elle a parfois caricaturé ou recyclé) la beauté du monde ancien, tellurique et agricole qui allait disparaître. Le cinéma japonais est magnifique dans ce sens jusqu’au début des années soixante. Et donc l’objet de ce livre est de pousser la jeunesse à redécouvrir l’esprit de la Genèse, la nature, les animaux, les cycles, les hauts faits, les voyages et les grandes aventures initiatiques. Les romains, dit déjà Juvénal dans ses Satires, connurent le même problème, les enfants ne croyant même plus aux enfers ! C’est un livre sur la poésie de la vie et des images qui nous aident à l’affronter aux temps de l’existence zombie et postmoderne.

Quelques films pour commencer ?

Ilya Murometz de Ptouchko. Kochtcheide Rou. Les Trois Trésors d’Inagaki. Les Nibelungen de Fritz Lang. Le Fleuve de Renoir.

Pourquoi toujours ce Fleuve ?

Parce que c’est l’eau, c’est Héraclite et son fleuve où l’on ne se baigne pas deux fois.  C’est le chant des bateliers aussi. C’est le Gange, avec vie et mort. C’est l’éternité du monde avant l’industrie. C’est la famille aussi. Et c’est la nostalgie.

Le paganisme au cinéma de Nicolas Bonnal – 354 pages –  31 euros – éditions Dualpha, collection « Patrimoine du spectacle », dirigée par Philippe Randa.