La devise de Nicolas Bonnal (ici à Cordoue devant son maître) : « Id agamus ut meliorem vitam sequamur quam vulgus, non ut contrariam. »

mener une vie meilleure que l’auditeur de Gaga, pas contraire. Tiens, un peu de rab :

Pourquoi Sénèque nous conseille de ne pas nous plaindre de notre époque

 

 

Nicolas Bonnal rappelle souvent à ses preux et chevronnés et plus trop rares lecteurs pourquoi un certain présent perpétuel se manifeste dans le temps des pêcheurs – ou des crétins.

Alors on lit notre grand homme.

 

Tu te trompes, cher Lucilius, si tu regardes comme un vice propre à notre siècle la soif du plaisir, l’abandon des bonnes mœurs et autres désordres que chacun reprocha toujours à ses contemporains. Tout cela tient aux hommes, non aux temps ; aucune époque n’a été pure de fautes.

Erras, mi Lucili, si existimas nostri saeculi esse vitium luxuriam et neglegentiam boni moris et alia quae obiecit suis quisque temporibus: hominum sunt ista, non temporum.

 

La lettre XCVII (sur wikisource)…

 

Mot à mot, pour mes latinistes débutants :

 

Tu te trompes, cher Lucilius, Erras, mi Lucili,

si tu regardes comme un vice propre à notre siècle si existimas nostri saeculi esse vitium

la soif du plaisir, l’abandon des bonnes mœurs et autres désordres vitium luxuriam et neglegentiam boni moris et alia

 

que chacun reprocha toujours à ses contemporains. quae obiecit suis quisque temporibus

 

Tout cela tient aux hommes, non aux temps ; hominum sunt ista, non temporum.

 

aucune époque n’a été pure de fautes. Nulla aetas vacavit a culpa…

Nicolas Bonnal, un peu de Sénèque !

Sénèque et la grande paix

(Curius Dentatus aiebat malle esse se mortuum quam uiuere).

Et l’homme de cœur est celui qui de toutes parts en butte à d’imminents périls, quand le bruit des armes et des chaînes résonne autour de lui, ne brise point son courage aux écueils, comme aussi ne s’y dérobe pas: s’enterrer n’est point se sauver. « J’aime mieux cesser d’être, disait, je crois, Curius Dentatus, que d’être mort dès cette vie. » Quoi de pire en effet que de se voir effacé du nombre des vivants avant l’heure du trépas? Créons-nous un tout autre sort : si nous tombons sur une époque où la chose publique soit trop peu maniable, sacrifions davantage au loisir et aux lettres; comme dans une traversée périlleuse, prenons terre plus souvent; et sans attendre que les affaires nous quittent, prenons congé d’elles les premiers !

Euh… Pourquoi Sénèque nous conseille de ne pas nous plaindre de notre époque !

Pourquoi Sénèque nous conseille de ne pas nous plaindre de notre époque

 

 

Nicolas Bonnal rappelle souvent à ses preux et chevronnés et plus trop rares lecteurs pourquoi un certain présent perpétuel se manifeste dans le temps des pêcheurs – ou des crétins.

Alors on lit notre grand homme.

 

Tu te trompes, cher Lucilius, si tu regardes comme un vice propre à notre siècle la soif du plaisir, l’abandon des bonnes mœurs et autres désordres que chacun reprocha toujours à ses contemporains. Tout cela tient aux hommes, non aux temps ; aucune époque n’a été pure de fautes.

Erras, mi Lucili, si existimas nostri saeculi esse vitium luxuriam et neglegentiam boni moris et alia quae obiecit suis quisque temporibus: hominum sunt ista, non temporum.

 

La lettre XCVII (sur wikisource)…

 

Mot à mot, pour mes latinistes débutants :

 

Tu te trompes, cher Lucilius, Erras, mi Lucili,

si tu regardes comme un vice propre à notre siècle si existimas nostri saeculi esse vitium

la soif du plaisir, l’abandon des bonnes mœurs et autres désordres vitium luxuriam et neglegentiam boni moris et alia

 

que chacun reprocha toujours à ses contemporains. quae obiecit suis quisque temporibus

 

Tout cela tient aux hommes, non aux temps ; hominum sunt ista, non temporum.

 

aucune époque n’a été pure de fautes. Nulla aetas vacavit a culpa…

 

Sénèque : pourquoi seuls les abrutis n’ont pas de temps libre

Sénèque : pourquoi seuls les abrutis n’ont pas de temps libre

Si je réponds un peu tard à tes lettres, ce n’est pas que trop d’occupations se disputent mon temps : ne te paye jamais d’une telle excuse ; j’ai du loisir, et en a toujours qui veut. Les affaires ne cherchent personne ; c’est nous qui courons nous y jeter, et qui croyons que tous ces embarras sont l’enseigne du bonheur.

 

Tardius rescribo ad epistulas tuas, non quia districtus occupationibus sum. Hanc excusationem cave audias: vaco, et omnes vacant qui volunt. Neminemres sequuntur: ipsi illas amplexantur et argumentum esse felicitatis occupationem putant.

Soirée Sénèque : la vie est longue si elle est remplie (suite)

Voici mon voeu, Lucilius : tâchons qu’à l’instar des métaux précieux notre vie

gagne non en volume, mais en valeur. Mesurons-la par ses oeuvres, non par sa durée.

Veux-tu savoir ce qui distingue ce jeune héros, contempteur de la Fortune, et à tout

égard déjà vétéran de l’existence dont il a conquis le plus riche trésor, ce qui le

distingue de cet homme qui a laissé derrière lui nombre d’années ? L’un vit encore

après qu’il n’est plus, l’autre avant de mourir avait cessé d’être. Louons donc et plaçons

parmi les heureux celui qui, du peu de temps qui lui fut octroyé, sut faire un bon

emploi. Il a joui de la vraie lumière : ce n’a pas été un homme de la foule

lettre 93

 

la vie est aussi une guerre :

Atqui vivere, Lucili, militare est.

 

Ainsi ceux qui, toujours alertes, vont gravissant des rocs escarpés ou plongent dans d’affreux ravins, et qui tentent les expéditions les plus hasardeuses, sont les braves et l’élite du camp ; mais ceux qu’une ignoble inertie, lorsque autour d’eux tout travaille, enchaîne à leur bien-être, sont les lâches qu’on laisse vivre par mépris.

Comment Sénèque nous met en garde contre nos trouilles conditionnées

Ne sis miser ante tempus : Sénèque et les fausses peurs spectaculaires

 

Je pense à toutes les paniques que nous instillent les médias-catastrophes pour nous conditionner et nous manipuler – pour vendre aussi (indices d’écoute et pubs) ! Attentats, crise, chômage, islamisme, fascisme, intolérance…

 

Ce n’est pas tout :

Réchauffement climatique, cyclones, invasions-migrations, guerre contre la Russie, troisième guerre mondiale, achat d’or, tout est pire chez les antisystèmes qui sont souvent plus trouillards. Et que tout va s’écrouler, et que j’ai acheté de l’or, et que j’ai creusé un trou sous la terre pour me cacher en cas d’occupation par les Alien ! La vérité, comme dit mon vieil ami Vittorio, c’est qu’il faut réagir quand on a mal, pas quand on a peur !

 

Sénèque donc :

animus sibi falsas imagines fingit

 

Oui, l’âme imagine trop de choses fausses, on est bien d’accord, ô sage de Cordoue !

« Il y a, ô Lucilius, plus de choses qui font peur qu’il n’y en a qui font mal, et nos peines sont plus souvent d’opinion que de réalité. »

 

C’est trop beau, alors on cite en latin :

 

Plura sunt, Lucili, quae nos terrent quam quae premunt, et saepius opinione quam re laboramus.

 

« Je te parle ici le langage non des stoïciens, mais de l’autre école, moins hardie. Car nous disons, nous, que tout ce qui arrache à l’homme la plainte ou le cri des douleurs, tout cela est futile et à dédaigner. Oublions ces doctrines si hautes et néanmoins si vraies : ce que je te recommande, c’est de ne pas te faire malheureux avant le temps (ne sis miser ante tempus) ; car ces maux, dont l’imminence apparente te fait pâlir, peut-être ne seront jamais, à coup sûr ne sont point encore. Nos angoisses parfois vont plus loin, parfois viennent plus tôt qu’elles ne doivent ; souvent elles naissent d’où elles  ne devraient jamais naître. Elles sont ou excessives, ou chimériques, ou prématurées. »

 

Du latin encore :

 

aut augemus dolorem aut praecipimus aut fingimus.

 

« Examine d’abord si des signes certains présagent la venue du mal, car presque toujours de simples soupçons nous abattent, dupes que nous sommes de cette renommée qui souvent défait des armées entières, à plus forte raison des combattants isolés. Oui, cher Lucilius, on capitule trop vite devant l’opinion… »

 

Ita est, mi Lucili: cito accedimus opinioni

 

Sénèque parle étonnamment de l’opinion, comme on parle aujourd’hui de l’opinion publique fabriquée de A à Z. Mais si elle n’était pas fabriquée par le neuro-piratage de nos prétentieux, si elle était naturelle cette opinion ?

Sénèque encore :

 

« On ne va point reconnaître l’épouvantail, on n’explore rien, on ne sait que trembler et tourner le dos comme les soldats que la poussière soulevée par des troupeaux en fuite a chassés de leur camp, ou qu’un faux bruit semé sans garant frappe d’un commun effroi. »

 

Un peu de latin encore, cette langue qui nous faisait peur au lieu de nous instruire :

 

« et sic vertimus terga quemadmodum illi quos pulvis motus fuga pecorum exuit castris aut quos aliqua fabula sine auctore sparsa conterruit. »

 

Et il ajoute, le précepteur suprême :

 

« Je ne sais comment le chimérique alarme toujours davantage : c’est que le vrai à sa mesure, et que l’incertain avenir reste livré aux conjectures et aux hyperboles de la peur. »

 

Plus grave :

« Aussi n’est-il rien de si désastreux, de si irrémédiable que les terreurs paniques : les autres ôtent la réflexion, celles-ci, jusqu’à la pensée. Appliquons donc ici toutes les forces de notre attention. Il est vraisemblable que tel mal arrivera, mais est-ce là une certitude ? Que de choses surviennent sans être attendues, que de choses attendues ne se produisent jamais ! Dût-il même arriver, à quoi bon courir au-devant du chagrin ? il se fera sentir assez tôt quand il sera venu : d’ici là promets-toi meilleure chance. »

 

Sénèque regrette que l’on se rende la vie impossible avec toutes ces histoires de catastrophes :

 

« Or la vie n’est plus d’aucun prix, nos misères n’ont plus de terme, si l’on craint tout ce qui en fait de maux est possible. Que ta prudence te vienne en aide, emploie ta force d’âme à repousser la peur du mal même le plus évident ; sinon, combats une faiblesse par une autre, balance la crainte par l’espoir. »

 

Il est vrai que la peur affole et crée du flux ! Sénèque, envoyant le troupeau s’agiter :

 

« Représente-toi souvent combien la majeure partie des hommes, alors qu’ils n’éprouvent aucun mal, qu’il n’est pas même sûr s’ils en éprouveront, s’agitent et courent par tous chemins. C’est que nul ne sait se résister, une fois l’impulsion donnée, et ne réduit ses craintes à leur vraie valeur. »

 

On me parla à l’école de ce sage de la Grèce antique qui sortit de sa ville les mains vides. Et quand on le questionna sur ses biens : « je les ai tous avec moi ».

 

 

Sénèque, Lettres à Lucilius, livre I, lettre XIII

 

Pourquoi Sénèque nous conseille de ne pas nous plaindre de notre époque…

Pourquoi Sénèque nous conseille de ne pas nous plaindre de notre époque

 

 

Nicolas Bonnal rappelle souvent à ses preux et chevronnés et plus trop rares lecteurs pourquoi un certain présent perpétuel se manifeste dans le temps des pêcheurs – ou des crétins.

Alors on lit notre grand homme.

 

Tu te trompes, cher Lucilius, si tu regardes comme un vice propre à notre siècle la soif du plaisir, l’abandon des bonnes mœurs et autres désordres que chacun reprocha toujours à ses contemporains. Tout cela tient aux hommes, non aux temps ; aucune époque n’a été pure de fautes.

Erras, mi Lucili, si existimas nostri saeculi esse vitium luxuriam et neglegentiam boni moris et alia quae obiecit suis quisque temporibus: hominum sunt ista, non temporum.

 

La lettre XCVII (sur wikisource)…

 

Mot à mot, pour mes latinistes débutants :

 

Tu te trompes, cher Lucilius, Erras, mi Lucili,

si tu regardes comme un vice propre à notre siècle si existimas nostri saeculi esse vitium

la soif du plaisir, l’abandon des bonnes mœurs et autres désordres vitium luxuriam et neglegentiam boni moris et alia

 

que chacun reprocha toujours à ses contemporains. quae obiecit suis quisque temporibus

 

Tout cela tient aux hommes, non aux temps ; hominum sunt ista, non temporum.

 

aucune époque n’a été pure de fautes. Nulla aetas vacavit a culpa…

 

Fuir la foule (par Sénèque, lettre VII)

Tu me demandes ce que tu dois principalement éviter ? – La foule. Tu ne peux
encore t’y livrer impunément. Moi, pour mon compte, j’avouerai ma faiblesse. Jamais
je ne rentre chez moi tel que j’en suis sorti. Toujours quelque trouble que j’avais
assoupi en moi se réveille, quelque tentation chassée reparaît. Ce qu’éprouvent ces
malades réduits par un long état de faiblesse à ne pouvoir sans accident quitter le logis,
nous arrive à nous de qui l’âme est convalescente d’une longue maladie. Il n’est pas
bon de se répandre dans une nombreuse société. Là tout nous prêche le vice, ou nous
l’imprime, ou à notre insu nous entache. Et plus nos liaisons s’étendent, plus le danger
se multiplie. Mais rien n’est funeste à la morale comme l’habitude des spectacles. C’est
là que les vices nous surprennent plus aisément par l’attrait du plaisir. Que penses-tu
que je veuille dire ? que j’en sors plus attaché à l’argent, à l’ambition, à la mollesse,
ajoute même plus cruel et plus inhumain pour avoir été au milieu des hommes.

………………………………………………………………………………………………………………………………………………..

Il faut sauver de l’influence populaire un esprit trop tendre encore et peu ferme
dans la bonne voie : aisément il passe du côté de la foule.

……………………………………………………………………………………………………………………………………………….

Recueille-toi en toi-même, autant que possible ; fréquente ceux qui te
rendront meilleur, reçois ceux que tu peux rendre tels. Il y a ici réciprocité, et l’on
n’enseigne pas qu’on ne s’instruise. Garde qu’une vaine gloriole de publicité n’entraîne
ton talent à se produire devant un auditoire peu digne, pour y lire ou pour disserter, ce
que je te laisserais faire si tu avais pour ce peuple-là quelque denrée de son goût. Mais
aucun ne te comprendrait, hormis peut-être un ou deux par hasard ; encore faudrait-il
les former toi-même, les élever à te comprendre. « Et pour qui donc ai-je tant appris ? »
– N’aie point peur que ta peine soit perdue : tu as appris pour toi.

 

Ita fac, mi Lucili: vindica te tibi, et tempus quod adhuc aut auferebatur aut subripiebatur aut excidebat collige et serva.

Tout Sénèque est sur Wikisource… Tout Nicolas Bonnal parle de Sénèque.

 

 

Nocturne : profitez de Nicolas Bonnal et de Sénèque, natif de Cordoue.

Sénèque l’éternel et notre apocalypse

Précepteur de Néron, Sénèque fut bien placé pour savoir que les bons conseils n’ont pas de bons suiveurs. Pourtant, à vingt siècles de là, et dans les temps postmodernes, désabusés et désertiques où nous vivons, nous ne pouvons que nous émerveiller de la justesse de ses analyses, de ses observations, parfois de ses conseils, comme si Sénèque, à l’instar d’un Montesquieu, d’un la Boétie ou d’un Maurice Joly, faisait partie de ces penseurs qui cogitent dans ce que Debord appelait le présent éternel. En lisant Sénèque, on croit le journal d’un grand écrivain contemporain… d’il y a cinquante ans.

Je lui laisse la parole :

Sur les temps obsédés par l’argent et par l’insatisfaction :

« Les riches sont plus malheureux que les mendiants; car les mendiants ont peu de besoins, tandis que les riches en ont beaucoup ».

Sur l’obsession des comiques et de la dérision, si sensible depuis les années Coluche et Mitterrand :

« Certains maîtres achètent de jeunes esclaves effrontés et aiguisent leur impudence, afin de leur faire proférer bien à propos des paroles injurieuses que nous n’appelons pas insultes, mais bons mots. »

Sur la dépression, ce fameux mal de vivre mis à la mode par les romantiques, Sénèque écrit ces lignes lumineuses :

« De là cet ennui, ce mécontentement de soi, ce va-et-vient d’une âme qui ne se fixe nulle part, cette résignation triste et maussade à l’inaction…, cette oisiveté mécontente. »

Avec cette cerise sur le gâteau, qui s’applique si bien à la mentalité française :

« On désire voir tout le monde échouer parce que l’on n’a pas pu réussir » (omnes destrui cupiunt, quia se non potuere prouehere, dit sublimement le texte latin). »

Je me souviens de cette ligne de Flaubert qui parle de Frédéric Moreau qui sort se promener dans les boulevards et les magasins « pour se débarrasser de lui-même ». Sénèque écrit :

« Toute occasion de sortir de soi, de s’échapper à soi-même lui est agréable, surtout aux esprits les plus médiocres qui adorent se laisser dévorer par leurs occupations. »

Son contemporain, le poète Lucrèce, écrit : «

Ainsi chacun ne cesse de se fuir lui-même (Hoc se quisque modo semper fugit). »

Sur le tourisme de masse et les croisières, Sénèque remarque :

« On entreprend des voyages sans but; on parcourt les rivages; un jour sur mer, le lendemain, partout on manifeste la même instabilité, le même dégoût du présent. »

Extraordinaire aussi, cette allusion au délire immobilier (déjà vu chez Suétone ou Pétrone) qui a détruit le monde et son épargne :

« Nous entreprendrons alors de construire des maisons, d’en démolir d’autres, de reculer les rives de la mer, d’amener l’eau malgré les difficultés du terrain… »

J’avais cité un jour la phrase de Soljenitsyne sur ses contemporains occidentaux « qui ne savent pas s’ils sont vivants ». Sénèque le sait déjà, à son époque de pain et de jeux, de cirque et de sang :

 « Curius Dentatus disait qu’il aimerait mieux être mort que vivre mort (Curius Dentatus aiebat malle esse se mortuum quam uiuere). »

L’obsession du « people » est aussi décrite par le penseur stoïcien :

« De la curiosité provient un vice affreux : celui d’écouter tout ce qui se raconte, de s’enquérir indiscrètement des petites nouvelles (auscultatio et publicorum secretorumque inquisitio), tant intimes que publiques, et d’être toujours plein d’histoires. »

Je termine par l’insupportable obsession humanitaire de nos temps médiatiques :

« C’est une torture sans fin que de se laisser tourmenter des maux d’autrui (nam alienis malis torqueri aeterna miseria est). »