Le meilleur Miami vice sur la culpabilité cosmique, avec Frank Zappa. La meilleure musique de Jan Hammer et la situation la plus métaphysique qui soit. A quand un grand livre de Nicolas Bonnal sur les séries TV ?

Jean d’Ormesson et le plaisir de la France (ou de la télé ?) disparue

Télé : le plaisir de Dieu et France disparue

Le plaisir de Dieu et la nostalgie de la France

 

On aime peu de séries : le prisonnier, destination danger, chapeau melon, amicalement vôtre, Arsène Lupin… et le plaisir de Dieu !

 

Vieille série des années 70, comme on dit. Mal faite, mal photographiée, plus ou moins bien jouée, écrasée par la stature de Jacques Dumesnil (comme lui dit Ventura dans les Tontons, « la jérémiade ça a toujours été ton truc ! »), plus profonde et grave selon moi que le roman « décalé » de l’autre, abonné insupportable à toutes les chaînes télé depuis mille ans. Je l’ai commandée et jere vois Tchernia qui rapporte que l’on saluait Dumesnil du nom de Monsieur le duc (facho…) dans la rue, que quatorze millions de Français l’adoraient (on n’était que cinquante millions alors, ouah, ouah), et que cela s’était bien vendu à l’étranger (je l’ai d’ailleurs revue en Autriche, l’épisode avec l’officier allemand, un jour avant d’aller au nid d’aigle !). Bref une institution comme on disait alors, mais toutes les institutions sont maintenant décaties en France ; car elles sont encore trop françaises pour le système.

 

Le premier épisode commence par les expropriations de la loi Combes, et le duc se fait tabasser et sortir de l’Eglise par une maréchaussée toujours trop laïque. L’épisode avec Sylvain Joubert est bien aussi, avec le duc qui lui reproche justement ses idées progressistes, à ce précepteur pour riches, car les idées c’est mauvais pour la santé. Son lointain cousin, grand-duc russe qui vient le voir, se fera d’ailleurs fusiller par les bolcheviks. Mais le show must go on et on poursuit ce bal bien dignement.

Le duc perd la moitié de ses fils à la Guerre, la terre de sa valeur, la forêt de ses bois, la France de son lustre, le monde de son être. Les années vingt, trente se passent, bonne vieille décadence ou décrépitude mille fois décriée alors et depuis. Bru bourgeoise, festive et dadaïste, bobo déjà.

Occupation allemande en 40, le plus bel épisode, une superbe explication aristo avec Von Stulpnagel, futur pendu aux crocs de boucher du nazisme. Là aussi on aura dégusté. La belle petite-fille tombe amoureuse d’un romantique officier qui sonne du cor et chevauche comme un dieu, mais il part pour la Russie. Les réseaux de résistance s’activent, conduits par un petit-fils passé au communisme. La petite-fille passe elle au cinéma après la guerre, deviendra star hollywoodienne, et mourra droguée comme tout le monde. Le duc perd son arrière-petit-fils, ce grand veneur boira la coupe jusqu’à l’hallali.

On doit vendre la maison, on doit déménager, tout plaquer, c’est la fin du monde, un peu comme ce beau film oublié de Leenhardt, les dernières vacances, tourné avec Odile Versoix. Le duc se retourne une dernière fois, Orphée regarde Eurydice, et puis c’en est fini de l’ancienne France. L’histoire nous a trahis, confie-t-il à une oreille pas très maligne. Comme il a raison.

L’histoire nous a trahis, c’est devenu ma devise !

La mort des dieux et le plus bel épisode de Star Trek

La mort des dieux et le plus bel épisode de Star Trek

 

C’est mon épisode de Star Trek préféré et c’est aussi celui de mon compagnon télé Frédéric, admiratif de la splendide blonde à l’ancienne (à la Nerval) qui tente le dieu. Rappelez-vous la Genèse (VI, 2) :

« …les fils de Dieu virent les filles des hommes, qu’elles étaient belles, et ils se prirent des femmes d’entre toutes celles qu’ils choisirent. »

 

En anglais cela donne Who mourns for Adonis ? Qui va pleurer Adonis à part ceux qui lisent Ovide et vibrent en contemplant l’épi de blé ?

 

L’épisode fut écrit par un certain Ralston ; quelles étaient ses intentions réelles ? C’est toujours ce que qu’on me demande quand je me lance dans des explications ésotériques. Le sujet donc : un dieu (un champ de forces au départ) retient le vaisseau spatial et son équipage. Il veut garder ces humains pour l’adorer. Ils vont refuser et se rebeller, mais la merveilleuse blonde est un temps séduite par sa puissance et son charisme ; ce dieu est Apollon.

C’est un des épisodes où Kirk est le meilleur. D’un côté il veut libérer son équipage de la tutelle de la religion et du « worship » (mot qui rime avec « ship », la navigation ayant elle-même une haute signification spirituelle), mais de l’autre il comprend que cet extraterrestre est vraiment l’ancien Apollon qui avait enchanté les bergers et il regrette sa décision. Car à quoi bon tout le tintouin sur le monde moderne et la technologie qui ne nous mené nulle part ? Kirk a l’excuse qu’à son époque (les sixties…) on croit encore vaguement au futur.

Le dieu est conscient de sa faiblesse. Il avait besoin de la prière sinon il cessait d’être. Il parle comme le Sylvebarbe de Tolkien des hommes et des temps qui ont changé, de sa prochaine disparition.

 

Vous avez bien lu : on est dans la mort des dieux, une mort qui va plus loin que celle du pâle fnatôme chrétien et moralisateur de Nietzsche. C’est la mort des dieux selon Martin Heidegger, Maurice Blanchot, Louis-Ferdinand Céline lui-même et Friedrich Hölderlin. Ce dernier, grand poète romantique allemand, inspiré par la Grèce ancienne écrivait vers 1800 : « les dieux sont peut-être vivants, mais dans un autre monde, au-dessus de nos têtes. »

Zwar leben die Götter…

Aber uber dem Haupt droben in anderer Welt. »

C’est dans Brot und Wein, et le sublime poète allemand évoque aussi les titans, le nectar et les Hespérides… Il a inspiré Star Trek Hölderlin ?

Et comme on cita Nerval, on rappellera Delfica aux meilleurs des nostalgiques :

Ils reviendront, ces Dieux que tu pleures toujours !

Le temps va ramener l’ordre des anciens jours ;

La terre a tressailli d’un souffle prophétique…

 

Hölderlin ajoute que l’on vient trop tard (zu spät).

 

Nicolas Bonnal joue au prisonnier avec N°7 (Patrick McGoohan) sur Dedefensa.org – en réalité Nicolas Bonnal joue au prisonnier avec ses lecteurs er amis depuis un bon quart de siècle plein de sel !

Nicolas Bonnal joue au prisonnier avec N°7 (Patrick McGoohan) sur Dedefensa.org – en réalité Nicolas Bonnal joue au prisonnier avec ses amis depuis un bon quart de siècle plein de sel !

 

Prison, my lord!

HAMLET

Denmark’s a prison.

ROSENCRANTZ

Then is the world one.

 

 

McGoohan, le prisonnier et le nouvel ordre mondial

Les carnets de Nicolas Bonnal

samedi 02 décembre 2017

Forum

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McGoohan, le prisonnier et le nouvel ordre mondial

On sait que le Prisonnier repose sur un malentendu : un agent de l’OTAN spécialiste de messy jobs se rebelle, désire partir en voyage ( ?) et se fait kidnapper. Il est retenu dans un village-prison pour espions dont il ne sort que pour comprendre que le monde est un Village (a stage ?), au sens club Méditerranée ou Macluhan.

Macluhan citait Shakespeare (Othello, le roi Lear) nous aussi : « le Danemark est une prison », dit le prince vengeur et fatigué, « alors le monde en est une », lui répondent Rosencrantz et Guildenstern, les deux pions de service. On comprend que le village c’est le monde, que Londres c’est le village en caractères gras et que le désir d’évasion (par des agences de voyages ? par des compagnies aériennes ?) est un simulacre depuis longtemps. « Dans un monde unifié on ne peut s’exiler », dit Debord dans le Panégyrique. Sous le capitalisme, la réalité du temps (histoires, peuples, etc.) a disparu comme celle de l’espace. C’est comme la messe après Vatican II. On pourra avoir recours aux gnostiques, à Guénon, à Plotin, au fantastique pour analyser et pour se consoler.

George Markstein avait invoqué l’opération Paperclip et son enfermement des savants Allemands après la Guerre. Pour expliquer sa série, Patrick McGoohan avoua qu’il en avait eu assez de son rôle de danger man (destination danger)… Après quarante ans d’usage, le prisonnier est devenu pour moi une série fatigante, inégale, répétitive, parfois inutilement stressante (par exemple le Général) avec ses inefficaces charcutages de cerveau. Les meilleurs épisodes sont les premiers, après tout s’essouffle. Il y a l’arrivée, les cloches de Big ben, la partie d’échecs, A, B et C qui évoque le moyen de contrôler le contrôle mental (sujet digne de Philip K. Dick à la même époque). Le marteau et l’enclume est malin aussi : comment rendre l’autorité folle avec… un faux complot.

L’épisode avec Napoléon et sa fille amuse, qui parodie le début du hilarant Casino royale (pastiche de James Bond qui traite aussi du contrôle mental, la pire des tortures, murmure Orson Welles).

Je ne vais pas la commenter mais évoquer le nouvel ordre mondial.

On trouve le dialogue suivant dans l’épisode The chimes of Big Ben (Les cloches de Big Ben). Le scénario était de Vincent Tilsley, oxonien en histoire qui avait reconnu ensuite avoir touché un point sensible : la fin de l’histoire au sens de Fukuyama/Kojève.

Voyez l’extrait en anglais ici. Je le traduis ici en français :

– Que pensez-vous du nationalisme ?

– Cela dépend de quel côté vous êtes.

– Je suis moi-même un optimiste. Le nationalisme est une maladie, mais il nourrit ses propres anticorps. C’est pourquoi il n’importe pas de savoir qui est le numéro un. Il n’importe pas de savoir quel côté dirige le village.

– L’un des deux le dirige bien.

– Certainement. Mais les deux côtés sont en train de devenir identiques. Cet endroit a été bâti pour les pires raisons nationalistes. Mais qu’est-ce qui y a été créé ? Une communauté internationale. Un parfait blueprintpour l’ordre mondial.  Quand les deux côtés se faisant face à face se rendront compte qu’ils regardent dans un miroir, ils verront le modèle du futur.

– Toute la terre sera un immense village ?

– C’est mon espoir. Le vôtre ?

– Etre le premier homme sur la lune !

Le scénariste Vincent Tilsey disais-je a reconnu avoir mis dans le mille : fin du camp communiste, avènement du nouvel ordre mondial. A l’époque Guy Debord écrivait (la société, §111) :

« …la décomposition mondiale de l’alliance de la mystification bureaucratique est, en dernière analyse, le facteur le plus défavorable pour le développement actuel de la société capitaliste. La bourgeoisie est en train de perdre l’adversaire qui la soutenait objectivement en unifiant illusoirement toute négation de l’ordre existant. Une telle division du travail spectaculaire voit sa fin quand le rôle pseudo-révolutionnaire se divise à son tour. L’élément spectaculaire de la dissolution du mouvement ouvrier va être lui-même dissous. »

Mais il manquait Guénon à Debord ; la dissolution allait être générale, mouvement et classe ouvrière y compris… Et le système rendu fou par sa victoire et mondial nous promet une apocalypse encore plus rapide – ou son simulacre…

Je donnerai un autre dialogue de mon épisode fétiche (mais pas préféré), échec et mat, où le prisonnier montre que par sa violence et ses mauvaises manières, il est considéré par le menu peuple du village (le roi…) comme un vrai dominant !

On vient de jouer aux échecs et comme on sait les équipes ont la même couleur. Numéro sept interroge agressivement un vieil homme alerte et agréable…

– Parlons du jeu. Pourquoi les deux côtés sont semblables ?

– Les nouveaux demandent toujours cela.

– Alors ?

– Leurs dispositions. Les mouvements qu’ils font. Vous savez vite qui est pour vous ou contre vous.

– Je ne comprends pas.

– Simple psychologie. C’est la même chose dans la vie. Vous jugez par les attitudes. Les gens n’ont pas besoin d’uniformes.

– Mais pourquoi compliquer ?

– Cela garde l’esprit alerte.

– L’esprit ? A quoi ça sert ici ?

– Allons marcher.

Dialogue brillant, rythmé, elliptique mais qui nous révélait notre destin : nous les antisystèmes sommes sans couleur, de toutes les origines et nous luttons spirituellement avec des gens qui ont simplement notre credo – contre ceux qui ont décidé de lutter spirituellement aux côtés du système oligarchique, failli et belligène.

On a déjà souligné que le combat du prisonnier semble biaisé, piégeant. Omar Khayyâm nous avait prévenus il y a mille ans sur ces grandes guerres feintes (quatrain CIII) :

« Voici la seule vérité. Nous sommes les pions de la mystérieuse partie d’échecs jouée par Allah. Il nous déplace, nous arrête, nous pousse encore, puis nous lance, un à un, dans la boîte du néant. »

Il faut le savoir, et puis combattre !

 

Lucien Cerise : comment la religion devient un simulacre aux temps de l’apocalypse capitaliste

Notre cyber-Hannibal publie ceci aujourd’hui :http://numidia-liberum.blogspot.com.es/2017/11/la-menace-mondiale-de-lideologie.html

 

cela mérite un rappel de notre autre ami Lucien Cerise (interview célèbre sur Gouverner par le chaos) :

Pour arriver au contrôle total dans ces conditions, pas d’autre choix que de détruire le Réel original et de le remplacer par sa copie virtuelle. Puis on produit des copies de copies à l’infini, pour parvenir à un contrôle toujours croissant. À la fin, il ne reste de l’original qu’un simulacre complètement dévitalisé et désubstantialisé. Sur le plan politique, c’est l’avènement de la post-démocratie, qui n’est qu’une pâle imitation de la démocratie originale, comme on le voit dans l’Union européenne (référendums annulés, limogeage de Papandréou, etc.). Idem dans le champ des religions : il y a autant de rapports entre le judaïsme et Israël qu’entre l’islam et l’Arabie saoudite, ou le christianisme et les États-Unis. C’est-à-dire à peu près aucun, en dehors de la récupération de signes extérieurs d’affiliation identitaire, mais des signes totalement vidés de leur substance.

Le capitalisme est passé par là. Pour être juste, dans ces pays il faut donc parler de post-judaïsme, de post-christianisme et de post-islam. Quand le capitalisme veut se donner un supplément d’âme pour mobiliser ses troupes, il se pare d’oripeaux mythologiques et raconte une histoire, par exemple qu’il n’est pas fondé sur une hiérarchie de classes socio-économiques mais qu’il agit pour une communauté culturelle ou ethnique, etc. Bref, il joue du pipeau et tente de vous prendre par les émotions.

Et si Nicolas Bonnal s’intéressait enfin à la vie sexuelle du capitaine Kirk au lieu de nous ennuyer avec la vie textuelle de Star Trek ? Alchimie mon oeil !

http://geekleagueofamerica.com/2014/04/24/captains-log-the-10-hottest-captain-kirk-conquests/

Henri de Man, la technologie et la fin de la famille

La technologie et la fin de la famille

 

Henri de Man, le déclin de la civilisation, uqac.ca.

Il n’y a pas encore si longtemps, chaque famille formait une cellule que les murs de la maison séparaient des autres cellules et isolaient du monde extérieur. L’Anglais, qui était à l’époque le représentant du mode de vie le plus évolué et le plus prisé dans le monde entier, exprimait cette vérité en disant : « My bouse is my castle. » – Ma maison est mon château fort.

Cette époque est révolue. Je n’en eus jamais plus nettement conscience que ce dimanche après-midi où je fis, voici quelques années, une promenade dans les environs d’une grande

ville d’Europe. Je traversais une cité de banlieue moderne. Cette cité se composait de pavillons familiaux qui, par leur caractère individuel, tranchaient agréablement sur les immeubles du genre caserne situés aux portes de la ville. La température était d’une douceur printanière et les fenêtres de la plupart des maisons étaient ouvertes. Passant successivement devant tous les jardinets, je pus entendre du début jusqu’à la fin le radio reportage d’un match international de football. Tous les habitants de ces maisons particulières écoutaient en même temps la même retransmission. Je fus pris de cette angoisse qui vous saisit dans les cauchemars et je pensai alors à cette « -épouvante sociale » décrite par Jean Jaurès – le sentiment de malaise mêlé de peur que l’on éprouve lorsqu’on songe à ces forces spirituelles mystérieuses qui maintiennent en place l’assemblage social en imposant à leur insu à des millions d’hommes les lois de leur comportement.

Star trek ? Que le grand cric me croque si je crois ce Bonnal sur ces stères qui me craquent !

Star trek – les meilleurs épisodes

 

Créée par des as de l’aviation, des services secrets et de la maçonnerie initiatique (on évoqua les bnai’brith, chapeau si c’est vrai !), la série Star Trek nous a toujours émerveillés, au moins de 1967 à 1969. Enfin disponible à un prix raisonnable sur Amazon.co.uk., nous l’avons acquise et décidé d’écrire un livre sur cette série légendaire (la meilleure avec le prisonnier, tourné la même années), qui mêlera tout, ésotérisme, mythologie, bible, histoire, épopée, érotisme et même (pourquoi pas ?) raison. Embarquement immédiat pour les utopies gnostiques de la télé vision !

Mise en bouche avec nos dix épisodes préférés :

 

La ménagerie I et II

Un capitaine mutilé et handicapé veut revivre de superbes aventures amoureuses dans la planète des illusions. Spock décide de mutiner pour l’y emmener, car la vie n’est-elle pas un rêve (baroque en l’occurrence) ?

Métamorphose – Cochrane

Sublime épisode où l’on voit un nuage posséder un cosmonaute amoureusement. Il le fait survivre pendant des centaines d’années avant de pouvoir reprendre une forme humaine avec une belle mourante amenée par Kirk. « Je t’apparaîtrai sous la forme de la nuée », dit la Bible.

Charlie X

Un adolescent perdu, frustré aux grands pouvoirs devient tyran à bord du vaisseau. Son nom est-il une allusion à notre histoire de France ?

Fraternitaire

Une planète nazie, ni plus ni moins, créée par l’ancien professeur d’histoire de Kirk. Spock ajoute que ce fut «le système le plus efficace de l’histoire du monde ». Episode censuré en Allemagne.

Amok time – mal du pays

Saison des amours pour Spock. On découvre enfin la planète Vulcain, mélange de génie juif et chinois, et qui dégage pourtant une bonne barbarie ressourçant Kirk.

Apollon – Adonis

Notre préféré. Apollon existe et il regrette les hommes qu’il avait dessiné pour l’adorer, il tente alors de retenir l’équipage sur sa planète. Mais le capitaine Kirk n’est pas d’accord, avant de regretter sa prompte décision !

Unité M. Computer – Daystrom

Episode central, proche de 2001 ! L’ordinateur-Golem est installé à bord du vaisseau, et il détraque tout. Mais qui diable nous débarrasser de ces Golems dit-il nez perché dix heures par jours sur son écran d’ordinateur ?

Les derniers tyrans – space seed

Episode superbe avec l’acteur hispano-mexicain Montalban. Une race de surhommes rebelles est retrouvée et s’empare du vaisseau. On les en chasse, mais ils sortent la tête haute. Encore un épisode terriblement politiquement incorrect. Mais pourquoi donc ?

Requiem pour Mathusalem

L’homme éternel existe, il a été Brahms et Leonard de Vinci et d’autres aussi. Il a créé une planète de rêve mais souffre de solitude, alors il se fabrique des Schéhérazade. Mais comme les machines  blondes deviennent sentimentales…

La route de l’Eden.

On recrute des hippies de l’espace qui sèment la pagaille à bord. Spock ne les apprécie pas mais il aime et comprend leur quête spirituelle. Tous à Katmandou ! Nota : on se moque d’un certain Herbert, figure autoritaire, allusion rigolote à Marcuse bien sûr.

 

 

Star trek – les meilleurs épisodes, donc !

Star trek – les meilleurs épisodes

 

Créée par des as de l’aviation, des services secrets et de la maçonnerie initiatique (on évoqua les bnai’brith, chapeau si c’est vrai !), la série Star Trek nous a toujours émerveillés, au moins de 1967 à 1969. Enfin disponible à un prix raisonnable sur Amazon.co.uk., nous l’avons acquise et décidé d’écrire un livre sur cette série légendaire (la meilleure avec le prisonnier, tourné la même années), qui mêlera tout, ésotérisme, mythologie, bible, histoire, épopée, érotisme et même (pourquoi pas ?) raison. Embarquement immédiat pour les utopies gnostiques de la télé vision !

Mise en bouche avec nos dix épisodes préférés :

 

La ménagerie I et II

Un capitaine mutilé et handicapé veut revivre de superbes aventures amoureuses dans la planète des illusions. Spock décide de mutiner pour l’y emmener, car la vie n’est-elle pas un rêve (baroque en l’occurrence) ?

Métamorphose – Cochrane

Sublime épisode où l’on voit un nuage posséder un cosmonaute amoureusement. Il le fait survivre pendant des centaines d’années avant de pouvoir reprendre une forme humaine avec une belle mourante amenée par Kirk. « Je t’apparaîtrai sous la forme de la nuée », dit la Bible.

Charlie X

Un adolescent perdu, frustré aux grands pouvoirs devient tyran à bord du vaisseau. Son nom est-il une allusion à notre histoire de France ?

Fraternitaire

Une planète nazie, ni plus ni moins, créée par l’ancien professeur d’histoire de Kirk. Spock ajoute que ce fut «le système le plus efficace de l’histoire du monde ». Episode censuré en Allemagne.

Amok time – mal du pays

Saison des amours pour Spock. On découvre enfin la planète Vulcain, mélange de génie juif et chinois, et qui dégage pourtant une bonne barbarie ressourçant Kirk.

Apollon – Adonis

Notre préféré. Apollon existe et il regrette les hommes qu’il avait dessiné pour l’adorer, il tente alors de retenir l’équipage sur sa planète. Mais le capitaine Kirk n’est pas d’accord, avant de regretter sa prompte décision !

Unité M. Computer – Daystrom

Episode central, proche de 2001 ! L’ordinateur-Golem est installé à bord du vaisseau, et il détraque tout. Mais qui diable nous débarrasser de ces Golems dit-il nez perché dix heures par jours sur son écran d’ordinateur ?

Les derniers tyrans – space seed

Episode superbe avec l’acteur hispano-mexicain Montalban. Une race de surhommes rebelles est retrouvée et s’empare du vaisseau. On les en chasse, mais ils sortent la tête haute. Encore un épisode terriblement politiquement incorrect. Mais pourquoi donc ?

Requiem pour Mathusalem

L’homme éternel existe, il a été Brahms et Leonard de Vinci et d’autres aussi. Il a créé une planète de rêve mais souffre de solitude, alors il se fabrique des Schéhérazade. Mais comme les machines  blondes deviennent sentimentales…

La route de l’Eden.

On recrute des hippies de l’espace qui sèment la pagaille à bord. Spock ne les apprécie pas mais il aime et comprend leur quête spirituelle. Tous à Katmandou ! Nota : on se moque d’un certain Herbert, figure autoritaire, allusion rigolote à Marcuse bien sûr.

 

 

Pourquoi Chrysostome et Tacite sont contre les spectacles (reprise)

Pourquoi Chrysostome et Tacite sont contre les spectacles

 

Tous nos pères de l’Eglise rejettent les spectacles, comme notre Guy Debord. Et s’ils avaient raison ?

On écoute la bouche d’or, le Chrysostome supérieur, qui nous montre comment le spectacle nous pollue, nous déçoit :

« De même en effet que ceux qui reviennent du théâtre portent des signes visibles pour tout le monde, de trouble, de bouleversement, d’amollissement, et l’impression de tout ce qui s’y est passé… »

Le cinéma aura accompagné ou précédé, avec le théâtre, toute la dégénérescence occidentale. Et c’est Nicolas Bonnal, un écrivain spécialiste de cinéma et collectionneur de films qui vous le dit, et sans complexes !

A l’inverse :

« …lorsque nous revenons d’une fête de martyrs, il faut que chacun le reconnaisse à notre regard, à notre contenance, à notre démarche, à notre componction, au recueillement de notre âme; on doit nous voir respirant un zèle ardent, modestes, contrits, sobres, vigilants, et révélant par les mouvements de notre corps la sagesse qui est au dedans de nous. Retournons donc à la ville dans ces dispositions, avec la décence voulue, avec une démarche convenable, avec prudence et modestie, avec un regard doux et calme. »

 

Saint Jean Chrysostome nous rappelle l’ecclésiaste :

« Car l’habillement d’un homme, sa manière de rire et sa démarche indiquent ce qu’il est, dit l’Ecriture (Eccl. XIX, 27). »

 

Et il reprend la même argumentation de l’amollissement par le spectacle dans une autre homélie :

« Ne voyez-vous pas que ceux qui reviennent du théâtre sont amollis? Cela vient de ce qu’ils font une grande attention à ce qui s’y passe: ils sortent delà après avoir gravé dans leur âme ces tournements d’yeux, ces mouvements de mains, ces ronds de jambes, les images enfin de toutes ces poses qu’ils ont vues produites par les contorsions d’un corps assoupli. S’ils se montrent si préoccupés de perdre leur âme, et s’ils conservent ensuite le souvenir bien net de ces spectacles, ne serait-il pas insensé que nous, qui, en imitant ce que nous voyons ici; nous rendrons semblables aux anges, nous n’apportions pas autant de zèle à en conserver les bienfaits que les spectateurs en apportent aux représentations théâtrales ? »

Ailleurs :

« Au retour de la place publique, des théâtres, des autres réunions mondaines, nous traînons après nous la foule des soucis, des découragements, des maladies de l’âme; nous les rapportons dans nos maisons… »

 

Menace théâtrale ?

Trois siècles avant, Tacite écrit :

 

« De là naquirent, parmi les soldats, la licence, la discorde, l’empressement à écouter les mauvais conseils, enfin l’amour excessif des plaisirs et du repos, le dégoût du travail et de la discipline. Il y avait dans le camp un certain Percennius, autrefois chef d’entreprises théâtrales, depuis simple soldat, parleur audacieux, et instruit, parmi les cabales des histrions, à former des intrigues. »

 

Je reviens à Chrysostome, cette fois par l’excellente biographie d’Aimé Puech (archive.org). Ce dernier écrit :

« Il pense que toute représentation des passions humaines est dangereuse, et qu’elle avive ces passions plutôt qu’elle ne les « purge ». On voit facilement dès lors avec quelle  sévérité il doit juger le théâtre de son temps, dont  la décadence et l’immoralité sont indéniables. »

 

Puech ajoute sur une époque post-païenne qui en remontrerait à la nôtre (revenons-en aux mystères médiévaux !) :

« La mise en scène était d’ordinaire très  luxueuse. Les rôles de femmes étaient tantôt tenus  par des actrices peu vêtues, tantôt par des hommes  que Jean méprise tout autant’. Ainsi une farce  vulgaire, des sortes de ballets ou de scènes lyriques  où l’indécence n’était pas moindre, tels étaient les  deux seuls genres dramatiques en vogue. Ajoutons  qu’au théâtre, comme dans les banquets, paraissaient  souvent des bouffons, des équilibristes, des jongleurs et des funambules. »

 

Bien avant la pornographie ou l’érotisme, le saint prend peur et remarque (toujours par Puech) :

« Il fait  voir que la fréquentation du théâtre à deux conséquences inévitables : l’ennui et la débauche. On passe quelques heures dans un monde idéal, plus beau que nature, et quand on rentre chez soi, on souffre d’un ennui sans cause apparente. Votre maison trop simple vous déplaît parce que vous avez dans l’esprit les  splendeurs de la mise en scène ; votre femme vous  déplaît parce qu’elle est moins belle et moins parée que l’actrice ou la danseuse que vous venez d’applaudir ; et vous faites retomber votre mauvaise humeur sur tous ceux qui vous entourent ».

 

Intéressant, le saint ajoute génialement, à propos de l’image de l’actrice plus dangereuse que son corps :

« …mieux vaudrait que vous eussiez encore réellement devant vous  l’actrice ou la courtisane ; votre femme aurait vite fait  de la chasser, tandis qu’elle ne peut rien contre l’obsédant souvenir que vous dissimulez. »

Comme Tacite enfin Chrysostome remarque le lien entre sédition et milieux théâtreux :

« Enfin, il y avait à Antioche une plèbe à la fois très misérable et très corrompue. J’ai déjà parlé de ces  habitués du théâtre et du cirque auxquels Chrysostome et Libanius attribuent la sédition de 387. Les mendiants abondaient et exploitaient la charité publique avec autant d’impudence que de bassesse. »

 

Sources

Chrysostome – Homélies diverses. http://jesusmarie.free.fr/jean_chrysostome_homelies_diverses_7.html

Aimé Puech – Vie de Chrysostome, PARIS, LIBRAIRIE VICTOR LECOFFRE, 1905 (archive.org)

Tacite – Annales (I, XVI-XVII)