Lucien Cerise : comment la religion devient un simulacre aux temps de l’apocalypse capitaliste

Notre cyber-Hannibal publie ceci aujourd’hui :http://numidia-liberum.blogspot.com.es/2017/11/la-menace-mondiale-de-lideologie.html

 

cela mérite un rappel de notre autre ami Lucien Cerise (interview célèbre sur Gouverner par le chaos) :

Pour arriver au contrôle total dans ces conditions, pas d’autre choix que de détruire le Réel original et de le remplacer par sa copie virtuelle. Puis on produit des copies de copies à l’infini, pour parvenir à un contrôle toujours croissant. À la fin, il ne reste de l’original qu’un simulacre complètement dévitalisé et désubstantialisé. Sur le plan politique, c’est l’avènement de la post-démocratie, qui n’est qu’une pâle imitation de la démocratie originale, comme on le voit dans l’Union européenne (référendums annulés, limogeage de Papandréou, etc.). Idem dans le champ des religions : il y a autant de rapports entre le judaïsme et Israël qu’entre l’islam et l’Arabie saoudite, ou le christianisme et les États-Unis. C’est-à-dire à peu près aucun, en dehors de la récupération de signes extérieurs d’affiliation identitaire, mais des signes totalement vidés de leur substance.

Le capitalisme est passé par là. Pour être juste, dans ces pays il faut donc parler de post-judaïsme, de post-christianisme et de post-islam. Quand le capitalisme veut se donner un supplément d’âme pour mobiliser ses troupes, il se pare d’oripeaux mythologiques et raconte une histoire, par exemple qu’il n’est pas fondé sur une hiérarchie de classes socio-économiques mais qu’il agit pour une communauté culturelle ou ethnique, etc. Bref, il joue du pipeau et tente de vous prendre par les émotions.

Star trek ? Que le grand cric me croque si je crois ce Bonnal sur ces stères qui me craquent !

Star trek – les meilleurs épisodes

 

Créée par des as de l’aviation, des services secrets et de la maçonnerie initiatique (on évoqua les bnai’brith, chapeau si c’est vrai !), la série Star Trek nous a toujours émerveillés, au moins de 1967 à 1969. Enfin disponible à un prix raisonnable sur Amazon.co.uk., nous l’avons acquise et décidé d’écrire un livre sur cette série légendaire (la meilleure avec le prisonnier, tourné la même années), qui mêlera tout, ésotérisme, mythologie, bible, histoire, épopée, érotisme et même (pourquoi pas ?) raison. Embarquement immédiat pour les utopies gnostiques de la télé vision !

Mise en bouche avec nos dix épisodes préférés :

 

La ménagerie I et II

Un capitaine mutilé et handicapé veut revivre de superbes aventures amoureuses dans la planète des illusions. Spock décide de mutiner pour l’y emmener, car la vie n’est-elle pas un rêve (baroque en l’occurrence) ?

Métamorphose – Cochrane

Sublime épisode où l’on voit un nuage posséder un cosmonaute amoureusement. Il le fait survivre pendant des centaines d’années avant de pouvoir reprendre une forme humaine avec une belle mourante amenée par Kirk. « Je t’apparaîtrai sous la forme de la nuée », dit la Bible.

Charlie X

Un adolescent perdu, frustré aux grands pouvoirs devient tyran à bord du vaisseau. Son nom est-il une allusion à notre histoire de France ?

Fraternitaire

Une planète nazie, ni plus ni moins, créée par l’ancien professeur d’histoire de Kirk. Spock ajoute que ce fut «le système le plus efficace de l’histoire du monde ». Episode censuré en Allemagne.

Amok time – mal du pays

Saison des amours pour Spock. On découvre enfin la planète Vulcain, mélange de génie juif et chinois, et qui dégage pourtant une bonne barbarie ressourçant Kirk.

Apollon – Adonis

Notre préféré. Apollon existe et il regrette les hommes qu’il avait dessiné pour l’adorer, il tente alors de retenir l’équipage sur sa planète. Mais le capitaine Kirk n’est pas d’accord, avant de regretter sa prompte décision !

Unité M. Computer – Daystrom

Episode central, proche de 2001 ! L’ordinateur-Golem est installé à bord du vaisseau, et il détraque tout. Mais qui diable nous débarrasser de ces Golems dit-il nez perché dix heures par jours sur son écran d’ordinateur ?

Les derniers tyrans – space seed

Episode superbe avec l’acteur hispano-mexicain Montalban. Une race de surhommes rebelles est retrouvée et s’empare du vaisseau. On les en chasse, mais ils sortent la tête haute. Encore un épisode terriblement politiquement incorrect. Mais pourquoi donc ?

Requiem pour Mathusalem

L’homme éternel existe, il a été Brahms et Leonard de Vinci et d’autres aussi. Il a créé une planète de rêve mais souffre de solitude, alors il se fabrique des Schéhérazade. Mais comme les machines  blondes deviennent sentimentales…

La route de l’Eden.

On recrute des hippies de l’espace qui sèment la pagaille à bord. Spock ne les apprécie pas mais il aime et comprend leur quête spirituelle. Tous à Katmandou ! Nota : on se moque d’un certain Herbert, figure autoritaire, allusion rigolote à Marcuse bien sûr.

 

 

Chris Hedges et la dégénérescence américaine

 

Est-ce inévitable, et surtout est-ce forcément un bien ? On lit cette synthèse compétente et un petit peu trop dramatique :

 

L’empire américain prend fin. L’économie américaine est drainée par les guerres au Moyen-Orient et une vaste expansion militaire dans le monde entier. Il en résulte des déficits croissants, ainsi que les effets dévastateurs de la  désindustrialisation et les accords commerciaux mondiaux. Notre démocratie a été capturée et détruite par des entreprises qui demandent constamment plus de réductions d’impôts, plus de déréglementation et d’impunité des poursuites pour des actes massifs de fraude financière, tout en pillant des trillions du trésor américain sous la forme de renflouements. La nation a perdu le pouvoir et le respect nécessaires pour inciter les alliés en Europe, en Amérique latine, en Asie et en Afrique à faire leur travail.

 

 

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L’empire continuera à perdre de l’influence jusqu’à ce que le dollar tombe en tant que  monnaie de réserve mondiale, plongeant les États-Unis dans une dépression paralysante et forçant instantanément une contraction massive de sa machine militaire.

 

Le vide global que nous laisserons derrière nous sera comblé par la Chine, qui s’établit déjà en tant que géant économique et militaire, ou peut-être qu’il y aura un monde multipolaire gravé entre la Russie, la Chine, l’Inde, le Brésil, la Turquie, l’Afrique du Sud et quelques autres États.

 

Dans chaque domaine, de la croissance financière et de l’investissement dans les infrastructures à la technologie de pointe, y compris les superordinateurs, l’armement spatial et la cyber-guerre, nous sommes rapidement dépassés par les Chinois.

La Chine est devenue la deuxième économie mondiale en 2010, la même année, elle est devenue la principale nation manufacturière du monde, écartant les États-Unis qui ont dominé la fabrication mondiale depuis un siècle.

 

Le ministère de la Défense a émis un rapport sobre intitulé « À notre propre péril : l’évaluation du risque de DoD dans un monde post-Primacy». Il a constaté que l’armée américaine «ne jouit plus d’une position inattaquable par rapport aux concurrents de l’État» et «il ne peut plus … générer automatiquement une supériorité militaire locale cohérente et soutenue à portée de main. « McCoy prédit que l’effondrement sera prévu d’ici 2030.

 

Les empires en désintégration embrassent un suicide presque volontaire. Aveuglés par leur ardeur et incapables de faire face à la réalité de leur puissance décroissante, ils se retirent dans un monde fantastique où les faits durs et désagréables ne s’immiscent plus. Ils remplacent la diplomatie, le multilatéralisme et la politique par des menaces unilatérales et par l’instrument brutal de la guerre.

Cette auto-illusion collective a vu les États-Unis faire la plus grande erreur stratégique dans son histoire, qui a sonné comme le glas de l’empire, l’invasion de l’Afghanistan et de l’Irak. Les architectes de la guerre dans la Maison Blanche George W. Bush et la série d’idiots utiles dans la presse et les milieux universitaires qui les ont animés, connaissaient très peu les pays envahis, étaient incroyablement naïfs sur les effets de la guerre industrielle et ont été aveuglés par le retour féroce. Ils ont déclaré, et ont probablement cru, que Saddam Hussein avaient des armes de destruction massive, bien qu’elles n’avaient aucune preuve valable pour étayer cette affirmation. Ils ont insisté pour que la démocratie soit implantée à Bagdad et répandue dans tout le Moyen-Orient. Ils ont assuré au public que les troupes américaines seraient saluées par les Irakiens et les Afghans reconnaissants en tant que libérateurs. Ils ont promis que les recettes pétrolières couvriraient le coût de la reconstruction. Ils ont insisté pour que la grève militaire audacieuse et rapide – «choc et émoi» – restaurerait l’hégémonie américaine dans la région et la domination dans le monde. Il a fait le contraire. Comme l’a  noté Zbigniew Brzezinski  , cette « guerre unilatérale de choix contre l’Irak a précipité une délégitimation généralisée de la politique étrangère des États-Unis ».

 

Les historiens de l’empire appellent ces fiascos militaires, une caractéristique de tous les empires tardifs, des exemples de «micro-militarisme». Les athéniens engagés dans le micro-militarisme lors de la guerre du Péloponnèse (431-404 av. J.-C.) ont envahi la Sicile et ont subi la perte de 200 des navires et des milliers de soldats et déclenchant des révoltes dans tout l’empire. La Grande-Bretagne l’a fait en 1956 quand elle a attaqué l’Égypte dans un conflit sur la nationalisation du canal de Suez et a rapidement dû se retirer en humiliant, habilitant une série de leaders nationalistes arabes tels que l’Egyptien Gamal Abdel Nasser et condamnant la domination britannique sur les quelques restes de la nation colonies. Aucun de ces empires ne s’est rétabli.

 

« Alors que les empires croissants sont souvent judicieux, même rationnels dans leur application de la force armée pour la conquête et le contrôle des dominions d’outre-mer, les empires qui s’écoulent sont enclins à considérer les émotions de pouvoir, en souriant des frappes militaires audacieuses qui récupéreraient le prestige et le pouvoir perdus, « Écrit McCoy. « Souvent irrationnel, même d’un point de vue impérial, ces opérations micro-militaires peuvent entraîner des dépenses d’hémorragie ou des défaites humiliantes qui n’accélèrent que le processus déjà en cours ».

Les empires ont besoin de plus que de la force pour dominer d’autres nations. Ils ont besoin d’une mystique. Cette mystique, un masque pour le pillage, la répression et l’exploitation impériaux, séduit certaines élites indigènes, qui sont disposées à faire l’appel du pouvoir impérial ou au moins restent passives. Et il fournit une patine de civilité et même de noblesse pour justifier à la maison les coûts du sang et de l’argent nécessaires pour maintenir l’empire.

La perte de la mystique est paralysante. Il est difficile de trouver des suppléants souples pour administrer l’empire, comme nous l’avons vu en Irak et en Afghanistan. Les photographies d’abus physique et d’humiliation sexuelle imposées aux prisonniers arabes à Abu Ghraib ont enflammé le monde musulman et ont nourri Al-Qaïda et plus tard l’Etat islamique avec de nouvelles recrues. L’assassinat d’ Osama bin Laden et d’une foule d’autres dirigeants djihadistes, y compris le citoyen américain  Anwar al-Awlaki, se moquait ouvertement de la notion de règle de droit. Les centaines de milliers de morts et millions de réfugiés qui fuient nos débats au Moyen-Orient, ainsi que la menace presque constante des drones aériens militarisés, nous ont exposés en tant que terroristes d’état. Nous avons exercé au Moyen-Orient le penchant de l’armée américaine pour des atrocités répandues, des violences indiscriminées, des mensonges et des erreurs de calcul, des actions qui ont mené à notre défaite au Vietnam.

 

La brutalité à l’étranger s’accompagne d’une brutalité croissante à la maison. Les armes de police militarisées sont en grande partie désarmées, les pauvres de couleur et remplissent un système de pénitenciers et de prisons qui représentent 25% des prisonniers du monde, bien que les Américains ne représentent que 5% de la population mondiale. Beaucoup de nos villes sont en ruine. Notre système de transport public est une honte. Notre système éducatif est fortement en baisse et privatisé. La dépendance aux opioïdes, le suicide, les fusillades de masse, la dépression et l’obésité morbide nuisent à une population qui est tombée dans un profond désespoir. La profonde désillusion et la colère qui ont conduit à Donald Trump – une réaction au coup d’état corporatif et à la pauvreté qui touchent au moins la moitié du pays – ont détruit le mythe d’une démocratie fonctionnelle. Les tweets et la rhétorique présidentiels célèbrent la haine, le racisme et provoquent les faibles et les vulnérables. Le président dans une adresse devant les Nations Unies a  menacé d’effacer  une autre nation en un acte de génocide. Nous sommes des objets mondiaux de ridicules et de haines. Le pressentiment pour le futur s’exprime dans l’émoi de films dystopiques, de films qui ne perpétuent plus la vertu et l’exceptionnalité américaines ni le mythe du progrès humain.

 

« La disparition des États-Unis comme la puissance mondiale prééminente pourrait venir beaucoup plus rapidement que ne l’imagine », écrit McCoy. « En dépit de l’aura de l’omnipotence, les empires se projettent souvent, la plupart sont étonnamment fragiles, sans la force inhérente même à un État-nation modeste. En effet, un coup d’œil à leur histoire devrait nous rappeler que les plus grands sont susceptibles d’être effondrés de diverses causes, les pressions fiscales étant habituellement un facteur primordial.

Lorsque les revenus diminuent ou s’effondrent, McCoy souligne que « les empires deviennent fragiles ».

« Si délicat est leur écologie du pouvoir qui, lorsque les choses commencent à se tromper, les empires se déroule régulièrement avec une vitesse impie: juste un an pour le Portugal, deux ans pour l’Union soviétique, huit ans pour la France, onze ans pour les Ottomans, dix-sept pour la Grande-Bretagne et, selon toute vraisemblance, seulement vingt-sept ans pour les États-Unis, compte tenu de l’année cruciale de 2003 [lorsque les États-Unis ont envahi l’Irak] », écrit-il.

Beaucoup des 69 empires estimés qui ont existé au cours de l’histoire ont manqué de leadership compétent dans leur déclin, ayant cédé le pouvoir à des monstruosités telles que les empereurs romains Caligula et Nero. Aux États-Unis, les rênes de l’autorité peuvent être à la portée du premier dans une ligne de démagogues dépravés.

« Pour la majorité des Américains, les années 2020 seront probablement rappelés comme une décennie décennale de la hausse des prix, des salaires stagnants et de la flambée de la compétitivité internationale », écrit McCoy.

Une élite discréditée, suspecte et même paranoïde dans un âge de déclin, verra les ennemis partout. L’éventail d’instruments créés pour la surveillance mondiale de la domination-gros, l’éviscération des libertés civiles, les techniques de torture sophistiquées, la police militarisée, le système pénitentiaire massif, les milliers de drones et de satellites militarisés seront employés dans la patrie…

 

On pourra relire Après l’empire d’Emmanuel Todd, qui évoque ce micro-militarisme théâtral…

 

Gary Cooper et les amours surréalistes

 

 

En 1935, donc la même année, le maître d’origine belge Henry Hathaway a réalisé deux chefs d’œuvre cosmiques, des perfections cinématographiques, films qui vont plus loin que l’humain – ou presque.

Le premier est bien sûr Peter Ibbetson qui enchanta une génération vieillissante de surréalistes et constitue sûrement un des plus grands films du monde, un des plus exaltants. Comme dans le cas des Lanciers, le scénario du film est largement supérieur au fielleux roman de George Du Maurier dont il s’inspire.

Le film est un hymne à l’Autre Monde, au Sidh des celtes, site précieux où se retrouvent les deux héros retrouvés. Le noir et blanc de Charles Lang est peut-être le plus beau du cinéma. Il saisit magnifiquement les grilles du premier château puis celles plus lourdes de la prison. On est ici dans une cosmogonie celtique et éthérée, qui est aussi celle des gnostiques grecs – un peu ? Le corps est un tombeau, l’âme doit s’envoler ? C’est cela, Soma Sèma ?

Lisons le Phèdre de  Platon – plutôt que les surréalistes !

 

« Quant aux autres âmes, lorsqu’elles ont achevé leur première existence, elles subissent un jugement. Une fois jugées, les unes vont dans les prisons qui sont sous terre s’acquitter de leur peine; les autres, allégées par l’arrêt de leur juge, se rendent en un certain endroit du ciel où elles mènent la vie qu’elles ont méritée, tandis qu’elles vivaient sous une forme humaine. »

 

La libération est liée au souvenir, à la réminiscence, à l’anamnèse – qui est le sujet de Platon. C’est le souvenir de leur enfance qui font se retrouver les deux êtres au moment de leur déclaration d’amour, qui est une libération de ce monde et de ses règles et de sa pesanteur : Toujours dans Phèdre (que j’ai utilisé aussi pour Pépé le moko) :

 

« Voilà pourquoi il est juste que seule la pensée du philosophe ait des ailes; elle ne cesse pas, en effet, de se ressouvenir selon ses forces des choses mêmes qui font que Dieu même est divin. L’homme qui sait bien se servir de ces réminiscences, s’initiant sans cesse aux initiations les plus parfaites, devient seul véritablement parfait » (Platon,Phèdre, 248 c)

 

On pourrait aussi citer le Banquet et le mythe des deux moitiés d’une âme se retrouvant dans cette vie, ici dans l’enfance comme à l’âge adulte et enfin dans ce monde supérieur.

Ils se sont retrouvés de l’enfance, cette enfance nervalienne qu’ils passaient à Paris en écoutant un vieux soldat de l’empereur leur parler de… chevaux. Cooper ennuyé à Londres retrouve le Paris de son enfance et la belle et toute jeune Ida Lupino (High sierra). Il vient chercher la clé de l’existence : devenir un voyant.

Car un des beaux symbolismes du film est celui de l’architecture : on pense au Vishvakarma hindou, à ce dieu architecte. Ibbetson est architecte, il envoûte la duchesse en construisant des écuries alors qu’il déteste – un paradoxe pour Cooper – tout ce qui tourne autour des chevaux !, et il reçoit ses leçons de vision du grand architecte aveugle à Londres. Héros instable et bigarré, le jeune Ibbetson rejoint bien les archétypes du chevalier sauvage, du jeune errant – et inquiétant – de tous nos contes médiévaux. Il est d’ailleurs jugé « impertinent ». Sa lutte contre les deux grandes figures autoritaires – le colonel puis le duc qui a épousé sa chérie – rejoint la lutte des enfants contre les ogres dans toutes les traditions.

Les scènes avec les enfants sont sublimes, hurlantes de sincérité, de nostalgie et de vraie vie ; les deux petits acteurs sont bouleversants. Nous avons rêvé d’Héraclite et de la royauté des enfants qui jouent au trictrac, de la royauté de l’enfant pour qui importe seul la souris qui va naître (Renoir, dans le Fleuve). Ils luttent l’un pour construire très symboliquement un chariot l’autre une maison pour sa poupée. Les deux rêvent après de s’évader, comme plus tard. Seul le rêve, une vraie vie spirituelle finalement et brahmanique leur permettra d’atteindre leur rêve.

Les rêves se succèdent : on voit le paysage des glaciers et forêts (le parc du Yosemite) puis un château de contes de fées. Puis tout s’écroule mais tout recommencera.

Ce film fait bien sûr penser à Nerval :

« Le rêve est une seconde vie. Je n’ai pu percer sans frémir ces portes d’ivoire ou de corne qui nous séparent du monde invisible.

Puis le tableau se forme, une clarté nouvelle illumine et fait jouer ces apparitions bizarres : – le monde des Esprits s’ouvre pour nous. »

 

Anne Harding est céleste dans ce film : on la voit arriver comme un noble fantôme vêtu de noir et si blond, près de la grille où se tient Ibbetson – qu’elle n’a bien sûr pas reconnu. Elle aussi sort d’un poème de Gérard de Nerval, son rêve étrange et pénétrant :

 

« Blonde aux yeux noirs, en ses habits anciens,

Que, dans une autre existence peut-être,

J’ai déjà vue… et dont je me souviens ! »

Peter Ibbetson est définitivement le film qui nous aide à mieux vivre cette terre. Certainement le plus bel opus hollywoodien du genre avec le fantôme de Mrs Muir, hymne à l’océan et à la vraie vie, mais réalisé sur un ton de comédie triste.

C’est à la fois le film de l’âge d’or et le film sur l’âge d’or – le vert paradis des amours enfantines si l’on veut, mais poussé au plus haut, au plus loin. On peut parler bizarrement encore de cet âge d’or hollywoodien qui voit comme ça se créer des grappes de chefs d’œuvre, à partir simplement de stars et de produits commerciaux d’entrepreneurs de spectacles. Ces âges d’or ne durent jamais longtemps, ici il a duré un peu plus de trente ans, de l’orée des années trente au tout début des années soixante. Après la grâce était partie. On peut refaire le monde ou l’âge d’or, ce sera du remake.

 

Sources

 

Nicolas Bonnal – Hollywood et le paganisme (Amazon.fr)

 

 

Merci à l’éclaireur Dean Mamas qui de Floride m’a tout appris depuis deux jours : niet burea ! L’apocalypse pour les débiles !

https://www.amazon.fr/CULTURE-COMME-ARME-DESTRUCTION-MASSIVE/dp/152123132X/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1505053563&sr=8-1&keywords=nicolas+bonnal

2001 poème cosmique (introduction)

2001 entre Omar et la conspiration

 

Omar Khayyâm, dans une belle et céleste envolée :

« Le vaste monde: un grain de poussière dans l’espace. Toute la science des hommes: des mots. Les peuples, les bêtes et les fleurs des sept climats: des ombres. Le résultat de ta méditation perpétuelle: rien. »

 

La première fois que nous avons vu 2001, dans une salle depuis disparue (comme la conquête spatiale), les trois Chauchat, nous nous sommes endormis. C’était pourtant l’après-midi. Mais une inextinguible fatigue nous étreignait, alors que nous sentions que nous étions devant un grand chef d’œuvre, sinon un film très compliqué. Des condisciples des classes préparatoires nous en avaient parlé, tous des scientifiques ; Nous eûmes même promptement après une petite bibliothèque sur ce film pour écrivains, pour réalisateurs, pour rêveurs, amis mais pas pour « gens qui vont au cinéma ». Il était la magie incarnée à l’écran pour une élite de penseurs et de savants.

Nous dormions donc et nous nous réveillions par intermittence et par repentance : il y avait l’Afrique magnifiquement filmée et des singes bizarres ; il y avait une roue dans l’espace et Richard (puis Johann) Strauss. Pourquoi la valse de Strauss ? On a parlé d’un technicien au montage qui écoutait cette musique et aurait ainsi inspiré Kubrick. L’accident, éternel portail de la découverte…

Poète cosmique en son genre, apte à nous éclairer sur ce produit unique, Omar Khayyâm écrit déjà :

« La Roue tourne, insoucieuse des calculs des savants. Renonce à t’efforcer vainement de dénombrer les astres. »

 

Puis il y avait cette fascinante entrevue avec les russes et l’entretien ambigu avec la petite fille jouée par la propre fille de Kubrick. Enfin bien sûr il y avait l’ordinateur avec sa belle voix paisible et cet équipage ennuyeux et hypocrite. Au cours de nos moments de lucidité, nous prenions parti pour l’ordinateur. De plus en plus, nous étions étourdis par la prodigieuse beauté des images et par la capacité implicite et affichée de celui qui avait su les concevoir et les réaliser. Il est rare de pouvoir à ce point assister à une démonstration de savoir-faire, à un tel étalage de capacité triomphante sur le plan technique et philosophique.

Vers la fin du film, enfin rassasiés de sommeil, nous nous sommes mieux réveillés comme pour être encore plus écrasés par le passage visionnaire – alors encore en avance sur son temps (nous étions en 1979) et la séquence de la chambre des Lumières. Nous sommes ainsi restés terriblement marqués par cette première vision, ne revoyant le film que dix-huit mois plus tard, nous refusant l’amer plaisir de le revoir avant.

Nous voulions plus lire sur le film : the making of Kubrick’s 2001, par exemple, et le fœtus astral, recommandé par un élève de maths spé à Louis-Le-Grand, écrit par MM. Dumont et Monod. Une approche structuraliste inspirée par Lévi-Strauss, qui ne nous enchanta pas mais précipita notre propre interprétation du film – qui mit encore à mûrir un certain temps ! Nous lûmes aussi le Clarke en écoutant par hasard (il n’y pas de hasard !) la musique de Ligeti, découverte sur France-Musique, celle-là même qui avait été choisie pour le film. Nous découvrions progressivement le cinéma et Kubrick – Barry Lyndon surtout, et Shining qui avait envahi les écrans et suscité les commentaires les plus idiots. 2001 demeurait une sorte d’horizon insurpassable, Kubrick un génie technique et philosophique, qui se promenait comme un grand prêtre du Temple, prêt à montrer une voie inconnue à l’humanité.

Notre interprétation de genèse émana de Rilke : « à plein regards la créature voit dans l’ouvert », est-il écrit dans la deuxième élégie. Alors l’homme, les animaux plus près de l’Ouvert, du monolithe, de cette source spirituelle ; l’homme technique ensuite, plus éloigné, sujet alors au goût du jour, combien nietzschéen ; et ensuite le retour du refoulé, la redécouverte de l’agressivité et le lion nietzschéen. Le cosmonaute est alors mûr pour toutes les transfigurations, pour toutes les résurrections. Il fait un avec l’univers. L’idée d’une révolte contre le système moderne pour accéder à la vraie connaissance intuitive n’était pas pour nous déplaire. Même le magique ordinateur, détenteur de la vision mais pas prêt pour se rapprocher du monolithe et de l’instant suprême, gardait de son intérêt, par-delà ses rodomontades.

Génie juif (reprise)

Quel tort ! Pourquoi il faut être juif à tout prix (par Nicolas Bonnal) !

 

Et l’Éternel fut avec Joseph ; et il était un homme qui faisait [tout] prospérer ; et il était dans la maison de son seigneur, l’Égyptien. Et son seigneur vit que l’Éternel était avec lui, et que tout ce qu’il faisait, l’Éternel le faisait prospérer en sa main.

Genèse, 39, 2.

Le thème de la supériorité intellectuelle des Juifs énerve en France, car il contrevient parfaitement à l’antisémitisme passé et à l’égalitarisme ambiant, à la lubie que tout le monde est pareil, du fin fond de l’Ouganda au palais de Versailles.

Les Juifs, disait le président Weizmann, sont comme les autres, mais plus. Voyons voir : le site jewishwealth.org donne le chiffre suivant : 25% des milliardaires (en dollars) américains sont juifs. Ce site communautaire en tire des conséquences sur le savoir-faire juif en la matière et il nous fait l’amitié de nous prodiguer des conseils ! On a donc en Amérique une pléthore de livres de développement personnel sur l’art de faire fortune en suivant les conseils de la Torah et du talmud. Je conseille ceux du rabbi Lapin, un rabbin de Miami d’origine lithuanienne, qui excelle dans l’art de conseiller en déridant l’atmosphère. Pensez-vous, les Juifs et l’argent ! On sait aussi la part que le génie juif a pris dans l’élaboration et le développement d’internet. Pensez à Zuckerberg, à Serguei Bryn, à Jeff Bezos, à Jimmy Wales de Wikipedia. Je l’avais déjà souligné dans mon livre Internet, la nouvelle voie initiatique, en rapprochant les psaumes et le livre de Job du lexique de la Toile. 22% des prix Nobel décernés furent juifs.

Je relisais en pensant à cette chronique un des livres de Sombart les plus controversés, et qui ne mérite pas de l’être (pas plus que celui, d’ailleurs excellent, de Jacques Attali sur cette immense question), celui sur le rôle des juifs dans le développement industriel et commercial de l’occident. Eh bien, ils y ont pris une immense part, et avant même la révolution industrielle, en constituant un tiers des entrepreneurs et des possesseurs de plantations par exemple en Amérique du Sud et dans les îles caraïbe, Barbade y compris. Sombart rappelle aussi leur génie inventif et le rôle qu’ils ont toujours joué auprès des monarques et des « despotes » éclairés ou même des généraux (il cite le maréchal de Saxe) qu’ils équipaient aux armées.

J’ai à ce propos une anecdote amusante : Freud avait beaucoup d’admiration pour les grands hommes autoritaires, lesquels selon lui avaient souvent protégé les juifs. Il aimait pour cela Hannibal, Cromwell et bien sûr Napoléon. On pourrait ajouter César, que les juifs vinrent veiller le soir de son assassinat (c’est dans Suétone).

Dans le même esprit un peu taquin, on pourrait donner à lire le livre de Slatkine sur le siècle juif, qui montre la part prépondérante qu’ont pris les juifs dans tous les domaines importants au XXème siècle. Slatkine rappelle le rôle des juifs dans les affaires, le cinéma, la médecine, la culture et bien sûr la politique. Etant juif, il le fait bien sûr sans mauvaise pensée et il rappelle le rôle prépondérant des juifs dans la montée du bolchévisme et du communisme en Europe. La plupart des grands intellectuels juifs n’ont jamais contesté cette évidence. Je l’ai même lu une fois sous la plume d’Alexandre Adler et bien sûr d’Alain Finkielkraut.

Cette évidence est mal acceptée en France car on est dans le pays où il faut tout taire. Mais j’insiste et je rappellerai ici le texte exceptionnel de Churchill, publié en février 1921, sur le rôle des juifs, qu’il jugeait néfaste (une partie importante de l’humanité n’a pas été d’accord avec lui, et pendant longtemps !), dans le développement du communisme. Judéophile passionné, Churchill rêvait plutôt, avec une vingtaine d’années d’avance, d’une conversion au sionisme des élites juives et du peuple. Il a été largement suivi, et l’on ne peut que se féliciter, les Européens et les chinois les premiers, de la disparition du communisme. Churchill avait compris quelle influence pouvait avoir sur une question cruciale la « most remarkable race » que la terre ait porté !

Je cite encore un petit classique au titre amusant sur la question, Le juif conquérant, écrit par un Anglais (les judéophiles sont toujours abondé en Angleterre) nommé John Foster Fraser, au début du siècle dernier. Foster remarque comme Sombart que la misère abonde quand les Juifs ne sont pas là ; qu’ils organisent la richesse et les marchés d’un pays, ses sciences sociales, sa vie culturelle, quand ils y arrivent. Et que donc leur nombre abondant ne peut faire que des heureux, alors que l’antisémitisme a toujours prétendu le contraire contre l’évidence des faits.

C’est pour cela que j’en reviens à la France. Actuellement les juifs s’en vont. On sait que 92% des électeurs français installés en Israël avaient voté pour Nicolas Sarkozy aux dernières élections. Le tournant lamentable pris par la politique française depuis six mois ne va faire qu’accélérer ces départs, qui concernent aussi une part toujours plus grande des Français. Ne resteront, comme on disait chez moi à Tunis à l’époque, que les bourricots. Et c’était avant les frères musulmans…

Et le Pharaon dit à Joseph : Puisque Dieu t’a fait connaître tout cela, personne n’est intelligent et sage comme toi. Toi, tu seras sur ma maison, et tout mon peuple se dirigera d’après ton commandement ; seulement quant au trône, je serai plus grand que toi.

(Gen., 41, 40)

 

Paul Craig Roberts et les vraies raisons de la Guerre de Sécession

 

Deux jours avant l’investiture de Lincoln en tant que 16ème président, le Congrès, composé uniquement des États du Nord, a adopté avec une majorité écrasante le 2 mars 1861, l’amendement Corwin qui accordait une protection constitutionnelle à l’esclavage. Lincoln a approuvé l’amendement dans son discours inaugural en disant: «Je n’ai aucune objection à ce qu’il soit immédiatement applicable et irrévocable».

C’était clair que le Nord n’était pas prêt à partir en guerre pour mettre fin à l’esclavage au moment où, à la veille de la guerre, le Congrès américain et le futur président étaient sur le point de rendre inconstitutionnel l’abolition de l’esclavage.

Nous avons ici la preuve totale et absolue que le Nord voulait bien plus le maintien du Sud dans l’Union que l’abolition de l’esclavage.

Si la vraie préoccupation du Sud était de maintenir l’esclavage, le Sud n’aurait pas refusé la protection constitutionnelle de l’esclavage qui venait de leur être offerte sur un plat d’argent par le Congrès et le Président. De toute évidence, pour le Sud, le problème n’était pas l’esclavage.

Le véritable problème entre le Nord et le Sud ne pouvait pas être réglé sur la base d’arrangements sur l’esclavage. La vraie question était économique, comme l’ont démontré DiLorenzo, Charles Beard et d’autres historiens. Le Nord a proposé de préserver l’esclavage de manière irrévocable, mais le Nord n’a pas envisagé d’abandonner les tarifs élevés et la politique économique que le Sud considérait comme hostile à ses intérêts.

Evoquer l’esclavage comme cause de la guerre a été la manière dont les historiens officiels du Nord ont utilisé la morale pour couvrir une agression claire de Lincoln et les crimes de guerre de ses généraux. Diaboliser l’ennemi sous l’angle moral travaille pour le vainqueur. Et c’est toujours le cas. Nous voyons dans la destruction des statues une détermination à renvoyer les symboles restants de la Confédération dans le trou de la mémoire.

Aujourd’hui, des imbéciles ignorants, entièrement lobotomisés par la politique Identitaire, exigent l’élimination des monuments consacrés à Robert E. Lee, un présumé raciste, contre lequel ils expriment une violente haine. Il y a là un immense paradoxe. Robert E. Lee a été la première personne à avoir commandé les armées de l’Union. Comment un «raciste du Sud» a-t-il pu avoir le commandement de l’armée de l’Union si l’Union partait en guerre pour libérer les esclaves noirs?

La Virginie n’a fait sécession que le 17 avril 1861, deux jours après que Lincoln ait mobilisé des troupes pour envahir le Sud.

Il doit certainement y avoir un lien quelque part dans des éléments auxquels les historiens officiels malhonnêtes peuvent se raccrocher pour tenter d’expliquer que la guerre portait sur l’esclavage, mais ce ne sera pas facile. Seule une petite minorité de Sudistes possédait des esclaves. Les esclaves ont été amenés dans le Nouveau Monde par les Européens comme force de travail longtemps avant l’existence des États-Unis et des États du Sud, pour que les terres abondantes puissent être exploitées. Car l’esclavage dans le Sud était une institution héréditaire antérieure aux états du Sud. Les journaux et les lettres des soldats qui se battent pour la Confédération et ceux qui se battent pour l’Union ne fournissent aucune preuve que les soldats se battaient pour ou contre l’esclavage. L’historien de Princeton, lauréat du prix Pulitzer, lauréat du prix Lincoln, président de l’American Historical Association et membre du comité de rédaction de Encyclopedia Britannica, James M. McPherson, dans son livre basé sur la correspondance de mille soldats des deux côtés. What They Fought For, 1861-1865, rapporte qu’ils se sont battus à cause de deux interprétations différentes de la Constitution.

En ce qui concerne la Proclamation de l’émancipation, du côté de l’Union, les officiers de l’armée craignaient des désertions au sein des troupes de l’Union si la Proclamation de l’émancipation leur donnait l’impression qu’ils étaient tués et mutilés pour la cause des noirs. C’est pourquoi Lincoln avait souligné que la proclamation était une « mesure de guerre » pour provoquer une rébellion d’esclaves à l’intérieur qui allait faire sortir les troupes du Sud de la ligne de front.

Si nous y regardons de plus près, nous pouvons trouver une argumentation bidon dans la Déclaration de la Caroline du Sud des Causes de la Sécession (20 décembre 1860) si nous ne tenons pas compte du raisonnement du document. L’élection de Lincoln a empêché la Caroline du Sud de se séparer. Au cours de sa campagne présidentielle, Lincoln a utilisé la rhétorique visant le vote abolitionniste. (Les abolitionnistes ont voulu que l’esclavage soit aboli pour des raisons morales, bien qu’il soit parfois difficile de voir de la morale dans l’expression de leur haine, mais ils n’ont jamais contrôlé le gouvernement.)

La Caroline du Sud a vu dans la rhétorique électorale de Lincoln l’intention de violer la Constitution des États-Unis, qui était une entente volontaire reconnaissant chaque État comme un État libre et indépendant. Après avoir fourni une histoire qui soutenait la position de la Caroline du Sud, le document indiquait que pour supprimer tous les doutes sur la souveraineté des États, « un amendement avait été ajouté selon lequel les pouvoirs non délégués aux États-Unis par la Constitution, ou non interdits aux États par la constitution, sont réservés aux États, respectivement, ou aux personnes « .

La Caroline du Sud a vu l’esclavage comme un prétexte utilisé par le Nord pour violer la souveraineté des États et pour centraliser davantage le pouvoir à Washington. Le document de sécession fait valoir que le Nord, qui contrôlait le gouvernement américain, avait rompu le pacte sur lequel reposait l’Union et, par conséquent, avait rendu l’Union nulle et non avenue. Par exemple, la Caroline du Sud a cité l’article 4 de la Constitution des États-Unis, qui se lit comme suit: «Nulle personne tenue de fournir un service ou un travail dans un État en vertu de ses lois qui s’enfuirait dans un autre Etat, ne peut, quelles que soient les lois ou règlements en vigueur dans ce dernier Etat, être libéré de ce service ou travail, et doit être livré, sur la demande de la partie à laquelle un tel service ou travail pourrait être dû.  » Les États du Nord avaient adopté des lois qui annulaient les lois fédérales qui soutenaient cet article du pacte. Ainsi, les États du Nord ont délibérément rompu le pacte sur lequel l’union s’était formée.

L’implication évidente était que tous les aspects des droits des États protégés par le 10ème amendement pourraient désormais être violés. Et à mesure que le temps passait, la lecture de la situation en Caroline du Sud s’est vérifiée.

Le document de sécession se lit comme une défense des pouvoirs des États et non comme une défense de l’esclavage. Voici le document: http://teachingamericanhistory.org/library/document/south-carolina-declaration-of-causes-of-secession/

Lisez-le et voyez vous-mêmes.

Un historien de cour, qui est déterminé à détourner l’attention de la destruction par le Nord de la Constitution américaine et des crimes de guerre qui ont accompagné la destruction de la Constitution, aurait là un parfait exemple de la manière dont le Nord a utilisé l’esclavage en Caroline du Sud pour subvertir la Constitution. Le raisonnement de l’historien de cour est que, étant donné que la Caroline du Sud considérait que l’esclavage est une affaire à régler ultérieurement, alors l’esclavage doit avoir été la cause de la guerre.

Comme la Caroline du Sud a été la première à faire sécession, son document de sécession a probablement servi de modèle pour d’autres États. Si c’est le cas, c’est le boulevard par lequel les historiens de cour, c’est-à-dire ceux qui remplacent l’histoire réelle par une fausse histoire, transforment la guerre en guerre contre l’esclavage.

Une fois que les gens ont subi un lavage de cerveau, surtout si c’est par propagande qui sert le pouvoir, ils sont plus ou moins perdus pour toujours. Il est extrêmement difficile de les amener à la vérité. Il suffit de regarder la douleur et la souffrance infligées à l’historien David Irving pour avoir révélé la vérité documentée sur les crimes de guerre commis par les alliés contre les Allemands. Il ne fait aucun doute que ce qu’il dit est vrai, mais la vérité est inacceptable.

Il en est de même de la Guerre d’Agression du Nord. La mascarade remplaçant l’histoire a été institutionnalisée depuis 150 ans. Un mensonge institutionnalisé est très résistant à la vérité.

L’éducation s’est tellement détériorée aux États-Unis que beaucoup de gens ne peuvent plus faire la différence entre une explication et une excuse ou une justification. Aux États-Unis, la dénonciation d’un objet de haine orchestrée est une voie plus sûre pour un écrivain que l’explication. La vérité est la victime.

Cette vérité est si rare partout dans le monde occidental, c’est pourquoi l’Occident est condamné. Aux États-Unis, par exemple, la totalité de la population ignore complètement sa propre histoire.

Comme l’a dit George Orwell, la meilleure façon de détruire un peuple est de détruire son histoire.

 

Sources

Thomas J. Di Lorenzo – Abraham Lincoln (Mises.org)

 

Le conditionnement moderne et le cosmonaute

Le cosmonaute comme arme de destruction massive

Nicolas Bonnal. Publié par nos amis de fr.sputniknews.com

Beaucoup de gens doutent de l’alunissage de 1969, autre opération de l’Etat US.

En réalité il n’y a jamais eu de conquête spatiale, ni même de volonté de conquête spatiale. Et la soi-disant conquête spatiale n’avait que deux missions: contrôler l’espace proche de la terre transformée aujourd’hui en poubelle bourrée de satellites de surveillance et d’armes de destruction démocratique ; préparer notre vie à tous dans le monde simulateur du XXIème siècle. Mais si la conquête spatiale initiée par les nazis et poursuivie du fait de la guerre froide, cette guerre froide avec le monde qui n’en finit pas, et qui risque de nous coûter finalement cher, n’a pas servi à conquérir les galaxies et à exploiter les pétroles vénusiens en guerroyant avec les Aliens et les hommes verts, à quoi aura-t-elle donc servi ?

A nous conditionner et à nous préparer à des temps moins marrants, digne de la dystopie présente.

Oubliez les résultats inexistants de la pseudo-conquête et revoyez 2001 l’odyssée de l’espace, ou bien l’Étoffe des héros, ou bien même Solaris, et comparez votre vie urbaine et celle à venir de vos enfants avec celle d’un cosmonaute. Revoyez tous ces films de science-fiction et vous verrez que tout cela n’avait que ce seul but : nous préparer à vivre comme des cosmonautes, mais sans jamais aller dans l’espace. La simulation de vol spatial et de conquête des étoiles est allée de pair avec un contrôle mental et surtout, finalement, physique sans précédent dans l’histoire de notre occident vieillissant.

 

Car, et réfléchissez bien, en quoi consiste la vie d’un cosmonaute ? Revoyez 2001, pas la Guerre des étoiles, qui sert à vendre des jeux vidéo. J’ai évoqué ce thème dans mon long livre sur Kubrick.

  • Un cosmonaute passe sa vie devant des écrans, comme nos contemporains. Il a toujours un problème technique. Il est toujours dans un moyen de transport quelconque.
  • Un cosmonaute a peu d’espace pour vivre. Pensez au parisien ou au newyorkais pauvre.
  • Un cosmonaute se tient toujours dans la dépendance d’un moyen technologique.Il passe son temps à envoyer des messages codés et à se plaindre d’avoir un problème (Houston…). Il passe son temps à pousser des boutons et, s’il n’est pas très calé en réparations (et qui va réparer un gadget Apple ?), il se tient bien tranquille.
  • Il est gros consommateur d’énergie et il ne se sert plus de son corps. Il en grignote, des friandises, comme dans un conte de fées ! Combien vous dites, un milliard trois d’obèses dans le monde ? Wall-Ereprésente d’ailleurs un vaisseau d’obèses en lévitation permanente. Seuls les pouces travaillent sur le smartphone.
  • Un cosmonaute est tenu de lire tout le temps des modes d’emploi et des règlements. Revoyez la pause-pipi, un des moments marrants de 2001 l’odyssée de l’espace. Et pensez au tableau de bord de votre BMW ou à votre vie quotidienne contrôlée par les ordinateurs et les clones d’Hal 9000.

 

Mais surtout, le cosmonaute annonce le troupeau mondialisé du citoyen anonyme et sans honneur.

  • Le cosmonaute est sans racines. Il n’y a pas plus de terre, il n’y a plus de nation dans l’espace. Il n’y a que des vaisseaux et que des bases US, des stations, stations qui n’ont rien de christique. Dans l’espace, personne ne vous entendra prier ! Et pensez au temps que nous devons passer dans des endroits aseptisés (aéroports, hubs, échangeurs, supermarchés, stations-services, centres commerciaux, etc.). Le film Gravityavec Bullock et Clooney le montre bien d’ailleurs.
  • Un cosmonaute plane, il est cool, il fait des voyages dans l’astral. Suspendu les quatre fers en l’air, il a perdu la notion du temps et de… l’espace. On avait comparé la vision ultime de 2001à l’absorption de LSD. Le cosmonaute annonce l’individu blasé et déphasé, nourri aux benzodiazépines…

 

  • Il perd aussi la notion de nourriture, en suçant à petites gorgées tout un tas de cochonneries baptisées « Science Food » par la fondation Rockefeller. On voit les enfants du monde se précipiter dessus, sur ces poisons chimiques et ces venins en plastique. Pensez aussi à la corvée du repas dans 2001et à la méditation de Bruce Dern dans le très beau Silent running(Nietzsche pronostiquait un retour à l’enfance, il a été servi).
  • En parlant de ce film, je dois rajouter qu’il est écologiste et que l’écologie est apparue avec la conquête spatiale, comme forme silencieuse et sophistiquée de notre eschatologique dictature humanitaire.Il faut défendre la « planète bleue » en contrôlant les populations et leur consommation. Qui devra-t-on sacrifier ? Un ou deux membres de l’équipage ! Voyez l’album d’Hergé : lui avait résolu le problème !
  • Le cosmonaute est évidemment unisexe.Habillé en uniforme, éternel enfant en état d’apesanteur, il perdu toute virilité, toute féminité, ne rêvant comme dans Alienou Species que de s’accoupler avec des incubes ou des succubes (les ET sont les simples démons de notre tradition chrétienne). Sa vie sexuelle est virtuelle et pornographique, ne dépendant que des fantasmes. Et cette révolution sexuelle est en cours : voyez les émissions du câble la nuit, vous comprendrez où l’avant-garde culturelle américaine veut nous mener. Les sorcières de Shakespeare et le bon Dracula n’ont qu’à bien se tenir.
  • Condamné à une fausse vie, une existence minimale et formelle (le mètre carré est bien trop cher, comme à Paris, Séoul ou Manhattan), le cosmonaute compétent doit passer sa vie à se former, se recycler, et s’entraîner.Mais dans Wall-E, ce sont les robots qui ont ce beau rôle, comme dans Terminatoret finalement dans 2001 ou I robot: à la fin de l’Histoire, l’ordinateur est le seul être libre.

 

  • Le cosmonaute est aussi condamné à s’ennuyer, faire des jeux vidéo, à contrôler son mental et son diabète sous le regard sévère du complexe militaro-médical et psychiatriquequi a pris le contrôle de nos identités bien menacées. Dans cette vie vidée d’essence, on le remplit de faux souvenirs comme dans une mauvaise nouvelle de Philip K. Dick(voyez Total recall, le meilleur Schwarzenegger). Vis-je, ou rêvé-je ma vie si vide ?
  • La cybernétique a pris le contrôle de nos sociétés avec la guerre, la recherche nazie, soviétique, américaine. Lisez Chris Gray(le Cyborg Handbook) ou le chercheur soviétique, moins connu bien sûr, Slava Gerovitch(New soviet man) qui explique comment le programme d’entraînement des cosmonautes était sous le contrôle des centres de recherche cybernétique.

Pas très capable de nous envoyer dans l’espace, pas très capable de nous promettre la lune, la farce médiatique de la conquête spatiale et du cosmonaute US a permis la transformation des humains en transhumains. Presque tous les grands écrivains de SF américains, y compris le fondateur de la scientologie venaient de l’intelligence navale et militaire. Je vous laisserai vérifier.

Livres

Daniel Estulin — Tavistock Institute
Gérard Wishnevski — Moonlanding hoax
Nicolas Bonnal — les mystères de Stanley Kubrick ; Ridley Scott (Dualpha)

Éros et la guerre, syndrome Jeanne d’Arc. La belle va revêtir une armure et terrasser son monstre. Voyez GI Jane, Thelma et Louise. La femme armée en walkyrie. Extrait du Nicolas Bonnal :

On remarquera en outre à quel point le cinéma grand public, quelque mal que l’on pense de lui, est devenu féministe ces dernières années. Partout il n’est question que de recyclage de contes de fées, d’héroïnes inadaptées dans un monde bien hostile, de filles en amazones, d’arcs et de flèches, de sorts et de sorcières. Voyez les remakes de Blanche-Neige, ceux du chaperon rouge, et bien sûr les jeux de la faim ou bien le désormais classique Crépuscule. On est ici face à un phénomène amusant, qui a même gagné les gentils réacs républicains de Pixar, dans leur film sur l’inévitable princesse rebelle, celui du rétro-féminisme. La femme est à la mode, elle prend le pouvoir, elle est guerrière et tout, est rebelle à souhait, mais elle est quand même une princesse, une fée, une entité venue d’un autre temps. Le féminisme passera par la célébration de la reine ou de la déesse païenne plus que par celui de la jeune executive woman ou de la working girl américaine qui a fait son temps.

Jeanne d’Arc comme toujours.