Morceau du jour : la culture moderne comme arme de destruction massive

De la culture comme arme de destruction massive

 

La culture moderne veut détruire tout ce qu’il y a eu avant elle. L’idéologie du progrès l’a rendue folle (idem en 93 !) et elle est convaincue qu’elle peut juger et refaire le monde. Tout ce qui aura été conçu par le mâle blanc, bourgeois dont se moquait Sartre dans son plaidoyer aux étudiants japonais. Voyez Lost in translation pour voir ce qu’on a fait depuis du Japon.

Nietzsche, toujours lui, écrit :

« Les historiens naïfs appellent « objectivité » l’habitude de mesurer les opinions et les actions passées aux opinions qui ont cours au moment où ils écrivent. C’est là qu’ils trouvent le canon de toutes les vérités. Leur travail c’est d’adapter le passé à la trivialité actuelle. Par contre, ils appellent « subjective » toute façon d’écrire l’histoire qui ne considère pas comme canoniques ces opinions populaires ». »

 

Je me moque que la lie de notre bonne société ne s’intéresse plus aux humanités. Je l’avais dit chez Dechavanne. Mais qu’au moins elle ne détruise pas les statues, Versailles (roi facho), la sainte Chapelle (roi bigot) pour soulager sa bonne conscience. Les nazis faisaient de même, et on ne peut que comparer cette volonté de détruire les statues à celle de brûler des livres, dont plus de la moitié était écrite par des Allemands.

Le célèbre juriste allemand Carl Schmitt, un temps passé au nazisme, et inspirateur indirect des néocons, avait indiqué que tout ce qui avait été écrit par un juif dans le domaine culture, juridique ou autre devait être estampillé Judaïque. Or le prix Nobel péruvien Mario » Vargas LLosa a remarqué qu’on ne  se repère plus comme jadis  dans les bibliothèques universitaires américaines. Comme chez les nazis vous êtes jugés en fonction de votre sexe ou de votre race.

Je cite ce libre esprit dans un espagnol très simple :

« A las anticuadas secciones de antaño — literatura, filosofía, arte, cine, crítica— habían reemplazado las posmodernas de teoría cultural, clase y género, raza y cultura y un estante titulado «el sujeto sexual», que me dio cierta esperanza, pero no tenía nada que ver con el erotismo, sino con la patrología filológica o machismo lingüístico.

La poesía, la novela y el teatro habían sido erradicados; la única forma creativa presente eran algunos guiones cinematográficos. En un puesto de honor figuraba un libro de Deleuze y Guattari sobre nomadología y otro, al parecer muy importante, de un grupo de psicoanalistas, juristas y sociólogos sobre la deconstrucción de la justicia.”

 

 

Vargas Llosa accuse les intellos français, la déconstruction (mais Derrida avait attaqué la démocratie à venir et la notion abjecte d’Etat-voyou), etc. Je pense que les intellectuels nazis comme Schmitt ont aussi leurs responsabilités. Tout cela a fourni un background culturel pour permettre au maire black de Baltimore de détruire les statues sudistes comme les nazis détruisaient les livres. Comme ça on ne parlera pas du chômage et des massacres de rue à Baltimore (je sais, c’est aussi la faute du blanc).

 

Notre culture comme arme de destruction massive va détruire tout : tout le passé est décrété blanc, macho, fasciste, il sera donc exterminé. Et alors ? Diront certains pressés de voir la suite de Walking dead.

 

Le reste sera adapté aux narratives officiels et on peut faire confiance à la technologie du clic et à la sous-culture, à la prostration de nos masses anesthésiées (Stanley Payne sur les espagnols) pour ne pas réagir plus que de raison !

 

Le journaliste Charlie Nash dans Breitbat.com parlait de la fin du free speech ordonnée par les ingénieurs ilotes, les robots et les logiciels de la Silicon Valley.

Silly con, encore un mot qui va loin.

 

Ils cassent le monde, disait Boris, il en reste assez pour moi.

 

 

Sources

 

Nicolas Bonnal – La culture comme arme de destruction maiive (Amazon.fr)

Jean Baudrillard – Simulacres et simulation

Friedrich Nietzsche – Deuxième considération inactuelle

Macdonald – The culture of critique (pour la référence à Schmitt)

Mario Vargas LLosa – La civilisation du spectacle

Migrants de Montréal : un québécois réagit (sur Dedefensa.org)

La loi des sans-papiers

Nous profitons des récents déferlements de migrants illégaux en terres québécoises afin de poursuivre une réflexion amorcée il y a quelques années et qui était restée en plan. Les puissances atlantistes s’acharnent à démembrer nos états afin de pouvoir reconfigurer la Polis, c’est-à-dire tout le modus vivendi qui constitue la charpente d’un « vivre ensemble » qui est tout sauf une pétition de principe. Puisque la « paix sociale » n’est pas la résultante d’une compromission forcée mais bien la sommation de l’histoire nationale. À l’heure des « Invasions barbares », il y a péril en la demeure !

L’identité permet de communiquer avec autrui

Le dialogue n’est possible qu’à partir de l’altérité, c’est-à-dire cette différence qui marque les limites constitutives de la rencontre avec les autres. C’est en érigeant des FRONTIÈRES que l’on pose les jalons de notre identité, de la constitution de notre être collectif. La frontière – Régis Debray l’a parfaitement bien expliqué sans son OPUS intitulé Éloge des frontières – c’est, d’abord et avant tout, la ségrégation opérée par le langage afin d’être en mesure de se distancier des choses et des hommes. Nommer l’univers qui nous entoure permet d’ériger des bornes salutaires qui agiront comme les marqueurs de notre identité et, partant, représentent une forme de cartographie de cette cité qui regroupe nos semblables.

Bâtir un milieu de vie

Même les marchandises finissent leur course quelque part afin de s’intégrer à la petite famille des objets domestiques d’une maisonnée. La domesticité – DOMUS – c’est ce qui distingue un milieu de vie et participe à son enrichissement au gré d’une patiente acclimatation. La domesticité comporte ses lieux communs, ses règles, son modus vivendi, son environnement et sa société respective; tout ce qui participe à la vie familiale requiert une part d’inviolabilité et de protection. C’est l’intimité du foyer – oïka chez les anciens Grecs – qui fera en sorte qu’Ulysse finisse par trouver les forces nécessaires afin d’être en mesure de retourner parmi les siens. La maison familiale c’est le nœud de notre mémoire intime, c’est le réceptacle d’une tradition filiale qui fonde toute la charpente de nos futures entreprises et qui représente une référence insurpassable pour quiconque n’a pas été complètement déraciné.

Le viol de la cité

« Montréal, ville sanctuaire pour les migrants » s’apparente à un slogan politique qui décline un programme particulièrement délétère, toxique. En effet, le Maire de Montréal s’arroge le droit d’ouvrir un canal privilégié afin de permettre à de puissantes organisations mondialistes de faire converger des milliers de migrants au cœur de la métropole d’un Québec qui est littéralement violé en toute impunité. Chemin faisant, Montréal devient le Cheval de Troie qui permettra à toutes les Open Society – société écran créée par George Soros – de ce monde de venir phagocyter les prérogatives régaliennes de la cité. En d’autres termes, les habitants de Montréal – et le gouvernement du Québec – devront consacrer des sommes exorbitantes pour que des intérêts financiers étrangers puissent organiser des camps d’accueil pour migrants qui se transformeront en … camps de travail éventuellement. Il ne restera plus qu’à utiliser ce nouveau pipeline à migrants afin de pourvoir aux emplois subalternes des services dédiés au confort de l’hyperclasse et des touristes en goguette. À moyen terme, il n’y aura plus aucun francophone (de souche) à Montréal, ce qui permettra de faire de l’ancienne métropole du Québec une ville franche au service de l’oligarchie mondialiste et de procéder, de facto, à la partition de cette Nouvelle-France qui résistait toujours au rouleau compresseur de l’Empire.

Le Maire de Montréal contrevient – c’est le cas de le dire – aux capacités régaliennes des paliers supérieurs de gouvernement de réguler l’immigration de masse. Toute cette approche – qui n’est pas l’apanage de la métropole québécoise – a été mise en place par les puissants réseaux du tandem Clinton-Soros afin de paralyser les politiques du gouvernement Trump en matière de politique migratoire. Montréal rejoint, ainsi, le peloton des villes franches qui ont décidé d’outrepasser les pouvoirs supérieurs en matière d’immigration en agissant de leur propre chef, comme si elles étaient des cité-états­ de la Renaissance. Et, dans un contexte où une nouvelle crise financière menace de frapper l’Amérique du Nord de plein fouet, il va de soi que toute cette politique de sabotage des tissus urbains risque de provoquer une dislocation de la cité pour que nos milieux de vie se transforment en métastases incurables. À terme, c’est la souveraineté des états qui est visée, ce qui facilitera le parachèvement des grands traités de libre-échange et laissera aux multinationales toute la latitude voulue pour gouverner.

Le grand remplacement

Les québécois regardent, médusés, leur propre métropole se désagréger alors que des ressources publiques considérables sont pompées afin d’accélérer le processus. Il s’agit d’un « suicide assisté » de très grande ampleur et le spectre des mesures qui nous sont imposées par l’oligarchie mondialiste nous force à préciser les termes de notre réflexion.

Cette accélération soudaine du flux migratoires profitera, bien entendu, au Parti libéral du Québec qui pourra compter sur accroissement de son bassin d’électeurs potentiels. Outre qu’elle fera baisser les conditions de vie des travailleurs, cette politique néocoloniale aura pour effet de disloquer nos milieux de vie, de solliciter à outrance les finances d’un état à bout de souffle et de contribuer à de faire du Grand Montréal métropolitain un véritable protectorat étranger. Le Québec devrait, à brève échéance, être coupé en deux. Et, le poison faisant effet, l’anéantissement de notre nation sera réalisé pour le plus grand bonheur des architectes d’un multiculturalisme au service de l’oligarchie financière internationale.

La Consultation sur la discrimination systémique et le racisme, mise de l’avant par le gouvernement Couillard, représente la clef de voute au chapitre de l’ingénierie sociale et permettra de mettre en place un dispositif qui agira comme un puissant adjuvant afin de disqualifier tous les patriotes qui s’aviseraient de remettre en cause cette abominable gabegie. Il n’y a qu’à voir toute l’entreprise de concertation qui se tisse entre le ministère fédéral du Patrimoine et le gouvernement du Québec pour comprendre que la bourgeoisie compradore désire accélérer le tempo afin d’en finir avec la dissidence … avant la tenue des prochaines élections provinciales.

Pour en finir avec la mythologie des Brics

On nous fait rêver avec les Brics. Je veux dire, on fait rêver les petits blancs avec les Brics, ceux qui se révoltent contre leurs élites financières et politiques. Les Brics, ce serait le bien, les gouvernements occidentaux le mal. Ce manichéisme à trois kopecks est devenu une donne mondiale chez la plupart des antisystèmes.

 

Mais de qui se fout-on ?

Prenons un petit cas bien oublié.

Depuis quand le contrôle économique et même spatial de la Russie par la Chine est une bonne chose ?

En 2015, on trouve dans courrier international :

« La saison des soldes est ouverte ! Notre partenaire oriental vient de s’offrir 115 000 hectares de terres russes en location en Transbaïkalie !” lance ironiquement le journal Novaya Gazeta en ouverture d’un article très critique à propos de la décision de louer des terres de Sibérie à la Chine.

Un protocole d’intention avec la société d’investissement Huae Siben a été signé le 9 juin avec le gouverneur de Transbaïkalie, une région montagneuse à l’est du lac Baïkal. Le contrat prévoit la location des terres sibériennes pour 49 ans. Problème : les Chinois sont réputés pour polluer les terres agricoles jusqu’à les rendre totalement infertiles lorsqu’ils les “rendent” à leur propriétaire, explique le magazine en ligne Slon. »

Propagande russophobe et aux ordres du système ? Mais quand même…

Et en 2009, toujours dans courrier international, bien avant que la Russie dirigée alors par Medvedev, se retrouve dans le collimateur des médias occidentaux :

« En quête d’espace, Pékin lorgne les territoires de son voisin du nord. Et propose de louer Vladivostok pour une somme rondelette. Première étape d’une stratégie à long terme, selon le Moskovski Komsomolets.

Vladivostok, la plus grande ville de l’Extrême-Orient russe avec
578 000 habitants, attise les convoitises chinoises. Mi-septembre, on
apprenait que la moitié de cette ville qui fut fermée aux étrangers par le
régime soviétique pourrait être louée à la Chine pour une durée de
soixante-quinze ans… »

 

Je ne donne pas cher de la présence russe en Sibérie d’ici l’an 2050. Et attendez le départ de Vladimir Poutine pour savoir comme la Russie va évoluer…

Sur l’Afrique du sud, on sait tous sans oser le dire que la vie des Blancs (fascisés comme partout par la propagande mondialiste ou gauchiste, surtout quand ils sont pauvres)  est devenue un enfer ; on parle de 90 000 victimes depuis trente ans, et l’on sait que le très corrompu et incapable président Zuma veut privatiser les terres restant aux fermiers blancs. Tout cela finira par plus de tueries et par plus de situation de type rhodésien (pardon, zimbabwéen), avec une petite disette et une bonne inflation à dix chiffres. Mais si l’Afrique du sud représente le futur du petit blanc râleur à la française… Vous avez dix mille articles sur ce sujet en anglais, et je ne pense pas que Sion ou Washington soient derrière cette désinformation ! Récemment on lit enfin sur Bvoltaire.fr :

« Nous sommes aujourd’hui bien loin d’un pays «Black-Blanc-Boers» : l’ancien Etat-phare du continent africain est devenu où le crime prospère. Un pays, gangrené par la corruption et le chômage, où la minorité blanche (8 % de la population) est aujourd’hui grandement en danger.

En effet, les politiciens marxistes proches de l’ANC exploitent avidement les vieux conflits ethniques. Le Blanc est ainsi désigné comme étant un parasite, un violeur, un tueur, un traître complotant sans cesse contre les populations noires. »

L’auteur ajoutait, quitte à passer pour un suprématiste, comme ceux qui ne veulent pas qu’on enlève toutes leurs statues en Amérique du Nord (lisez Denson pour comprendre qui était Lincoln, et Philippe Grasset pour savoir qui était le général Lee) !

« De même les inscriptions racistes, les discours génocidaires, les chants appelant à «tuer tous les Blancs» se multiplient. Un membre du parlement fait d’ailleurs remarquer que «Julius Malema [proche du président Zuma, NDLR] est en train de préparer son peuple à massacrer les Blancs, lorsqu’il en donnera le signal ». Car n’est-ce pas la finalité de cette situation tragique : l’épuration ethnique des Blancs ? Tous les ingrédients d’un massacre de masse sont déjà là. L’ONG Genocide Watch, qui a établi une échelle de mesure des risques, place l’Afrique du Sud à l’étape 9 sur 10 avant le drame. »

 

Les riches blancs déracinés comme Oppenheimer ou Théron s’en fichent ou applaudissent (« il faut mettre au pas la tribu blanche », disait Oppenheimer ricanant au Figaro, du haut de ses cinq milliards de fortune volés aux boers en 1902, et au sol sud-africain), et c’est ce qui donne à l’affaire un tour plus moral encore !

L’Inde ? Parlons-en. Zerohedge.com soutient le 16 août que ce pays, que Sharon était allé visiter lors d’un de ses rares voyages internationaux, pays totalement sous contrôle sioniste et anglo-saxon, quoiqu’en pensent les antisystèmes, commence une guéguerre contre  la Chine, guerre qui pourrait dégénérer très vite. Washington ne voulant pas se salir dans cette histoire, pourra utiliser le désastreux nationaliste (mort de rire ! J’ai vécu en Inde il y a vingt ans et j’ai vite saisi la trahison coutumière de la racaille nationaliste) Modi pour déclencher l’apocalypse nucléaire en Asie. Modi organisa avec l’aide de Google et d’Amazon la confiscation du cash aux Indes. Indiatimes.com parle de deals de 400 milliards de dollars avec Jeff Bezos. Modi vend son pays au GAFA et puis c’est tout… Son pays est une succursale des monstres technologiques US et puis c’est tout.

Une fois de plus le patriotisme aura été le dernier refuge de la canaille, et à ce propos je vous conseille de lire et relire le texte du Dr Johnson sur les si curieux patriotes américains. Il semble que ce grand homme, plus grand styliste de la langue anglaise, ait compris avec prophétisme et concision les horreurs qui sortiraient de la pseudo- guerre d’indépendance archi-truquée comme on sait.

On commence aussi à comprendre que les chinois aiment le cash encore moins que nos bonnes vielles élites occidentales ! Tout par le smartphone, et puis c’est tout. Le camp de concentration électronique passera par la Chine, masse mieux préparée (lisez Grousset…) à la tyrannie des bureaucrates et de l’élite hostile.

Entendons-nous bien : ce n’est pas moi qui ferai la propagande pour nos élites zombies (je ne ferai pas non plus la propagande pour le Mélenchon ou la Marine, là aussi il serait temps de se dessiller les yeux). Mais le comportement benoit et benêt de certains me scandalise même si on sent bien dans les commentaires ici ou là que peut-être on est allé un peu loin dans l’idolâtrie de ces grands lointains orientaux ou tropicaux.

Mais ceux qui attendent le salut de l’orient, de l’Afrique ou du Brésil en miettes et réduite à l’état de république bananière (dixit Escobar : «  a provisional scoundrel banana republic ») lui-même en seront pour leurs frais. Quant à l’américanisation saugrenue et forcenée de la bourgeoisie chinoise, je ne vous dis pas comme elle me fait frémir d’admiration.

 

L’humanité soumise n’est pas au bout de ses peines !

Très busy Pokémon, moi gros con, vive l’ancien Japon ! La Boétie parle de l’aliénation des peuples par les jeux débiles, dans la cité de Lydie, ainsi contrôlée par Cyrus !

La route de la servitude (de La Boétie au micron)

 

Il n’y aurait pas besoin de théorie de la conspiration. Le peuple n’est pas un gentil innocent, une victime naïve. Le peuple, cette somme d’atomes agglomérés, de solitudes sans illusions (Debord) aime naturellement être mené à l’étable ou à l’abattoir. Et peut-être que le monologue de Figaro disait tout finalement… On y reviendra un beau jour !

Telle est l’éternelle leçon de la Boétie qui s’extasie devant l’infinie capacité des hommes à s’aplatir devant l’autorité. Chouchou des libertariens et de notre cher Murray Rothbard, l’adolescent prodige s’écœure lui-même en écrivant ces lignes, en rappelant ces faits :

« Il n’est pas croyable comme le peuple, dès lors qu’il est assujetti, tombe si soudain en un tel et si profond oubli de la franchise, qu’il n’est pas possible qu’il se réveille pour la ravoir, servant si franchement et tant volontiers qu’on dirait, à le voir, qu’il a non pas perdu sa liberté, mais gagné sa servitude. Il est vrai qu’au commencement on sert contraint et vaincu par la force ; mais ceux qui viennent après servent sans regret et font volontiers ce que leurs devanciers avaient fait par contrainte. »

Dostoïevski observe dans sa maison des morts (qui est plutôt une maison des vivants, son roman le plus drôle) que l’on s’habitue en effet à tout. La Boétie :

« C’est cela, que les hommes naissant sous le joug, et puis nourris et élevés dans le servage, sans regarder plus avant, se contentent de vivre comme ils sont nés, et ne pensent point avoir autre bien ni autre droit que ce qu’ils ont trouvé, ils prennent pour leur naturel l’état de leur naissance. »

C’est la vraie conspiration dont parle aussi en prison le fasciste non repenti Rebatet : nous nous soumettons au joug de la bagnole, de la salle de bains américaine, des artefacts électroniques. La Boétie explique ensuite comment on développe les jeux, l’esprit ludique, et dans quel but politique :

« Mais cette ruse de tyrans d’abêtir leurs sujets ne se peut pas connaître plus clairement que Cyrus fit envers les Lydiens, après qu’il se fut emparé de Sardis, la maîtresse ville de Lydie, et qu’il eut pris à merci Crésus, ce tant riche roi, et l’eut amené quand et soi : on lui apporta nouvelles que les Sardains s’étaient révoltés ; il les eut bientôt réduits sous sa main ; mais, ne voulant pas ni mettre à sac une tant belle ville, ni être toujours en peine d’y tenir une armée pour la garder, il s’avisa d’un grand expédient pour s’en assurer : il y établit des bordels, des tavernes et jeux publics, et fit publier une ordonnance que les habitants eussent à en faire état. Il se trouva si bien de cette garnison que jamais depuis contre les Lydiens il ne fallut tirer un coup d’épée. Ces pauvres et misérables gens s’amusèrent à inventer toutes sortes de jeux, si bien que les Latins en ont tiré leur mot, et ce que nous appelons passe-temps, ils l’appellent ludi, comme s’ils voulaient dire Lydi. »

Les bordels et les tavernes : comptez le nombre de sites porno sur le web pour voir un peu (Snyder parle de quatre millions); et comparez aux sites anti-conspiration. Vous verrez que nous sommes peu de chose. Un milliard de vues pour une chanson Gaga ou Rihanna.

La Boétie dénonce l’effémination des cités et des Etats soumis à la tyrannie. Elle fonctionne avec la servilité et la soumission. Avec la culture aussi, comme le verra Rousseau.

« Tous les tyrans n’ont pas ainsi déclarés exprès qu’ils voulussent efféminer leurs gens ; mais, pour vrai, ce que celui ordonna formellement et en effet, sous-main ils l’ont pourchassé la plupart… Les théâtres, les jeux, les farces, les spectacles, les gladiateurs, les bêtes étranges, les médailles, les tableaux et autres telles drogueries, c’étaient aux peuples anciens les appâts de la servitude, le prix de leur liberté, les outils de la tyrannie. Ce moyen, cette pratique, ces allèchements avaient les anciens tyrans, pour endormir leurs sujets sous le joug. Ainsi les peuples, rendus sots, trouvent beaux ces passe-temps, amusés d’un vain plaisir, qui leur passait devant les yeux, s’accoutumaient à servir aussi niaisement, mais plus mal, que les petits enfants qui, pour voir les luisantes images des livres enluminés, apprennent à lire. »

Puis La Boétie compare les méthodes éducatives, et ce n’est pas piqué des vers. Lui aussi promeut et aime Sparte – comme Rousseau et comme d’autres.

« Lycurgue, le policier de Sparte, avait nourri, ce dit-on, deux chiens, tous deux frères, tous deux allaités de même lait, l’un engraissé en la cuisine, l’autre accoutumé par les champs au son de la trompe et du huchet, voulant montrer au peuple lacédémonien que les hommes sont tels que la nourriture les fait, mit les deux chiens en plein marché, et entre eux une soupe et un lièvre : l’un courut au plat et l’autre au lièvre. « Toutefois, dit-il, si sont-ils frères ». Donc celui-là, avec ses lois et sa police, nourrit et fit si bien les Lacédémoniens, que chacun d’eux eut plus cher de mourir de mille morts que de reconnaître autre seigneur que le roi et la raison. »

Ensuite La Boétie est encore plus révolutionnaire, il est encore plus provocateur et méprisant pour le populo ; il remarque que comme sur Facebook on aime jouer à Big Brother, qu’on aime participer à son propre emprisonnement (empoisonnement) moral et physique – et qu’on paierait même pour. C’est le Panopticon de Bentham à la carte :

« Celui qui vous maîtrise tant n’a que deux yeux, n’a que deux mains, n’a qu’un corps, et n’a autre chose que ce qu’a le moindre homme du grand et infini nombre de nos villes, sinon que l’avantage que vous lui faites pour vous détruire. D’où a-t-il pris tant d’yeux, dont il vous épie, si vous ne les lui baillez ? Comment a-t-il tant de mains pour vous frapper, s’il ne les prend de vous ? Les pieds dont il foule vos cités, d’où les a-t-il, s’ils ne sont des vôtres ? Comment a-t-il aucun pouvoir sur vous, que par vous ? Comment vous oserait-il courir sus, s’il n’avait intelligence avec vous ? Que vous pourrait-il faire, si vous n’étiez receleurs du larron qui vous pille, complices du meurtrier qui vous tue et traîtres à vous-mêmes ? »

 

Le citoyen participe à sa propre aliénation. On n’a jamais autant payé d’impôts en Amérique ou en France en 2016. L’Etat haï des pauvres libertariens n’a jamais été aussi sûr ! Quant au monstre froid européen… No comment.

Puis le jeune auteur parle des réseaux de la tyrannie qui sont sur une base six, comme le web (WWW_666, voyez mon livre qui d’ailleurs va être republié). On pense à Musset et à Lorenzaccio qui eux-mêmes répètent déjà la redoutable antiquité gréco-romaine :

« Toujours il a été que cinq ou six ont eu l’oreille du tyran, et s’y sont approchés d’eux-mêmes, ou bien ont été appelés par lui, pour être les complices de ses cruautés, les compagnons de ses plaisirs, les maquereaux de ses voluptés, et communs aux biens de ses pilleries. Ces six adressent si bien leur chef, qu’il faut, pour la société, qu’il soit méchant, non pas seulement par ses méchancetés, mais encore des leurs. Ces six ont six cents qui profitent sous eux, et font de leurs six cents ce que les six font au tyran. Ces six cents en tiennent sous eux six mille, qu’ils ont élevé en état, auxquels ils font donner ou le gouvernement des provinces, ou le maniement des deniers, afin qu’ils tiennent la main à leur avarice et cruauté et qu’ils l’exécutent quand il sera temps, et fassent tant de maux d’ailleurs qu’ils ne puissent durer que sous leur ombre, ni s’exempter que par leur moyen des lois et de la peine. »

Enfin La Boétie se méfie de l’architecture civile et il a raison. Voici comment il la dénonce, bien sobrement :

« De là venait la crue du Sénat sous Jules, l’établissement de nouveaux États, érection d’offices ; non pas certes à le bien prendre, réformation de la justice, mais nouveaux soutiens de la tyrannie. »

 

Bibliographie

Bloy – Exégèse des lieux communs

Dostoïevski – Souvenirs de la maison des morts

La Boétie – Discours sur la servitude volontaire

Nicolas Bonnal – Littérature et conspiration (sur Amazon.fr)

 

Nicolas Bonnal et les 47 rônins : le crépuscule du Japon ancestral (comme nos trois mousquetaires)

Fin de l’Histoire ? Reparlons des 47 rônins, film tourné en 1962, au moment de l’agonie du cinéma japonais ou américain (derniers Ford, derniers Walsh), relié à la Fin de l’Histoire telle qu’elle a été décrite par Kojève, lequel comme on sait s’est inspiré de l’exemple japonais, pays plusieurs fois « sorti » de l’Histoire. Godard aura bien recensé cette Fin de l’Histoire dans son Mépris, qui hypostasiait la Fin de l’Histoire du cinéma comme métaphore de cette Fin du mondeLa télé recouvrirait ce monde au lieu de nous le découvrir. Nous avons choisi la version en couleur (tohoscope) de notre maître nippon préféré Hiroshi Inagaki.

On est à l’ère Edo, au début du dix-huitième siècle tout couvert de perruques, de casinos et de ridicules châteaux rococo en Europe. Tout est confort civilisé, geisha, salons de couture, bouquets de fleur, raffinement tranquille. La corruption est là, l’âme noble le sent, comme Saint-Simon en France ou comme l’Arioste dans sa tirade sur l’artillerie. Dans les Sept samouraïs, les quatre victimes sont tuées par des armes à feu invisibles – c’est déjà la guerre pas très brave à la sauce anglo-américaine.

On voit des marchands Hollandais venus parler commerce et portant perruque, car on est à l’ère du Mondain de Voltaire (« le superflu, chose très nécessaire/ A réuni l’un et l’autre hémisphère »). On a aussi des décors fluos, luxueux, des costumes coûteux et tarabiscotés, car on n’est plus dans la société de Miyamoto Musashi. On sait aussi qu’à cette époque les samouraïs deviennent des bureaucrates, des valets. Mais est-ce un mal ? On passe de la cruauté chevalière à la bonne gestion moderne, au pouvoir tutélaire et doux de Tocqueville. Et qui préfère la première, à part un doux rêveur nietzschéen ? Le Japon prospérait et protégeait même ses forêts.

Et Kojève, cet esprit le plus dur de son siècle, écrit dans des lignes célèbres :

J’ai pu y observer une Société qui est unique en son genre, parce qu’elle est seule à avoir fait une expérience presque trois fois séculaire de vie en période de « fin de l’Histoire », c’est-à-dire en l’absence de toute guerre civile ou extérieure (à la suite de la liquidation du « féodalisme » par le roturier Hideyoshi et de l’isolement artificiel du pays conçu et réalisé par son noble successeur Yiyeasu).

Le film narre dit-on la revanche du clan Osono.

Mais c’est bien plus compliqué.

On a donc une société légère, corrompue et formaliste. Un comte nostalgique des vieux temps refuse de se plier aux règles (le bakchich) du capricieux et vicieux maître de cérémonies Kira.

Houspillé, Osono secoue le vil conseiller et il est condamné. Il meurt en se faisant seppuku, après avoir été invité à jeter un dernier regard esthète sur les cerisiers en fleurs. Ici aussi on est déjà sans le savoir chez Kojève :

Certes, les sommets (nulle part égalés) du snobisme spécifiquement japonais que sont le Théâtre Nô, la cérémonie du thé et l’art des bouquets de fleurs furent et restent encore l’apanage exclusif des gens nobles et riches.

Le film est sublime et oppose les valeurs héroïques (l’intendant mime l’ivresse et même l’avarice pour parvenir à son but de vengeance chevaleresque) aux valeurs modernes dégénérées – pour faire simple.

Mais ce n’est pas si simple, même si grimé en hallebardier solitaire (le chevalier sauvage décrit par Guénon) Toshiro Mifune se joint à eux comme il peut en gardant un pont à lui seul contre l’ennemi. A la fin, après vingt minutes de combat fantastique, les membres du clan Osono (aidés par le neutre voisin de Kira, proche de leurs valeurs), ridiculisent les gardes du corps de Kira (à l’exception d’un superbe combattant gros comme un sumotori) et ils vengent le comte Osono.

Mais ils ont insulté l’autorité et ils doivent se faire hara-kiri ! Et ils acceptent !

C’est donc un suicide collectif accompli – c’est le cas de le dire – dans les règles de l’art. Kojève, toujours :

« Ainsi, à la limite, tout Japonais est en principe capable de procéder, par pur snobisme, à un suicide parfaitement « gratuit » (la classique épée du samouraï pouvant être remplacée par un avion ou une torpille), qui n’a rien à voir avec le risque de la vie dans une Lutte menée en fonction de valeurs « historiques » à contenu social ou politique. »

Ici la lutte n’a clairement ni visée politique ni visée sociale. Elle est un point d’honneur et un défi qui ne va pas trop loin – on aurait pu se réfugier dans le brigandage et continuer de défier plus férocement des autorités si corrompues. On préfèrera se donner la mort sur ordre de ces mêmes autorités…

On lira aussi avec profit sur ce grand sujet le très beau livre sur la Mort volontaire au Japon publié dans les années soixante-dix par l’universitaire Maurice Pinguet.

Kojève termine par une note optimiste –trop pour nous :

« La civilisation japonaise « post-historique » s’est engagée dans des voies diamétralement opposées à la « voie américaine ».

Ce qui semble permettre de croire que l’interaction récemment amorcée entre le Japon et le Monde occidental aboutira en fin de compte non pas à une rebarbarisation des Japonais, mais à une « japonisation » des Occidentaux (les Russes y compris). »

Le Japon du désastreux Abe a montré le contraire. Comme dit Céline on n’échappe pas au commerce américain. Et comme dit Céline, la vérité de ce monde (la contre-civilisation occidentale qui s’impose partout) c’est la mort.

Le film-testament d’Inagaki (voyez son Rickshaw man et ses Trois trésors, film fleuve magique sur la cosmogonie nippone) défend ce Japon solaire et médiéval, sauvage et féodal, menacé par un monde moderne, formaliste, fait de décadents, de courtisans, de snobs et de marchands. La mort héroïque des 47 derniers combattants aurait été bouleversante.

On n’y reviendra plus ! Comme l’a vu Ridley Scott dans un grand film sous-coté, la pluie noire a mis fin à tout cela. Les vieilles générations de chevaliers errants ont été remplacées par les drogués, les combattants par des voyous ou des lecteurs de mangas. Même le film si hollywoodien Geisha évoque cette brutale américanisation du monde – c’est à-dire du Japon, cet archipel ultime du vrai monde. Laissons parler le dernier homme de Nietzsche :

« Point de berger et un seul troupeau ! Chacun veut la même chose, tous sont égaux : qui a d’autres sentiments va de son plein gré dans la maison des fous.

« Autrefois tout le monde était fou, » – disent ceux qui sont les plus fins, et ils clignent de l’œil. »

Mais il nous reste Amazon.com et le Home Entertainment pour accepter tout cela.

Bibliographie

  • Bonnal – Le Paganisme au cinéma (Dualpha) – disponible ici
  • Bonnal – Ridley Scott et le Cinéma Rétrofuturiste (Dualpha) – disponible ici
  • Bonnal – La Chevalerie Hyperboréenne et le Graal (Dualpha) – disponible ici
  • Galbraith (Stuart) – Japanese cinema (Taschen)
  • Kojève – Introduction à la lecture de Hegel (Éd. Gallimard, Tel, p. 434-443)
  • Nietzsche – Ainsi parlait Zarathoustra, Prologue, 5
  • Pinguet – La Mort volontaire au Japon (Gallimard)

Filmographie

  • Inagaki – Les 47 rônins, Rickshaw man, Les Trois trésors
  • Kurosawa – Les sept samouraïs, Ran
  • Ridley Scott – Pluie noire

http://www.lasmejorespeliculasdelahistoriadelcine.com/2014/07/47-ronin-1962-los-samurais-de-hiroshi-inagaki.html

Crétinisation et anéantissement par leur monde moderne : le jugement du jeune écrivain Drieu, préfacé par Daniel Halévy, en 1920…

Drieu la Rochelle et le grand remplacement en 1918

En 1921 Drieu la Rochelle publie un beau et grand livre, Mesure de la France, déjà étudié ici. Il est préfacé par Daniel Halévy. Drieu n’y va pas de main morte avec la France et sa république déjà crépusculaire.

Voici ce qu’il écrit, que je relierai à la riche notion de Grand Remplacement – on comprendra pourquoi :

« Pendant cinq ans la France a été le lieu capital de la planète. Ses chefs ont commandé à l’armée des hommes, mais son sol a été foulé par tous et par n’importe quiTout le monde est venu y porter la guerre : amis et ennemis. Les étrangers s’y sont installés pour vider une querelle où tous, eux et nous, avons oublié la nôtre.

Notre champ a été piétiné. Sur la terre, notre chair ne tient plus sa place. L’espace abandonné a été rempli par la chair produite par les mères d’autres contrées. »

C’est le début du grand remplacement ! Un autre à l’avoir compris est Céline sur lequel je compte publier quelque chose cette année. Il ne voit plus un Français à Paris en 1918-1919 et même l’inoffensif Marcel Proust comprend confusément quelque chose. Tiens, citons Proust pour une fois :

… les rares taxis, des Levantins ou des Nègres, ne prenaient même pas la peine de répondre à mes signes… »

On le met en prison Proust aussi ? Plus un blanc à Paris ! De quoi se plaint Camus ?

Drieu insiste sur cette profanation de la vieille France :

« Mais après la Marne, l’ennemi s’est planqué dans notre terre. Il s’y est vautré, la défonçant à grands coups de bottes. Et nous ne l’en avons pas arraché. Si nous étions restés seuls, que serait-il arrivé ? »

Et voici ce qu’il pense des résultats de cette guerre où il se comporta si noblement :

« Qu’importe cette victoire du monde en 1918, cette victoire qui a failli, cette victoire qu’on a abandonnée avec honte comme une défaite, cette victoire du nombre sur le nombre, de tant d’empires sur un empire, cette victoire anonyme. »

Et il revient au nombre et à la démographie – qui déterminent tout.

« Nous, aujourd’hui, 38 millions de vivants, notre groupe vient quatrième, après l’Allemagne, l’Angleterre, l’Italie. Et au-delà de l’Europe, comme nous nous rapetissons entre les 150 millions de Russes et les 120 millions d’Américains. »

La médiocrité française correspond à sa démographie.

« Et puis je veux vivre. Dans mon pays, je respire mal, je prétends qu’on veut m’entraver dans un malentendu qui peu à peu me déforme et m’estropie. »

Et Drieu accuse la France de s’être dépeuplée au dix-neuvième siècle ; elle a ainsi attiré l’Allemagne sujette comme la Russie à un boom démographique. Et l’Allemagne était sans espace, privée de ses colonies par le Traité :

« … leur absence (d’hommes) a creusé au milieu de l’Europe laborieuse un vide qui a été la cause du malaise d’où la guerre est sortie. L’Allemagne a été tentée. L’Allemagne surpeuplée ne pouvait apprendre sans indignation que certains de nos départements se vidaient et que pourtant nous réclamions de nouvelles colonies et exigions contre elle l’aide de toute l’Europe, sans compter les barbares noirs que nous armions. »

Un siècle avant que Preparata ne démonte les machinations anglaises (voyez mes textes sur le livre Conjuring Hitler), Drieu comprend que l’enjeu dépasse la France et la petite Alsace, pour laquelle on se fit illusoirement massacrer :

« Je vois que la Grande Guerre éclate non moins violente, non moins inexpiable, parce que demeure le principal antagonisme, celui de l’Allemagne et de l’Angleterre. L’Allemagne, à cause du développement de sa puissance, regardait pardessus la France. Elle tendait à la domination mondiale… »

Il évoque l’Empire colonial multiracial. Il est là aussi le Grand Remplacement :

« Il est vrai que nous nous augmentons de tous ceux-là, noirs et jaunes, qui se groupent autour de nous. Ce second empire colonial du monde, mes garçons, où on ne voit pas souvent le bout de notre nez. »

Il note cette juste chose qui pèsera de tout son poids en mai 1940 ou à Suez :

« En attendant, qu’elles le veuillent ou non, la France et l’Angleterre sont liées par leur affaiblissement simultané. »

Sur l’Europe le pronostic n’est guère optimiste :

« L’Europe se fédérera ou elle se dévorera, ou elle sera dévorée. »

Elle peut aussi se dévorer en se fédérant l’Europe.

Répétons les deux grandes phrases de ce livre époustouflant :

« Tous se promènent satisfaits dans cet enfer incroyable, cette illusion énorme, cet univers de camelote qui est le monde moderne où bientôt plus une lueur spirituelle ne pénétrera…

« Il n’y a plus de partis dans les classes plus de classes dans les nations, et demain il n’y aura plus de nations, plus rien qu’une immense chose inconsciente, uniforme et obscure, la civilisation mondiale, de modèle européen. »

Au moins on peut dire que les plus lucides des nôtres se trompent rarement.

Futur transhumain, crétin et robotique de notre humanité déchue par le monde moderne et la « satanique aventure industrielle » (Drieu). Même Elon Musk s’en émeut… Les robots et les chihuahuas ont remplacé les enfants. Dystopie et science-fiction dans ce chef d’eouvre incompris.