Je vends des armes aux contras, de la drogue au Canada, je sers la CIA et mon pays, je blanchis le pognon du cartel anti-coco et j’ouvre des banques en Arkansas et je défends la liberté et la libre entreprise contre le communisme ! Je trimbale des voyous dans mon pays avant de les lâcher dans la nature, et je sers mon grand occident, non d’un calumet de l’épée !

https://en.wikipedia.org/wiki/American_Made_(film)

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On répète : ce Tom Cruise est fantastique. CIA = banques, contras, guerres civiles, anticommunisme de ruisseau, migrants, drogue et irresponsabilité généralisée. Découvrez aussi les rogues nations du brave oncle Tom !

https://en.wikipedia.org/wiki/American_Made_(film)

Jean Baudrillard, Vargas Llosa et la destruction de la culture (suite)

Jean Baudrillard, Vargas Llosa et la destruction de la culture (suite)

 

On a évoqué Allan Bloom et le pouvoir déconstructeur de la culture moderne, qui veut liquider peuples, classes, sexes et nations. Bloom accusait beaucoup les intellectuels d’origine allemande, le freudisme, le néo-marxisme, l’antiracisme, le féminisme, etc. Il ne citait qu’incidemment les Français Barthes, Foucauld, Derrida.

Or la pensée 68 comme disait Luc Ferry dans un livre intéressant et de très bon niveau devrait aussi être mise en cause dans le processus de déconstruction de notre civilisation.

Le sympathique prix Nobel péruvien Vargas Llosa avait publié il y a quelques années une attaque contre notre société du spectacle en prenant soin de se distancier de Guy Debord et de toute une flopée d’intellos français jugés par lui dangereux. Il est dommage que ce livre n’ait pas plus suscité de discussion en Europe. Mais depuis longtemps l’Amérique du sud n’intéresse plus nos européens…

Le résultat de cette culture ne se fit pas attendre. Vargas Llosa (on était en 1997) est à Londres et il se rend dans une librairie universitaire branchée.

 

« Cet après-midi, je suis allé à l’Institut des Arts Contemporains une demi-heure plus tôt de la conférence que le philosophe français a donné, jeter un œil à la librairie ICA, qui, bien que minuscule, me semblait toujours un Modèle. Mais j’ai eu une grande surprise parce que cette fois la discrète enceinte avait subi une révolution classificatoire. Aux sections vétustes d’antan – la littérature, la philosophie, l’art, le cinéma, ont succédé la théorie Review- culturelle post-moderne, la classe et le sexe, la race et la culture et d’une étagère appelée « sujet sexuel », ce qui m’a donné un peu d’espoir, mais pas cela n’avait rien à voir avec l’érotisme, mais avec la patrologie philologique ou le machisme linguistique.

La poésie, le roman et le théâtre avaient été éradiqués; l’unique forme créative actuelle était quelques scripts de film. Dans une position d’honneur contenait un livre de Deleuze et Guattari sur nomadologie et un autre, apparemment très important, un groupe de psychanalystes, juristes et sociologues sur la déconstruction de la justice. Pas un des titres à vue, en espagnol : El replanteamiento feminista del yo, El maricón material (The Material Queer), Ideología e identidad cultural o El ídolo lésbico ne m’a donné faim, alors je suis sorti de là sans rien acheter, quelque chose qui m’arrive rarement dans une librairie. »

 

Tout cela rappelle le nazisme : Carl Schmitt, rappelle Kevin McDonald, voulait que tous les auteurs juifs soient rangés, quel que soit leur domaine, dans le rayon juif ! Là on est dans le rayon féministe-antiraciste, macho raciste ou anarcho-sociétal ! Quant aux livres et statues, ils ont pris le même chemin aux US qu’en Allemagne en 33.

 

Vargas Llosa accuse ensuite Baudrillard et ses simulacres :

 

« … son talent, dans ce qui semble être le fatidique chemin des plus grands penseurs français de notre époque, il se concentrait de plus en plus sur une entreprise ambitieuse: la démolition de l’existant et son remplacement par une irréalité verbeuse. »

 

Vargas Llosa ajoute plus cruellement que nous sommes devenus non pas les touristes mais les dinosaures du Jurassic park de l’autre :

 
« Les occurrences du monde réel ne peuvent plus être objectives; elles sont nées minées dans leur vérité et leur cohérence ontologique par ce virus solvant qui est la projection dans les images manipulées et falsifiée de la réalité virtuelle, la seule admissible et compréhensible à une humanité domestiquée par le fantasme médiatique au sein duquel nous sommes nés, vivons et mourons (ni plus ni moins que les dinosaures de Spielberg).  En plus de l’abolition de l’histoire, les « nouvelles » anéantissent aussi le temps et tuent tout point de vue critique sur ce qui se passe: elles sont en même temps avec les événements sur lesquels rapportent soi-disant, et ils ne durent pas plus longtemps que la période éphémère où elles sont dites, avant de disparaître, balayé par d’autres qui, à son tour, annihilent la nouvelle, dans un processus étourdissant de dénaturation de l’existant qui a conduit, pure et simple, à l’évaporation et au remplacement par la vérité de la fiction des médias, la seule vraie réalité de notre époque, l’ère – dit Baudrillard – «des simulacres». »

 

C’est ainsi que l’occident a détruit Daech au nez et à la barbe de la Russie !

Je laisse mes lecteurs découvrir cet ouvrage. Et tout comme le pauvre Debord a vu son héritage pollué et recyclé par l’Etat PS au temps méphitique de la présidence Hollande, Vargas Llosa est devenu une vedette people espagnole pour s’être amouraché d’une festive aristocrate locale !

 

Le plus important dans son livre qui fait bon marché de la justesse des analyses de Debord et Baudrillard (auxquels je me réfère toujours, et qui avaient basculé non pas dans l’avant-garde mais dans l’opposition radicale à cette société) est qu’elle a éliminé la culture. Ma seule bibliothèque à moi, depuis que les librairies ont crevé, est archive.org. Et je prends soin sur chaque sujet de prendre les auteurs les plus anciens et donc les moins recyclés pollués possible !

On rappellera au maître péruvien (seul prix Nobel non ridicule de ces trente dernières années) que Nietzsche avait tout prévu à une époque soi-disant moins dangereuse :

 

« Les historiens naïfs appellent « objectivité » l’habitude de mesurer les opinions et les actions passées aux opinions qui ont cours au moment où ils écrivent. C’est là qu’ils trouvent le canon de toutes les vérités. Leur travail c’est d’adapter le passé à la trivialité actuelle. Par contre, ils appellent « subjective » toute façon d’écrire l’histoire qui ne considère pas comme canoniques ces opinions populaires. »

 

Nietzsche avant Musil ou Philippe Muray (à qui j’en avais parlé) comprend aussi dans sa deuxième considération la dimension carnavalesque de notre culture moderne :

 

« L’homme moderne souffre d’un affaiblissement de sa personnalité. De même que le Romain de l’époque impériale devint anti-romain, en regard de l’univers qui était à son service, de même qu’il se perdit dans le flot envahissant des choses étrangères, dégénérant au milieu d’un carnaval cosmopolite de divinités, de mœurs et d’arts, de même il en adviendra de l’homme moderne qui, par ses maîtres dans l’art de l’histoire, se fait offrir sans cesse le spectacle d’une Exposition universelle. »

 

 

 

Le prix Nobel péruvien Vargas Llosa parle contre le pouvoir de destruction de notre culture ; en espagnol pour nos amies et amis latinos…

Aquella tarde fui al Institute of Contemporary Arts media hora antes

de la conferencia que el filósofo francés daba, para echar un vistazo

a la librería del ICA, que, aunque pequeñita, siempre me pareció

modélica. Pero me llevé una mayúscula sorpresa porque, entre la

vez anterior que estuve allí y ésta, el breve recinto había experimentado una revolución clasificatoria. A las anticuadas secciones de antaño — literatura, filosofía, arte, cine, crítica— habían reemplazado las posmodernas de teoría cultural, clase y género, raza y cultura y un estante titulado «el sujeto sexual», que me dio cierta esperanza, pero no tenía nada que ver con el erotismo, sino con la patrología filológica o machismo lingüístico.

La poesía, la novela y el teatro habían sido erradicados; la única

forma creativa presente eran algunos guiones cinematográficos. En

un puesto de honor figuraba un libro de Deleuze y Guattari sobre

nomadología y otro, al parecer muy importante, de un grupo de

psicoanalistas, juristas y sociólogos sobre la deconstrucción de la justicia. Ni uno solo de los títulos más a la vista (como El replanteamiento feminista del yo, El maricón material (The Material Queer), Ideología e identidad cultural o El ídolo lésbico) me abrió el apetito, de modo que salí de allí sin comprar nada, algo que rara vez me ocurre en una librería.

 

… su talento, en lo que parece ser la trayectoria fatídica de los mejores pensadores franceses de nuestros días, se fue concentrando cada vez más en una ambiciosa empresa: la demolición de lo existente y su sustitución por una verbosa irrealidad.

 

Los pases mágicos de Jean Baudrillard eran todavía más definitivos.

La realidad real ya no existe, ha sido reemplazada por la realidad

virtual, la creada por las imágenes de la publicidad y los grandes

medios audiovisuales.

 

Las ocurrencias del mundo real ya no pueden ser objetivas; nacen

socavadas en su verdad y consistencia ontológica por ese virus

disolvente que es su proyección en las imágenes manipuladas y

falsificadas de la realidad virtual, las únicas admisibles y

comprensibles para una humanidad domesticada por la fantasía mediática dentro de la cual nacemos, vivimos y morimos (ni más ni menos que los dinosaurios de Spielberg).

 

 Además de abolir la historia, las «noticias» televisivas aniquilan también el tiempo, pues matan toda Perspectiva crítica sobre lo que ocurre: ellas son simultáneas con los sucesos sobre los que supuestamente informan, y éstos no duran más que el lapso fugaz en que son enunciados, antes de desaparecer, barridos por otros que, a su vez, aniquilarán a los nuevos, en un vertiginoso proceso de desnaturalización de lo existente que ha desembocado, pura y simplemente, en su evaporación y reemplazo por la verdad de la ficción mediática, la sola realidad real de nuestra era, la era —dice Baudrillard— «de los simulacros».

Lundi, lecteurs, vous pourrez vous régaler… le tour de Gaulle avec Nicolas Bonnal !

 

Nicolas Bonnal

 

 

Pourquoi de Gaulle adorait la Russie

Suivi de

Chroniques anti-globales

 

 

Introduction

 

Toute sa vie, on redécouvre de Gaulle. Je l’ai redécouvert à Jaén, dans le parador sublime où il écrivit quelques pages de ses prestigieuses mémoires. L’édifice en retentit encore, le personnel en parle. Je l’ai redécouvert par hasard sur le web, sur un des sites qui le citent encore. Je l’ai redécouvert un soir à Paris en croisant son fils avec mon propre père ; nous avons discuté quelques instants, et c’était céleste. Le coucher de soleil, le Ranelagh, les jardins, le fils qui se rappelait et qui comme son père habite dans une autre dimension. Je me sentais tout près de Jean Parvulesco qui a sublimement évoqué le Général et sa brigade qui n’est pas de ce monde.

Lorsqu’effaré par la tournure que prend notre hostilité commanditée envers la Russie, j’ai écrit pour Sputnik j’ai retrouvé, toujours par hasard, ses pages extatiques sur la Russie, celles de la Guerre et celle du discours de son voyage à Moscou. Elles étaient sublimes, et en quelques heures j’avais des dizaines de milliers de lecteurs ; car les Français attendent un réveil – au moins ceux qui veillent.

Puisse ce livre divisé en deux parties (et non deux partis…) y contribuer. La première évoque le général et ses formidables incartades contre le machin européen et la domination anglo-saxonne ; la deuxième reprend mes chroniques de Dedefensa.org et de reseautinternational.net, prises et reprises sur des dizaines d’autres sites de la résistance locale et globale…

Les gens dorment, et quand ils meurent, ils réveillent, aurait dit le prophète

Nicolas Bonnal tonne avec le Saker sur réseauinternational.net

Premier point…

En traduisant cette page remarquable du Saker, je repensais à Nietzsche et au vaincu Hitler qui tous deux reconnaissent : la Russie est un  pays qui a le temps et l’espace. Sans oublier la manière…

Deuxième point essentiel : les antisystèmes doivent arrêter de se pâmer de peur devant l’empire. Car c’est lui faire trop d’honneur et désinformer.

———————————————-

On me demande souvent si les Etats-Unis et la Russie vont se faire la guerre. Je réponds toujours qu’ils sont déjà en guerre. Pas une guerre comme la Seconde Guerre Mondiale, mais une guerre quand même. Cette guerre est, au moins pour le moment, d’environ 80% informationnelle, 15% économique et 5% cinétique. Mais en termes politiques, le résultat du perdant de cette guerre ne sera pas moins dramatique que le résultat de la Seconde Guerre mondiale pour l’Allemagne: le pays perdant n’y survivra pas, du moins pas dans sa forme actuelle: soit la Russie redeviendra une colonie américaine ou l’empire s’effondrera.

Dans ma toute première chronique de la Revue Unz intitulée « Un conte de deux ordres mondiaux », j’ai décrit le type de système international multipolaire réglementé par la loi que la Russie, la Chine et leurs alliés et amis du monde entier (ouvertement ou secrètement) essaient construire et combien il était radicalement différent de l’hégémonie mondiale unique que les Américains ont tenté d’établir (et presque imposée avec succès à notre planète souffrante!). D’une certaine manière, les dirigeants impériaux américains ont raisonLa Russie représente une menace existentielle, non pas pour les Etats-Unis en tant que pays ou pour son peuple, mais pour l’Empire, tout comme cette dernière représente une menace existentielle pour la Russie. De plus, la Russie représente un défi fondamental à ce que l’on appelle normalement «l’Occident» alors qu’elle rejette ouvertement ses valeurs postchrétiennes (et, j’ajouterais, aussi viscéralement anti-islamiques). C’est pourquoi les deux parties font un effort immense pour s’imposer dans cette lutte.

La semaine dernière, le camp anti-impérial a remporté une grande victoire lors de la rencontre entre les présidents Poutine, Rouhani et Erdogan à Sotchi: ils se sont déclarés les garants d’un plan de paix qui mettra fin à la guerre contre le peuple syrien « , Ce qui n’a jamais été le cas) et ils l’ont fait sans inviter les États-Unis à participer aux négociations. Pire encore, leur déclaration finale ne mentionnait même pas les États-Unis, pas une seule fois. La «nation indispensable» était considérée comme si peu pertinente pour être mentionnée.

Pour mesurer à quel point tout cela est offensant, nous devons souligner un certain nombre de points:

D’abord, sous la direction d’Obama, tous les dirigeants de l’Ouest ont déclaré urbi et orbi et avec une immense confiance qu’Assad n’avait pas d’avenir, qu’il devait partir, qu’il était déjà un cadavre politique et qu’il n’aurait aucun rôle à jouer dans l’avenir de la Syrie.

Deuxièmement, l’Empire a créé une «coalition» de 59 (!) Pays, qui n’a rien réussi, rien du tout: un gigantesque gang de plusieurs milliards de dollars dirigé par le CENTCOM et l’OTAN, qui n’a fait que prouver l’incompétence la plus abjecte. En revanche, la Russie n’a jamais eu plus de 35 avions de combat en Syrie à aucun moment et a inversé le cours de la guerre (avec beaucoup d’aide iranienne et du Hezbollah sur le terrain).

Ensuite, l’Empire a décrété que la Russie était «isolée» et que son économie était « en lambeaux » – ce que le Ziomedia a répété comme un perroquet, avec une totale fidélité . L’Iran faisait, bien sûr, partie du fameux « Axe du Mal », tandis que le Hezbollah était «l’ équipe du terrorisme ». Quant à Erdogan, les occidentaux ont essayé de le renverser et de le tuer. Et maintenant ce sont la Russie, l’Iran, le Hezbollah et la Turquie qui ont vaincu les terroristes et qui vont lancer les tirs en Syrie.

Enfin, lorsque les États-Unis se rendirent compte que Daech n’atteindrait pas le pouvoir à Damas, ils tentèrent d’abord de détruire la Syrie (Plan B) et tentèrent ensuite de créer un État kurde en Irak et en Syrie (Plan C). Tous ces plans ont échoué, Assad est en Russie donnant des câlins à Poutine , tandis que le Commandant de la Force Qods des Gardiens de la révolution iranienne, le Général Soleimani, se promène dans la dernière ville syrienne à être libérée de Daesh.

Pouvez-vous imaginer à quel point les dirigeants américains se sentent totalement humiliés, ridiculisés et battus aujourd’hui? Etre détesté ou résister est une chose, mais être totalement ignoré – maintenant ça fait mal!

En ce qui concerne une stratégie, le mieux qu’ils pouvaient venir avec était ce que je qualifierais de « tracasseries de la Russie » (médailles en sport, persécution de Rt.com, etc). Et tous ces efforts ont permis de rendre Poutine encore plus populaire, l’Occident encore plus détesté, et les Jeux olympiques encore plus ennuyeux (idem pour Farnborough – les MAKS et les Dubaï Air Shows sont tellement plus «sexy» de toute façon). Oh, j’ai presque oublié, les « nouveaux Européens » continueront leur mini-guerre contre les vieilles statues soviétiques à leurs libérateurs. C’est comme la mini-guerre américaine sur les représentations russes aux États-Unis, un signe évident de faiblesse.

Parlant de faiblesse.

Cela devient comique. Les médias américains, en particulier CNN, ne peuvent laisser passer une journée sans mentionner les mauvais Russes, le Congrès américain est engagé dans une hystérie de masse pour essayer de savoir lequel des Républicains et des Démocrates a eu plus de contacts avec les Russes. Chaque fois que l’armée russe organise un exercice, les représentants de la marine américaine et de l’Air Force se plaignent régulièrement des pilotes russes faisant des « interceptions non professionnelles », la marine britannique passe en mode combat (et plutôt modeste) les porte-avions russes transitent par la Manche – mais la Russie est censée être le pays «faible» ici.

Est-ce que cela a du sens pour vous?

La vérité est que les Russes rient. Du Kremlin, aux médias, aux médias sociaux, ils font même des croquis hilarants sur la façon dont ils sont tout-puissants et sur la façon dont ils contrôlent tout. Mais la plupart du temps, les Russes se moquent de la tête, se demandant ce que les Occidentaux fument dans le monde pour être si terrifiés (du moins officiellement ) par une menace inexistante.

Vous savez ce qu’ils voient d’autre?

Que les dirigeants politiques occidentaux cherchent la sécurité en nombre. D’où les «coalitions» ridiculement gonflées et toutes les résolutions émanant de divers organismes européens et transatlantiques. Les politiciens occidentaux sont comme les lâches (nerds) de cour d’école qui, craignant le gamin dur, se blottissent ensemble pour sembler plus grand. Chaque enfant russe sait que la recherche de la sécurité dans les chiffres est un signe infaillible d’une mauviette effrayée. En revanche, les Russes se souviennent également de la façon dont une petite nation de moins de 2 millions de personnes a eu le courage de déclarer la guerre à la Russie et comment ils se sont battus durement, durement, contre les Russes. Je parle des Tchétchènes bien sûr. Ouais, aime-les ou déteste-les – mais on ne peut nier que les Tchétchènes sont courageux. Idem pour l’Alliance du Nord en Afghanistan. Les Russes ont été impressionnés. Et même si les nazis ont infligé des souffrances indicibles au peuple russe, les Russes ne nient jamais que les soldats et les officiers allemands étaient qualifiés et courageux. Il y a même un dicton russe « J’aime / respecte l’homme courageux dans le Tatar / Mongol » (люблю молодца et в татарине ). Les Russes n’ont donc aucun problème à voir le courage dans leurs ennemis.

Nous sommes très, très loin de la «naissance d’un nouveau Moyen-Orient» promis par Condi Rice (c’est un nouveau Moyen-Orient bien, mais pas celui que Rice et les Néocons avaient en tête!)

Quant à la «seule démocratie au Moyen-Orient», elle est maintenant en pleine panique, d’où son plan désormais ouvert de travailler avec les Saoudiens contre l’Iran et ses fuites claires sur les bombardements de tous les biens iraniens jusqu’à 40 km de la frontière israélienne. Mais ce train a déjà quitté la station: les Syriens ont gagné et aucune attaque aérienne ne va changer cela. Donc, juste pour s’assurer qu’ils ont toujours l’air féroce, les Israéliens ajoutent maintenant qu’en cas de guerre entre Israël et le Hezbollah, le secrétaire général Hassan Nasrallah serait une cible. Hou la la! Qui aurait pensé?!

Pouvez-vous entendre les rires qui sortent de Beyrouth?

Ce qui est effrayant, c’est que les gens de Washington, Riyad et Jérusalem les entendent haut et fort, ce qui signifie qu’ils devront faire quelque chose tôt ou tard et que « quelque chose » sera le bain de sang absurde habituel de cet « Axe de la Gentillesse ». Cet axe a été rendu célèbre pour : « si vous ne pouvez pas battre leurs militaires, faites payer leurs civils » (pensez Kosovo 1999, Liban 2006, Yémen 2015). Soit ça, soit on se débarrasse d’une minuscule victime sans défense (Grenada 1983, Gaza 2008, Bahreïn 2011). Rien de tel qu’un bon massacre de civils sans défense pour qu’ils se sentent virils, respectés et puissants (et, pour les Américains américains – «indispensables», bien sûr).

Mis à part le cas du Moyen-Orient, je pense que nous pouvons commencer à voir les grandes lignes de ce que les États-Unis et la Russie vont faire au cours des deux prochaines années.

Russie: la stratégie russe envers l’Empire est simple:

  • Essayez d’éviter autant que possible et aussi longtemps que possible toute confrontation militaire directe avec les États-Unis parce que la Russie est toujours la partie la plus faible (surtout en termes quantitatifs). Cela, et de préparer activement la guerre dans le cadre de l’ancienne stratégie si vis pacem para bellum.
  • Essayez de faire face le mieux possible à tous les «petits harcèlements»: les Etats-Unis ont encore infiniment plus de «soft power» que la Russie et la Russie n’a tout simplement pas les moyens de riposter en nature. Elle fait donc le minimum pour essayer de dissuader ou d’affaiblir les effets de ce genre de «harcèlement insignifiant» mais, en vérité, elle ne peut pas faire grand-chose en plus de l’accepter comme une réalité de la vie.
  • Plutôt que de tenter de se désengager de l’Empire contrôlé (économiquement, financièrement, politiquement), la Russie contribuera très délibérément à l’émergence progressive d’un royaume alternatif. Un bon exemple de cela est la Nouvelle Route de la Soie promue par les Chinois, qui est en cours de construction sans aucun rôle significatif pour l’Empire.

États-Unis : la stratégie américaine est également simple:

  • Utilisez la « menace » russe pour donner un sens et un but à l’Empire, en particulier l’OTAN.
  • Poursuivre et élargir le «petit harcèlement» contre la Russie à tous les niveaux.
  • Subvertir et affaiblir autant que possible tout pays ou politicien présentant des signes d’indépendance ou de désobéissance (y compris les pays de la Route de la Soie)

Les deux camps utilisent des tactiques dilatoires, mais pour des raisons diamétralement opposées: la Russie, parce que le temps est de son côté et les États-Unis, parce qu’ils n’ont plus d’options.

Il est important de souligner ici que dans cette lutte, la Russie est désavantagée: alors que les Russes veulent construire quelque chose, les Américains ne veulent que détruire (des exemples incluent la Syrie, bien sûr, mais aussi l’Ukraine ou, d’ailleurs, une Europe unie). Un autre désavantage majeur pour la Russie est que la plupart des gouvernements craignent toujours de contrarier l’Empire de quelque façon que ce soit, ainsi que le silence assourdissant et la soumission du «concert des nations» lorsque l’Oncle Sam se livre à une de ses saccages habituels. Le droit international et la Charte des Nations Unies. Cela change probablement, mais très, très lentement. La plupart des politiciens du monde sont comme les membres du Congrès américain: des prostituées (et des gens à bas prix).

Le plus grand avantage pour la Russie est que les États-Unis se désintègrent sur le plan économique, social et politique. Avec chaque année qui passe, les États-Unis, autrefois les plus prospères, commencent à ressembler de plus en plus à un pays du Tiers-Monde. Oh bien sûr, l’économie américaine est encore énorme (mais rétrécit rapidement!), Mais cela n’a aucun sens lorsque la richesse financière et la richesse sociale sont confondues en un indice complètement trompeur de pseudo-prospérité. C’est triste, vraiment, un pays qui devrait être prospère et heureux est saigné à mort par le «parasite impérial», dirons-nous, qui s’en nourrit.

En fin de compte, les régimes politiques ne peuvent survivre qu’avec le consentement de ceux qu’ils gouvernent. Aux États-Unis, ce consentement est clairement en train d’être retiré. En Russie, il n’a jamais été aussi fort. Cela se traduit par une fragilité majeure des États-Unis et, par conséquent, de l’Empire (les États-Unis sont de loin le plus grand hôte du parasite impérial) et une source majeure d’endurance pour la Russie.

Tout ce qui précède ne s’applique qu’aux régimes politiques, bien sûr. Les peuples de Russie et des États-Unis ont exactement les mêmes intérêts: faire tomber l’Empire avec le moins de violence et de souffrance possible. Comme tous les empires, l’empire américain a surtout abusé des autres dans ses années de formation et de pointe, mais comme tout empire en décomposition, il abuse maintenant principalement de son propre peuple. Il est donc essentiel de toujours répéter qu’un «État libre des États-Unis» n’aurait aucune raison de voir un ennemi en Russie et vice-versa. En fait, la Russie et les États-Unis pourraient être des partenaires idéaux, mais les «parasites impériaux» ne permettront pas que cela se produise. Ainsi, nous sommes tous coincés dans une situation absurde et dangereuse qui pourrait entraîner une guerre qui détruirait complètement la plus grande partie de notre planète.

Pour tout ce que ça vaut, et malgré la russophobie hystérique constante aux États-Unis, je ne décèle absolument aucun signe que cette campagne ait du succès auprès des Américains. Tout au plus, certains d’entre eux naïvement adhérer au conte de fées «les Russes ont tenté d’interférer dans nos élections», mais même dans ce cas, cette croyance est atténuée par «pas grand-chose, nous le faisons aussi dans d’autres pays». Je n’ai pas encore rencontré un Américain qui pensât sérieusement que la Russie est dangereuse. Je ne détecte même pas les réactions superficielles d’hostilité lorsque, par exemple, je parle russe avec ma famille dans un lieu public. Typiquement, on nous demande quelle langue nous parlons et quand nous répondons « russe » la réaction est normalement « cool! ». Très souvent, j’entends même « que pensez-vous de Poutine? Je l’aime vraiment bien ».

Pour résumer tout cela, je dirais qu’à ce moment de la guerre entre les États-Unis et la Russie, la Russie est en train de gagner, l’Empire est en train de perdre et les États-Unis souffrent. Quant à l’UE, elle «profite» d’un manque d’intérêt bien mérité tout en étant la plupart du temps occupée à absorber des vagues de réfugiés détruisant la société.

Cette guerre est loin d’être finie, je ne pense même pas que nous ayons atteint son apogée et les choses vont empirer avant de s’améliorer à nouveau. Mais dans l’ensemble, je suis très optimiste que l’Axe de la Bonté mordra la poussière dans un avenir relativement proche.

Nicolas Bonnal
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