Hollywood en pleine forme : B. Singer, le réalisateur des X_men classé X et accusé de pédophilie… A quand un oscar pour cette société festive ???

https://vigilantcitizen.com/latestnews/bryan-singer-accused-abusing-17-year-old-boy/

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Pour son anniversaire, NB vous propose Seven brides, Plutarque et la symbolique des enlèvements (élèvements) solaires !

Seven brides – entre Plutarque, Hollywood et l’enlèvement des sabines

 

Sed res Romana erat superior.

Tite-Live, I, XII

 

C’est ma comédie musicale préférée avec Brigadoon. Les danses et les chansons sont insurpassables. Démentiels numéros de danses acrobatiques par Tommy Rall (qui finit chanteur d’opéra quand la bise de la comédie musicale fut venue) et Russ Tamblyn, mon chouchou de West Side Story, film qui collait plus à Ovide qu’à Shakespeare (lisez Pyrame et Thisbé)…

Des cowboys de l’Oregon doivent se marier, manquent de femmes, et en enlèvent dans la petite ville voisine où ils sont très mal vus. On passe l’hiver ensemble, respectueusement, et puis on se marie. C’est l’enlèvement traditionnel saisonnier de Perséphone. On pense aussi au Kochtcheï russe qui enlève de belles créatures. Tout cela vous l’avez dans mes livres sur le cinéma et le paganisme, ou le folklore slave et le paganisme ! De quoi se ressourcer en famille en comprenant le monde et ses traditions, pas la matrice et ses perversions.

Ces comédies musicales, œuvres de juifs, de Français, d’Irlandais, d’Italiens auront mystérieusement retrouvé et célébré la source du monde et ses fontaines de jouvence.

L’histoire fut écrite par un aristocrate américain d’origine huguenote (l’élite US dit Edward Ross) nommé Stephen Benet. Lui joue les sur les mots : sabines et sobbin’, pleurnichardes. Benet cite Plutarque, Howard Keel fait de même dans sa chanson.

Alors on découvre le Plutarque, sa vie de Romulus.

Il évoque le combat postérieur, son interruption par les jeunes mariées :

 

On se préparait à recommencer le combat ; mais tout s’arrête en présence d’un spectacle étrange, et que les paroles ne sauraient dépeindre. Les Sabines qui avaient été enlevées accourent de tous côtés, en jetant des cris de douleur et d’alarme ; et, poussées par une sorte de fureur divine, elles se précipitent au travers des armes et des morts, se présentent à leurs maris et à leurs pères, les unes avec leurs enfants dans les bras, les autres les cheveux épars, mais toutes adressant tantôt aux Sabins, tantôt aux Romains, les noms les plus chers. Romains et Sabins se sentirent attendris, et leur firent place entre les deux armées. Leurs clameurs lamentables percèrent jusqu’aux derniers rangs…rendez-nous nos pères et nos proches, sans nous priver de nos maris et de nos enfants. Nous vous en conjurons, épargnez-nous un second esclavage. »

Hersilie insista avec véhémence, et toutes s’unirent à ses prières. Enfin, il y eut une suspension d’armes, et les chefs s’abouchèrent ensemble… »

 

 

On peut aussi lire Tite-Live (I, 9 à 10) :

 

(10) Arrive le jour de la célébration des jeux. Comme ils captivaient les yeux et les esprits, le projet concerté s’exécute : au signal donné, la jeunesse romaine s’élance de toutes parts pour enlever les jeunes filles.

Le plus grand nombre devient la proie du premier ravisseur. Quelques-unes des plus belles, réservées aux principaux sénateurs, étaient portées dans leurs maisons par des plébéiens chargés de ce soin…

 

Romulus s’exprime pour apaiser les belles (vite apaisées, car qui n’aime être enlevée ?). Ecoutez, c’est magnifique :

 

Romulus explique donc « que cette violence ne doit être imputée qu’à l’orgueil de leurs pères, et à leur refus de s’allier, par des mariages, à un peuple voisin ; que cependant c’est à titre d’épouses qu’elles vont partager avec les Romains leur fortune, leur patrie, et s’unir à eux par le plus doux nœud qui puisse attacher les mortels, en devenant mères. Elles doivent donc adoucir leurs ressentiments, et donner leurs cœurs à ceux que le sort a rendus maîtres de leurs personnes. Souvent le sentiment de l’injure fait place à de tendres affections. Les gages de leur bonheur domestique sont d’autant plus assurés, que leurs époux, non contents de satisfaire aux devoirs qu’impose ce titre, s’efforceront encore de remplacer auprès d’elles la famille et la patrie qu’elles regrettent. »

 

(Je trouve cela très bien pour notre époque, que le mari doive remplacer la famille et la patrie).

 

Les belles apaisent les combattants (alors que res romana erat superior) :

 

 

XIII. (1) Alors, les mêmes Sabines, dont l’enlèvement avait allumé la guerre, surmontent, dans leur dés, espoir, la timidité naturelle à leur sexe, se jettent intrépidement, les cheveux épars et les vêtements en désordre, entre les deux armées et au travers d’une grêle de traits : elles arrêtent les hostilités, enchaînent la fureur, (2) et s’adressant tantôt à leurs pères, tantôt à leurs époux, elles les conjurent de ne point se souiller du sang sacré pour eux, d’un beau-père ou d’un gendre, de ne point imprimer les stigmates du parricide au front des enfants qu’elles ont déjà conçus, de leurs fils à eux et de leurs petits-fils…

 

Virgile aussi cite dans son bouclier, dont j’ai ici parlé, cet enlèvement curieux :

Non loin de là, il (Vulcain) avait figuré Rome et le rapt insolite (sine more) des Sabines, enlevées sur les gradins du cirque, lors de grands jeux…

 

Sur ces enlèvement cosmiques et astronomiques lisez le professeur Jean Haudry toujours irréprochable…

Le film de Stanley Donen, un jeune prodige juif élevé dans un milieu traditionnel (voyez le pastiche qu’il fait de Moses dans Singing in the rain) a été accusé de tous les noms depuis par la crapulerie sociétale. Il fait démodé… Pourtant il célèbre le rôle éducateur et civilisateur de la femme. Les sept femmes et les sept frères (notez le nombre sacré, le film joue aussi durant la danse sacrée et hiérogamique sur le symbolisme des couleurs) sont éduqués et raffinés par Milly (géniale Jane Powell), l’épouse malheureuse du frère aîné, seul épousé par amour –et donc par malentendu ! C’est elle qui fait le film, rassemble, ranime et civilise filles et garçons.

Voilà ce que je voulais dire pour mon anniversaire !

 

 

Sources

 

Nicolas Bonnal – Le paganisme au cinéma (Dualpha, Amazon.fr)

Jean Haudry – LES PEUPLES INDO-EUROPEENS D’EUROPE (conférence)

Ovide, Métamorphoses, IV (ebooksgratuits.com)

Plutarque – Vie de Romulus, 58-68 (Remacle.org)

Edward Ross – The old world and the new (archive.org)

Tite-Live – Histoire de Rome, I, 9-13 (Remacle.org)

Virgile – Enéide, VIII, v.365-366

 

 

 

Satanisme culturel occidental : l’article de Nicolas Bonnal le plus lu dans le monde.

http://www.pravdareport.com/opinion/columnists/31-08-2012/122042-western_culture-0/

Veillez, lecteurs ! Demain, Nicolas Bonnal, le khan gourou de La Corogne, vous délivre les secrets étalés de la guerre des étoiles !

La blonde la plus bête de la galaxie, dans le plus mauvais épisode de la série Star Trek ! La belle est la bête ! Bébête immonde, va ! Quel grand blond en arrière ! En échange, du Nicolas Bonnal : celtisme et science-fiction !

Maelduin, le celtisme et la littérature de science-fiction

 

En revoyant l’épisode Métamorphose (un nuage s’éprend d’un cosmonaute et le préserve pendant deux siècles avant de revêtir une apparence féminine) de Star Trek je repense à Maelduin. Et je m’invite à me relire.

 

 

Il est difficile de dire comment le celtisme a concrètement influencé notre littérature. Chrétien cite lui les auteurs latins, comme d’ailleurs les auteurs du Mabinogion ou de Maelduin qui sont des fans (comme nous) de Virgile ou bien d’Ovide. Nous nous contentons ici de marquer des points communs et ou des épisodes signifiants dans nos contes celtiques souvent contemporains de ceux du Graal.

Voyons le Mabinogion traduit en anglais facile par l’érudite lady Guest au milieu du dix-neuvième siècle. Elle est citée par notre génie de l’érudition nationale, Henri d’Arbois de Jubainville dans sa monumentale étude sur la littérature irlandaise. Dans Peredur on trouve quelques éléments intéressants, mais ce texte est très inférieur au Perceval de Chrétien.

 

– Peredur est le rescapé d’une famille déchue. Il est le septième fils. Les autres sont morts. Le nombre sept, comme celui du Poucet, évoque celui de la maturité (ou de la chance ici).

– Peredur est mêlé à une affaire de lignage. Il est cousin, neveu, frère de tout le monde, y compris de la malheureuse sœur échevelée – proche de la demoiselle hideuse de Chrétien- qui l’accuse de n’être pas à la hauteur de son destin. L’ermite est son oncle, le roi-pêcheur un proche aussi…

– Toute son histoire est liée à une vengeance personnelle et familiale : il doit prendre sa revanche sur les trois sorcières dignes de Macbeth qui ont frappé sa famille (le roi Lear est présent avec ses filles dans les histoires de Geoffrey de Monmouth).

– La lance sanglante est liée au meurtre d’un parent mort.

– Enfin, un échiquier remplace le champ de bataille. Lorsque Peredur le jette par la fenêtre, il doit aller lutter contre un chevalier noir (notre gaffeur devra encore retourner sous les reproches féminins pour le tuer enfin !).

 

 

Maelduin est un Imrama, une navigation hauturière. Il devrait donc nous intéresser moins pour comprendre Chrétien par exemple. Mais ce conte génial est bien plus riche pour nous ; il est du niveau de l’Odyssée par l’inspiration de ses épisodes. On sait qu’il va inspirer le fade saint Brendan. Cette narration extraordinaire a bien sûr déjà sa tonalité chrétienne, qui annonce la Quête du saint Graal de Boron : récit magique, horrifique, fantastique, au service de la bonne cause !

– Maelduin est encore un enfant caché et réfugié. Il a été élevé par une reine. Il doit venger son père tué par des pirates.

– Il part en bateau suivant les conseils d’un druide magicien, mais il ne part pas à dix-sept – nombre important lié aux 153 (9 fois 17) poissons évangéliques -, mais à vingt, à cause de trois ses frères de lait (penser à Keu qui porte guigne) qui montent à bord au dernier moment. Mais D’Arbois de Jubainville relie cet interdit aux nombres celtes et au dépassement ici du double de neuf, nombre bénéfique.

– Bien sûr tous ces mauvais nombres entraîneront ses péripéties maritimes. Son mauvais départ annonce celui de Perceval, rappelle celui des Grecs partant pour Troie.

– Les îles sont de toute sorte. Il y a une île avec des monstres, une autre avec des oiseaux, un autre avec un corps animal tournoyant (chair et os, ou peau seule !). Souvenir de nos îles fortunées, on trouve une, deux même îles aux pommes d’or.

– Il y a aussi une île avec une hôtesse remarquable, un autre avec une fontaine nourricière. Des ermites légèrement chrétiens évoquent leur vie auprès de ces fontaines d’immortalité.

– Il y a des châteaux énigmatiques : un qui s’agrandit de l’intérieur et nourrit tout son équipage. Un autre doté des métaux à forte signification : or, argent, cuivre, et même verre.

– Il y a des gardiens : un chat magique qui réduit en cendres un matelot désobéissant de Maelduin.

– Il y a une île de la joie, une autre de l’acédie. Elles jouent sur les humeurs de nos voyageurs. Elles sont peuplées de joyeux et de tristes.

Rabelais n’est déjà plus très loin, et son fabuleux livre V.

– On trouve aussi un moulin effrayant qui moud mystérieusement « tout ce qui cause plainte et murmure » ! Ce moulin crissant annonce Don Quichotte et tous nos temps modernes.

– Une île est divisée en quatre par quatre palissades magiques (or, argent, cuivre et verre). Guénon parle de cette division du mystérieux royaume. Nous citons :

 

« Cette division de l’Irlande en quatre royaumes, plus la région centrale qui était la résidence du chef suprême, se rattache à des traditions extrêmement anciennes. En effet, l’Irlande fut, pour cette raison, appelée l’ «île des quatre Maîtres», mais cette dénomination, de même d’ailleurs que celle d’ «île verte» (Erin), s’appliquait antérieurement à une autre terre beaucoup plus septentrionale, aujourd’hui inconnue, disparue peut-être, Ogygie ou plutôt Thulé, qui fut un des principaux centres spirituels, sinon même le centre suprême d’une certaine période (7)».

 

– Ogygie est l’île de Calypso dont on trouve un écho chez Maelduin. Maelduin gagne un royaume doté de dix-sept femmes, dirigées par une belle reine veuve qui l’aime. Il reste six mois dans ce royaume où l’immortalité lui est promise, comme dans l’Odyssée. On est dans le Sidh, et il est souvent fait mention de brouillard.

– Il préfère rentrer bien sûr (une main amputée de matelot scelle cette rupture), et un grand banquet final l’attend au village (8).

 

L’errance des Fianna (groupes de jeunes aventureux d’origine aristocratique) a été bien expliquée par Jean Haudry. Cet auteur souligne aussi l’importance des conflits lignagers dans les cycles héroïques. Notons que les cycles grecs décrits par Arnold Van Gennep marquent comme pour Gauvain et Perceval les chevauchements d’exploits (Hercule, Thésée, etc.) et se caractérisent par deux types de hauts faits : lutte contre les animaux extraordinaires (dragon, lion…), et exploits merveilleux (labyrinthes…). Tout cela se retrouve dans la Quête.

 

Sources

 

Perceval et la reine (Amazon.fr)

Nicolas Bonnal publie encore… C’est trop, arrêtez, Nicolas Bonnal !!!

Les paganismes au cinéma

 

Le paganisme au cinéma : vaste sujet, car le paganisme a  inspiré tous les cinémas populaires depuis un siècle. Les épopées, les grandes histoires d’amour, les récits d’aventures initiatiques ou de navigation (pour ne pas parler des voyages), les contes de fées, les récits fantastiques ont tous bien sûr une belle origine païenne que nous étudions ici.

Ce gros livre rassemble nos différentes études sur le paganisme au cinéma. Il démarre par une étude du phénomène culturel païen aux temps modernes de la culture industrielle, puis il étudie les cinématographies que nous avons jugées les plus intéressantes pour approcher ce sujet vaste et complexe, et surtout ignoré. On trouvera donc une étude des cinématographies française, anglo-saxonne et américaine ; et aussi une étude des cinémas soviétiques germanique et nippon, ces derniers nous ayant semblé les plus appropriés pour comprendre le phénomène païen.

 

Les lecteurs amateurs de science-fiction attendront un prochain ouvrage que nous consacrerons à ce genre important, que nous avons déjà évoqué dans nos livres sur Kubrick et sur Ridley Scott.