Après-midi SF : les plus beaux épisodes de Star Trek !

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Cassien est paru ! Présentation !

Les secrets de Cassien

Christianisme traditionnel et développement personnel

Ce recueil suit comme mes autres livres de chroniques une suite de textes, ici précisément centrés sur le même sujet : christianisme et développement personnel. Il suit un livre sur le bilan lourd et rugueux du monde moderne, il précède sans doute d’autres recueils du même genre. L’art de vivre religieux nous a toujours fasciné, d’autant qu’en allant mon oncle René Bonnal au couvent de la Grande-Chartreuse pendant plus de quarante ans, nous avons pu approcher et étudier les ressources spirituelles psychologiques et physiques qui permettent à nos religieux de s’en sortir, depuis près de deux mille ans. Comme dans le domaine de l’architecture (Feng Shui), nous allons chercher sur les brises du bouddhisme des solutions qui vivaient chez nous. On ne refera pas notre inconséquence moderne.

Nous expliquons pourquoi et comment nous avons découvert Cassien et ses prestigieuses institutions, en écrivant la première version de notre livre sur le Graal il y a déjà vingt-quatre ans. Les facilités du web, que nous avons soulignées dans un autre livre, réédité et traduit en portugais, permettent à tout un chacun maintenant de s’abreuver à la source la pure et la plus spirituelle ; et si nous préférons consulter le réseau pour une autre raison, c’est notre problème.

En relisant Cassien (1) et en l’approfondissant, nous sommes rendu compte que ses solutions monastiques et ses diagnostics aussi, sont actuels, éternels, universels. Et qu’ils peuvent s’applique à nous tous. Le livre n’a pas d’autre prétention que de présenter idées, solutions et extraits des textes de ce saint homme soumis lui aussi à de gros problèmes quotidiens. Le hasard de la lecture furtive et papillonnante dont nous raffolons nous a fait aussi prendre en considération  des textes de notre saint le plus docte, saint Thomas d’Aquin sur des sujets comme l’hébétude (ô combien pratiquée aujourd’hui), la sottise ou le désespoir. Nous avons rajouté par plaisir une pincée d’Augustin, patron de cette Afrique chrétienne où nous sommes nés, et que Thomas citait d’abondance. Nos saints ne cessent de se citer les uns les autres, de pratiquer la communion des textes comme on dirait. Alors profitons-en.

 

Le recueil n’a aucune prétention dogmatique, théologique ou scientifique ; il ne manquerait que ça. Nous l’avons conçu au fil de nos plaisirs (la délectation dont parle le plus grand de nos rois, David) et de celui de nos lecteurs qui vibrent avec nous sur ce sujet depuis des semaines. Une grande surprise est venue de notre mince succès sur cette question pleine d’acuité. Alors nous avons continué, remettant à un lendemain incertain la conception d’un ouvrage encore plus complexe et structuré (comme on dit encore) sur cette ombrageuse question : la psychologie humaine, à une époque décérébrée et déracinée comme la nôtre.

 

  • Ioannis Kassianos / Ιωάννης Κασσιανός / Ioannes Cassianus, appelé Jean Cassienen français, né entre 360et 365en Scythie mineure et mort entre 433 et 435 à Marseille, est un moine et homme d’Église méditerranéen qui a marqué profondément les débuts de l’Église en Provence au Ve siècle.

 

Lecteurs, conte mégalithique du soir, à la mode de Maupassant

Le nostalgique

 

J’étais résolu à défier le baron. Ses sempiternelles litanies contre le temps présent, son arrogance colérique, sa mauvaise éduction et son fanatisme politique m’avaient profondément irrité. Certes j’avais comme d’autres profité de sa générosité paradoxale, de ses invitations répétées dans le domaine de D… et ses chasses de L… Mais c´était finalement au prix de mon honneur intellectuel, car comme les autres convives je devais renoncer à mon indépendance d’esprit et abjurer mes convictions idéologiques. Je m’étais donc résolu à le contredire pour une fois et à tourner en ridicule ses idées rétrogrades et réactionnaires.

L’occasion m’en fut bientôt donnée. Le baron avait réuni un aréopage serré d’amis ; nous avions chassé le cerf tout le jour et, après la curée, notre hôte avait voulu célébrer royalement, comme il disait avec insistance, son haut fait. Et pendant que la tête dégoulinante du cerf muait en nature morte ce qui avait été la table de la grande cuisine XIXème du château de D…, nous festoyions avec force boissons. Nous n’étions qu’une douzaine, tous d’ailleurs assez fourbus, plus par l’atmosphère de la nuit que par l’effort du jour. La nuit était tombée tôt et avait enveloppé un ciel déjà bien sombre. Nous étions dans le salon de chasse de la vieille demeure (qui ne me paraissait pas si vieille d’ailleurs), entourés de tapisseries et de trophées de chasse, sur de confortables fauteuils de cuir anglais. Au milieu de ce décor disparate et de la clarté pâle des chandelles, le baron reprit sa ritournelle contre la démocratie et la modernité.

 

  • Aujourd’hui, nous n’avons plus d’ordres… Je ne parle même pas de rétablir une société d’ordre… mais voyez le chaos qui s’installe partout à nos portes… cette barbarie… Vous avez vu ls événements…

 

C’était l’occasion que je guettais depuis des mois.

 

  • Mais enfin, baron, de quoi parlez-vous ?
  • Mais du désordre ! des émeutes !!
  • Vous parlez des petites manifestations dont les médias affolés nous rebattent les oreilles !

 

L’air pincé, le baron se vers une verre de cognac sans en proposer à ses hôtes.

 

  • Ah, parce que pour lui ce sont de bricoles… une garden-party !

 

Je poursuivis mon attaque.

 

  • Enfin, voyez la force des mouvements sociaux en 1968… et eux n’étaient guère violents non plus. Pensez aux combats de rue en Allemagne dans les années 30, au 6 février 34 et à ses dizaines de morts. Nous vivons dans une société moins violente, ennuyée, mais qui se fait des peurs soudaines, voilà tout.

 

Le baron se tut, l’air bien sombre. La conversation reprit, moins allègre. Mais il ne put se retenir bien longtemps, et lança une invective contre le déclin de la France.

 

  • Mais de quel déclin parlez-vous ? En 1936, la France était promise à un effondrement démographique sans précédent. On n’aurait compté que 36 millions de Français dans les années 50 ! En 1870, nous avions déjà été balayés par la Prusse et voyez les écrits des contemporains, le désespoir des écrivains, des penseurs de l’époque…
  • Toute époque peut se flatter de décliner, interrompit prudemment notre ami commun le vicomte de W…, qui tentait de soulager le débat.
  • Je suis paradoxalement bien d’accord, rugit le baron. Mais vous me parlez à chaque fois de la République, de l’époque républicaine et démocratique !!

 

Il avait rejeté sa crinière rousse. Sa haute taille et ses vêtements de chasseur lui conféraient un air que je qualifiai pas de léonin mais de canin. Il me faisait penser à une hyène. Je résolus de l’ajuster mieux encore : après tout, n’étions-nous pas à la saison des chasses ? Pendant qu’il jetait du bois dans sa cheminée (il avait congédié ses domestiques), je poursuivis mon offensive. Certains de nos proches nous faisaient signe d’arrêter, inquiets ou lassés par notre duel verbal.

 

  • C’est bien l’Empire bonapartiste qui nous menés au désastre, non ? Et jamais nous n’avons connu tant de succès que sous le jacobinisme. Et voyez les défaites de nos rois…

 

Il se retourna furieux un tison à la main. Une braise jaillit et retomba sur le vieux M… Elle clama les esprits un instant. On nous commanda plus de calme.

  • Non, non, non, dit le baron… Il faut aller jusqu’au bout, laissez-le, il faut aller jusqu’au bout…
  • Fontenoy, en 1745…
  • Merci !!
  • Est notre seule victoire en rase campagne contre les Anglais… Et vous voulez que je vous parle du déclin de la France au moment de Louis XIV, de ses famines, de ses trois millions de morts, de ses innombrables défaites, de ce roi enterré en cachette et de nuit, qui se voulait un nouveau… Pharaon ?

 

Je dodelinais de la tête en lui adressant ce dernier trait. Mais je poursuivais.

 

  • Et vous voulez que je vous parle des rois fous, de la lâcheté de Charles VII, de la guerre de cent ans, des défaites humiliantes dd Crécy, de Poitiers, d’Azincourt. Quelques Anglais tués pour des milliers de chevaliers Français !!
  • Tout de même… somnola un vieux larron de chasse. Nos cathédrales, nos châteaux…
  • Il y en a partout en Europe, grommelais-je. Visitez l’Europe, vous verrez bien !
  • Tout de même, le temps des rois… réagit un vieux compagnon du baron
  • Les rois vivent encore dans les pays protestants que vous n’aimez guère. Et de quel roi, de quelle favorite parlez-vous ?
  • Tout de même, vous exagérez…

 

Plusieurs convives se levèrent. Ils prétextèrent l’excès de chartreuse ou de cognac,

  • Tout le monde ici, je le vois, critique la République. Or nous avons tous fait nos humanités, que je sache. La république grecque, la république romaine, n’ont-elles pas été nos modèles ?
  • Ils truquaient les élections, ils corrompaient les électeurs, ils déclenchaient des guerres civiles !! hurla le baron.
  • Et bien de quoi vous plaignez-vous ?
  • Comment cela, de quoi je me plains ?

 

Je savourai par avance mon triomphe, obtenu de haute lutte devant ce parterre d’imbéciles qui se prenaient pour des gentilshommes.

 

  • Vous ne cessez de vous plaindre des temps présents, laudator temporis acti, laudateur des temps passés, comme on disait jadis dans l’ancienne Rome. Or vous voyez bien que nos démocraties ont moins de défauts… Et puis finalement, qu’auriez-vous préféré, dis-je en soulevant pompeusement mon verre ? Vivre à l’époque de Napoléon et envoyer vos fils mourir sur des champs de bataille ? Vivre à l’époque du bon président Poincaré et les envoyer mourir au champ d’honneur sous l’horrible motif de défendre la patrie ?
  • Là, vous exagérez… le patriotisme…
  • Un million et de mi de morts, trois millions de blessés, pour récupérer une Alsace qui est retombée depuis dans la sphère d’influence de l’Allemagne. Vous dites qu’il n’y a rien de plus beau que la patriotisme : mais ne préférez-vous pas envoyer vos fils étudier en Angleterre ou aux États-Unis ?

 

Le coup avait porté. Ces hommes fortunés avaient en effet pour la plupart envoyé leurs héritiers étudier dans de fameux MIT et autres universités très coûteuses outre-Atlantique. Le baron remuait lentement son verre : il ne me regardait même plus. Je l’avais vaincu : plus jamais il n’aurait l’audace de me défier sur le terrain des idées.

 

  • Non, c’est vrai… vous avez raison, murmura en baillant un des convives que ma morgue intellectuelle n’avait pas encore chassé du salon. On a tendance à idéaliser le passé…
  • Comme on a tendance à idéaliser son enfance, c’est très humain, ajoutais-je avec condescendance. En réalité, baron, ajoutais-je en soulevant une fois de plus mon verre, vous croyez au mythe de l’Age d’or.
  • Ah bon ?
  • Oui… les grecs, les romains idéalisaient le passé. Il rêvaient comme Hésiode en de temps meilleurs et bien passés. Et nous avons gardé de cette lecture païenne du monde (plusieurs sursautèrent, en dépit de l’heure avancée) toute une nostalgie politique qui souvent nous coûte très cher. Elle a fait le lit de tous les totalitarismes qui promettent des héros, des monts et des merveilles. Il n’y a rien de plus dangereux que de vouloir vivre avec des héros blonds de contes de fées.

 

Je me taisais enfin pour me resservir. En levant la tête je fus surpris de l’expression très concentrée et je dois dire maintenant un peu ricanante du baron. Il ne buvait plus, il baissait la tête en joignant nerveusement ses doigts. Les deux derniers convives se retirèrent, m’adressant une molle poignée de main, et un regard un peu attristé. Un lourd silence pesa, interrompu par la pendule.

 

  • Nous avons trop parlé, je pense. Je vais me retirer, si vous le permettez…
  • Non, non, cher ami… J’aime votre franchise, votre culture, vos paradoxes. Vous avez bien animé notre longue soirée. J’ai un cognac à vous faire goûter.

 

Le baron se leva et me servit, me demanda d’abandonner mon verre. Je me retirai quelques instants puis je rentrai dans la pièce. Il avait retrouvé toute sa sérénité. Et il me questionna.

 

  • Pourquoi d’après-vous nous avons tous gardé cette nostalgie de l’âge d’or ? Elle n’est pas liée à notre enfance, je pense ?
  • Certes non. Elle est liée à l’âge de la pierre polie. Avant la paysannerie, avant les guerres, quand nous n’étions que chasseurs, pêcheurs, cueilleurs, que nous ne connaissions ni patrie ni monarchie, simplement de petits groupes de survivants. Il y avait moins de maladies, et très peu de conflits. Ceux-ci sont apparus avec la propriété privée… avec les domaines… avec le progrès.
  • Ainsi donc, fit le baron avec une mine émerveillée, vous êtes comme Rousseau… un défenseur de la préhistoire.
  • A cette époque, il y a eu équilibre entre les populations et les ressources, sans avoir recours à des activités agricoles. C’est ce qu’on appelle l’âge d’or.
  • Vous êtes encore plus nostalgique que moi !!!

 

Il éclata de rire. Son rire me mit à l’aise, je voulus me lever. Mais je ne pus le faire. Je sentis que ma tête flanchait : j’avais dû trop boire, et je perdis conscience.

 

Il faisait froid. Je claquais des dents. J’ouvris les yeux sous un ciel noir et pluvieux.. je me levai douloureusement et constatai avec effroi que je portai un pagne. Je vis un paysage en pente. Je crus faire un rêve. Mais après les vérifications d’usage, il m´apparut que je vivais un cauchemar. J’entendis des pas, et de derrière un buisson apparut le baron, avec son garde-chasse. Ils étaient armés tous les deux. Il me regardait d’un air ricanant.

  • La bonne blague, hein ? On aime toujours autant le passé ?
  • Vous êtes un fou… je vous dénoncerai, j’ai des témoins…
  • Oh, vous avec énervé tout le monde, mon cher. Ecoutez, vous êtes à quelques lieues d’un village que vous connaissez. Retrouvez-le, et apprenez à ne plus vous moquer, et à avoir des idées vous aussi cohérentes. Vous vouliez de l’âge d’or ? Et bien, chassez maintenant !

 

Et sur ce mot cruel il se retira. Que pouvais-je bien dire maintenant ? Et surtout, que pourrais-je bien faire ?

 

 

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Cassien et Paul contre paresse et dépression

Cassien et Paul contre paresse et dépression

 

 

La religion sait depuis toujours comment lutter contre la dépression et la paresse ! Par la prière, par le travail, et qui plus est le travail manuel. Ma femme, qui est chef-choriste et bonne chrétienne (orthodoxe comme on sait) est excellente cuisinière et travailleuse manuelle.

Cassien cite saint Paul et les épitres aux Thessaloniciens.

Il décrit aussi drôlement l’agitation brouillonne de ces moines frappés de paresse, d’acédie et comme par hasard  voués au prétexte humanitaire pour se détourner de leur vraie vocation.

Maintenant savourez ces merveilles (patristique.org) !

 

Notre sixième combat est contre la paresse, qui est un ennui, un engourdissement du cœur ; elle a par conséquent beaucoup de rapport avec la tristesse, et elle attaque surtout les religieux qui vivent dans l’inconstance et l’isolement. C’est l’ennemi le plus dangereux et le plus acharné des solitaires ; il les tourmente principalement vers l’heure de sexte, et leur donne alors comme une sorte de fièvre réglée qui allume, dans leur âme malade, les plus violentes ardeurs. Aussi quelques Pères l’ont-ils appelée le démon de midi, dont il est parlé au psaume 90, 5.

 

Lorsque la paresse s’empare d’un pauvre religieux, elle lui inspire souvent l’horreur de son couvent, le dégoût de sa cellule, le mépris de ses frères qu’il trouve négligents et peu spirituels. Elle le rend sans force et sans ardeur pour tout ce qu’il doit faire dans sa cellule ; elle ne lui permet pas d’y rester et de s’y appliquer à la lecture. Il se plaint souvent de ne pas faire de progrès, depuis si longtemps qu’il est dans la communauté ; mais il dit en soupirant qu’il ne peut espérer aucun avancement, tant qu’il sera en pareille compagnie. Il gémit de perdre ainsi le fruit de ses peines, de ne pouvoir édifier personne par ses exemples et ses conseils, lui qui pourrait conduire les autres et être utile à tant d’âmes. Il loue les couvents qui sont éloignés du sien, et déclare que c’est là qu’il serait plus facile de faire son salut ; il vante la société édifiante et douce des religieux qui s’y trouvent, tandis que rien n’est plus fâcheux que tout ce qui l’entoure.

 

Sa maladie lui fait multiplier les visites d’honnêteté et de charité, et il aime aller voir les malades qui sont très éloignés de lui. Il pratique par paresse d’autres bonnes œuvres. Il s’informe des personnes qui peuvent être ses parents, pour avoir des occasions plus fréquentes de les voir. S’il y a une femme pieuse et consacrée au service de Dieu, qui n’a pas de famille, il s’imagine que c’est un acte très méritoire de la visiter souvent et de lui procurer tout ce qui peut lui manquer dans son abandon. Il se persuade qu’il vaut bien mieux s’occuper de ces œuvres extérieures de charité que de rester inutilement dans sa cellule, sans aucun profit pour son âme.

 

Dès que ce vice s’est emparé d’un religieux, on le voit rester oisif dans sa cellule, sans y faire le moindre progrès spirituel ; ou bien, il en sort sans motif et sans but, errant de cellule en cellule dans tout le monastère. Il est incapable de remplir ses devoirs, et sa seule préoccupation est le premier repas qu’il doit prendre. L’esprit du paresseux ne veille que pour penser à ce qu’il va manger, à moins qu’il ne rencontre quelque homme, quelque femme, aussi portés que lui à perdre le temps, et qu’il se mêle de leurs affaires.

 

 

Les solutions de Paul :

 

L’Apôtre arrive enfin aux avis qu’il voulait leur donner : « Appliquez-vous, leur dit-il,

à vivre en repos ; c’est la première chose ». La seconde : « Faites ce que vous avez à faire ». La troisième : « Travaillez de vos mains, comme nous vous l’avons recommandé ». La quatrième : « Soyez honnêtes à l’égard de ceux qui sont hors de l’Église ». La cinquième : « N’ayez rien à désirer de personne » (1 Th 4, 11).

 

Voilà où voulait arriver saint Paul, en disant tout ce qui précède : « Appliquez-vous à

vivre en repos », c’est-à-dire à rester dans vos cellules, pour que les agitations qui naissent des désirs et de l’entretien des oisifs, ne vous tourmentent pas et ne vous fassent pas tourmenter les autres. « Appliquez-vous à faire ce que vous avez à faire », et non pas à rechercher par curiosité ce qui se passe et ce qui se dit dans le monde, pour nuire ensuite à la réputation de vos frères, au lieu de songer à vous corriger de vos défauts et à acquérir des vertus.

 

« Appliquez-vous à travailler de vos mains comme nous vous l’avons ordonné ». C’est pour leur faire éviter ce qu’il leur avait défendu, c’est pour les empêcher de s’inquiéter, de s’occuper des affaires des autres, de se répandre au dehors et de désirer le bien d’autrui, qu‘il leur dit de travailler de leurs mains ; et il montre ainsi que l’oisiveté est la cause évidente des désordres qu’il vient de condamner. Car on ne peut être inquiet et occupé des affaires des autres, qu’en ne s’appliquant pas au travail des mains.

 

Et aussitôt, comme un habile médecin, il applique le fer spirituel, il retranche les membres corrompus qu’il n’a pu guérir avec de doux remèdes. « Séparez-vous, leur dit-il, de tout frère qui se conduit d’une manière déréglée et qui ne vit pas selon les traditions que vous avez reçues de nous ». Il ordonne ainsi de se séparer de ceux qui ne veulent pas travailler, de les retrancher comme des membres corrompus par l’oisiveté, dans la crainte que la contagion de la paresse ne se répande comme un venin dans les parties saines des autres membres.

 

Pour ne pas paraître, en travaillant, leur donner un bon exemple, sans leur faire un commandement, l’Apôtre ajoute : « Aussi, quand nous étions avec vous, nous vous avons déclaré que celui qui ne veut pas travailler, n’est pas digne de manger » (2 Th 3, 10).

 

« Nous avons appris, dit-il, que quelques-uns parmi vous vivent dans le désordre et sans rien faire, s’occupant seulement de ce qui ne les regarde pas » (2 Th 3,11).

 

Dans son épître aux Éphésiens, saint Paul recommande encore le travail : « Que

celui qui dérobait, dit-il, ne dérobe plus, mais plutôt qu’il travaille de ses mains à quelque ouvrage utile, afin qu’il puisse avoir les moyens de secourir le pauvre qui souffre » (Éph 4, 28).

 

Cela termine sublimement !

 

« Vous êtes devenus riches, par le Christ, en toutes choses, de tous les dons de la parole et de la science » (1 Co 1,

Nocturne et fou : les guerres terribles de Superscemo (écrit pour des élèves russes à Monaco)

 

 

Les guerres terribles de Superscemo

 

Il était une fois un inventeur fou, génial et cruel qui s’appelait Superscemo et vivait à Monte-Carlo. Il déclenchait tout le temps des guerres contre ses voisins et il inventait d’horribles machines terribles. Il rêvait aussi de réduire le monde par la famine et il organisait de belles spéculations sur le prix des grains. On disait d’ailleurs qu’il avait un grain.

Il vivait sur les hauteurs du Sun-Tower et il avait décidé un beau jour, comme toujours, d’envahir Fontvieille où vivaient ses vieux ennemis Misha et Ivan Grozny le terrible. Misha et Ivan Grozny avaient des tronçonneuses  géantes qui coupaient les gens en petits morceaux. On voyait les intestins tomber partout, se dérouler, avec du sang des tripes et des entrailles, c’était dégoûtant, disgusting. Et après Misha et Ivan Grozny se déguisaient en d’autres personnages car pour eux c’était halloween toute l’année.

Misha, après avoir découpé des personnes, les amenait au Brico-center et il les remontait en les transformant en monstres tout beaux et tout nouveaux.

Comme Misha et Ivan Grozny étaient deux fous dangereux, il fallait que Superscemo les arrête et balance une bonne guerre.

Superscemo avait le génie génétique en lui et il trafiquait des triops. Il fabriqua et mit au point des triops géants, des crips, des orcs électroniques et aussi des super-voitures nommées Kombat.

Elle faisait du 600 km/h, elle lançait des roquettes et des fusées, elle avait 4 machineguns, c’était terrible pour ses pauvres adversaires. Ils en prenaient plein la tête et dégoulinaient de sang, poveri bambini.

Un beau jour, Superscemo lança une autre attaque atroce contre Fontvieille. Il détruisit tout sur son passage, comme à sa vieille habitude. Il bombarda le Seaside, les Terrasses du Port, et le Memo Center, il coula tous les bateaux du port de plaisance de Cap d’Ail.

Il fit prisonnier Ivan Grozny et Misha qui étaient vaincus et il les emprisonna dans le musée océanographique. Et là, il les faisait manger petit à petit par d’affreux piranhas.

 

Puis Superscemo descendit en Kombat du Sun-Tower et il attaqua le fameux casino. Il massacra 250 carabiniers, 300 joueurs et 600 touristes qui passaient par là… Ce fut un beau jour bien rouge et plein de sang et de fureur, Superscemo était tout joyeux et délirant et il fonça vers les caisses pour dérober 200 millions de dollars en cash et en or.

Ensuite il fit du casino son Quartier General… Et il se mit à rêver aux milliards de dollars des banques à Monaco… Il attaqua en Kombat et enfonça les coffres-forts des banques. Il vola ainsi 250 milliards de dollars. Comme il ne se lassait jamais d’inventer de nouveaux triops et de nouveaux crips électroniques, il était devenu le plus puissant des oligarques de la côte d’usure et d’ailleurs. On l’appelait Megatzar terrible… Il se couronna empereur des terres du milieu et des extrêmes aussi d’ailleurs…

 

Mais Ivan Grozny le Terrible s’était échappé, alors que le pauvre Misha avait été bouffé tout cru par les ignobles piranhas (du moins c’est ce qu’on crut pendant longtemps). Ivan Grozny lui était plus dur  et il avait mangé les piranhas avec des  biscottes Heudebert et des biscuits Savane. Il les avait arrosés de kérosène, de bière tchèque et de vodka. Puis il était sorti du musée en égorgeant tous les gardiens. Il était sorti par les tuyaux et il était devenu amphibie, il nageait plus vite que les dauphins et il attaquait les requins. Il avait des dents géantes, et il était devenu le maître des mers et le génie des ordinateurs et il tuait les gens avec des signes étranges.

Ivan Grozny était le maître des mers, le thalassocrate, le super Kraken.  Mais d’autres fous veillaient en principauté, Simon par exemple.

Simon commença par un beau soir d’Halloween à aller voir les gens et à leur proposer : Trick or treat ! Les gens avaient peur, mais Superpazzo donna à Simon une bombe dans un paquet de cadeaux.  Superpazzo était un autre fou génial et meurtrier plus vieux que tous les autres, mais demeuré jeune dans son cœur et surtout bien cruel et plus expérimenté. Simon retourna donc tout content sur le yacht d’Ivan Grozny et il explosa avec le bateau.  C’était un mauvais tour de Superpazzo, alors allié de Superscemo, pour éliminer Ivan l’increvable. Mais Ivan Grozny était dans son sous-marin.

Pendant ce temps Superscemo allait voir les adultes survivants de la principauté et il leur disait : Trick or bomb !

Certaines fois, les adultes explosaient parce qu’ils croyaient à une blague. D’autres fois, ils absorbaient les bonbons de Superpazzo. Mais dans ces bonbons, il y avait des triops qui ensuite leur dévoraient les intestins et le cerveau. Il n’y avait pas de trêve des confiseurs, on pouvait le penser, parce que le sang et la chair coulaient par les narines, la bouche et même par les oreilles. C’était très horrible, Superscemo était alors enchanté, parce qu’il croyait que Superpazzo tuait toujours pour lui. En vérité, ce n’était pas le cas.

 

C’est alors que Megaloco, un des lieutenants d’Ivan (on pensa plus tard qu’il s’agissait d’un garçon nommé Sylvain) lança une super-offensive destructrice contre le Sun-Tower. Superscemo découvrit grâce à un triops espion qui se déplaçait en volant dans un Zeppelin que Superpazzo n’était rien d’autre qu’un traître vendu à Fontvieille. Il décida donc d’envoyer une autre armée de triops de spetsnatz et de robots pour détruire les terrasses du port où vivaient Simon et Misha, et où ils vivent toujours d’ailleurs.. Pendant ce temps Ivan Grozny coulait tous les yachts dans le port, il brûlait les bateaux et donnait les gens à manger à ses requins et à ses murènes. Après des esclaves muets leur frottaient les dents.

 

A la fin de la journée, les commandos de Superscemo s’emparaient des Terrasses du Port et Megaloco décida de se rendre. Superscemo les fit prisonnier ainsi que Gloupi (c’était Misha). Il les enferma dans un souterrain au pied du palais princier. Il remplit le souterrain de triops qui commencèrent à dévorer les deux ennemis. Puis il alla au casino et discuta avec Superpazzo pour discuter de la stratégie pour vaincre Ivan Grozny.

 

Superpazzo avait envoyé dans l’espace une station géniale et guerrière nommée Superpazzoyouz. De là Superscemo envoya des fusées et des roquettes incroyables, et des Kombat volants destinés à écraser les sous-marins d’Ivan Grozny. Mais Ivan s’était réfugié au fond des océans et il était à dix mille mètres de profondeur dans la fosse des Mariannes. Il voulait lancer une bombe très atomique sur le Sun-Tower, une bombe Grozny atomique pour détruire les deux alliés.

 

La bombe sortit de l’océan mais à elle se heurta à une torpille Freak, modèle Halloween, supérieure conçue, de Superscemo. Elle explosa au-dessus de l’Asie et elle fit 200 millions de morts en Chine. La mer devint rouge, c’est pour cela que l’on dit qu’il y a eu la mer Rouge. Ensuite, il y eut trois tsunamis, qui engloutirent Paris, Londres et New York.

 

Superscemo eut l’idée d’une autre invention géniale : un filet sous-marin gigantesque pour attraper le sous-marin Drakon d’Ivan Grozny. Après une longue poursuite dans les océans, l’amiral Superpazzo réussit enfin à capturer Ivan Grozny. Mais ce dernier décida de faire sauter son sous-marin ; juste avant, il se lança dans une fusée dans l’espace. Et il atterrit sur la lune où il fonda une colonie de monstres terrifiants. On les appela les lunatiques.

 

Superscemo voulut alors détruire la lune ; on avait détruit à peu près tout sur terre où d’ailleurs il avait trop de vieux et de déprimés. Alors il inventa un énorme canon et il réussit grâce à l’artillerie à détruire  la colonie lunaire d’Ivan Grozny. Ils étaient enfin les vainqueurs, avec Superpazzo. Ils contrôlaient le système solaire, mais ils savaient qu’Ivan Grozny était encore survivant. Ivan s’était cassé à peu près tous les os  et il portait sa tête dans ses bras. Il avait un pied dans la bouche et ses oreilles dans sa main droite, et il espérait trouver un chirurgien triops pour le retaper.

 

Sur terre, au Sun-Tower, Superscemo et Superpazzo étaient les kings of the world et les tzars de l’histoire de la planète. Ils organisèrent une nouvelle belle fête d’Halloween et ils empoisonnèrent tout le monde. Il ne restait pour vivre sur terre que le Sun-Tower, la Sibérie et la Patagonie et Liverpool en Angleterre. Superscemo écrivit une lettre en russe à son père Megakvas et il lui dit :

Ho lavorato benissimo…

 

Et il se retourna vers Superpazzo et lui dit :

Mais ajoutez ce mot au dictionnaire !

 

Les deux rois du monde savaient toutefois qu’Ivan Grozny reviendrait se venger avec Gloupi. Mais c’est une autre histoire…

 

Cette autre histoire s’appela l’assassinat de Superscemo

 

Superscemo devenait trop fou. Alors Superpazzo décida de le trahir, et il appela Ivan Grozny pour reprogrammer les triops et les orcs. Ivan Grozny s’était fait refaire par la chirurgie biomécanique et il avait retrouvé Gloupi et aidé Misha à ressusciter : il l’appela Ritardo.

 

Il construisit sous terre, sur la planète Jupiter, une grande base militaire nommée Novossibirsk bis pour faire la plus grande armée de la galaxie et commencer des attaques violentes. Dans les fusées, il entassa des triops, des orcs et des monstres Kraken. Il y avait aussi des zombies et des octopus mécaniques. Ivan l’appela Poulpe Fiction.

Pendant ce temps Superscemo devenait de plus en plus gros et fou et en plus il buvait de la bière et de la vodka.

Ivan Grozny avait décuplé sa taille et il avait changé de nom : il s’appelait maintenant Blood Lord. Partout où il passait la mer prenait la couleur du sang ; le monde était terrorisé par le thalassocrate, et Superscemo devenait Underlord, le petit seigneur, bon à rien et de plus en plus fou et impuissant.

Frozen Throne était le nom de l’immense base militaire du tout-puissant Blood Lord. Une nuit de noël Superscemo était avec Megagavnuc qui était le père rebaptisé par Ivan de Superscemo. Il fut assassiné parce que cette nuit Blood Lord avait fait tomber  des milliards de tonnes de bombes et des millions de triops crochus et de poulpes.  Il tomba dans un gouffre de Hell et on l’oublia pour la suite. Ivan apprit enfin la musique pour se calmer les nerfs.

Puis le prof arriva et calma tous ces petits malinki mosk. On en avait eu assez de leurs guerres terribles.

Chez nous on appelle ces guerres de Superscemo  Nakazanya. Parce que l’humanité vieillie a bien besoin de ça.