Nicolas Bonnal et le génie juif (reprise)

Génie juif (reprise)

Quel tort ! Pourquoi il faut être juif à tout prix (par Nicolas Bonnal) !

 

Et l’Éternel fut avec Joseph ; et il était un homme qui faisait [tout] prospérer ; et il était dans la maison de son seigneur, l’Égyptien. Et son seigneur vit que l’Éternel était avec lui, et que tout ce qu’il faisait, l’Éternel le faisait prospérer en sa main.

Genèse, 39, 2.

Le thème de la supériorité intellectuelle des Juifs énerve en France, car il contrevient parfaitement à l’antisémitisme passé et à l’égalitarisme ambiant, à la lubie que tout le monde est pareil, du fin fond de l’Ouganda au palais de Versailles.

Les Juifs, disait le président Weizmann, sont comme les autres, mais plus. Voyons voir : le site jewishwealth.org donne le chiffre suivant : 25% des milliardaires (en dollars) américains sont juifs. Ce site communautaire en tire des conséquences sur le savoir-faire juif en la matière et il nous fait l’amitié de nous prodiguer des conseils ! On a donc en Amérique une pléthore de livres de développement personnel sur l’art de faire fortune en suivant les conseils de la Torah et du talmud. Je conseille ceux du rabbi Lapin, un rabbin de Miami d’origine lithuanienne, qui excelle dans l’art de conseiller en déridant l’atmosphère. Pensez-vous, les Juifs et l’argent ! On sait aussi la part que le génie juif a pris dans l’élaboration et le développement d’internet. Pensez à Zuckerberg, à Serguei Bryn, à Jeff Bezos, à Jimmy Wales de Wikipedia. Je l’avais déjà souligné dans mon livre Internet, la nouvelle voie initiatique, en rapprochant les psaumes et le livre de Job du lexique de la Toile. 22% des prix Nobel décernés furent juifs.

Je relisais en pensant à cette chronique un des livres de Sombart les plus controversés, et qui ne mérite pas de l’être (pas plus que celui, d’ailleurs excellent, de Jacques Attali sur cette immense question), celui sur le rôle des juifs dans le développement industriel et commercial de l’occident. Eh bien, ils y ont pris une immense part, et avant même la révolution industrielle, en constituant un tiers des entrepreneurs et des possesseurs de plantations par exemple en Amérique du Sud et dans les îles caraïbe, Barbade y compris. Sombart rappelle aussi leur génie inventif et le rôle qu’ils ont toujours joué auprès des monarques et des « despotes » éclairés ou même des généraux (il cite le maréchal de Saxe) qu’ils équipaient aux armées.

J’ai à ce propos une anecdote amusante : Freud avait beaucoup d’admiration pour les grands hommes autoritaires, lesquels selon lui avaient souvent protégé les juifs. Il aimait pour cela Hannibal, Cromwell et bien sûr Napoléon. On pourrait ajouter César, que les juifs vinrent veiller le soir de son assassinat (c’est dans Suétone).

Dans le même esprit un peu taquin, on pourrait donner à lire le livre de Slatkine sur le siècle juif, qui montre la part prépondérante qu’ont pris les juifs dans tous les domaines importants au XXème siècle. Slatkine rappelle le rôle des juifs dans les affaires, le cinéma, la médecine, la culture et bien sûr la politique. Etant juif, il le fait bien sûr sans mauvaise pensée et il rappelle le rôle prépondérant des juifs dans la montée du bolchévisme et du communisme en Europe. La plupart des grands intellectuels juifs n’ont jamais contesté cette évidence. Je l’ai même lu une fois sous la plume d’Alexandre Adler et bien sûr d’Alain Finkielkraut.

Cette évidence est mal acceptée en France car on est dans le pays où il faut tout taire. Mais j’insiste et je rappellerai ici le texte exceptionnel de Churchill, publié en février 1921, sur le rôle des juifs, qu’il jugeait néfaste (une partie importante de l’humanité n’a pas été d’accord avec lui, et pendant longtemps !), dans le développement du communisme. Judéophile passionné, Churchill rêvait plutôt, avec une vingtaine d’années d’avance, d’une conversion au sionisme des élites juives et du peuple. Il a été largement suivi, et l’on ne peut que se féliciter, les Européens et les chinois les premiers, de la disparition du communisme. Churchill avait compris quelle influence pouvait avoir sur une question cruciale la « most remarkable race » que la terre ait porté !

Je cite encore un petit classique au titre amusant sur la question, Le juif conquérant, écrit par un Anglais (les judéophiles sont toujours abondé en Angleterre) nommé John Foster Fraser, au début du siècle dernier. Foster remarque comme Sombart que la misère abonde quand les Juifs ne sont pas là ; qu’ils organisent la richesse et les marchés d’un pays, ses sciences sociales, sa vie culturelle, quand ils y arrivent. Et que donc leur nombre abondant ne peut faire que des heureux, alors que l’antisémitisme a toujours prétendu le contraire contre l’évidence des faits.

C’est pour cela que j’en reviens à la France. Actuellement les juifs s’en vont. On sait que 92% des électeurs français installés en Israël avaient voté pour Nicolas Sarkozy aux dernières élections. Le tournant lamentable pris par la politique française depuis six mois ne va faire qu’accélérer ces départs, qui concernent aussi une part toujours plus grande des Français. Ne resteront, comme on disait chez moi à Tunis à l’époque, que les bourricots. Et c’était avant les frères musulmans…

Et le Pharaon dit à Joseph : Puisque Dieu t’a fait connaître tout cela, personne n’est intelligent et sage comme toi. Toi, tu seras sur ma maison, et tout mon peuple se dirigera d’après ton commandement ; seulement quant au trône, je serai plus grand que toi.

(Gen., 41, 40)

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Magouilles et spéculation : les bonnes pages du Bossu de Paul Féval

 

Les bonnes pages du Bossu

 

 

Ce fut une étrange époque. Je ne sais si on peut dire qu’elle ait été calomniée. Quelques écrivains protestent çà et là contre le mépris où généralement on la tient, mais la majorité des porteplumes cria haro ! Avec un ensemble étourdissant. Histoire et mémoires sont d’accord.

En aucun autre temps, l’homme, fait d’un peu de boue, ne se souvint mieux de son origine. L’orgie régna, l’or fut Dieu.

En lisant les folles débauches de la spéculation acharnée aux petits papiers de Law, on croit en vérité assister aux goguettes financières de notre âge.

Seulement, le Mississipi était l’appât unique. Nous avons maintenant bien d’autres amorces ! La civilisation n’avait pas dit son dernier mot. Ce fut l’art enfant, mais un enfant sublime.

 

Nous sommes au mois de septembre de l’année 1717.

Dix-neuf ans se sont écoulés depuis les événements que nous venons de raconter aux premières pages de ce récit.

Cet inventeur qui institua la banque de la Louisiane, le fils de l’orfèvre Jean Law de Lauriston, était alors dans tout l’éclat de son succès et de sa puissance. La création de ses billets d’État, sa banque générale, enfin sa Compagnie d’Occident, bientôt transformée en Compagnie des Indes, faisaient de lui le véritable ministre des finances du royaume, bien que M. d’Argenson eût le portefeuille.

Le Régent, dont la belle intelligence était profondément gâtée par l’éducation d’abord, ensuite par

les excès de tout genre, le Régent se laissa prendre, dit-on, de bonne foi, aux splendides mirages de ce poème financier. Law prétendait se passer d’or et changer tout en or.

Par le fait, un moment arriva où chaque spéculateur, petit Midas, put manquer de pain avec des millions en papier dans ses coffres.

Mais notre histoire ne va pas jusqu’à la culbute de l’audacieux Écossais, qui, du reste, n’est point un de nos personnages. Nous ne verrons que les débuts éblouissants de sa mécanique.

 

Au mois de septembre 1717, les actions nouvelles de la Compagnie des Indes, qu’on appelait des filles, par opposition aux mères qui étaient les anciennes, se vendaient à cinq cents pour cent de prime.

Il nous faut bien dire un mot de cette fête. C’était l’Écossais Law qui en avait eu l’idée, et c’était aussi l’Écossais Law qui en faisait les frais énormes. Ce devait être le triomphe symbolique du système, comme on disait alors, la constatation officielle et bruyante de la victoire du crédit sur les espèces monnayées. Pour que cette ovation eût plus de solennité, Law avait obtenu que Philippe d’Orléans lui prêtât les salons et les jardins du Palais-Royal.

Bien plus, les invitations étaient faites au nom du Régent, et, pour ce seul fait, le triomphe du dieu-panier devenait une fête nationale.

 

Law avait mis, dit-on, des sommes folles à la disposition de la maison du régent, pour que rien ne manquât au prestige de ces réjouissances. Tout ce que la prodigalité la plus large peut produire en fait de merveilles devait éblouir les yeux des invités. On parlait surtout du feu d’artifice et du ballet. Le feu d’artifice, commandé au cavalier Gioia, devait représenter le palais gigantesque bâti, en projet, par Law sur les bords du Mississipi. Le monde, on le savait bien, ne devait plus avoir qu’une merveille : c’était ce palais de marbre, orné de tout l’or inutile que le crédit vainqueur jetait hors de la circulation.

Un palais grand comme une ville, où seraient prodiguées toutes les richesses métalliques du globe !

L’argent et l’or n’étaient plus bons qu’à cela.

Le ballet, œuvre allégorique dans le goût du temps, devait encore représenter le crédit, personnifiant le bon ange de la France et la plaçant à la tête des nations. Plus de famines, plus de misère, plus de guerres ! Le crédit, cet autre messie envoyé par Dieu clément, allait étendre au globe entier les délices reconquis du paradis terrestre.

Après la fête de cette nuit, le crédit déifié n’avait plus besoin que d’un temple. Les pontifes existaient d’avance.

Il ouvrit son portefeuille, et jeta sur la table un gros paquet de lettres roses, ornées de ravissantes vignettes qui toutes représentaient, parmi des Amours entrelacés et des fouillis de fleurs, le Crédit, le grand Crédit, tenant à la main une corne d’abondance. On fit le partage.

 

 

A ces époques où règne la contagion de l’agio, l’agio se fourre partout, rien n’échappe à son envahissante influence. De même que vous voyez dans les bas quartiers du négoce les petits enfants, marchant à peine, trafiquer déjà de leurs jouets et faire l’article en bégayant sur un pain d’épice entamé, sur un cerf-volant en lambeaux, sur une demi douzaine de billes ; de même, quand la fièvre de spéculer prend un peuple, les grands enfants se mettent à survendre tout ce qu’on recherche, tout ce qui a vogue : les cartes du restaurant à la mode, les stalles du théâtre heureux, les chaises de l’église encombrée. Et ces choses ont lieu tout uniment, sans que personne ne s’en formalise.

 

Gonzague fut jaloux. Pour le consoler, au sortir d’un autre souper, le Régent lui accorda, pour l’hôtel de Gonzague, le monopole des échanges d’actions contre marchandises, C’était un cadeau étourdissant. Il y avait là-dedans des montagnes d’or.

Ce qu’il fallait d’abord, c’était faire de la place pour tout le monde, puisque tout le monde devait payer et même très cher. Le lendemain du jour où la concession fut octroyée, l’armée des démolisseurs arriva, On s’en prit d’abord au jardin. Les statues prenaient de la place et ne payaient point, on enleva les statues ; les arbres ne payaient point et prenaient de la place, on abattit les arbres.

 

Ce matin où nous entrons pour la première fois à l’hôtel, l’œuvre de dévastation était à peu près achevée. Un triple étage de cages en planches s’élevait tout autour de la cour d’honneur. Les vestibules étaient transformés en bureaux, et les maçons terminaient les baraques du jardin. La cour était littéralement encombrée de loueurs et d’acheteurs.

 

– C’est que la fête sera splendide, messieurs, dit Gonzague ; tous ceux qui seront là auront leur brevet de fortune ou de noblesse. Je ne pense pas qu’il soit entré dans la pensée de monsieur le Régent de livrer ces crédules à la spéculation ; mais ceci est le petit malheur des temps, et, ma foi ! je ne vois point de mal à ce que Bois- Rosé ou l’abbé fassent leurs affaires avec ces bagatelles.

– Dussent les salons du Régent, fit observer Chaverny, s’emplir cette nuit de courtiers et de trafiquants !

– C’est la noblesse de demain, répliqua Gonzague, le mouvement est là ! Chaverny frappa sur l’épaule d’Oriol.

 

Chateaubriand et la princesse Louise de France

Chateaubriand et la princesse Louise de France

 

On a parlé ici de la relation brève et sacrée entre le plus grand écrivain français et la princesse Louise, petite-fille de notre Charles X. Cela se passe lorsque notre royaliste impénitent va voir notre roi en exil à Prague. Voici comment notre styliste incomparable la décrivait :

« Mademoiselle rappelle un peu son père ; ses cheveux sont blonds, ses yeux bleus ont une expression fine : petite pour son âge, elle n’est pas aussi formée que le représentent ses portraits. Toute sa personne est un mélange de l’enfant, de la jeune fille, de la princesse : elle regarde, baisse les yeux, sourit avec une coquetterie naïve mêlée d’art ; on ne sait pas si on doit lui dire des contes de fées, lui faire une déclaration ou lui parler avec respect comme à une reine »

D’une certaine manière c’est comme cela qu’il faudrait parler à toutes les femmes en général, mais comme nos temps sont plus mous… Comme disait Edmund Burke, The age of chivalry is gone

 

 

Mais voici aussi une lettre sublime de la mère de notre princesse au grand maître :

 » Je vous demande, ô monsieur de Chateaubriand, de porter à mes chers enfants l’expression de toute ma tendresse pour eux. Dites bien à Henri que je compte plus que jamais sur tous ses efforts pour devenir de jour en jour plus digne de l’admiration et de l’amour des Français. Dites à Louise combien je serais heureuse de l’embrasser et que ses lettres ont été pour moi ma seule consolation. Mettez mes hommages aux pieds du Roi et offrez mes tendres amitiés à mon frère et à ma bonne sœur. Je les prie de vous communiquer leurs intentions pour l’avenir. Je vous demande de me rapporter partout où je serai les vœux de mes enfants et de ma famille. Renfermée dans les murs de Blaye, je trouve une consolation à avoir un interprète tel que monsieur le vicomte de Chateaubriand ; il peut à tout jamais compter sur mon attachement.

 » Marie−Caroline.  »

Evoquons donc ce lien intellectuel et spirituel qui se noue en quelques secondes à Prague entre l’auteur d’Atala et la jeune et savante princesse :

« Madame de Gontaut a pris la parole :  » M. de Chateaubriand est allé en Egypte et à Jérusalem.  »

Mademoiselle a frappé des mains et s’est encore rapprochée de moi.  » M. de Chateaubriand, m’a−t−elle dit, contez donc à mon frère les pyramides et le tombeau de Notre Seigneur. « 

J’ai fait du mieux que j’ai pu un récit des pyramides, du saint tombeau, du Jourdain, de la Terre−Sainte. L’attention des enfants était merveilleuse : Mademoiselle prenait dans ses deux mains son joli visage, les coudes presque appuyés sur mes genoux, et Henri perché sur un haut fauteuil remuait ses jambes ballantes.

Après cette belle conversation de serpents, de cataracte, de pyramides, de saint tombeau, Mademoiselle m’a dit :  » Voulez−vous me faire une question sur l’histoire ? − Comment, sur l’histoire ? − Oui, questionnez−moi sur une année, l’année la plus obscure de toutes… »

 

Mais quid de cette princesse ? Eh bien sachez qu’elle aurait pu être votre reine.

Les experts nous enseignent :

 

« Petite-fille de Charles X, frère et successeur du roi de France Louis XVIII, Louise d’Artois est le premier enfant survivant de Charles-Ferdinand d’Artois(17781820), duc de Berry et de sa jeune épouse Marie-Caroline de Naples et de Sicile. Le 13 février 1820, son père Charles-Ferdinand est assassiné en sortant de l’ancien opéra de Paris par Louvel, un opposant au régime qui souhaite l’ « extinction de la maison de Bourbon ». Louis XVIII songea à abolir la loi salique, à son profit et à un mariage avec Ferdinand-Philippe d’Orléans ».

Mais ce ne fut pas possible grâce à l’enfant du miracle, le petit Henri dont parle Chateaubriand dans les Mémoires (lui-même finit maladroitement ou providentiellement) ;

« Cependant, quelque temps plus tard, la duchesse de Berry fait part d’une nouvelle grossesse et en septembre 1820, naît « l’enfant du miracle » un garçon qui reçoit le titre de duc de Bordeaux. Le projet est abandonné ; la petite Louise ne sera pas reine de France. »

 

La destinée de la douce Louise est alors tracée ; elle sera triste et tragédienne, et la princesse mourra peu après quarante ans, non sans avoir été épouillée de ses miettes de principauté :

« Le mari de Louise accède donc au trône en 1849, mais est assassiné cinq ans plus tard. Louise devient régente pour son fils Robert Ier de Parme. En 1859, la famille ducale est chassée par les armées du roi Victor-Emmanuel II de Sardaigne. Après un référendum, les duchés de Parme et de Plaisance sont rattachés au nouveau royaume d’Italie. Dans une note officielle, Louise protesta et affirma que le référendum était truqué. Elle meurt en exil cinq ans plus tard. »

Le père et le mari furent donc assassinés. Louise fut chassée, elle finit malade et obèse quelques années plus loin…

Cette princesse Louise, elle est une autre fée aux miettes, à qui Chateaubriand rendit ses lettres d’éternité. Rencontre d’une reine impossible, et de son écrivain. Mais il fallait que tout fût accompli.

Defendum est Hispania (par les amis du comité Valmy)

Lorsque je vois qui soutient les initiatives aventurières de Carles Puigdemont, président de droite de la Généralité de Catalogne, je suis conforté dans l’idée qu’une fois de plus, les gauchistes crétins et les néolibéraux actifs, se sont mis la tête sous le même bonnet. Comme pour la Flandre belge, l’Écosse, ou l’Italie du Nord, l’UE pousse au séparatisme dans les pays qui ne sont pas déjà sous contrôle étroit de l’Allemagne comme ceux de la Mitteleuropa. L’objectif du démantèlement des nations est toujours à l’ordre du jour et comme ces régions riches ne veulent surtout pas partager avec les pauvres, Merkel, Schaüble et Junker jouent sur le velours. Comment ne pas se rappeler comment l’Allemagne (accompagnée du Vatican !) avait instantanément reconnu la déclaration unilatérale d’indépendance de la Slovénie avec pour conséquence l’enchaînement qui a abouti aux guerres fratricides, aux épurations ethniques et au démantèlement de la Yougoslavie. L’Allemagne est occupée maintenant à martyriser et de piller la Grèce avec l’appui de l’UE.

L’Espagne qui a connu une guerre civile atroce et 40 ans de dictature féroce, a des institutions fragiles. La mise en place d’une démocratie représentative est relativement récente. Le Pays Basque donne l’impression d’avoir pour l’instant maîtrisé ses vieux démons, mais la Galice, Les Asturies ou l’Andalousie ? Que sait-on de ce qui se passe dans les profondeurs de ces sociétés, qui vivent avec des mémoires encore cuisantes, et viennent de prendre de plein fouet les conséquences de la crise financière de 2008. Quels feux couvent sous la cendre ?

Carles Puigdemont, qui veut organiser le référendum du 1er octobre, est un nationaliste, réactionnaire et méprisant envers les autres peuples d’Espagne. Il n’anime en rien, une lutte de libération nationale, mais excite les particularismes, et instrumentalise cyniquement une mémoire douloureuse. La Catalogne qui dispose de marges d’autonomie institutionnelles considérables, est la région la plus prospère d’Espagne et prétendre à une domination insupportable de Madrid n’est que le prétexte pour masquer l’égoïsme qui est le moteur principal de la tentation sécessionniste. De même nature que la sécession des élites, des grandes métropoles des pays développés qui ne veulent plus entendre parler des couches populaires. Se débarrasser des pauvres, ne plus partager.

Que l’on ne vienne pas parler du « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ». Quand on a applaudi le coup d’État du Maïdan, téléguidé par l’Allemagne et les États-Unis en Ukraine, et les massacres commis sur les populations russophones du Donbass qui réclamaient leur autonomie, on est modeste. Sans parler bien sûr de la russophobie délirante de ceux qui poussent les feux pour lancer la Catalogne dans l’aventure. Quand ils appelaient à la guerre et comparaient Poutine à Hitler, lorsque la Crimée a été rattachée à la fédération de Russie, dont elle était sortie par un oukase absurde de Nikita Khrouchtchev 52 ans plus tôt. Et ce, après un référendum, certes unilatéral, mais dont les observateurs neutres ont reconnu la sincérité. Droit des peuples à disposer d’eux-mêmes à géométrie variable ?

Finalement, au-delà des affects et des passions, qu’on le veuille ou non, le véritable enjeu se dessine. Ces aventures et ces tentations séparatistes, ne reflètent réellement qu’une chose : c’est à qui sera le meilleur élève de l’Allemagne, qui aura le meilleur fauteuil dans la course aux places dans l’orbite de celle-ci.

Ce n’est pas l’intérêt des peuples d’Espagne. Qui est justement de rester ensemble.

En savoir plus sur http://reseauinternational.net/apres-la-yougoslavie-lespagne/#kr9jPcE3lCzsuM8F.99

Gary Cooper et les trois lanciers

Gary Cooper et les trois lanciers

 

1935 ; l’autre grand film d’Hathaway avec Gary Cooper est les Trois lanciers du Bengale tourné dans la banlieue de Los Angeles !  On a dit que c’était le film préféré d’Hitler. Il est vrai qu’à la veille d’entrer en guerre, on ne trouvera rien de mieux pour préparer moralement des troupes : le film de Walsh Aventure en Birmanie est lui le préféré du Mossad. Les trois lanciers sont inspirés par Francis Yeats-Brown écrivain fasciste et proche de Mosley.

Hymne à l’héroïsme, à l’impérialisme britannique, hymne aussi à la camaraderie et à l’aventure. La décoration de McGregor est remise à son cheval dans une scène très émouvante et au haut symbolisme hauturier. On pourra aussi chercher des significations à la chasse au cochon sauvage. Certes elle est impure au musulman mais elle exprimerait en occident un je ne sais quoi de signification guénonienne et symbolique : la chasse au sanglier druidique, quelque part dans la Calédonie…

La scène sublime est celle où Gary Cooper cherche un mot pour se réveiller et trouver l’énergie de se sacrifier- en faisant sauter tout le camp. Il cherche et trouve… Poésie ! Il a été préparé par son compagnon, extraordinairement joué par l’acteur d’origine française Franchot Tone, beau gosse à l’éternel sourire, moqueur et cultivé, mais brave à l’infini et habile comme personne au polo. Tone chante et récite des poèmes, notamment des poèmes délirants, ceux de Lewis Carroll. Tout cela a fini par imprégner le cerveau peu cultivé de McGregor et par l’animer au final. C’est notre Geis celtique, c’est notre cri de guerre, notre Clamor gaulois.

Jacques Lourcelles dans son trop gros livre sur les films (tous américains ou quasi) fait l’éloge du colonel coincé et lui donne raison, regrettant le sacrifice du héros. Il montre ainsi qu’il n’a pas compris le film : ce film est sublime parce qu’il narre un sacrifice guerrier et ce refus d’obéir à une hiérarchie bien british et bien médiocre – qui du reste sera humiliée durant toute la guerre à venir, de Singapour à la Lybie. Le second du colonel, personnage moins ingrat, est joué par le brillantissime, par le phénoménal Aubrey Smith, un immortel grand-père pour fillette du docteur Marsh, immortel président de la ligue des joueurs de cricket à Hollywood !

Le personnage est triple, il rappelle les contes (l’aîné, le cadet, le petit Poucet…) : l’imprudent fils du colonel, le plaisantin poète, le héros guerroyant. Il s’agit du même personnage en fait, du même guerrier à trois visages – et à trois âges. Comme les sept frères dans Poucet.

Il s’agit aussi d’un petit groupe hors de l’armée – on est bien loin de Fort Apache, d’un petit groupe en soi.

Rappelons pour le plaisir Jean Haudry à ce sujet – indo-européen entre tous :

 

« En marge de cette société existe une contre société institutionnalisée qui reflète les idéaux, les valeurs et les comportements de la société héroïque : la f´ian, troupe de jeunes guerriers, les fianna, qui bien qu’issus de la noblesse vivent en dehors de la société… »

 

Nous sommes bien là devant le sujet du film : la constitution d’une contre-société plus belliqueuse et réactive que sa fonctionnaire hiérarchie. Dès le début McGregor veut réagir devant les tirs et il voit mourir devant lui son supérieur obéissant. L’histoire des Trois lanciers, c’est l’histoire d’une lente mutinerie mûrement réfléchie. Une rébellion de la jeunesse contre une manière prudente et bureaucrate de  faire la guerre.

Cette mutinerie de combat accompagne une mutinerie de famille – l’impossible relation entre le colonel coincé et le fils agité (la même année Clark Gable tourne dans le Bounty). Il y a donc conflit lignager, et Jean Haudry de rajouter :

« Ils n’obéissent pas au pouvoir royal, avec lequel leurs chefs sont fréquemment en conflit. Ce conflit avec les autorités de la société lignagère est typique de la société héroïque. »

On peut remarquer que le colonel, lorsqu’il apprend que McGregor, qu’il a fait mettre aux fers pour insubordination (et presque grossièreté), s’est évadé avec son geôlier, se montre presque satisfait, comme s’il avait prévu et désiré en catimini cette réaction : la guerre de commando prenant le relais de la guerre massifiée (celle que filmera Walsh dans Objectif Birmanie). Ce colonel vaut mieux que ce que pense la critique.

L’idée sublime de la guerre poétique ou de la poésie guerrière est une grande et belle donnée des épopées païennes. On pense aux Kenning qui enchantaient Borges, à la saga d’Egill, à tous ces rois poètes et guerriers. Mel Gibson s’en souviendra au début de son grandiloquent Braveheart. On retrouve ici la beauté ancestrale, homérique presque du discours et du haut fait.

Quant à Gary Cooper son sacrifice surhumain est fait au nom de la poésie. Cela nous suffit, d’autant qu’il a sauvé l’âme de son protégé en refusant de parler de sa trahison d’un instant. Et ce dernier devient héros et tue le chef rebelle des montagnards.

Et vous voudriez que l’on n’adorât pas ce film ? Gary Cooper c’est le cinéma.

 

Pourquoi passer la nuit avec Nicolas Bonnal et Apocalypse now (plus le colonel Kurz et TS Eliot)

Apocalypse now, Trump et le colonel Kurtz

 

 

La Saker dans son commentaire du rocambolesque et grotesque speech de Trump à l’ONU écrit qu’il recherche la stratégie chez les Américains. Il n’y en a pas.

Souvenez-vous du commentaire du capitaine Villard arrivé dans le bunker dingo : « mon colonel, vous ne faites preuve d’aucune méthode ! »

 

Cela n’empêche pas Trump et les américains de toujours claironner victoire. Et cela nous ramène à Apocalypse now, comme toujours.

 

 

Un des films les plus importants du cinéma postmoderne : folie et brutalité militaire US, guerre-spectacle, initiation foireuse orientale ; exotisme tropical remixé ; sexe, drogue et rock’n’roll ; dégénérescence et nihilisme occidental, tout y est.

On commence par Baudrillard que je n’ai retrouvé qu’en anglais, un anglais bien simple :

 

“The war as technological and psychedelic fantasy, the war as a succession of special effects, the war become film even before being filmed. The war abolishes itself in its technological test…”

 

Simulacre de film pour un simulacre de guerre, le film avait tout pour plaire au gourou français !

 

“The war in Vietnam « in itself » perhaps in fact never happened, it is a dream, a baroque dream of napalm and of the tropics, a psychotropic dream that had the goal neither of a victory nor of a policy at stake, but, rather, the sacrificial, excessive deployment of a power already filming itself as it unfolded, perhaps waiting for nothing but consecration by a superfilm, which completes the mass-spectacle effect of this war.”

 

La guerre comme conditionnement médiatique ? Baudrillard remarque justement un qu’avec ce film Washington et le complexe ont gagné la guerre !

 

Apocalypse now is a global victory.”

 

La guerre n’avait pas d’enjeux, d’ailleurs les vietnamiens se sont vite soumis après. On bosse pour Gap, on hait les chinois, et on signe les traités de commerce d’Obama.

 

A la fin mystérieuse et initiatique du voyage, Eliot est lu par Kurz. Le baba cool cite aussi Eliot, grand poète réactionnaire américain, devenu anglican :

 

« WE are the hollow men

We are the stuffed men

Leaning together

Headpiece filled with straw…

 

Shape without form, shade without colour,

Paralysed force, gesture without motion”.

 

Le baba cool explique que notre monde postmoderne ne crèvera pas dans un boom, mais dans un murmure (ou pleurnichement plutôt). Toute la vérité du monde après le monde. C’est encore du Eliot:

 

“This is the way the world ends

This is the way the world ends

This is the way the world ends

Not with a bang but a whimper.”

 

Le baba cool cite un autre poème du maître, the love song of John Prufock, en évoquant le crabe agitant ses pinces au fond des mers :

 

« I should have been a pair of ragged claws

Scuttling across the floors of silent seas.”

 

A la fin du film, on découvre les livres de chevet du colonel :

 

Jessie Weston – From ritual to romance

Sir John Frazer – The golden bough

 

J’ai évoqué ces deux livres (que j’ai découverts à dix-sept ans grâce au film) dans plusieurs de mes livres. La thèse de Weston, une grande érudite qui traduisit le Wolfram, est passionnante ! Quant au rameau d’or, inspiré du chant VI de l’Enéide,  à qui encore le présenter ? Rappelons que Guénon la juge très mal.

Dans le film qui nous intéresse ici, cette référence prépare le sacrifice du colonel. Il est sacrifié comme un buffle pour se concilier les dieux et qu’un monde nouveau apparaisse. Mais Villard ne veut pas lui succéder et laisse tomber son épée, come Conan dans le film du grand scénariste fasciste zen John Milius.

 

Enfin, je cite un de mes passages sur le livre, extrait de mon Hollywood et le paganisme :

 

La veine païenne de Coppola va s’affirmer dans les films suivants : Apocalypse now bien sûr, Rusty James et plus tard Dracula.

Apocalypse now offre de nombreux points de rencontre avec le paganisme – pas le néo-paganisme. Le bateau de Villard se nomme le « patrouilleur loubard », il n’obéit plus au… tout-puissant ! L’inspiration est de Conrad bien sûr, lui-même inspiré dans son Cœur des ténèbres par Homère et Virgile. Ce beau roman d’aventures contre-initiatiques critique le colonialisme, le progrès, la civilisation, marquant surtout une remontée vers les ténèbres affolantes (voir l’analyse de Todorov).

Coppola suit la trame des épopées gréco-romaines de la manière suivante : les playmates sont les comme les sirènes, les canoës sur le fleuve comme les barques des Enfers, Kurz comme Pluton avec  quelque chose d’orphique tout de même.

Conrad a toujours aimé décrire aussi la folie – ou la stupidité imbibée de whisky – de l’homme blanc des colonies. Dans le supplément, le colon français explique que les Américains ont créé les Viêt-Cong pour lutter contre… les japonais. Coppola défend à travers les Français une colonisation enracinée et tellurique contre la conquête virtuelle de type américain.

Le film attaque la matrice américaine, sa foire, son Barnum et Disneyland (voir la lettre que reçoit le surfeur) tout en célébrant le Viet discret « qui n’a pas besoin de cirque et avale ses boulettes de rat ». On rarement été aussi dur pour le modèle de papa et maman.

Le caractère dérisoire devient caricatural au moment des playmates (les sirènes donc) qui montrent l’Amérique s’effondrer dans le stupre de sa révolution sexuelle et de sa pornographie de masse.

A l’inverse Kurz a proposé – avant de sombrer romantiquement dans la folie – un modèle de soldat tellurique, enraciné, frugal et motivé. Il est devenu l’objet de culte de la part de son peuple –et il est sacrifié comme le pauvre buffle à la fin, dans cette jungle philippine, dans ce temple bouddhiste où Villard apprend à renaître. La cruauté, le sang ici ne sont pas choquants. Ils font partie d’un rituel, d’une vision du monde. Même la tête de l’excellent cuisinier finit par prendre tout son sens. Kurz transforme Villard en grand sacrificateur, il veut être tué. A ses côtés le baba cool incarne la génialité naïve de cette époque qui adorait tout à sa manière décalée et déphasée. On sait la part maintenant que prirent les services secrets américains dans l’orientation de cette jeunesse vers la dérive des drogues et de l’errance. Ken Kesey qui écrivit le Vol au-dessus d’un nid de coucous, hommage bizarre à l’indianité et au rebelle selon Jünger, essayait au début des années 60 des drogues pour les programmes de la CIA (lire Estulin, le Tavistock Institute).

A la fin du film – qui s’est un peu fait attendre, le cirque américain prenant parfois trop d’ampleur -, le manifeste païen devient littéraire. Kurz lit le poème de TS Eliot, chrétien nihiliste et eschatologique, sur la Fin de Hommes, devenus des Hommes creux (Hollow men), la caboche pleine de paille. Le baba cool reprend dans son rapide monologue la fin du texte cette idée géniale d’un fin du monde qui se termine pas dans un boom, dans un murmure – plus exactement dans un pleurnichement.

 

Pas dans un boum dans un pleurnichement.

Dans cette belle scène d’illumination intellectuelle, qui échappe presque à tout le monde, un lent panoramique découvre deux classiques : le Rameau d’or de sir John Frazer, d’inspiration comme on sait virgilienne. Frazer aime le thème du sacrifice du dieu pour la moisson. Et on a un ouvrage plus discret, Du Rituel à la Romance de Jessie Weston, titre inspirateur pour toute l’industrie du cinéma… On sait que ces deux titres arthuriens ont inspiré l’autre grand poème d’Eliot, the Waste Land, la terre gaste, titre qu’il a bien pris à notre littérature du Graal.

La dimension déjantée du film (le colonel sadique et surfeur Kilgore), Wagner (qui déjà accompagnait les attaques allemandes dans les docus nazis), le chaos continu et progressif contiennent une dimension d’Endkampf (…). »

 

Enfin on remonte un fleuve. Alors on termine avec Guénon, sur le symbolisme du passage des eaux…

 

« Ananda K. Coomaraswamy a signalé que, dans le bouddhisme comme dans le brahmanisme, la « Voie du Pèlerin », représentée comme un « voyage », peut être mise de trois façons différentes en rapport avec la rivière symbolique de la vie et de la mort : le voyage peut être accompli, soit en remontant le courant vers la source des eaux, soit en traversant celles-ci vers l’autre rive, soit enfin en descendant le courant vers la mer.

 

Dans ces conditions, la « remontée du courant » pourra être considérée comme s’effectuant en deux phases : la première, dans le plan horizontal, conduit au centre de ce monde ; la seconde, à partir de là, s’accomplit verticalement suivant l’axe, et c’est celle-ci qui était envisagée dans le cas précédent ; ajoutons que ces deux phases successives ont, au point de vue initiatique, leur correspondance dans les domaines respectifs des « petits mystères » et des « grands mystères ».

 

Sources

 

René Guénon – Symboles de la science sacrée

TS Eliot – Complete poems (the hollow men)

Baudrillard – Simulations and simulacra

Bonnal – Hollywood et le paganisme (Amazon.fr)

 

 

Jean Lévy et le discours du docteur Donald Folamour

Comité Valmy

Aux Nations-Unies, Donald Trump vient de prononcer un violent discours de guerre. Il s’est dit prêt à « détruire la Corée du Nord » et s’est fait provocant à l’égard de l’Iran. Ces propos sont source d’inquiétude pour tous les peuples épris de paix, pour notre peuple. Tournant le dos à ses propres discours électoraux prônant le retrait des Etats-Unis de leur interventionnisme à l’égard des autres pays, le président américain cède ainsi au puissant lobby militaro-industriel, un secteur clef de l’oligarchie américaine, qui n’accepte pas la nouvelle réalité du monde d’aujourd’hui.

En effet, les Etats-Unis qui croyaient, à l’aube du nouveau siècle, faire de celui-ci le siècle américain, sont contraints de constater que la place de leader mondial lui est disputée par la Chine, que la Russie s’est relevée de la déchéance où l’avait entraînée la défaite de l’Union soviétique pour redevenir une puissance mondiale , que Pékin et Moscou coopèrent de plus en plus étroitement, que nombre Etats – tels l’Iran, la Syrie, la Corée du Nord, Cuba, le Venezuela – n’acceptent plus une domination étrangère.

Avec l’arrivée de Trump à la Maison Blanche, il était possible de penser que Washington, mesurant ces changements historiques, s’en serait tenu à la politique annoncée par le nouveau président. C’était sans compter avec « l’Etat profond » US, ses forces impérialistes dominantes, qui n’ont pas accepté le verdict populaire et la nouvelle politique annoncée. Ces forces ont repris le chemin de la guerre, après avoir  » fait prisonnier » le Président, privé de son entourage électoral, Certes, Trump n’a pas offert de résistance, le pouvait-il d’ailleurs ?

Aujourd’hui, les Etats-Unis, pris de vertige dans leur nouvel environnement mondial, veulent mordre pour défendre leur suprématie. Le président s’est mué en un nouveau Dr Folamour.

C’est un danger pour le monde, pour la France en particulier, qui par son appartenance à l’Otan, se trouverait engager automatiquement dans une guerre aux côtés des Américains. Certes, le Président de la République s’est, dans son discours à l’ONU, déclaré en faveur du multilatéralisme, de relations internationales apaisées. Mais que valent ces déclarations alors que dans le même temps notre pays est lié militairement aux Etats-Unis ?

Le danger de guerre est là, à notre porte. L’impérialisme américain, fort d’un budget militaire équivalant à la totalité de ceux des autres Etats, peut réagir d’une manière irresponsable et déclencher un conflit sur n’importe quel continent : en Corée du Nord, où le gouvernement se veut, dans ces conditions, doté d’une force nucléaire défensive , en Iran riche en pétrole qui échappe aux compagnies US, dans l’Europe de l’Est contre la Russie, dans le Pacifique contre la Chine…

La France doit prendre des initiatives de paix en conviant l’ensemble des Etats du monde à une conférence internationale visant au désarmement nucléaire général, à la fermeture totale de toutes les bases militaires des Etats hors de leurs frontières, à la coopération mutuelle des peuples au profit de leur économie et de leur niveau de vie.

Et, comme première mesure de sauvegarde, le retrait total des structures de l’Otan…

Jean LEVY
Membre du Bureau national du Comité Valmy
20 septembre 2017