Loki, Ragnarok, hackers, rebelles, technognose… Pourquoi les thèses de doctorat citent… Nicolas Bonnal 

Loki, Ragnarok, hackers, rebelles… Pourquoi les thèses de doctorat citent… Nicolas Bonnal

 

 

Al hablar del paso de la evolución de la sociedad feudal a la sociedad capitalista y al ampliar la idea que tenemos de esta última para entrar en el dominio de nuestra Sociedad Bit, destacamos, por la pertinencia del abordaje, a Nicolas Bonnal. Este, apellida la Sociedad Digital como « tecnofeudal » y en esta senda citamos a Bill Gates cuando comenta que, « El capitalismo, demostrablemente el mayor de los sistemas económicos construidos, probó en la década pasada sus ventajas sobre los sistemas alternativos. La autopista ampliará estas ventajas. Ésta permitirá a los que producen bienes ver, con mucha más eficiencia que antes, lo que quieren los compradores, y permitirá que los potenciales consumidores compren estos bienes de modo más

eficiente”. Pues bien, parece que la fusión entre el concepto de una sociedad

« tecnofeudal » y la apreciación hecha por Gates nos lleva a concluir de hecho

sobre la existencia de una nueva economía que, a pesar de nueva, transporta

en sí un cuño tan ancestral como el feudalismo.

 

Pues bien, con esto queremos llamar la atención hacia lo siguiente: cuando entramos en www nos posicionamos, tal como expone Nicolas Bonnal36, “…en el lugar de encuentro de la alta tecnología con lo irracional más puro. Basta con pulsar una tecla para conectarnos y entrar en contacto con el universo infinito de la red. Nadie sabe cuantos internautas se conectan realmente, nadie sabe cuantos sitios existen ni cuales son los sitios que acogen, cual estante de la biblioteca de Babel, los conocimientos más secretos del mundo.”

 

……………………………………………………………………………………………….

 

 

Existe un pasaje en la obra ya citada de Nicolas Bonnal, Internet la

Nueva vía Iniciática que consideramos una excelente ilustración de estos nuevos delincuentes, explica el autor que, “Los hackers40 son los nuevos asaltantes de la sociedad tecnofeudal. Sin escrúpulos y superdotados, reproducen los arquetipos de los ladrones de Bagdad y de los bandoleros de antaño. Por ello, es muy raro que sean condenados severamente: suscitan gran admiración. Por otro lado, son capaces de piratear a los poderosos, sociedades, administraciones, portales importantes, vengando así al internauta medio. Inspiran miedo, como el Dios Loki de la mitología escandinava que exhibe farsas y extiende armadillas en el Ragnarok; porque ellos pueden desencadenar el Apocalipsis virtual que fascina a todo el mundo (…) el hacker representa el último bandido de la historia, y el primer delincuente del ciberespacio.”

 

 

UNIVERSIDAD COMPLUTENSE DE MADRID

FACULTAD DE CIENCIAS DE LA INFORMACIÓN

Departamento de Periodismo III

(Teoría General de la Información)

DE LA SOCIEDAD DE LA INFORMACIÓN A LA SOCIEDAD

DEL CONOCIMIENTO: LA SOCIEDAD DEL BIT

TESIS DOCTORAL Presentada por Reginaldo Rodrigues de Almeida

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Après-midi SF : découvrez la France transformée en royaume anglo-angevin de science-fiction, dirigée par les Plantagenêt et dominée, par une caste de magiciens, grâce à l’écrivain américain Randall Garrett

Too Many Magicians

From Wikipedia, the free encyclopedia
Too Many Magicians
TooManyMagicians.jpg

Cover of 1966 first edition (hardcover)
Author Randall Garrett
Cover artist Karen Eisen
Country United States
Language English
Series Lord Darcy series
Genre FantasyScience fictionAlternate history
Publisher Doubleday
Publication date
1966
Media type Print (Hardcover & Paperback)
Pages 260
Preceded by Murder and Magic
Followed by Lord Darcy Investigates

Too Many Magicians is a novel by Randall Garrett, an American science fiction author. One of several stories starring Lord Darcy, it was first serialized in Analog Science Fiction in 1966 and published in book form the same year by Doubleday. It was later gathered together with Murder and Magic (1979) and Lord Darcy Investigates (1981) into the omnibus collection Lord Darcy (1983, expanded 2002). The novel was nominated for the Hugo Award for Best Novel in 1967.

The Lord Darcy character also appears in several other novellas and short stories by Garrett, but this is his only novel-length Lord Darcy story. Michael Kurland has written two further novels set in the Lord Darcy universe.

Plot introduction[edit]

The novel takes place in 1966. However, it occurs in a world with an alternative history. The Plantagenet kings survived and rule a large Anglo-French Empire. In addition, around AD 1300 the laws of magic were discovered and magical science developed. The physical sciences were never pursued. The society looks early Victorian, though medical magic is superior to our medicine.

The book uses the conventions of a detective story. The protagonist is Lord Darcy, Chief Investigator for the Duke of Normandy. This Sherlock Holmes-like figure is assisted by Master Sean O’Lochlainn, a forensic sorcerer.

The novel is a locked room mystery, which takes place at a wizards’ convention. Garrett delights in puns. Analogues of Nero WolfeArchie GoodwinJames Bond and Gandalf the Grey appear.

Nicolas Bonnal fait la Une du Monde des Livres

Quand Nicolas Bonnal fait la Une du Monde des Livres (29 septembre 2000) !

 

Démons du Web

LE MONDE | 29.09.2000 à 00h00 • Mis à jour le 29.09.2000 à 00h00 | Par

ROGER-POL DROIT

Qu’y a-t-il derrière ? Voilà la question que les têtes humaines n’ont cessé de se poser. La réalité, l’évidence, le monde tel qu’il se donne, les choses comme elles nous apparaissent, ce sont des énigmes pour philosophes. Les esprits « normaux » se demandent plutôt : au-delà, en dessous, de l’autre côté, comment est-ce ? Que peut-on en savoir ? Comment l’imaginer ? Pourrions-nous parvenir à l’explorer ? Par quelle voie ? Au cours des siècles, les curieux ont tâtonné, mêlant raisonnements et superstitions, rudiments de sciences et croyances obscures. On vit cohabiter mobiles magiques et modèles mathématiques, convictions occultes et rigueur logique. Jusqu’au jour où ces tentatives impures furent mises au rancart. La rationalité avait triomphé tout à fait, la boue des premiers âges pouvait être abandonnée à jamais. Tout ce qui embarrassait allait partir sur les bords, disparaître dans les marges, les périphéries, les divers « para » (normal ou psychologique).

Le problème, c’est qu’on ne se débarrasse pas si facilement de flopées de spectres. Ils viennent de si loin, et sous tant de formes diverses, que leur retour est permanent. Le mérite du livre de René Louis est de présenter un panorama de cette troupe hétéroclite où se mêlent sorciers et médiums, voyants et maîtres des « effets PK » (pour psychokinésie, déplacement d’objets par la pensée), fantômes et esprits de tous poils, si l’on peut dire. L’ouvrage, par lui-même, n’apporte rien de neuf. Tout ce qu’il rappelle a déjà été cent fois mentionné. Mais autant de fois oublié, rangé dans un tiroir ou une poubelle. L’intérêt de cette fresque est donc principalement de nous rendre un instant la mémoire. Oui, il y a bien eu une foule innombrable de gens que l’on a cru capables de lire dans l’avenir, de voir à l’intérieur des corps, d’interroger les miroirs, de déchiffrer sans les ouvrir des lettres cachetées. Oui, certains parmi eux firent des exhibitions publiques, eurent pour amis de grands hommes, furent consultés par des politiques en renom. D’autres devinrent l’objet de l’attention des chercheurs (lesquels ne savaient quoi chercher) avant de sombrerdans l’oubli.

De proche en proche, sans grand discernement des nuances, sans vrai souci des ruptures historiques ou des disparités, aux médiums s’ajoutent les fantômes, les mauvais esprits qui hantent les maisons, les jeteurs de sorts, les kabbalistes, les alchimistes, occultistes, ésotéristes, les maîtres de toutes sortes d’oeuvres secrètes, capitales, diaboliques bien sûr. Alliés des noires puissances et amis des maléfices encombrent l’histoire. Bien qu’ils soient nombreux, par nature invincibles et toujours prêts à surgir des mémoires, on pensait malgré tout avoir la paix. Au moins pour assez longtemps. Les sciences sont développées, les techniques omniprésentes, les populations éduquées. Il est vraisemblable que les derniers démons soient à l’hospice, en mauvais état, peu capables de nuire. Eh bien, pas du tout ! Voilà nos anges déchus requinqués. Contrairement à ce qu’on pouvait croire, plus de technique suscite plus de fantasmagories. Un pas en avant dans les machines semble s’accompagner d’un pas en arrière dans les consciences. Ce syndrome porte un nom précieux. On appelle ça le rétrofuturisme. Le Web en serait atteint.

Dans un curieux livre, à la fois mal ficelé et intéressant, Nicolas Bonnal brosse le portrait de cette résurgence de vieilles terreurs sur les réseaux nouveaux. D’après lui, nous serions en pleine croissance de la technognose. Ainsi, le « w » correspondant en hébreu au chiffre 6, beaucoup se préoccuperaient aujourd’hui que le World Wide Web (www) équivale à 666, soit le chiffre de la Bête dans l’ Apocalypse de Jean. Le Net, ce serait le filet contre lequel Job se battait déjà. Dans la kabbale, il n’est question, comme sur Internet, que de portails, de codes, de noeuds. Comme dans la gnose, la vieille lutte contre le corps, ses pesanteurs et ses incohérences, est à l’ordre du jour : certains rêvent d’entrer dans le réseau, de devenir téléchargeables, de survivre comme pure information. Pour ces anges New Age, évidemment, notre viande est une gêne. Ils rêvent de n’être que lumière, instantanément diffusée dans un monde sans pesanteur ni animalité.

Les hackers, ces pirates qui contournent les barrières et les mesures de sécurité des systèmes informatiques, sont les chevaliers d’Internet, selon Nicolas Bonnal. Déjouer les plus retorses défenses est leur quête du Graal, aussi interminable que celle des compagnons du roi Arthur. Ce ne serait donc pas un hasard si les jeux de rôles – donjons, dragons et autres occasions de mortels combats – se sont développés sur la Toile de manière spectaculaire. Les ordinateurs se délectent d’anciennes légendes. Ils brassent allégrement Pythagore et la Kabbale, des secrets chiffrés et des moeurs médiévales. On les croyait postmodernes. Ils risquent de se révéler préclassiques.

On peut laisser de côté les défauts de ce travail, qui a tendance à gonfler son sujet et à mettre dans le même sac des comportements distincts. Car Nicolas Bonnal, en dépit de certaines imperfections, met le doigt sur une question importante : le monde hypertechnique est aussi un univers mythologique, régressif, crédule, traversé éventuellement de toutes les hantises et les phobies des âges les plus anciens, celles que l’on avait cru trop vite révolues. Sans doute ne faut-il pas noircir aussitôt le tableau. Il n’est pas vrai que nos disques durs soient truffés de signes maléfiques et nos modems peuplés de gremlins prêts à bondir. Mais il y a une tendance. Une sorte de boucle possible entre l’avenir et le passé. Le futur risque d’être archaïque. On pense à ce mot attribué à Einstein : « Je ne sais pas comment la troisième guerre mondiale sera menée, mais je sais comment le sera la quatrième : avec des bâtons et des pierres. » (1)

Demander pourquoi il en est ainsi est légitime, quoique trouver une réponse satisfaisante soit pour le moins difficile. Serait-ce que toute grande étape dans l’histoire s’accompagne d’une résurgence de superstitions ? Serait-ce que la « noosphère » du Web intensifie les conflits entre prétendus anges et supposés démons ? Peut-être peut-on trouver une autre explication. Après tout, les créatures des mondes intermédiaires, angéliques ou diaboliques, étaient classiquement des êtres virtuels. Leur caractère volatil était patent. Leurs réponses à des invitations codées étaient banales, leur existence cryptée et fluide constituait une croyance bien établie. Leur nomadisme passait pour avéré. Au moment où nos machines retrouvent des caractéristiques fort semblables, doit-on s’étonner que quelques diables montrent le bout de leur queue ?

Château de Kyle of Loschalch. Nicolas Bonnal y a dormi. Les moines sont des espions prussiens ; on le reverra dans le nid d’aigle de Chapeau melon et bottes de cuir. Tout le monde pille le maître Billy Wilder, même Kubrick (oui, mein führer !)

Comment la « théorie de la conspiration » couvre les crimes occidentaux

http://lesakerfrancophone.fr/comment-la-theorie-de-la-conspiration-couvre-les-crimes-occidentaux

 

Comment la « théorie de la conspiration » couvre les crimes occidentaux

 

 

On connaît Ron Unz, prestigieux polymathe américain, et son tempétueux site savant et antisystème. Il s’interrogeait récemment sur la théorie de la conspiration, et voici ce qu’il écrit à propos du fameux alunissage de 1969 :

 

« Il y a un ou deux ans, j’ai vu le très intéressant film de science-fiction Interstellar, et bien que l’intrigue n’ait pas été bonne, une première scène était assez amusante. Pour diverses raisons, le gouvernement américain du futur a prétendu que nos débarquements lunaires de la fin des années 1960 avaient été falsifiés, un tour visant à gagner la guerre froide. Cette inversion de la réalité historique a été acceptée comme vraie par presque tout le monde, et ces quelques personnes qui avaient affirmé que Neil Armstrong avaient vraiment mis les pieds sur la Lune étaient universellement ridiculisés en tant que «théoriciens de conspiration fous». Cela me paraît une représentation réaliste de la nature humaine. »

 

La conspiration est partout, mais c’est aux médias et aux experts (sacrés experts…) de décréter quelle analyse sera considérée vraie, quelle autre sera baptisée théorie de la conspiration :

 

« Autrement dit, il existe de bonnes «théories de la conspiration» et de mauvaises «théories de la conspiration», les premières étant celles promues par les experts sur les émissions de télévision traditionnelles et ne sont donc jamais décrites comme telles. J’ai parfois plaisanté avec des gens que si la propriété et le contrôle de nos stations de télévision et d’autres grands médias changeaient soudainement, le nouveau régime d’information ne nécessiterait que quelques semaines d’efforts concertés pour inverser totalement toutes nos « théories de conspiration » les plus célèbres dans l’esprit crédule du public américain. »

 

L’abrutissement médiatique (affirmation/répétition) disait Gustave Le Bon dans sa psycho de la foule) garantit la version-système de la réalité. Rappelons  que Murray Rothbard a écrit la même chose pour l’histoire. « La version officielle-étatique triomphe dans les programmes scolaires », et le reste est jeté à la poubelle, « estampillé théorie de la conspiration » :

 

« En conséquence, au moment où nous avons attaqué l’Irak en 2003, les sondages ont révélé que 70% des citoyens américains croyaient que Saddam était personnellement impliqué dans la destruction de notre World Trade Center. À cette date, je ne doute pas que de nombreux millions d’Américains patriotes mais de faible information auraient dénoncé et vilipendé avec colère comme un «théoricien de conspiration fou», quiconque avait la témérité de suggérer que Saddam n’était pas derrière le 11 septembre».

 

Ron Unz rappelle que la Cia a inventé dans les années soixante l’expression pour déconsidérer les mécontents de l’explication officielle :

 

« Sur la base d’une divulgation importante de la FOIA, la révélation était que la CIA était très probablement responsable de l’introduction généralisée de la «théorie du complot»… en tant que moyen de contrôle des dégâts, la CIA a distribué un mémo secret à tous ses bureaux extérieurs en demandant qu’ils envoient leurs messages médiatiques dans le but de ridiculiser et d’attaquer des critiques comme des partisans irrationnels des «théories de la conspiration».

 

Découvrez le regretté Ulfkotte, « mort mystérieusement » et son livre sur la CIA et la presse allemande, encore disponible (en allemand) sur archive.org.

 

 

Unz rappelle que le grand historien Charles Beard, taxé de révisionniste et de pacifiste, a été évacué, et remplacé par deux experts européens, Strauss et l’inévitable Popper – qui plagia Henri Bergson :

 

« À l’époque de la Seconde Guerre mondiale, un changement important dans la théorie politique a entraîné une énorme baisse de la respectabilité de toute explication «conspirative» des événements historiques. Pendant des décennies avant ce conflit, l’ un de nos savants et intellectuels publics les plus importants avait été l’historien Charles Beard, dont les écrits influents avaient fortement mis l’accent sur le rôle néfaste de diverses conspirations d’élite dans l’élaboration de la politique américaine au profit de quelques-uns aux dépens du plus grand nombre, avec ses exemples allant de la plus ancienne histoire des États-Unis à l’entrée de la nation dans la Première Guerre mondiale. »

 

Or Beard ne convenait pas aux élites surtout après 1941 :

 

« Cependant, Beard était un adversaire important de l’entrée américaine dans la Seconde Guerre mondiale et il a été marginalisé dans les années qui ont suivi, même avant sa mort en 1948. De nombreux jeunes intellectuels publics d’une tendance similaire ont également subi le même sort, ont été purgés de la respectabilité et se sont vus refusé tout accès aux médias traditionnels. »

 

Beard, qui reprochait les interventions des élites comme Rockefeller ou le CFR dans la politique et les informations américaines, fut éloigné. On fit donc entrer en lice ces deux loups garous, sortis d’un roman d’espionnage, qui allaient inspirer néocons et lobbies LGBT :

 

« Dans le même temps, les perspectives totalement contraires de deux philosophes politiques européens, Karl Popper et Leo Strauss, ont progressivement gagné l’ascendance dans les milieux intellectuels américains et leurs idées sont devenues dominantes dans la vie publique. »

 

Karl Popper, qui a insulté toute sa vie la philosophie européenne, Platon, Hegel, Heidegger (ça, un prof de philo ? Il n’avait qu’à lire Kojève s’il ne comprenait pas Hegel), a créé les conditions intellectuelles de la diabolisation-système :

 

« Popper, le plus influent, a présenté des objections larges et théoriquement théoriques à la possibilité même de conspirations importantes qui existent, ce qui suggère que celles-ci seraient difficiles à mettre en œuvre compte tenu de la faillibilité des agents humains; ce qui pourrait apparaître comme une conspiration équivalait à des acteurs individuels poursuivant leurs objectifs étroits. Plus important encore, il considérait les «croyances conspiratrices» comme une maladie sociale extrêmement dangereuse, facteur majeur de la montée du nazisme et d’autres idéologies totalitaires mortelles. »

 

La subtile réduction ad Hitler….

Puis Ron Unz établit un intelligent distinguo entre les attitudes des deux prestigieux « intellectuels » de la postmodernité élitiste et conquérante :

 

« Pendant ce temps, Strauss, une figure fondatrice de la pensée néo-conservatrice moderne, était tout aussi sévère dans ses attaques contre l’analyse de conspiration, mais pour des raisons opposées à la polaire. Dans son esprit, les conspirations d’élite étaient absolument nécessaires et bénéfiques, une défense sociale cruciale contre l’anarchie ou le totalitarisme, mais leur efficacité dépendait évidemment de les cacher aux regards indiscrets des masses ignorantes. »

 

Strauss est moins sot que Popper. Donc ;

 

« Son principal problème avec les «théories de la conspiration» n’était pas qu’elles étaient toujours fausses, mais elles pouvaient souvent être vraies et, par conséquent, leur propagation était potentiellement perturbatrice pour le bon fonctionnement de la société. Donc, en matière de légitime défense, les élites ont besoin de supprimer activement ou de réduire autrement l’enquête non autorisée sur les conspirations présumées. »

 

Unz rappelle la nuisance des deux compères :

 

« Popper est probablement l’un des fondateurs de la pensée libérale moderne, avec un individu aussi influent politiquement que le financier libéral de gauche George Soros prétend être son disciple intellectuel. Pendant ce temps, les penseurs néo-conservateurs qui ont dominé totalement le Parti républicain et le mouvement conservateur au cours des dernières décennies empruntent souvent leurs idées à Strauss. »

 

C’était la fin intellectuelle de Beard :

 

« Ainsi, grâce à un mélange de pensée poppérienne et straussienne, la tendance américaine traditionnelle à considérer les conspirations d’élite comme un aspect réel mais néfaste de notre société a été progressivement stigmatisée comme étant paranoïaque ou politiquement dangereuse, mettant les conditions pour son exclusion du discours respectable. »

 

Unz évoque ensuite le rôle sinistre de Richard Hofstader, sorte de BHL des années soixante :

 

« En 1964, cette révolution intellectuelle avait été achevée en grande partie, comme en témoigne la réaction extrêmement positive à l’article célèbre du politologue Richard Hofstadter qui critiquait le soi-disant «style paranoïaque» dans la politique américaine, qu’il a dénoncé comme la cause sous-jacente de la croyance populaire répandue dans des théories de conspiration peu plausibles. »

 

Ron Unz (qui fut candidat au poste de gouverneur dans les années 90) rappelle que de toute manière tout est lié au contrôle des médias-système :

 

« Mes vues ont été façonnées par les récits médiatiques plutôt conventionnels que j’ai absorbés. Par conséquent, pour presque toute ma vie, j’ai automatiquement rejeté toutes les «théories de la conspiration» comme ridicules, et je ne pensais jamais qu’une de celles-ci pourrait être vraie. »

 

Il ajoute :

 

« Un contrôle substantiel des médias est presque toujours une condition préalable absolue à toute conspiration. Donc, en pesant sur la plausibilité d’une conspiration, la première question à examiner est de savoir qui contrôle les médias. »

 

Marchands d’armes, banques, gouvernement…

 

Il revient à la paranoïa antirusse de notre époque débile :

 

« La probabilité d’une conspiration russe à grande échelle qui se déroule dans la zone opérationnelle de ces organes médiatiques est pratiquement nulle. En effet, nous sommes constamment bombardés d’histoires de présumées conspirations russes qui semblent être des « faux positifs », des allégations terribles apparemment ayant peu de base factuelle ou étant totalement ridicules. En attendant, même la combinaison la plus crue de la conspiration antirusse pourrait se produire facilement sans recevoir d’avis ou d’enquête médiatique grave. »

 

 

Oui, il n’y a pas de conspiration russe, mais antirusse, qui servira à déclencher comme en 1939 une énième, peut-être finale, guerre en Europe !

 

Notes

 

Je redonne un extrait de ma bibliographie libertarienne (Mises.org) :

  • Murray Rothbard, le manifeste libertarien. Ses pages sur l’histoire diplomatique sont extraordinaires de culot, de bon sens et d’autorité. Il exonère Staline pour la Guerre Froide, comme Ralph Raico d’ailleurs ! On peut lire aussi son livre sulfureux sur Wall Street et les banques. Enfin, bien sûr, Rothbard irrépressible, où il défend sa conception de la culture et du cinéma, qui est la mienne ; et le film de Corneau Tous les matins du monde.
  • Ralph Raico, les grands leaders et les grandes guerres. Ces grands leaders sont tous des catastrophes car pour devenir un grand président, il faut la guerre, civile ou mondiale. Le benêt Wilson, Lincoln, Roosevelt, etc. sont restés dans les mémoires grâces à leur horreurs.
  • John Denson, les reconsidérations sur la présidence. Livre collectif et splendide sur la montée du totalitarisme américain. Belle contribution de l’universitaire Michael Levin, sur le président comme ingénieur social, saboteur des études et des armées.
  • Les coûts de la guerre, essai sur les victoires pyrrhiques de l’Amérique. Merveilleux ouvrage collectif. Edité encore par John Denson.
  • La Guerre perpétuelle pour une paix perpétuelle par Harry Elmer Barnes. Belle évocation du courageux Beard. J’ai évoqué Frédéric Sanborn sur la manière dont Roosevelt empêcha un règlement européen à Munich pour favoriser son intervention ultérieure.
  • Thomas Di Lorenzo. Lincoln, qui montre ce que tous les lecteurs de mémorialistes savaient : Lincoln détraqué, homme du business et des tarifs douaniers, fanatique étatique de la loi, et qui prépara sur les cendres du vieux sud le désordre nouveau américain.

 

Defendum est Hispania (par les amis du comité Valmy)

Lorsque je vois qui soutient les initiatives aventurières de Carles Puigdemont, président de droite de la Généralité de Catalogne, je suis conforté dans l’idée qu’une fois de plus, les gauchistes crétins et les néolibéraux actifs, se sont mis la tête sous le même bonnet. Comme pour la Flandre belge, l’Écosse, ou l’Italie du Nord, l’UE pousse au séparatisme dans les pays qui ne sont pas déjà sous contrôle étroit de l’Allemagne comme ceux de la Mitteleuropa. L’objectif du démantèlement des nations est toujours à l’ordre du jour et comme ces régions riches ne veulent surtout pas partager avec les pauvres, Merkel, Schaüble et Junker jouent sur le velours. Comment ne pas se rappeler comment l’Allemagne (accompagnée du Vatican !) avait instantanément reconnu la déclaration unilatérale d’indépendance de la Slovénie avec pour conséquence l’enchaînement qui a abouti aux guerres fratricides, aux épurations ethniques et au démantèlement de la Yougoslavie. L’Allemagne est occupée maintenant à martyriser et de piller la Grèce avec l’appui de l’UE.

L’Espagne qui a connu une guerre civile atroce et 40 ans de dictature féroce, a des institutions fragiles. La mise en place d’une démocratie représentative est relativement récente. Le Pays Basque donne l’impression d’avoir pour l’instant maîtrisé ses vieux démons, mais la Galice, Les Asturies ou l’Andalousie ? Que sait-on de ce qui se passe dans les profondeurs de ces sociétés, qui vivent avec des mémoires encore cuisantes, et viennent de prendre de plein fouet les conséquences de la crise financière de 2008. Quels feux couvent sous la cendre ?

Carles Puigdemont, qui veut organiser le référendum du 1er octobre, est un nationaliste, réactionnaire et méprisant envers les autres peuples d’Espagne. Il n’anime en rien, une lutte de libération nationale, mais excite les particularismes, et instrumentalise cyniquement une mémoire douloureuse. La Catalogne qui dispose de marges d’autonomie institutionnelles considérables, est la région la plus prospère d’Espagne et prétendre à une domination insupportable de Madrid n’est que le prétexte pour masquer l’égoïsme qui est le moteur principal de la tentation sécessionniste. De même nature que la sécession des élites, des grandes métropoles des pays développés qui ne veulent plus entendre parler des couches populaires. Se débarrasser des pauvres, ne plus partager.

Que l’on ne vienne pas parler du « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ». Quand on a applaudi le coup d’État du Maïdan, téléguidé par l’Allemagne et les États-Unis en Ukraine, et les massacres commis sur les populations russophones du Donbass qui réclamaient leur autonomie, on est modeste. Sans parler bien sûr de la russophobie délirante de ceux qui poussent les feux pour lancer la Catalogne dans l’aventure. Quand ils appelaient à la guerre et comparaient Poutine à Hitler, lorsque la Crimée a été rattachée à la fédération de Russie, dont elle était sortie par un oukase absurde de Nikita Khrouchtchev 52 ans plus tôt. Et ce, après un référendum, certes unilatéral, mais dont les observateurs neutres ont reconnu la sincérité. Droit des peuples à disposer d’eux-mêmes à géométrie variable ?

Finalement, au-delà des affects et des passions, qu’on le veuille ou non, le véritable enjeu se dessine. Ces aventures et ces tentations séparatistes, ne reflètent réellement qu’une chose : c’est à qui sera le meilleur élève de l’Allemagne, qui aura le meilleur fauteuil dans la course aux places dans l’orbite de celle-ci.

Ce n’est pas l’intérêt des peuples d’Espagne. Qui est justement de rester ensemble.

En savoir plus sur http://reseauinternational.net/apres-la-yougoslavie-lespagne/#kr9jPcE3lCzsuM8F.99