https://www.naturalnews.com/2021-02-01-situation-update-feb-1-populist-financial-uprising.html
https://en.wikipedia.org/wiki/Political_interpretations_of_The_Wonderful_Wizard_of_Oz
HORSE ROUTINE DE ELEANOR POWELL AVEC UN CHEVAL (après 3mn)
« Sa tête rasée de très près n’offrait d’autres cheveux que cette touffeque l’esprit chevaleresque des Indiens conserve sur le sommet de la tête, comme pour narguer l’ennemi qui voudrait le scalper… » (Le dernier des Mohicans).
Pour mieux apprécier les références à Frithjof Schuon, on se reportera au film d’Elliott Silverstein, un homme nommé cheval ; à celui de mon regretté ami Irvin Kershner, la revanche d’un homme nommé cheval. Au Dernier des mohicans de Michael Mann (scénario tarabiscoté mais fantastique partition de Trevor Jones), mais aussi à la version de 1936 avec Randolph Scott dans le rôle de Hawk Eye. Enfin bien sûr à Danse avec les loups qui en dépit de son catéchisme bon enfant, sensibilisa une opinion distraite.
Ici on va juste tenter d’élever le débat américain (en oubliant Trump, ses tweets et ses bombes) avec Frithjof Schuon, immense ésotériste suisse de culture alémanique et musulmane, qui a vécu en Amérique du Nord auprès de ses chers sioux lakotas…
Il est amusant avant de commencer de rappeler que les costumes indiens dans un homme nommé cheval venaient d’Hollywood ! Cette anecdote digne de Baudrillard rappelle que nous sommes tombés si bas que même quand nous parlons de tradition, nous évoluons dans le simulacre.
On ne va pas pleurnicher, on va citer Schuon.
Schuon écrit dans Avoir un centre, le message d’un art vestimentaire :
« Le vêtement indien des Plaines « humanise » la Nature vierge, il transmet quelque chose de l’immensité des prairies, de la profondeur des forêts, de la violence du vent et autres affinités de ce genre. On aurait du reste tort d’objecter – comme aiment à le faire les « démystificateurs » professionnels – que le vêtement indien n’avait qu’une portée sociale et pratique limitée, que tous les individus ne le portaient pas, d’autant que la nudité, pour les Peaux-Rouges, avait elle aussi sa valeur à la fois pratique et symbolique ; mais ce qui importe ici, ce n’est pas le flottement des modalités, c’est le génie ethnique qui, s’il peut s’extérioriser de diverses façons, reste toujours fidèle à lui-même et à son message foncier.
C’est un fait curieux que beaucoup de gens aiment les Indiens mais n’osent pas l’avouer, ou l’avouent avec des réticences de commande, en se désolidarisant ostentatoirement du « bon sauvage » de Rousseau aussi bien que du « noble sauvage » de Cooper, et surtout de tout « romantisme » et de tout « esthétisme » ; sans oublier le souci de ne pas être pris pour un enfant. »
Sur la plume d’aigle Schuon rappelle :
« La plume d’aigle, comme l’aigle lui-même, représente le Grand-Esprit en général et la présence divine en particulier, nous a-t- on expliqué chez les Sioux ; il est donc plausible que les rayons du soleil, lui-même image du Grand-Esprit, soient symbolisés par des plumes. Mais ces plumes très stylisés, qui constituent le soleil à cercles concentriques, représentent également le cocon, symbole de potentialité vitale ; or la vie et le rayonnement solaire coïncident pour d’évidentes raisons.
Un des symboles les plus puissants du soleil est la majestueuse coiffure en plumes d’aigle ; celui qui la porte s’identifie à l’astre solaire, et il est facile de comprendre que tout le monde n’est pas qualifié pour la porter ; sa splendeur – unique en son genre parmi toutes les coiffures traditionnelles du monde suggère la dignité à la fois royale et sacerdotale ; donc le rayonnement du héros et du sage. »
Ici le grand esprit inspire notre sage alsacien :
« Le vêtement du chef ou du héros suggère l’aigle s’élevant vers le soleil : la nature de l’aigle, c’est de voler vers le haut, donc aussi de voir les choses de loin, « de haut » précisément : l’aigle monte et ensuite plane dans une lumineuse solitude. »
L’aigle va ici au-delà du message impérial européen :
« Selon une tradition quasi universelle, l’aigle symbolise lui- même le soleil ; ce qu’exprime précisément la parure de plumes d’aigle. Autrefois, chaque plume devait être gagnée : l’identification de l’homme avec l’astre solaire exige un drame héroïque. »
Sur les vêtements et leurs franges Schuon ajoute – et sur le calumet :
« Les objets les plus divers peuvent être ornés de broderies et de franges ; l’un des plus importants est le sac contenant la « Pipe de Paix » et le tabac rituel, la fonction de ce dernier étant de se sacrifier en brûlant et de monter vers le Grand-Esprit. Ce sac fut apporté aux Indiens, avec le Calumet, par la « Femme Bisonne-Blanche » (Pté- San Win en lakota) ; et c’est elle – ou plus précisément son archétype céleste, Wohpé – qui fait monter la fumée et nos prières vers le Ciel. »
Après il ne faut pas s’étonner du prestige de ces indiens de notre volonté de les imiter, même quand c’est pour les combattre.
Schuon ajoute, toujours dans Avoir un centre :
« Le prestige dont jouissent les Indiens dans les milieux et les pays les plus divers s’explique par la coïncidence proprement fascinante de qualités morales et esthétiques, par la combinaison d’un courage intrépide et stoïque avec une extraordinaire expressivité des physionomies, des vêtements et des ustensiles.
Le fait que l’Indien se perpétue dans les jeux des enfants presque dans le monde entier, et parfois dans les jeux des adultes, ne peut être un hasard sans signification ; il indique un message culturel d’une puissante originalité, un message qui ne peut mourir et qui survit, ou plutôt rayonne, comme il peut. »
Un peu de Nietzsche (« royauté d’un enfant », dit son maître et ancêtre Héraclite bellement) pour nous rapprocher des enfants et des indiens :
« L’enfant est innocence et oubli, un renouveau et un jeu, une roue qui roule sur elle-même, un premier mouvement, une sainte affirmation.
Oui, pour le jeu divin de la création, ô mes frères, il faut une sainte affirmation : l’esprit veut maintenant sa propre volonté, celui qui a perdu le monde veut gagner son propre monde.
Je vous ai nommé trois métamorphoses de l’esprit : comment l’esprit devient chameau, comment l’esprit devient lion, et comment enfin le lion devient enfant. »
La destruction des indiens a été mille fois plus dénoncée par Hollywood que l’esclavage. Ce n’est pas un hasard : le sujet était jugé plus noble notamment par Tocqueville.
Schuon note sur cette destruction bien démocratique :
« La démocratie est pratiquement la tyrannie de la majorité ; la majorité blanche, en Amérique, n’avait aucun intérêt à l’existence de cette minorité rouge ; de ce fait l’armée – qui dans certains cas aurait dû défendre les droits des Indiens, droits solennellement garantis par des traités – défendait les intérêts des Blancs à l’encontre de ces accords. Qui dit démocratie dit démagogie ; en un tel climat, une criminalité populaire « de fait » devient une criminalité gouvernementale « de droit », du moins quand la victime se situe en dehors de la collectivité incluse dans telle légalité démocratique. »
Mais dans REGARDS SUR MONDES ANCIENS, Schuon est presque optimiste. Cette destruction devait hélas avoir lieu pour des raisons cycliques (le Kali-Yuga pour tout le monde) et elle n’a pas empêché un paradis de mille ans ou plus !
« Pour bien comprendre le destin abrupt de la race indienne, il faut tenir compte du fait que cette race a vécu pendant des millénaires dans une sorte de paradis pratiquement illimité ; les Indiens de l’Ouest s’y trouvaient encore au début du XIXesiècle. Ce fut un paradis rude, certes, mais offrant une ambiance grandiose à caractère sacré, et comparable à bien des égards à ce que fut l’Europe nordique avant l’arrivée des Romains ».
Schuon rappelle notre âge de fer :
« Comme les Indiens s’identifiaient spirituellement et humainement à cette nature inviolée, et inviolable selon eux, ils en acceptaient toutes les lois, donc aussi la lutte pour la vie en tant que manifestation du « principe du meilleur » ; mais avec le temps, et en fonction des conséquences de l’« âge de fer » où prédominent les passions et où disparaît la sagesse, les abus se répandirent de plus en plus ; un individualisme héroïque, mais vindicatif et cruel obscurcissait-les vertus désintéressées, comme ce fut du reste le cas chez tous les peuples guerriers. »
Tout cela était condamné comme le monde elfique et oublié de Tolkien (il y a des ressemblances troublantes entre le style du Seigneur des Anneaux et le Dernier des Mohicans) :
« La situation privilégiée des Indiens – en marge de l’« Histoire » et des écrasantes civilisations citadines – devait finir par s’épuiser ; il n’y a rien d’étonnant à ce que cet épuisement d’un paradis en quelque sorte vieilli coïncidât avec les temps modernes. »
Comme Tocqueville Schuon rappelle que la triste destruction s’est fait au nom des idéaux modernes :
« Mais de toute évidence, cet aspect unilatéral de fatalité ne saurait atténuer ni excuser aucune des vilenies dont l’Indien a été la victime depuis des siècles, sans quoi les notions de justice et d’injustice n’auraient pas de sens et il n’y aurait jamais eu d’infamie ni de tragédie. Les défenseurs de l’invasion blanche et de toutes ses conséquences font volontiers valoir que tous les peuples ont de tout temps commis des violences ; des violences, oui, mais non pas forcément des bassesses, perpétrées, par surcroît, au nom de la liberté, de l’égalité, de la fraternité, de la civilisation, du progrès et des droits de l’homme… La destruction consciente, calculée, méthodique, officielle – et non point anonyme – de la race rouge, de ses traditions et de sa culture, en Amérique du Nord et aussi en Amérique du Sud, loin d’avoir été un processus inévitable – et éventuellement excusable par des lois naturelles à condition qu’on ne prétende pas les avoir dépassées grâce à la « civilisation » – cette destruction, disons-nous, demeure en réalité l’un des plus grands crimes et l’un des plus insignes vandalismes dont l’Histoire ait gardé le souvenir. »
Tocqueville sur le même sujet :
« Les Espagnols, à l’aide de monstruosités sans exemples, en se couvrant d’une honte ineffaçable, n’ont pu parvenir à exterminer la race indienne,ni même à l’empêcher de partager leurs droits;les Américains des États-Unis ont atteint ce double résultat avec une merveilleuse facilité, tranquillement, légalement, philanthropiquement, sans répandre de sang, sans violer un seul des grands principes de la morale aux yeux du monde. On ne saurait détruire les hommes en respectant mieux les lois de l’humanité… »
Schuon rajoute magnifiquement : On condamne le mal pour sa nature, non pour son caractère inévitable.
Le passage :
« Ceci dit, il reste l’aspect inéluctable des choses, celui de la fatalité, en vertu duquel ce qui est possible ne peut pas ne pas se manifester en quelque manière, et tout ce qui arrive a ses causes proches ou lointaines ; cet aspect du monde et du destin n’empêche toutefois pas les choses d’être ce qu’elles sont : le mal reste le mal sur son propre plan. On condamne le mal pour sa nature, non pour son caractère inévitable ; ce dernier, on l’accepte, car le tragique entre nécessairement dans le jeu divin, et ne serait-ce que parce que le monde n’est pas Dieu… »
Nous avons écrit un livre sur le paganisme au cinéma. Schuon établit lui une comparaison entre les indiens et LES japonais des grands temps :
« Certaines tribus – les Algonquins surtout et les Iroquois – distinguent le démiurge d’avec l’Esprit suprême : ce démiurge a souvent un rôle quelque peu burlesque, voire luciférien. Une telle conception du Pouvoir créateur, et du dispensateur primordial des arts, n’est point particulière aux Peaux-Rouges, comme le prouvent les mythologies de l’Ancien Monde, où les méfaits des titans voisinent avec ceux des dieux ; en langage biblique, nous dirons qu’il n’y a pas de Paradis terrestre sans serpent, et que sans ce dernier il n’y a pas de chute et pas de drame humain, ni aucune réconciliation avec le Ciel. Comme la création est malgré tout quelque chose qui s’éloigne de Dieu, il faut bien qu’il y ait en elle une tendance déifuge, si bien qu’on peut considérer la création sous deux aspects, divin l’un et démiurgique ou luciférien l’autre ; or les Peaux-Rouges mélangent les deux aspects, et ils ne sont pas seuls à le faire ; rappelons seulement, dans la mythologie japonaise, le dieu Susano-o, génie turbulent de la mer et de la tempête. »
Art de l’espace, le cinéma était fait pour célébrer les indiens. Schuon encore :
« L’on sait le rôle crucial que jouent les directions de l’espace dans le rite du Calumet. Ce rite est la prière de l’Indien, dans laquelle l’Indien parle, non seulement pour lui-même, mais aussi pour toutes les autres créatures ; l’Univers entier prie avec l’homme qui offre la Pipe aux Puissances, ou à la Puissance. »
Schuon évoque ensuite les rites. Nous les citons pour le principe :
« Mentionnons ici également les autres grands rites du Chamanisme peau-rouge, du moins les principaux, à savoir la Loge à transpirer, l’Invocation solitaire et la Danse du Soleil1; nous choisissons le nombre quatre, non parce qu’il marque une limite absolue, mais parce qu’il est sacré chez les Peaux-Rouges et qu’il permet, en fait, d’établir une synthèse qui n’a rien d’arbitraire.
La Loge à transpirer est le rite purificatoire par excellence : par lui, l’homme se purifie et devient un être nouveau. Ce rite et le précédent sont absolument fondamentaux ; le suivant l’est aussi, mais en un sens quelque peu différent.
L’Invocation solitaire – la « lamentation » ou l’« envoi d’une voix » – est la forme la plus élevée de la prière ; elle peut être silencieuse2, suivant les cas. C’est une véritable retraite spirituelle, par laquelle tout Indien doit passer une fois dans sa jeunesse – mais alors l’intention est particulière – et qu’il peut renouveler à tout moment suivant l’inspiration ou les circonstances.
La Danse du Soleil est d’une certaine façon la prière de la communauté entière ; pour ceux qui l’exécutent, elle signifie – ésotériquement tout au moins – une union virtuelle qu’il a été décrit comme un homme sincère par des blancs qui pourtant n’avaient aucun préjugé favorable ; la vérité est sans doute qu’il a été, lui aussi, une victime des circonstances. Pour ramener tout ce mouvement à ses justes proportions, il faut le regarder dans son contexte traditionnel, le « polyprophétisme » indien et l’« apocalyptisme » propre à toute religion, puis dans son contexte contingent et temporel, l’écroulement des bases vitales de la civilisation des Plaines. »
Autre grand moment sur cette splendide destinée initiatique et chevaleresque :
« La fascinante combinaison de l’héroïcité combative et stoïque et de l’allure sacerdotale conférait à l’Indien des Plaines et des Forêts une sorte de majesté à la fois aquilin et solaire, d’où cette beauté puissamment originale et irremplaçable qui s’attache à l’homme rouge et contribue à son prestige de guerrier et de martyr1. Comme les japonais du temps des samouraïs, le Peau-Rouge était profondément artiste dans sa manifestation personnelle même : outre que sa vie était un jeu perpétuel avec la souffrance et la mort2et de ce fait une sorte de karma-yoga chevaleresque, il savait donner à ce style spirituel un revêtement esthétique d’une expressivité insurpassable. »
L’indien devient un vrai héros de western qui va déteindre sur le pauvre homme blanc déraciné (hélas il va déteindre en solo pas au collectif) :
« Un élément qui a pu donner l’impression que l’Indien est un individualiste – par principe et non de facto seulement – c’est l’importance cruciale que revêt chez lui la valeur morale de l’homme, le caractère si l’on veut, d’où le culte de l’acte. L’acte héroïque et silencieux s’oppose à la parole vaine et prolixe du lâche ; l’amour du secret, la réticence de livrer le sacré par des discours faciles qui l’affaiblissent et le dilapident, s’expliquent par là. Tout le caractère indien se laisse en somme définir par ces deux mots, si de telles ellipses sont permises : acte et secret ; acte foudroyant, au besoin, et secret impassible. Tel un roc, l’Indien d’autrefois se reposait en lui-même, en sa personnalité, pour ensuite la traduire en acte avec l’impétuosité de l’éclair ; mais en même temps il restait humble devant le Grand Mystère dont la nature environnante était, pour lui, le message permanent. »
Enfin ces lignes sur la nature qui ne sont pas si éloignées (hélas pour nous) que cela de notre saint Bernard de Clairvaux :
« La nature est solidaire de la sainte pauvreté et aussi de l’enfance spirituelle ; elle est un livre ouvert dont l’enseignement de vérité et de beauté ne s’épuise jamais. C’est au milieu de ses propres artifices que l’homme se corrompt le plus facilement, ce sont eux qui le rendent avide et impie ; auprès de la nature vierge, qui ne connaît ni agitation ni mensonge, l’homme a des chances de rester contemplatif comme l’est la nature elle-même. »
Quand l’homme est tombé si bas, peut-il encore rêver ?
Tiens, un peu de Fenimore Cooper, pour vous donner envie de le relire, ce plus grand classique de la littérature initiatique pour enfants :
« Il serait impossible de donner une idée du respect et de l’affection que témoigna toute la peuplade en voyant arriver inopinément un homme qui semblait déjà appartenir à un autre monde. Après quelques instants passés dans un silence commandé par l’usage, les principaux chefs se levèrent, s’approchèrent de lui tour à tour, lui prirent une main et l’appuyèrent sur leur tête, comme pour lui demander sa bénédiction. Les guerriers les plus distingués se contentèrent ensuite de toucher le bord de sa robe. Les autres semblaient se trouver assez heureux de pouvoir respirer le même air qu’un chef qui avait été si vaillant et qui était encore si juste et si sage. »
Frithjof Schuon – Avoir un centre ; regards sur les mondes traditionnels (archive.org)
Fenimore Cooper – Le dernier des Mohicans (ebooksgratuits.com)
Nicolas Bonnal – Le paganisme au cinéma (Dualpha ; Amazon.fr) ; les grands westerns au cinéma (Amazon.fr)
Tocqueville – De la démocratie en Amérique, I, deuxième partie, dernier chapitre
Nietzsche – Les trois métamorphoses, dans Zarathoustra
À la fin de Crime et Châtiment, Raskolnikov fait un rêve eschatologique :
« Il avait rêvé que le monde entier était condamné à devenir la victime d’un fléau inouï et effrayant qui venait d’Asie et envahissait l’Europe. Tous devaient y succomber, excepté certains élus, fort peu nombreux. Des trichines d’une espèce nouvelle avaient fait leur apparition ; c’étaient des vers microscopiques qui s’insinuaient dans l’organisme de l’homme, mais ces êtres étaient des esprits pourvus d’intelligence et de volonté. Les gens qui les avaient ingérés devenaient immédiatement possédés et déments. Mais jamais personne ne s’était considéré comme aussi intelligent et aussi infaillible que les gens qui étaient contaminés. Jamais ils n’avaient considéré comme plus infaillibles leurs jugements, leurs déductions scientifiques, leurs convictions et leurs croyances morales. Des villages, des villes, des peuples entiers étaient infectés et succombaient à la folie.
Tous étaient dans l’inquiétude et ne se comprenaient plus entre eux ; chacun pensait que lui seul était porteur de la vérité et chacun se tourmentait à la vue de l’erreur des autres, se frappait la poitrine, versait des larmes et se tordait les bras. On ne savait plus comment juger ; on ne pouvait plus s’entendre sur le point de savoir où était le mal et où était le bien. On ne savait plus qui accuser ni qui justifier.
Les gens s’entretuaient, en proie à une haine mutuelle inexplicable. Ils se rassemblaient en armées entières ; mais à peine en campagne, ces armées se disloquaient, les rangs se rompaient, les guerriers se jetaient les uns sur les autres, se taillaient en pièces, se pourfendaient, se mordaient et se dévoraient. Le tocsin sonnait sans interruption dans les villes ; on appelait, mais personne ne savait qui appelait et pour quelle raison, et tous étaient dans une grande inquiétude. Les métiers les plus ordinaires furent abandonnés parce que chacun offrait ses idées, ses réformes et que l’on ne parvenait pas à s’entendre ; l’agriculture fut délaissée. Par endroits, les gens se rassemblaient en groupes, convenaient quelque chose tous ensemble, juraient de ne pas se séparer mais immédiatement après, ils entreprenaient de faire autre chose que ce qu’ils s’étaient proposé de faire, ils se mettaient à s’accuser entre eux, se battaient et s’égorgeaient. Des incendies s’allumèrent, la famine apparut. Le fléau croissait en intensité et s’étendait de plus en plus. Tout et tous périrent. Seuls, de toute l’humanité, quelques hommes purent se sauver, c’étaient les purs, les élus, destinés à engendrer une nouvelle humanité et une nouvelle vie, à renouveler et à purifier la terre : mais personne n’avait jamais vu ces hommes, personne n’avait même entendu leur parole ni leur voix ».
Dostoïevski, Crime et Châtiment, pp. 657-658 (classiques.uqac.ca)
Se réinformer, c’est se rappeler que nous courons comme des fous après l’information, ou plutôt après la désinformation et sa nouvelle frelatée.
Or Sénèque écrit déjà : « De la curiosité provient un vice affreux : celui d’écouter tout ce qui se raconte, de s’enquérir indiscrètement des petites nouvelles (auscultatio et publicorum secretorumque inquisitio), tant intimes que publiques, et d’être toujours plein d’histoires. »
Dans sa Satire VI, Juvénal se moque des commères : « Celle-ci saura dire de qui telle veuve est enceinte et de quel mois, les mots et les positions de telle autre quand elle fait l’amour… Elle guette aux portes de la ville les nouvelles, les rumeurs toutes fraîches ; au besoin elle en fabrique : le Niphates vient de submerger les populations, un déluge couvre les campagnes, les villes chancellent, le sol s’affaisse. Voilà ce qu’aux carrefours, pour le premier venu, elle débite ! »
On lit dans les Caractères de Théophraste, écrits quatre siècles auparavant, que le bavardage démocratique a déjà épuisé la vérité avec les sophismes : « Il s’échauffe ensuite dans la conversation, déclame contre le temps présent, et soutient que les hommes qui vivent présentement ne valent point leurs pères. De là il se jette sur ce qui se débite au marché, sur la cherté du blé, sur le grand nombre d’étrangers qui sont dans la ville ; il dit que le siècle est dur, et qu’on a bien de la peine à vivre. »
Inflation, immigration, idéalisation du passé, tout y est !
Puis, « deux mille ans après », un journaliste dénonce l’esclavage vis-à-vis de la presse moderne : « Lassalle lui-même a constaté combien était mince le fond intellectuel de la bourgeoisie dont les opinions sont fabriquées par les gazettes. “Celui qui lit aujourd’hui son journal, écrivait-il, n’a plus besoin de penser, d’apprendre, d’étudier. Il est prêt sur tous les sujets et se considère comme les dominant tous.” Il y a soixante ans que Fichte, dans une espèce de vision prophétique qui n’omettait aucun détail, a peint ces lecteurs « qui ne lisent plus de livres, mais seulement ce que les journaux disent des livres, et à qui cette lecture narcotique finit par faire perdre toute volonté, toute intelligence, toute pensée et jusqu’à la faculté de comprendre. »
Mais cinquante ans avant, Henry David Thoreau écrit en Amérique : « Pour le philosophe, toute nouvelle, comme on l’appelle, est commérage, et ceux qui l’éditent aussi bien que ceux qui la lisent ne sont autres que commères attablées à leur thé. Toutefois sont-ils en nombre, qui se montrent avides de ces commérages. »
Thoreau se moque ensuite avec le ton offensif qui le caractérise de son intoxiqué : « En s’éveillant il dresse la tête et demande : “ Quelles nouvelles ?” comme si le reste de l’humanité s’était tenu en faction près de lui. Il en est qui donnent l’ordre de les réveiller toutes les demi-heures, certes sans autre but. Après une nuit de sommeil les nouvelles sont aussi indispensables que le premier déjeuner. »
Et c’était avant CNN. Parlons-en justement.
Les chaînes info polluent et envahissent notre vie, elles la siphonnent même. Où que j’aille, dans un bar, dans une gare, chez quelqu’un (une personne âgée et seule se retrouve vite aujourd’hui zombie ébaudi par l’info, voyez l’âge médian de l’électeur Merkel – plus de soixante ans), A l’hôtel, je me retrouve assiégé et terrassé par le flot d’une information bouclée, continue, obtuse et mensongère, et présentée en général par des poupées Barbie et des androïdes aux ordres. L’homo-techno-sapiens en marche !
Ce « flot de purin de la mélodie mondiale » (Francis Ponge) homogénéise le monde, et ce surtout depuis que toutes les chaînes info alignées sur Francfort, sur Bruxelles et sur Washington, servent les mêmes agendas : vive les marchés, vive leurs indices, vive ce pape, vive les réfugiés, vive la guerre contre la Russie, vive la croisade anti-chinoise, vive le dalaï-lama, vive Clooney, vive les people à Cannes, vive les messages humanitaires de ces people, vive les résultats sportifs, vive la politique et vive le nouveau gouvernement de traîtres socialos en Grèce ou en Espagne !
Au début on nous fit le coup avec Eurosport, mais cela ne rapportait pas assez au système, à ses banksters, à ses armées, à sa stratégie de stress-test et de terreur, à sa construction européenne, au délire martial américain. Donc on a imposé partout des chaines info qui nous enchaînent et on s’est retrouvé abrutis comme dans la caverne de Platon par le même spectacle de marionnettes. Il m’est arrivé de lire en même temps aussi le même télétexte en France et en Espagne. Et toutes ces chaînes info nationale diffuseront le poison BCE-CIA-PS aux quatre coins du globe !
Il s’agit de « répéter, dit le maître ». Gustave le Bon explique dans sa légendaire psychologie des foules qui enchanta le Dr Freud : « La chose affirmée arrive, par la répétition, à s’établir dans les esprits au point qu’ils finissent par l’accepter comme une vérité démontrée. »
On arrive ainsi à nous imposer les vérités suivantes : les Russes ont détruit tel avion malais et vont envahir l’Europe ; des peuples se sont révoltés pendant le printemps arabe et ont établi partout la démocratie ; les banques centrales nous sont sauvé de la faillite ; la bourse c’est la vie ; Hillary est bonne pour la santé et The Donald un tyran en herbe ; un hyper-président est le sauveur de la France !
La mondialisation veut un automate, un bestiau mondialisé pour ses aéroports et sa publicité. Et Le Bon ajoutait encore : « Le tic d’un cheval dans une écurie est bientôt imité par les autres chevaux de la même écurie. Une panique, un mouvement désordonné de quelques moutons s’étend bientôt à tout le troupeau. Chez l’homme en foule toutes les émotions sont très rapidement contagieuses, et c’est ce qui explique la soudaineté des paniques. »
Le plus triste est que le triomphe de ces chaînes ne repose que sur la vanité : on veut se croire au courant, alors qu’on n’est qu’enchaîné.
http://www.dedefensa.org/article/de-platon-a-cnn-lenchainement-par-les-infos

Cette fuite des cercles internes du gouvernement canadien, si elle est vraie , confirme toutes nos pires craintes. Ils prévoient d’utiliser le canular COVID comme prétexte pour détruire l’économie et mettre tout le monde sous clef à moins qu’ils n’acceptent le vaccin. Ils veulent confisquer tous nos biens en échange d’un revenu garanti. Et oui, ils ont prévu un virus plus puissant.
Et que sur une courte période de temps, alors que de plus en plus de Canadiens passeraient au programme d’annulation de la dette, ceux qui refusaient de participer seraient considérés comme un risque pour la sécurité publique et seraient transférés dans des installations d’isolement. Une fois dans ces établissements, ils auraient deux options, participer au programme d’annulation de la dette et être libérés, ou rester indéfiniment dans l’établissement d’isolement sous la classification d’un risque grave pour la santé publique et faire saisir tous leurs biens. «
« Que ce ne sera pas seulement le Canada, mais en fait, toutes les nations auront des feuilles de route et des programmes similaires. »
(Ceci est apparu à l’origine sur Facebook)Par LPC_leaker@protonmail.com(henrymakow.com)
Je veux vous fournir des informations très importantes. Je suis membre du comité du Parti libéral du Canada. Je siège au sein de plusieurs groupes de comités mais les informations que je fournis proviennent du Comité de planification stratégique (qui est dirigé par le PMO).
Je dois commencer par dire que je ne suis pas content de faire ça, mais je le dois. En tant que Canadien et surtout en tant que parent qui veut un avenir meilleur non seulement pour mes enfants, mais aussi pour les autres enfants.
L’autre raison pour laquelle je fais cela, c’est qu’environ 30% des membres du comité ne sont pas satisfaits de la direction que cela va prendre au Canada, mais nos opinions ont été ignorées et ils prévoient d’aller de l’avant vers leurs objectifs.
Ils ont également indiqué très clairement que rien n’arrêtera les résultats prévus. La feuille de route et l’objectif ont été définis par le PMO et sont les suivants:
– Mettre progressivement en place les restrictions de verrouillage secondaire sur une base continue, en commençant par les grandes régions métropolitaines d’abord et en s’étendant vers l’extérieur. Prévu d’ici novembre 2020.
– Accélérer l’acquisition (ou la construction) d’installations d’isolement dans chaque province et territoire. Prévu d’ici décembre 2020.
– Les nouveaux cas quotidiens de COVID-19 augmenteront au-delà de la capacité de test, y compris une augmentation des décès liés au COVID en suivant les mêmes courbes de croissance. Attendu d’ici fin novembre 2020.
– Verrouillage secondaire complet et total (beaucoup plus strict que les restrictions de première et deuxième phase glissante). Prévu fin décembre 2020 – début janvier 2021
– Réforme et extension du programme de chômage en vue de sa transition vers le programme de revenu de base universel. Prévu d’ici le premier trimestre 2021.
– Mutation projetée du COVID-19 et / ou co-infection avec un virus secondaire (appelé COVID-21) conduisant à une troisième vague avec un taux de mortalité beaucoup plus élevé et un taux d’infection plus élevé. Prévu d’ici février 2021.
– Les nouveaux cas quotidiens d’hospitalisations au COVID-21 et de décès liés au COVID-19 et au COVID-21 dépasseront la capacité des établissements de soins médicaux. Prévu T1 – T2 2021.
– Des restrictions de verrouillage améliorées (appelées troisième verrouillage) seront mises en œuvre. Des restrictions de voyage complètes seront imposées (y compris entre les provinces et les villes). Prévu T2 2021.
– Transition des individus dans le programme de revenu de base universel. Prévu mi T2 2021.
– Ruptures projetées de la chaîne d’approvisionnement, pénuries de stocks, grande instabilité économique. Prévu fin T2 2021. –
– Déploiement de personnel militaire dans les principales zones métropolitaines ainsi que sur toutes les routes principales pour établir des points de contrôle des déplacements. Limitez les déplacements et les déplacements. Fournir un soutien logistique à la région. Prévu pour le troisième trimestre 2021.
Parallèlement à cette feuille de route fournie, le Comité de planification stratégique a été invité à concevoir un moyen efficace de faire la transition des Canadiens pour faire face à une entreprise économique sans précédent. Une solution qui changerait le visage du Canada et changerait à jamais la vie des Canadiens.
CONFISCATION ÉCONOMIQUE DE RÉDUCTION-DETTE-PROPRIÉTÉ
On nous a dit que pour compenser ce qui était essentiellement un effondrement économique à l’échelle internationale, le gouvernement fédéral allait offrir aux Canadiens un allégement total de la dette.
Voici comment cela fonctionne: le gouvernement fédéral proposera d’éliminer toutes les dettes personnelles (hypothèques, prêts, cartes de crédit, etc.) dont tout le financement sera fourni au Canada par le FMI dans le cadre de ce qui deviendra le programme mondial de réinitialisation de la dette.
En échange de l’acceptation de cette remise totale de la dette, l’individu perdrait à jamais la propriété de tous les biens et actifs.
L’individu devrait également accepter de participer au calendrier de vaccination COVID-19 et COVID-21, ce qui lui permettrait de voyager sans restriction et de vivre sans restriction, même sous un verrouillage complet (grâce à l’utilisation d’une pièce d’identité avec photo appelée passe-santé du Canada). .
Les membres du comité ont demandé qui deviendrait le propriétaire des biens et des actifs confisqués dans ce scénario et ce qui arriverait aux prêteurs ou aux institutions financières, on nous a simplement dit: « le programme de réinitialisation de la dette mondiale traitera tous les détails ».
Plusieurs membres du comité se sont également demandé ce qui arriverait aux individus s’ils refusaient de participer au programme World Debt Reset, ou au HealthPass, ou au calendrier de vaccination, et la réponse que nous avons obtenue était très troublante.
«RISQUE DE SÉCURITÉ PUBLIQUE»
Essentiellement, on nous a dit qu’il était de notre devoir de nous assurer que nous élaborions un plan pour que cela ne se produise jamais. On nous a dit qu’il était dans l’intérêt de la personne de participer.
Lorsque plusieurs membres du comité ont poussé sans relâche pour obtenir une réponse, on nous a dit que ceux qui refusaient vivraient d’abord indéfiniment sous les restrictions de verrouillage.
Et que sur une courte période de temps, alors que de plus en plus de Canadiens passeraient au programme d’annulation de dette, ceux qui refusaient de participer seraient considérés comme un risque pour la sécurité publique et seraient transférés dans des établissements d’isolement. Une fois dans ces établissements, ils auraient deux options, participeraient au programme d’annulation de la dette et seraient libérés, ou resteraient indéfiniment dans l’établissement d’isolement sous la classification d’un risque grave pour la santé publique et auraient tous leurs biens saisis.
Donc, comme vous pouvez l’imaginer après avoir entendu tout cela, cela s’est transformé en une discussion passionnée et s’est intensifiée au-delà de tout ce que j’ai jamais vu auparavant.
En fin de compte, le PMO a laissé entendre que l’ensemble de l’ordre du jour ira de l’avant, peu importe qui est d’accord ou non.Que ce ne sera pas seulement le Canada, mais en fait, toutes les nations auront des feuilles de route et des programmes similaires.
Céline et la soumission imbécile du Français
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Au cœur d’une crise mondiale inédite par son ampleur, Strategika vous propose l’éclairage d’analystes et de penseurs reconnus dans leur domaine d’expertise. Nous avons posé à chacun une série de questions qui portent sur les différents aspects de cette véritable crise de civilisation ainsi que sur ses répercussions politiques, géopolitiques et sociales.
C’est aujourd’hui Nicolas Bonnal qui nous répond.
Né en 1961 à Tunis, Nicolas Bonnal étudie beaucoup, voyage plus encore et commence à publier en 1995 : Mitterrand le grand initié. Il publie ensuite aux belles lettres le Coq hérétique sur l’exception française, la première étude en français sur Tolkien et Internet novelle voie initiatique. Il publie aussi des romans (les territoires protocolaires) et un recueil de contes (les mirages de Huaraz) après une vacance de cinq ans en Amérique du sud. Il revient vivre en Andalousie, puis publie des livres sur le cinéma (le paganisme, Kubrick, Ridley Scott, sans oublier les westerns). Anarchiste réactionnaire, proche des libertariens américains et des traditionalistes européens, Nicolas Bonnal se réclame aussi du genre pamphlétaire (un livre sur Céline) et décidément antimoderne. Il a publié des textes sur une dizaine de sites dont France-courtoise.info, bvoltaire.fr, dedefensa.org, fr.sputniknews.com et pravdareport.com. Plusieurs de ses livres ont été traduits (russe, brésilien, ukrainien, espagnol). Son blog : nicolasbonnal.worpress.com
Strategika – On lit beaucoup d’éléments contradictoires selon les différentes sources d’information disponibles ou selon les avis des professionnels de la santé. Quelle est la réalité effective de cette pandémie selon vous ?
Je m’excuse mais je vais être provocateur et basique, pour rompre avec mes savants prédécesseurs dont plusieurs sont des amis – (Le Vigan , Perrier, Steuckers…). Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il y a une réalité spectaculaire de la pandémie. La guerre n’existe que quand vous la voyez à la télé, dit De Niro dans Hommes d’influence (wag the dog). Si vous tuez dix millions de gens ici sans que la télé n’en parle, ils sont des worthless victims comme dit Chomsky. Si vous en tuez trois pékins ailleurs et que ça fait la une de CNN, tous les perroquets de la planète rappliquent en pérorant et en pétaradant. La réalité c’est ce qui est vu. Bourdieu reprenait du reste le philosophe Berkeley dans son essai sur la télé, les fameux dialogues d’Hylas et Philonous. Etre c’est être perçu. Le coronavirus d’Astérix ? Il n’y a pas plus de morts que les autres années. J’ai donné les chiffres sur mon blog. Italie, France, Amérique, tous les esprits lucides (pas plus de 10% selon l’expérience Milgram) les ont repris. Stockman est outré (2.6 chances sur cent mille de mourir pour les moins de cinquante ans à New York, et ils bloquent tout), le docteur Paul aussi. D’autres doutent, la majorité affole et gobera tout, y compris l’anéantissement de ses biens et de sa liberté. C’est du Molière, du Simplicissimus. On n’a jamais vu cela depuis les croisades pour la liberté qui aboutirent à l’établissement du stalinisme et du maoïsme sur la moitié du monde. Mais plus c’est gros plus ça passe. Il s’agit d’un coup d’Etat mondialiste basé sur la peur de mourir. On passe de la démocratie – de ce qu’il en restait – à la biocratie, comme dit maître Touati. Le domaine médical n’est pas de mon ressort, mais alors que la durée de vie diminue partout, et copieusement encore, et pas à cause de leurs grippes, on pense que l’on va devenir éternel en écoutant des prophètes boursiers autoproclamés. Tous mes amis médecins (quatre quand même) sont convaincus du bluff ou d’une fantastique exagération. On va alors parler d’hyperbole. Le style hyperbolique, qui est facile à parodier, est le plus simple à utiliser pour convaincre. Voyez Voltaire ou Cyrano. Parler de guerre contre une épidémie qui ne fait que dix mille morts, et pas cent millions, n’est pas seulement une plaisanterie, c’est une hyperbole. Porter les masques renforce ce bal masqué et ce spectacle tragi-comique. Tragique parce qu’il nous a déjà coûté la liberté (qui ne reviendra pas) et dix mille milliards. Mais pourquoi ? C’est comme dans le Dr Knock. Knock explique à son naïf collègue qu’il aurait aimé être politicien, prêtre ou financier. Avec la peur liée à ses incurables microbes (cf. le virus reviendra, vous ne guérirez pas, vous pouvez guérir puis mourir, etc.), il couche le canton et devient tout cela à la fois : le pouvoir, le pognon et le spirituel sauce Bergoglio ou Tulsa Doom (il faut toucher l’esprit, pas le corps, explique-t-il en bon machiavélien à Conan affalé). Cette épidémie est une épidémie de peur et de propagande, un virus de la peur, et la peur sert à contrôler et à faire passer des agendas toujours plus sinistres. Le choc étourdit puis les peuples sont massacrés et volés, voyez l’Irak décrit par Klein. Ou voyez opération espadon (bizarrement sorti le 11 septembre) quand l’ex-agent explique qu’il faut divertir pour agir. Il se réclame de Houdini. Debord avait dénoncé les charlatans des hôpitaux dans ses commentaires. Il vaticinait que le destin du spectacle, de la démocratie occidentale, n’était pas de finir en despotisme éclairé. Nous y sommes : c’est le chaos mondial avec la milice partout tout ça pour une épidémie qui tue un millième de la grippe dite espagnole aux origines toujours peu éclaircies. Mais comme dit un lecteur, la médecine n’est pas une science ! Alors elle est un spectacle ; mais un spectacle qui sert comme pendant la Terreur en France le totalitarisme en cours. Quand les nazis ont commencé à tuer les handicapés, ils ont invoqué la médecine. Un dernier rappel : Naomi Klein rappelle dans sa stratégie de choc que le sinistre Donald Rumsfeld travaillait avec ses labos pharmaceutiques sur des virus de la grippe. Ces types qui agissent pendant que nous maugréons ou acquiesçons vendent des remèdes et des vaccins méphitiques, nous étions calculés depuis longtemps. Le sérieux savant du dix-neuvième et du début du vingtième siècle a fait place au financier et à l’homme de spectacle qui utilise une stratégie de gourou (cf. Sachs ou Drucker) pour ébaubir la foule. Malheureusement c’est ce qui est arrivé à notre expert en chloroquine… oh, cette session masquée avec macaron…(NDLR : nous nous sommes méfiés de Raoult dès ce moment).
Strategika – Cette pandémie précède-t-elle un effondrement économique et systémique ?
Au sens strict elle cause une bonne dépression parce qu’on arrête tout sans raison. On peut supposer que cela ne va pas durer trop longtemps, le temps de faire peur pour faire remonter la dette et taxer les pauvres, renflouer quelques oligarques et appliquer la thérapie de choc. Question : qui voudrait tout arrêter et pourquoi ? Non, on veut juste appauvrir pour soumettre : fin du cash, explosion du chômage, petit suicide économique, vaccin obligatoire, le tout accompagné d’une hausse de 40% à Wall Street. Je ne crois pas à l’effondrement. Comme le dit Naomi Klein, qui connaissait son Aldous Huxley (mariage du Big Business et du Big Gouvernement), on siphonne l’argent de tous pour le donner aux riches dont les fortunes deviennent partout gargantuesques. Même en France les fortunes de plus de dix milliards de dollars (luxe, mode) deviennent courantes. Les 0.1% raflent la mise (50 ou 60% du total) depuis les années 80. Ces années Reagan et Mitterrand qui furent celles de ma jeunesse furent celles de la fin officielle du monde moderne, comme je l’ai expliqué dans ma lettre ouverte à la vieille race blanche. Fukuyama et Debord peuvent en témoigner, sans oublier Gilles Chatelet (vivre et penser comme des porcs). Les milliardaires utilisent le marxisme culturel et sociétal (féminisme, genre, antiracisme, multiculturalisme) pour rafler la mise. Bill Gates est présenté comme philanthrope alors qu’il veut en bon control freak techno-messianique contrôler et recenser l’humanité avec ses vaccins digitaux. Tout cela est hélas annoncé par de vieux briscards comme Jack London ou Gustave Le Rouge ! N’oublions pas que dans la bible le recensement amène la peste sur le royaume de David. Et que pour Jack London le milliardaire est humanitaire. Toujours. Il veut faire le bien sur terre alors gare à lui…
La thérapie de choc est une redistribution. Tout sera pour le lion d’Astérix qui aux jeux du cirque bouffe tous ses compères dans l’arène. 100 dollars par chômeur, mille milliards pour Wall Street. Je ne vois donc pas d’effondrement. Ce qu’ils veulent c’est nous appauvrir et nous faire peur pour nous soumettre. Liquidation de la classe moyenne blanche fille des lumières et de l’instruction publique, retour au féodalisme via la technologie comme je l’ai expliqué dans mon livre sur internet il y a vingt ans. C’est un nouveau moyen âge que pressentait Umberto Eco dans un texte célèbre dans les années soixante. Mais c’est le moyen âge qui fait peur, pas celui qui fait rêver façon Julien l’hospitalier (celui de Flaubert bien sûr) : inégalité, disettes, croisades meurtrières, fanatisme, cruauté, épidémies, invasions, culture de la peur imposée par un clergé profiteur aux manettes, celui qu’a pu décrire Le Goff. Et si je disais que finalement l’hyper-classe veut appliquer à l’humanité le plan Morgenthau : contrôle malthusien de la population par la peur et la misère ? Ils ne s’en cachent même plus. On portera son vaccin pour sortir comme une étoile jaune (Gates) et on sera dirigé par la peur (Attali). Le dieu du Caïn de Victor Hugo fera le reste, avec sa peur dans le confinement et son smartphone. Tout cela est quand même lié à l’échec grotesque de leur projet technologique. Moins ingénu que Kubrick, que je vénère pourtant, Huxley rappelle que le charabia sur Spoutnik ne vaut rien à côté du problème de la démographie (il savait que la conquête spatiale est un bluff). Le diable aussi est revenu sous forme de virus (je reconnus virus et ses feux redoutables…) pour aplatir les humains et laisser les condottieri locaux, français, philippin ou hindou, terroriser et matraquer leurs peuples. On est dans la parodie chrétienne décrite par Dostoïevski, dont j’ai reparlé récemment. A la place du grand inquisiteur, on a le grand acquisiteur… la religion de la peur a toujours servi à plumer les gens. En latin le péché se dit dette. Et Dieu sait que Greta, ce petit virus verbeux, aura su nous faire peur et nous tirer les billets verts du nez.
Strategika – Cette pandémie va-t-elle forcer l’humanité à se doter d’un gouvernement mondial comme le préconisait Jacques Attali lors de la pandémie de grippe A en 2009 ?
Cela semble impossible à première vue. Tous les gouvernements ont copié les communistes-oligarques (ils sont tous milliardaires) chinois car tous les gouvernements monde considèrent le pouvoir comme leur trésor. Le pouvoir rend fou, y compris localement. Je reste au moyen âge, j’ai parlé de condottieri. On aura plutôt le pouvoir des principautés dégénérées qui tortureront leurs populations tout en respectant la lointaine et respectable papauté ou l’empire des vaccins. Je décommande le mythe du small is beautiful. En relisant Léopold Kohr je me suis rendu compte combien était horrible la petite ville ou principauté italienne quand un tyran comme Ezzelino ou Raymond de Cardona réglait son compte à toute une contrée (je pense aux villes martyres de Padoue, Prato). On aura donc les grandes entités totalitaires et staliniennes (Chine, Russie, qui fascinent encore quelques distraits…) et les dystopies féodales. L’Europe sort renforcée dit-on ; mais surtout affaiblie de cette histoire, donc je pense qu’on ira vers des micro-dictatures, comme je l’ai montré dans mon roman La bataille des champs patagoniques. Je ne crois pas non plus au triomphe à long terme des milliardaires. Après un épisode Zaroff bien amusé, ils seront exterminés par leurs gardes du corps. Et je ne vous parle pas des pirates surarmés qui attaqueront les îles privées du Pacifique. On aura droit bientôt au syndrome sibérien : mourir vite ou survivre mal. Alors on survivra. Mal.
Strategika – Existe-t-il une issue politique à la situation que vous venez de décrire et quelle forme pourrait-elle prendre selon vous ?
Je suis un pessimiste joyeux mais intégral. Donc pas de solution collective, tout cela est dernière nous. Lucien Cerise parle après Barruel des révolutions qui réussissent parce que les banquiers sont derrière, Naomi Campbell aussi. Si nous étions capables de balayer les salauds néroniens qui dirigent le show, cela se saurait. Mais nous préférons cliquer antisystème, acheter des masques et des armes dont nous ne faisons rien (c’est comme pour l’or, qui sera confisqué comme il l’a toujours été au vingtième siècle, voyez le personnage de Gabin dans le cave se rebiffe). Les armes servent à se rassurer, pas à agir. Je pense d’ailleurs que le système va organiser deux ou trois attentats type Orlando ou Bataclan ce qui lui permettra de mieux nous triquer ensuite. La boucherie politique dont a parlé Zemmour ira en ce sens. Mais Zemmour est là aussi pour la vaseline. Celui qui avait tout dit était Serge de Beketch : les gens se révolteront quand ils auront plus mal que peur. Mais à la réflexion cette phrase est elle-même optimiste : il y avait peu de révoltes dans les camps d’extermination, qui sont le point d’orgue du malthusianisme et de la chasse au virus… Le zombi qui vivant dans un trois mètres carrés comme cette californienne fait du smartphone quinze heures par jour ne va plus harceler le système. Ce dernier développera toujours plus de milices privées de type médiéval encore. Et la lucidité ne sert à rien, j’en sais quelque chose. La couleur native de la résolution pâlit dans l’ombre de la pensée, comme dit Hamlet, à qui Rosencrantz rappelle que ce n’est pas le Danemark, mais le monde qui est une prison.
Strategika – Comment liez-vous la crise actuelle à votre domaine d’expertise et à votre champ de recherche ?
Je vais être précis et parler de mes livres qui ont un fil rouge : l’avènement du techno-bolchevisme universel dans lequel nous entrons. En 95 puis en 2001 chez Albin Michel je publie un livre sur la manière dont Mitterrand a hypnotisé les Français ; en 97 aux Belles Lettres chez mon ami libertarien Desgranges un livre intitulé le coq hérétique sur la manière dont l’État a progressivement castré et appauvri les Français tout en les fanatisant. En 98 je publie mon livre sur Tolkien : le beau village Hobbit ou le doux univers elfique contre le monde Mordor comme nous le connaissons. Il est traduit en russe et je lui dois ma femme qui fut ma lectrice puis ma traductrice. Puis je publie un roman d’anticipation, les territoires protocolaires, assez lu au Québec, et Internet nouvelle voie initiatique sur les origines cabalistiques du web et l’avènement du techno-gnosticisme qui va faire la chasse aux corps et créer un monde de néo-serfs et de techno-lords. Nous y sommes. Le livre est traduit en brésilien et inspire des thèses de doctorat. Il fit même la une du monde des livres ! Ensuite, pour résumer, je vis cinq ans hors des sentiers battus à Grenade puis en Amérique du Sud, ou la mondialisation me rattrape (« dans un monde unifié on ne peut s’exiler », dit Debord), et j’écris la lettre ouverte à la vieille race blanche qu’on peut télécharger gratuitement en PDF. Et plus récemment un ensemble de chroniques (lesakerfrancophone.fr, dedefensa.org) sur le présent permanent, l’ancienneté de la crise liée au monde moderne dont le caractère abrutissant et répétitif n’est jamais assez souligné. Cela donne mon livre littérature et conspiration (Dualpha). Mais à côté du désespoir je pratique l’évasion, j’écris des livres de voyages initiatiques, des contes fantastiques, etc.), qui m’aident à supporter le monde comme prison. J’ai ensuite vu le désastre arriver vraiment avec Obama, les bulles, les sanctions, les migrants, la théorie du genre, donc je suis passé dans un registre encore plus apocalyptique. Je crois que tout est perdu et qu’il ne nous reste individuellement, dans leur monde de tyrans et de succubes, qu’à sauver l’honneur ; et qu’il faudra préférer, pour renverser Pagnol, une belle mort à une laide survie
https://numidia-liberum.blogspot.com/2021/01/nicolas-bonnal-biden-prete-serment.html
Le problème est toujours le même : attendre et espérer d’être sauvé par un deus ex machina politique plutôt qu’analyser froidement une situation et agir en conséquence.
Paradoxalement pour un esprit moderne, je pense que la sortie du Christianisme nous ramène à de plus grandes possibilités d’irrationnel chez les individus. Car dans une compréhension réelle du Christianisme, les inquiétudes essentielles quant aux fins dernières de l’homme sont levées. On peut alors étudier le réel et ses phénomènes avec plus de sérénité et sans attentes exagérées. Par la vraie foi on évite les croyances alternatives et d’être capté (autant qu’il est possible) par ceux qui les manipulent. On est alors plus libre car moins craintif. Je crois qu’analyser vient de séparer et délier en grec, alors il faut délier les liens de mensonges par lesquels on veut enserrer et subjuguer nos esprits. Cela passe par un travail long, attentif et méticuleux, à rebours de l’hystérie et de l’impatience qui sont filles de la peur. A la folie Covid répond la folie Qanon.
Pierre-Antoine P.
Biden’s Presidency Will Be A Catalyst For Secession – And Perhaps Civil War